mar, 31 août 2010 » Communisme, France, Révolution
Notre méthode : antagonisme prolétarien et projectualité révolutionnaire!

mar, 31 août 2010 » Communisme, France, Révolution

mar, 31 août 2010 » Communisme, France, Révolution
Cette rentrée politique est marquée par le mouvement social contre la réforme des retraites. Disons bien : mouvement social, mais ayons en tête : luttes de classe.
Car ce qui se passe est simple : les forces issues du « capitalisme à visage humain » mobilisent pour défendre leur vision du monde et donc la retraite à soixante ans. Cette retraite est la symbole de toute leur démarche : on travaille dans le capitalisme, puis on obtient un droit spécifique pour cela.
Sans cette retraite, le modèle du « capitalisme à visage humain » n’est plus viable. C’est donc un moment clef pour la social-démocratie, qui sera bien entendu suivi dans son mouvement par tous les économistes à courte vue (syndicalistes, NPA, « marxistes-léninistes », etc.).
Et la social-démocratie va être agressivement populiste. Elle n’a pas le choix : il en va de son identité jusqu’à présent, ainsi que de la pression des masses. On peut se douter qu’elle sait cependant qu’elle va perdre, comme le montrent les revendications sécuritaires à l’université d’été socialiste. La social-démocratie va donc muter en profondeur.
Et il n’est pas difficile de voir dans quelle direction, comme le montre cette affiche populiste, sur le mode « patriote anti-finance » :

De manière opposée à ce populisme, que dit la science MLM sur la situation actuelle ? Elle peut déjà constater que la pauvreté gagne du terrain, que la colère gronde. Les masses ne sont pas organisées, mais elles prendront toutefois les mobilisations de cette rentrée comme un outil pour commencer à contester.
Encore faut-il pour cela que la social-démocratie ne puisse pas encadrer les initiatives de masses, que les discussions ne s’en tiennent pas à l’économisme. En clair, c’est l’autonomie populaire qui doit primer, pour qu’il y ait des avancées en profondeur, pour que le tissu prolétarien profite de dynamiques nouvelles.
La question principale de cette rentrée est donc la suivante : les masses parviendront-elles à se soulever ne serait-ce que partiellement, ou les institutions para-étatiques comme les syndicats parviendront-elles à continuer d’intégrer les initiatives populaires ?
Cette question a de plus comme arrière-plan l’énorme progression organisationnelle de l’extrême-droite, ainsi que le développement de la figure de Marine Le Pen comme « recours. »
Ainsi, soit les masses génèrent une rébellion qui donne un élan véritable au camp révolutionnaire. Soit c’est un échec pour cette fois et le camp révolutionnaire ne pourra grandir véritablement en forces dans l’étape se posant devant nous.
Il y a donc lieu que Contre-Informations, et Révolution, posent des jalons, des pistes quant aux mobilisations et luttes qui s’affirment à court terme. Il faut affirmer les méthodes de lutte, les pratiques d’assemblée, de sabotage des institutions, de la généralisation des revendications.
Et cela va de pair avec le fait qu’on sait déjà que les communistes doivent affirmer les enjeux et la dimension de la révolution socialiste, ce qui va de pair avec la construction du Parti. Les communistes raisonnent en termes de camp prolétarien et de logique partidaire. Toute autre démarche, aussi progressiste qu’elle puisse être, n’est pas communiste.
Le PCMLM permet de poser la ligne comme quoi: le « capitalisme à visage humain » n’a aucun sens alors que le capitalisme vit sa crise générale, et fait basculer la planète dans une crise écologique. Toute personne qui voit cela comprend qu’il faut passer dans le camp de la révolution et élève par là son niveau de conscience.
La période qui s’ouvre est donc importante : elle marque le passage d’une étape à une autre. Notre méthode : antagonisme prolétarien et projectualité révolutionnaire!
Antagonisme prolétarien car il faut soutenir l’autonomie populaire face aux institutions. Projectualité révolutionnaire car la science MLM établit les principes de la révolution socialiste. La dialectique de ces deux pôles permet la construction du Parti!
lun, 30 août 2010 » Communisme, International
Le journal colombien Revolución Obrera a publié son 300 ème numéro ! C’est une preuve de qualité de sa productrice : l’Union Ouvrière Communiste (Marxiste Léniniste Maoïste) !
Car la continuité est une qualité essentielle du travail révolutionnaire, une qualité et une preuve. Si sur Contre-Informations il est publié chaque jour, toute l’année, sans « pause » y compris tout le mois d’août, c’est une question d’identité.
L’identité communiste : travail d’équipe, travail de fond… le travail révolutionnaire ne connaît pas de pause. Une pause, quand elle existe, peut (et doit) s’avérer finalement productive à condition uniquement qu’elle s’insère dans un travail collectif.
C’est le sens de l’esprit partidaire, par opposition à l’esprit de décomposition individualiste!
L’organisation ne doit jamais cesser de tourner ; l’organe de presse ne doit jamais cesser d’affirmer la science MLM, selon le principe : le drapeau, une fois levé, ne doit pas retomber !
Revolución Obrera a ainsi démontré sa capacité à la continuité, critère de grande valeur pour juger l’activité théorique et pratique des communistes. Et cette activité a une grande valeur à nos yeux : l’UOC (MLM) a été très ferme dans la critique du révisionnisme du type népalais.
La trahison du PC du Népal (maoïste) et de son dirigeant Prachanda a été parfaitement comprise par nos camarades de Colombie. Nous conseillons d’aller dans nos archives (à la section Colombie) consulter leurs positions.
De la même manière, nous conseillons aux personnes lisant l’espagnol d’aller sur le site de Revolución Obrera pour consulter leurs documents. Bien entendu, les expériences et les sensibilités différente, et des analyses divergentes en certains points, font que nous ne sommes pas en accord à 100% avec Revolución Obrera.
Mais ces différences sont productives, et s’insèrent dans la bataille pour que le marxisme léninisme maoïsme s’affirme comme science dirigeant la révolution mondiale.
Revolución Obrera ne perd jamais de vue la question de la révolution mondiale, et les camarades de Colombie ont à ce titre compris l’importance du développement de certains pays, passés de semi-féodal à semi-capitaliste bureaucratique.
C’est ce que nous expliquons dans le document : Les pays capitalistes – impérialistes et l’agriculture dans les pays semi-coloniaux d’Amérique latine.
Il y a ainsi deux types de pays dans le monde : les pays capitalistes (passés au stade impérialiste) et les pays semi-coloniaux. Et il y a deux types de pays semi-coloniaux : les pays semi-féodaux et les pays semi-capitaliste bureaucratique.
Dans le cas des pays semi-féodaux, la révolution agraire est déterminante (voir notre document La révolution démocratique dans les pays semi-coloniaux semi-féodaux). Dans le cas des pays semi-capitaliste bureaucratique, les paysans sont devenus en bonne partie des ouvriers agricoles : les exigences de la révolution démocratique s’effacent devant celles de la révolution socialiste.
Cela a une importance capitale car de nombreux pays connaissent ce processus. Et en France aussi cela a un impact.
Si les masses immigrées en France proviennent de pays semi-féodaux et ont été influencées massivement et profondément par les valeurs allant avec, leurs pays d’origine connaissent des changements profonds, qui renforcent la classe ouvrière et donc le mouvement ouvrier.
La mise en avant de l’Islam par les pays impérialistes est justement une tentative de renforcer les anciennes valeurs féodales, afin de contrecarrer la seconde vague de la révolution mondiale.
Il n’est pas difficile de voir que là où l’Islam est fort et implanté, disposant d’une base matérielle solide grâce à l’appui de l’impérialisme, le mouvement ouvrier est faible et ce malgré des tensions révolutionnaires très nettes (Bangladesh, Pakistan, Irak, Iran, Palestine, Algérie…).
Il est évident qu’il n’est pas possible de comprendre l’histoire de l’Algérie, depuis l’échec de l’obtention d’une indépendance réelle jusqu’aux massacres islamistes, sans comprendre la dimension semi-féodale / semi-capitaliste bureaucratique, en plus de la dimension semi-coloniale.
La révolution algérienne s’est transformée en son contraire car le FLN a formé l’armature d’une bourgeoisie bureaucratique. Les islamistes sont nés comme force « purificatrice » de l’indépendance non terminée suffisamment, sauf que leur socle était féodal…
Tout comme en Iran, les masses algériennes ont été désarmées par le conflit entre deux aspects de leur pays: l’aspect semi-féodal, et l’aspect semi-capitaliste bureaucratique, le tout masqué sous l’aspect semi-colonial.
Pareillement, on ne peut pas comprendre la nature de l’alimentation dans les pays impérialistes sans voir qu’elle a été décidée par les impérialistes, qui produisent précisément dans les pays semi-coloniaux « modernisés. »
L’UOC (MLM) a en fait vu depuis un pays semi-colonial, la Colombie, ce que nous avons noté depuis un pays impérialiste, la France.
Voilà pourquoi l’UOC (MLM) met l’accent sur les revendications ouvrières, notamment dans l’agriculture, et pourquoi nous soulignons en France l’importance de la contradiction entre villes et campagnes ainsi que celle de la question animale.
Il n’est pas un hasard que l’UOC (MLM) et le PCMLM se soient historiquement reconnus d’une certaine manière (voir le document commun du 1er mai 2009 : Le capitalisme impérialiste est en crise – Vive le socialisme et le Communisme!).
Et l’avenir montrera que ce chemin de la science MLM est parfaitement juste, qu’il permet de comprendre l’évolution du monde… et de le faire changer de base!
sam, 28 août 2010 » Communisme, International
Au Chili, 33 mineurs sont bloqués à 700 mètres de profondeur depuis le 5 août, lorsqu’un éboulement s’est produit dans la mine d’or et ce cuivre de San José. Alors que peu d’espoir subsistait quant à leur survie, les sauveteurs ont établi un contact le 22 août, après 17 jours sans aucune nouvelle.
Depuis, les mineurs sont ravitaillé par des sondes qui leur acheminent vivres, médicaments et messages de soutien de leur famille. Mais les opérations de secours prendront encore 3 ou 4 mois.
Hier, une caméra a permis de capter les premières images de la vie de ces 33 mineurs qui n’ont survécu qu’avec un sens aigu de l’organisation et de la planification.
Un mineur, en montrant une sorte de table où ils jouent aux dominos, explique : « Ici, nous avons des réunions tous les jours. Nous planifions. nous tenons des assemblées tous les jours pour que toutes les décisions prises soient basées sur les idées de nous tous ».
Pendant les 17 jours qui ont précédé les premiers ravitaillements, les mineurs se rationnaient à raison de deux cuillerées de thon et un demi verre de lait toutes les 48 heures.
La concertation, la planification, la démocratie à la base sont les forces essentielles de la classe ouvrière qui, dans des conditions aussi extrêmes ont permis aux 33 mineurs de rester en vie. Cette organisation démocratique et disciplinée montre toute la détermination et la puissance inébranlable de la classe ouvrière destinée à prendre la tête de la révolution socialiste.
A 700 mètres de profondeur, les mineurs parviennent à planifier leur survie grâce au partage, au souci de justice, d’égalité et à l’entraide, dans un état de pénurie qui recrée les conditions du communisme primitif.
Il faut voir que, dans de telles conditions, l’absence de planification mène à une mort certaine et à la barbarie. Un des exemples les plus connus est certainement le nauffrage de la frégate « La Méduse » en 1816 et de son radeau « de survie » abandonné à la dérive par le commandement du navire (15 survivants sur 152 passagers du radeau).
La barbarie n’est d’ailleurs jamais loin dans le capitalisme et l’impérialisme comme le montre l’exemple de la mine de San José. En effet, la mine avait rouverte en 2008, un an après sa fermeture provoquée par un accident mortel en 2007. Le Chili, principal exportateur de cuivre au monde, doit répondre à la demande impérialiste de cuivre en hausse constante, au détriment de la vie des mineurs sans cesse menacée par des accidents à répétition (34 morts en moyenne chaque année depuis 2000).
Les exploiteurs aux ordres des impérialistes rognent sur les conditions de sécurité élémentaires des mineurs en se permettant même, après la survenue d’accidents dus à leur négligence criminelle, d’émettre des considérations sur la difficulté de verser les salaires aux 33 mineurs piégés à 700 mètres de profondeur.
Le cas de la mine de San José prouve que la vie triomphe avec la clairvoyance et la planification de la classe ouvrière alors que la barbarie l’emporte avec la course macabre aux profits capitalistes.
La classe ouvrière doit arracher tout le pouvoir des mains tâchées de sang de la bourgeoisie !
ven, 27 août 2010 » Communisme, Révolution

Le degré le plus élevé, le plus progressiste, du développement social est la société communiste. La société communiste passe par deux phases de développement : une phase inférieure, appelée socialisme, et une phase supérieure, appelée communisme.
Au premier stade de son évolution, la société communiste ne peut pas encore être affranchie des pratiques et des survivances du capitalisme, dont elle est issue. Seul le développement ultérieur du socialisme sur sa base propre, qu’il a lui-même créée, conduit à la seconde phase, la phase supérieure de la société communiste.
Karl Marx explique :
« Dans une phase supérieure de la société communiste, quand auront disparu l’asservissante subordination des individus à la division du travail et, avec elle, l’opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel ; quand le travail ne sera pas seulement un moyen de vivre, mais deviendra lui-même le premier besoin vital ; quand, avec le développement multiple des individus, les forces productives se seront accrues elles aussi, et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance ; alors seulement [...] la société pourra écrire sur ses drapeaux : "De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins." »
En effet, il est vrai que pour le socialisme comme pour le communisme, le but de la production est de satisfaire au maximum les besoins matériels et culturels sans cesse croissants de l’ensemble de la société, et le moyen d’y parvenir est d’accroître et de perfectionner sans cesse la production sur la base d’une technique supérieure.
Avec le socialisme, les forces productives ont déjà atteint un niveau élevé : la production socialiste se développe régulièrement à des rythmes rapides ; la productivité du travail social croît également.
Mais les forces productives de la société et la productivité du travail des producteurs sont encore insuffisantes pour créer l’abondance des biens matériels.
Le communisme suppose un niveau de développement des forces productives de la société et de la productivité du travail social capable d’assurer cette abondance. En régime communiste, la propriété communiste unique des moyens de production règne sans partage.
Le travail possède alors une nature communiste, comme l’explique Lénine :
« Le travail communiste, au sens le plus étroit, le plus strict du mot, c’est le travail fourni gratuitement au profit de la société ; un travail qui n’est accompli ni comme une prestation déterminée, ni pour avoir droit à certains produits, ni selon des normes légales fixées d’avance ; c’est un travail volontaire fourni en dehors de toute norme, sans attendre une rémunération, sans convenir d’une récompense, un travail conditionné par l’habitude de travailler pour la collectivité et par le sentiment (devenu habitude) de la nécessité de travailler au profit de la communauté – un travail répondant au besoin d’un organisme sain. »
Dans la société communiste, chaque individu travaillera selon ses capacités et recevra des biens de consommation selon ses besoins, qui seront ceux d’une personne évoluée et cultivée.
En régime socialiste, la production et la circulation marchandes continuent d’exister ; en régime communiste par contre, où régnera la propriété communiste unique, une forme unique de production communiste, il n’y aura plus ni production marchande, ni circulation marchande ; la monnaie ne sera donc plus nécessaire.
En régime socialiste, l’opposition a disparu entre la ville et la campagne, entre le travail intellectuel et le travail manuel ; mais il subsiste entre eux des différences essentielles.
Avec le communisme, il n’y aura plus de différence essentielle entre la ville et la campagne, entre le travail intellectuel et le travail manuel ; il ne subsistera entre eux que des différences non essentielles, secondaires.
Cela suppose un grand développement de la civilisation : le communisme est la communauté universelle.

jeu, 26 août 2010 » Antifascisme, Communisme, France
Dimanche à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), une femme a étranglé sa fille de huit ans, handicapée moteur et cérébral, après l’avoir drogué avec des neuroleptiques. Elle a ensuite tenté de se suicider et se trouve toujours hospitalisée sans que ses jours soient en danger.
L’autopsie a confirmé mardi les causes de la mort de l’enfant. Cette femme vivait seule avec sa fille depuis l’abandon du père.
Le capitalisme n’est capable que de poser les questions que sa vision étriquée du monde lui laisse percevoir. Voilà pourquoi, la presse bourgeoise ne traite cette tragédie que sous l’angle de la considération binaire : « Le lourd handicap de sa fille était-il supportable pour cette mère ou non ? ».
C’est bien la notion d’insupportable qu’il faut qu’explorer, l’insupportable n’étant pas liée à l’état de la petite fille mais aux conditions d’existence générales induites par le mode de production capitaliste.
En effet, la société capitaliste est dominée par la compétition individualiste qui pervertit les relations entre les humains et avec la nature, et crée de l’isolement. C’est précisément dans cet état de profond isolement que vivait cette femme avec sa fille.
Cet isolement est également à comprendre en termes dialectiques puisque la relation repliée entre deux personnes implique nécessairement un caractère exclusif et même possessif qui, en dernier ressort, peut se manifester par une volonté farouche de ne pas rompre cette relation exclusive.
Ainsi, cette mère a commis son geste sur son enfant la veille de son entrée dans un institut médico-éducatif. La tentative de suicide est également à l’image de l’exclusivité de la relation sur le mode « tout doit disparaître avec moi ».
Il faut bien voir que l’oppression du capitalisme n’est pas du tout abstraite et se reflète pleinement dans ce drame. Par exemple, le poids du patriarcat est évident quand on sait que le père de l’enfant s’était enfui. En outre, cette femme avait choisi subitement de quitter la région parisienne pour s’installer en Bretagne, « plus au calme », ce qui illustre bien la contradiction entre les villes et les campagnes et sa perception au sein du peuple.
Etant donné que les médias bourgeois ont canalisé toute la réflexion sur le problème de la capacité à supporter le handicap pour la mère, on ne sait absolument rien justement sur cette petite fille. Sa vie, aujourd’hui achevée, ne semble avoir aucune importance, voire même totalement mésestimée lorsque les médias bourgeois insiste sur le « désespoir » de la mère.
Pourtant, cette enfant était un être sensible qui ressentait les choses, mais la réalité sensorielle est précisément niée par la bourgeoisie qui dédaigne une vie sans importance à ses yeux car « contre-productive ».
Il est ainsi rapporté que cette petit fille « pleurait tout le temps » dans l’unique but pour la presse bourgeoise de souligner le désemparement de sa mère. Mais le fait de pleurer en permanence n’est pas inné dans le handicap et traduit un état de souffrance et de tristesse.
La petite fille de huit ans exprimait une émotion qui n’a été considérée qu’ « insupportable », comme si son handicap impliquait nécessairement des pleurs auxquels « on ne pouvait rien faire ».
La science bourgeoise ne se conçoit que comme une technique qui se perfectionne en elle-même sans aucune considération idéologique. D’un point de vue scientifique bourgeois, l’être humain est ainsi un sujet (un patient) dont on estime techniquement la possibilité de progresser… ou non. L’absence de réponse technique à un problème est considérée comme rédhibitoire.
La science MLM apporte au contraire une compréhension globale du monde où les handicapéEs ont une place à part entière. Dans le communisme, les individus ne sont plus isolés les uns des autres et les handicapéEs ne sont pas coupés de la société et de la nature, rejetés dans l’ombre.
Le capitalisme mène un processus d’élimination des personnes différentes selon le principe du darwinisme social. La tragédie de Saint-Malo montre à quel point le capitalisme aliène les personnes dans son tourbillon de mort.
Le communisme révèle les individus, toutes les individualités, car l’humain est le capital le plus précieux. Les handicapéEs vivent pleinement dans la lumière d’une société qui les reconnaît à leur juste valeur.
L’épanouissement ne peut venir dans le capitalisme qui confine des vies dans un silence indifférent pour ne plus les voir… ou les voir seulement quand elles s’achèvent dans la douleur pour finalement les ignorer définitivement ! Dans le communisme, c’est la vie qui l’emporte !
lun, 23 août 2010 » Communisme, Révolution

Dans le mode de production capitaliste, la force de travail est une marchandise ; tous les bénéfices sociaux et culturels de la production vont aux détenteurs des moyens de production, à la bourgeoisie en tant que classe sociale. Dans le mode de production capitaliste, le travail a un caractère privé et il n’est pas organisé à l’échelle du pays.
Le socialisme renverse l’ordre capitaliste, il met fin à la domination du capital, il met fin à l’exploitation, par l’introduction des rapports de production de type socialiste qui abolissent la propriété privée des moyens de production.
Dans le socialisme, le travail a un caractère directement social ; la société planifie le processus de production, la répartition du travail entre les différentes branches de l’économie.
« Après des siècles de travail pour autrui, de labeur servile pour les exploiteurs, on a pour la première fois la possibilité de travailler pour soi, et de travailler en bénéficiant de toutes les conquêtes de la technique et de la culture modernes. » (Lénine)
Le socialisme est donc une période de transition, où l’État socialiste assure la destruction de la base ancienne, capitaliste et la victoire des formes socialistes d’économie sur les formes capitalistes.
L’État socialiste procède à la socialisation de l’ensemble de l’économie ; pour ce faire, il y a :
a) Confiscation sans contrepartie et socialisation immédiate de l’ensemble de la production industrielle privée et capitaliste d’État ;
b) Confiscation sans contrepartie et socialisation immédiate de l’ensemble des infrastructures de transports, de communications et de santé ;
c) Confiscation sans contrepartie et socialisation immédiate de l’ensemble des grandes propriétés agricoles, avec aides aux socialisations des petites propriétés et interdiction de la vente des terres ;
d) Confiscation sans contrepartie et socialisation immédiate de l’ensemble de la production de services, privée comme capitaliste d’État, ainsi que de tout le secteur financier, privé comme capitaliste d’État ;
e) Confiscation sans contrepartie et socialisation immédiate de l’ensemble du patrimoine immobilier de la bourgeoisie, et constitution d’une commission de relogement des masses populaires.
Ces confiscations se font à un rythme plus ou moins élevé, car la construction du socialisme est une période de transition, et il peut subsister dans certains secteurs, notamment l’agriculture, des formes d’économie héritées du passé et fondées sur la propriété privée des moyens de production.
Il existe alors dans le socialisme quatre formes principales d’économie : la petite production marchande, le capitalisme privé, le capitalisme d’État, et l’économie socialiste.
Cette dernière forme est supérieure aux autres ; le secteur socialiste de l’économie se caractérise par le fait que la force de travail a cessé d’être une marchandise, que le travail a perdu son caractère de travail salarié et est devenu un travail pour soi, pour la société.
L’État socialiste a donc comme objectif d’intégrer tous les secteurs productifs dans l’économie socialiste.
Ainsi, durant la période de transition, la classe ouvrière doit se tremper pour devenir une force capable d’administrer le pays, de bâtir la société socialiste et de rééduquer les masses petites-bourgeoises dans l’esprit du socialisme.
Cela nécessite des révolutions culturelles, qui renversent les traditions et les vieilles habitudes, afin de faire triompher le mode de vie conforme au socialisme. Les révolutions culturelles permettent les sauts qualitatifs dans la généralisation de l’économie socialiste à l’ensemble de la société.
La classe ouvrière doit donc saisir le marxisme-léninisme-maoïsme en tant que science, afin d’avoir une vision du monde à la hauteur des tâches de l’époque, comprendre tant les détails du processus de socialisation de l’économie que la nécessité des révolutions culturelles.
Mao Zedong a enseigné à ce sujet :
« La lutte des classes, la lutte pour la production et l’expérimentation scientifique sont les trois grands mouvements révolutionnaires de l’édification d’un pays socialiste puissant.
Ces mouvements constituent une sûre garantie permettant aux communistes de se garder de toute bureaucratie, de se prémunir contre le révisionnisme et le dogmatisme et de demeurer toujours invincibles, une pure garantie permettant au prolétariat de s’unir avec les larges masses travailleuses et de pratiquer une dictature démocratique. »
Ce n’est qu’armée de la science marxiste-léniniste-maoïste que la classe ouvrière peut également procéder à une planification correcte de l’économie socialiste. La planification se généralise graduellement à l’ensemble de l’économie socialiste, commençant par les entreprises, puis se généralisant au niveau des branches de production, et enfin à l’échelle du pays tout entier.
Cette planification a un caractère essentiel, car elle est ce qui permet la victoire du secteur socialiste de l’économie dans la période de transition.
La bourgeoisie renversée tente en effet de faire échouer le secteur socialiste de l’économie ; même après la perte de sa domination, la bourgeoisie conserve dans une mesure plus ou moins grande des ressources financières et matérielles, des attaches avec une fraction importante des vieux spécialistes, et elle profite de plus de l’appui des capitalistes des autres pays.
De plus, il y a la naissance spontanée et inéluctable d’éléments capitalistes à partir de la petite économie marchande et par impossibilité de remplacer d’emblée dans tous les domaines l’économie capitaliste par une économie socialiste.
Mao Zedong a ainsi expliqué :
« C’est à travers les difficultés et les vicissitudes que grandit le nouveau. Ce serait une pure illusion de croire que sur la voie du socialisme on peut éviter les difficultés et les détours, qu’on peut se passer de faire le maximum d’efforts, qu’il suffit de se laisser pousser par le vent et que le succès vient facilement. »
La révolutionnarisation culturelle et la connaissance de la science marxiste-léniniste-maoïste permettent donc une planification faisant triompher le secteur socialiste de l’économie sur les autres secteurs.
La contradiction entre le travail manuel et le travail intellectuel se réduit alors chaque jour davantage ; la contradiction entre les villes et les campagnes se résout de manière écologique, dans le sens d’une juste reconnaissance de la biosphère.
Le socialisme est alors construit, et son approfondissement au niveau national ainsi que son élargissement au niveau international permettent le passage graduel à la société communiste.
« Le régime des coopérateurs civilisés, quand les moyens de production appartiennent à la société et que le prolétariat a triomphé de la bourgeoisie comme classe, c’est le régime socialiste. » (Lénine)

ven, 20 août 2010 » Communisme, Révolution

Le triomphe du nouveau sur l’ancien est une loi, et par conséquent le renversement du mode de production capitaliste est inéluctable.
Mao Zedong a rappelé quels étaient les principes du socialisme scientifique concernant ce renversement :
« Les changements qui interviennent dans la société proviennent surtout du développement des contradictions à l’intérieur de la société, c’est-à-dire des contradictions entre les forces productives et les rapports de production, entre les classes, entre le nouveau et l’ancien.
Le développement de ces contradictions fait avancer la société, amène le remplacement de la vielle société par la nouvelle. »
La manière dont ce renversement aura lieu est par conséquent également à comprendre de manière scientifique. Il faut déterminer précisément ce qui est le nouveau, et ce qui est l’ancien ; le nouveau grandit inexorablement, l’ancien s’affaiblit inexorablement.
Dans le mode de production capitaliste, c’est la classe ouvrière qui représente le nouveau, alors que la bourgeoisie représente l’ancien.
La bourgeoisie domine au sein du mode de production capitaliste, elle fait travailler toute la société pour ses propres intérêts.
Ainsi, les larges masses populaires pourraient vivre matériellement de manière incroyablement meilleure, mais leur niveau de vie s’appauvrit, alors que les forces productives ne cessent pourtant de progresser quantitativement et qualitativement.
Cette contradiction est au cœur du processus révolutionnaire ; les luttes de classes se développent ainsi inéluctablement, poussées par l’étroitesse des forces productives, qui sont emprisonnées dans le caractère capitaliste des rapports de production.
La révolution socialiste se définit donc par cette réalité sociale. C’est cette contradiction entre une richesse gigantesque qui s’accumule et une majorité toujours plus appauvrie, ainsi que les choix destructeurs de la bourgeoisie concernant les productions effectuées (société de consommation, destruction de la planète, etc.), qui est source d’une tension énorme, dont la résolution est la révolution socialiste.
Voilà pourquoi Mao Zedong a rappelé :
« Dans la société de classes, les révolutions et les guerres révolutionnaires sont inévitables ; sans elles, il est impossible d’obtenir un développement par bonds de la société, de renverser la classe réactionnaire dominante et de permettre au peuple de prendre le pouvoir. »
Il faut pourtant bien distinguer le caractère particulier de la révolution socialiste. En effet, lors du passage du régime esclavagiste à la féodalité, puis de la féodalité au capitalisme, une forme de propriété privée succédait à une autre.
Le pouvoir de certains exploiteurs était remplacé par celui d’autres exploiteurs. Pourquoi cela ? Parce que les formations sociales fondées sur l’exploitation ont toutes une base semblable : la propriété privée des moyens de production.
Or, la révolution socialiste vise l’abolition de la propriété privée des moyens de production. Pour cette raison d’ailleurs, la société socialiste ne peut pas commencer à naître dans la société capitaliste.
Cela alors que pour les anciens renversements de modes de production, on trouvait déjà des traces du nouveau mode de production dans le mode de production précédent.
Ainsi, lors du passage du féodalisme au capitalisme, les nouveaux rapports de production bourgeois se sont peu à peu développés, des formes plus ou moins achevées du type capitaliste ont grandi au sein de l’ancien régime.
Tel ne peut pas être le cas du socialisme. Le régime socialiste, fondé sur la propriété sociale des moyens de production, ne peut pas naître et grandir au sein de la société bourgeoise, fondée sur la propriété privée.
Les formes socialistes d’économie ne peuvent ni apparaître ni se développer d’elles-mêmes, spontanément : la bourgeoisie empêche ces formes d’exister, le mode de production capitaliste empêche le socialisme de se développer.
Voilà pourquoi pour qu’elles se développent, la classe ouvrière doit exercer sa dictature sur la bourgeoisie : c’est le seul moyen pour que le nouveau se développe véritablement, pleinement.
La révolution socialiste consiste donc en le renversement de l’ancien et le triomphe du nouveau, par la dictature du nouveau sur l’ancien.
Évidemment, cette dictature est totalement différente dans la forme et dans le fond de celle qu’exerce la bourgeoisie sur les masses populaires dans le cadre de la « démocratie bourgeoise ». L’État bourgeois est en effet un appareil bureaucratique, dont la fonction est de réprimer les larges masses et de maintenir la domination de la bourgeoisie.
L’État socialiste, à l’opposé, consiste en les larges masses populaires à la fois organisées et armées. Le pouvoir revient aux comités populaires qui, organisés de manière centralisée, réorganisent l’ensemble du pays.
Cette dictature est ainsi une démocratie véritable pour les masses populaires, dont elle défend les intérêts ; inversement, elle réprime l’ancienne minorité exploiteuse, afin de l’empêcher de s’opposer au socialisme, ainsi que de l’empêcher de faire retourner le pays au capitalisme.
Il y ainsi d’un côté la classe ouvrière qui a les larges masses populaires comme alliées, et de l’autre la bourgeoisie qui auparavant dominait la société. Voilà pourquoi Mao Zedong a souligné la distinction qui existe dans le socialisme :
« Nous sommes en présence de deux types de contradictions sociales : les contradictions entre nous et nos ennemis et les contradictions au sein du peuple. Ce sont deux types de contradictions de caractère tout à fait différent. »
La révolution socialiste consiste donc en l’instauration de la dictature du prolétariat ; la révolution socialiste renverse le rapport de forces entre les masses populaires et la bourgeoisie, et le socialisme a justement comme tâche d’abolir la bourgeoisie en tant que classe et d’anéantir définitivement le vieil État.
Lénine a ainsi expliqué :
« La dictature du prolétariat est une lutte opiniâtre, sanglante et non sanglante, violente et pacifique, militaire et économique, pédagogique et administrative, contre les forces et les traditions de la vieille société. »
À quoi ressemblera donc la révolution socialiste ? L’histoire de la révolution socialiste d’Octobre 1917 le montre très clairement. Les larges masses populaires, organisées par la classe ouvrière, mènent une insurrection afin de renverser la bourgeoisie et d’instaurer un nouveau pouvoir.
Cette insurrection est bien entendu le point culminant de tout un processus révolutionnaire, dans lequel l’avant-garde a mené l’agitation, la propagande et l’organisation.
Les comités populaires, ossature du nouveau pouvoir, ne naissent pas spontanément ; la classe ouvrière doit les organiser, de la manière la plus ferme.
Ces comités populaires ou leurs embryons sont bien entendu la cible de la bourgeoisie, voilà pourquoi le processus amenant à la révolution socialiste est une guerre populaire prolongée.
Voilà pourquoi Mao Zedong a rappelé que :
« Chaque communiste doit assimiler cette vérité : le pouvoir est au bout du fusil. »
Lénine avait également dit à ce sujet :
« Ceux-là seuls ont assimilé l’essence de la doctrine de Marx sur l’État, qui ont compris que la dictature d’une classe est nécessaire non seulement pour toute société de classes en général, non seulement pour le prolétariat qui aura renversé la bourgeoisie, mais encore pour toute la période historique qui sépare le capitalisme de la « société sans classes », du communisme.
Les formes d’États bourgeois sont extrêmement variées, mais leur essence est une : en dernière analyse, tous ces États sont, d’une manière ou d’une autre, mais nécessairement, une dictature de la bourgeoisie.
Le passage du capitalisme au communisme ne peut évidemment manquer de fournir une grande abondance et une large diversité de formes politiques, mais leur essence sera nécessairement une : la dictature du prolétariat. »
La révolution socialiste est ainsi :
– l’aboutissement d’un processus prolongé où le nouveau prend conscience de sa force et se lance au fur et à mesure contre l’ancien ;
– la réalisation de la dictature du nouveau sur l’ancien, sous la forme de la dictature du prolétariat ;
– un processus organisé de manière consciente par l’avant-garde qui saisit parfaitement, par la science MLM, la lutte du nouveau contre l’ancien.

dim, 8 août 2010 » Antifascisme, Communisme, France
Vendredi, un sondage, réalisé pour Le Figaro, sur la réception de la politique réactionnaire du gouvernement a été opportunément repris dans les médias bourgeois.
Bien sûr, tout est cousu de fil blanc : les questions mettent le répondant dans une position passive de réaction à la politique elle-même réactionnaire de l’Etat bourgeois. Par conséquent, ce sondage tourne en rond dans la logique légaliste bourgeoise en aboutissant à la conclusion évidente qui correspond à l’ambiance viciée du capitalisme en crise, c’est-à-dire l’adhésion massive à une politique réactionnaire.
Il faut bien comprendre que la bourgeoisie n’a pas de cerveau et n’est capable de proposer qu’une dynamique stupide appuyant de fait la progression du fascisme.
Très concrètement, l’Etat bourgeois propose de déchoir de la nationalité française les personnes d’origine étrangère coupables de polygamie ou d’incitation à l’excision.
La bourgeoisie transforme la polygamie et l’excision en aspects nationaux qu’il suffirait donc d’exclure de la « communauté nationale », selon une conception réactionnaire, pour ne plus les voir.
Or, l’excision et la polygamie sont des manifestations du patriarcat qui relègue les femmes au rang de biens à posséder, dominer, contrôler et opprimer.
Il est évident que la bourgeoisie est incapable de livrer un combat idéologique contre le patriarcat, un des piliers de l’exploitation capitaliste.
On voit que la bourgeoisie ne s’intéresse pas le moins du monde à l’oppression subie par les femmes excisées ou en situation de polygamie. Non, tout ce qui intéresse la bourgeoisie, c’est de redessiner de manière mesquine la frontière de la « communauté nationale ».
Dans une logique contre-révolutionnaire, la bourgeoisie entend maintenir la réalité de son oppression, et en particulier de l’oppression patriarcale, en donnant l’impression, de façon populiste, de « prendre les problèmes à bras le corps » alors qu’elle ne fait qu’attiser les divisions au sein du peuple. La bourgeoisie se borne à tracer une séparation étanche entre « nous » et « eux ».
En somme, la bourgeoisie est dans le camp de la stupidité binaire opposé à la clairvoyance dialectique de la science MLM, incarnée en France par la PCMLM.
D’ailleurs, il faut répéter que la véritable intention de ce sondage est de légitimer cette stupidité binaire. Illustration de la vision limitée de la bourgeoisie, le gouvernement a proposé le retrait de la nationalité aux personnes d’origine étrangère portant atteinte à la vie de policiers ou gendarmes. L’idée d’une peine plancher de 30 ans a également été lancée pour le meurtre de policier ou gendarme.
La bourgeoisie manifeste ici une volonté évidente d’intimidation qui traduit une peur viscérale des révoltes populaires inévitables dans le futur. Voilà pourquoi la bourgeoisie brandit ce sondage pour tenter d’effacer la lutte de classe en démontrant l’adhésion massive de la population aux mesures réactionnaires du gouvernement au-delà des différences de profession et des régions d’habitation.
En vérité, ce sondage sert uniquement à développer la propagande contre-révolutionnaire de la bourgeoisie qui se caractérise par sa conception binaire accrochée au monde ancien.
Au contraire, Contre-Informations incarne la dynamique de la révolution. Contre-Informations constitue indéniablement un centre vital de la culture pour saisir activement le monde d’aujourd’hui dans sa globalité et faire jaillir le monde nouveau lavé des immondices du capitalisme.
jeu, 29 juillet 2010 » Communisme, France
Le ministère de la santé a décidé le report sine die de la fermeture des blocs opératoires traitant moins de 1500 opérations par an. Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a toutefois précisé que ce report visait simplement à expliquer publiquement les raisons de cette mesure avant la fermeture effective des blocs opératoires en question.
Les tergiversations de la bourgeoisie sont à l’image des contradictions qui traversent le monde de production capitaliste, à commencer par la contradiction entre les villes et les campagnes.
En effet, le mode de production capitaliste n’a eu de cesse de concentrer le travail dans les centres urbains, attirant une population croissante et créant dans le même temps des zones périurbaines bâtardes pour les habitants relégués de la ville et/ou fascinés par la propriété privée. Parallèlement, le mode de production capitaliste a vidé les zones rurales de ses habitants.
Cette disparité entre villes et campagnes, façonnée par le capitalisme, se retrouve dans la répartition très inégale de l’accès au soin. Le mode de production capitaliste a concrètement engendré des contradictions en cascade qui s’entretiennent et se renforcent.
En clair, les centres de soin situés à proximité de zones rurales dépeuplées accueillent logiquement peu le monde. Néanmoins, ils sont indispensables pour les habitants des campagnes dont la moyenne d’âge est assez élevée du fait du déplacement des jeunes vers les villes pourvoyeuses d’emplois.
De l’autre côté, la population des villes a également du mal à accéder aux hôpitaux car ces derniers sont surchargés du fait de la trop grande concentration urbaine. Les listes d’attente pour les interventions ont donc tendance à s’allonger.
Autre conséquence de la contradiction entre les villes et les campagnes, les chirurgiens et autres professionnels s’orientent préférablement vers des établissements plus prestigieux très éloignés des zones rurales.
Ainsi, les intérêts du peuple dans son entier sont bafoués par le mode de production capitaliste qui creuse les contradictions entre les villes et les campagnes, avec toutes les conséquences que nous venons de décrire.
Cette situation s’avère d’autant plus préjudiciable pour le peuple que les incidents médicaux nécessitant une prise en charge immédiate, comme les AVC (accidents vasculaires cérébraux) ou les malaises hypoglycémiques (chez les diabétiques), augmentent considérablement.
Il faut y voir les effets du capitalisme qui, en tant que guerre de tous contre tous, instille un stress énorme dans la population (favorable aux AVC). De même, par déconsidération irresponsable des intérêts du peuple au profit des exploiteurs capitaliste (les betteraviers entre autres) et volonté de créer des addictions, le mode de production capitaliste encourage la surproduction d’aliments trop sucrés (favorable au diabète).
En pleine crise générale du capitalisme, la bourgeoisie est incapable de concevoir la santé du peuple autrement que par le prisme de la rentabilité. Le double langage de l’Etat bourgeois prouve qu’il s’embourbe dans les contradictions inhérentes au capitalisme.
La révolution socialiste doit remettre en cause la contradiction entre les villes et les campagnes afin que le peuple entier ait accès aux soins, à l’éducation, à la culture pour le progrès de l’humanité. Avec la planification économique au service du peuple, la vie pourra libérer toute son énergie créatrice, sans nervosité, dans une société en harmonie avec la nature.
mar, 27 juillet 2010 » Communisme, Ecologie

mar, 27 juillet 2010 » Communisme, Ecologie
Les documents sur Epicure, Lucrèce et Spinoza sont désormais disponibles dans un pack PDF prêt à l’impression. Nous encourageons et à l’imprimer pour l’étudier, et à l’imprimer sur papier recyclé.
Ici deux remarques au sujet du dernier texte sur Spinoza. La première c’est que nos archives en ligne concernant le PCF de l’époque révolutionnaire contiennent un document français de 1932 donnant le point de vue communiste sur Spinoza: Spinoza et le marxisme.
Ce document formule évidemment le même point de vue que le nôtre, tant sur le matérialisme que la dialectique, et de manière moins avancé sur certains points en raison de la compréhension plus approfondie permise par le maoïsme. Cela montre en tout cas clairement où est notre identité, ainsi que la nature du PCMLM aujourd’hui!
La seconde remarque, c’est que le texte sur Spinoza ne parle pas du mouvement dialectique avant que la matière ne se forme (avec le – ou éventuellement les – Big Bang). Ceci sera abordé dans un texte plus spécifique à ce sujet, avec une présentation générale des dernières avancées de la science concernant la physique.
En effet, nous voulons que chaque étude soit bien délimitée, et toujours orientée vers la pratique. Le document sur Spinoza ne présente pas toute la pensée de Spinoza sous tous ses aspects – il en tire simplement la substance dans une démarche orientée vers la transformation de notre monde.
« La philosophie marxiste — le matérialisme dialectique — a deux particularités évidentes.
La première, c’est son caractère de classe: elle affirme ouvertement que le matérialisme dialectique sert le prolétariat; la seconde, c’est son caractère pratique: elle met l’accent sur le fait que la théorie dépend de la pratique, que la théorie se fonde sur la pratique et, à son tour, sert la pratique. » (Mao Zedong)
lun, 26 juillet 2010 » Communisme, Ecologie

Spinoza est un penseur très important ; s’il est très connu, sa pensée formulée de manière mathématique (avec des démonstrations, des axiomes, etc.) est cependant particulièrement rebutante et complexe.
En apparence, tout au moins : nous allons ici expliquer la pensée de Spinoza de manière parfaitement claire. La raison de ce pari est simple : en fait, Spinoza est un grand précurseur de la science marxiste-léniniste-maoïste.
Partant de là, saisir sa pensée à partir du maoïsme est une entreprise aisée. C’est justement ce que nous allons faire, étape par étape ; nous allons exposer les traits généraux de la science MLM et voir comment Spinoza expose sa conception à lui, afin de comparer.
1. La question de l’éternité et de l’infini
Pour la science MLM, rien n’est éternel à part l’espace et le temps. Par le big bang, l’énergie s’est transformée en matière, et cette matière a constitué l’univers tel que nous le connaissons. Mais tout processus a un début et une fin, et donc même l’univers n’est pas éternel.
Seuls sont éternels l’espace et le temps, qui sont les dimensions où a lieu ce mouvement. Voyons un schéma théorique du big bang pour bien comprendre cette conception.

Maintenant, si on regarde la conception de Spinoza, on doit y retrouver quelque chose de similaire, bien entendu dans les grandes lignes car Spinoza ne disposait pas des connaissances que nous avons aujourd’hui. Toutefois, sa conception doit être, si nous avons raison, relativement proche.
Que dit Spinoza ? Rapproche-t-il l’espace et le temps ? Les considère-t-il comme les seules choses éternelles ? Oui, il le fait ; il dit ainsi :
« Ce qu’est l’éternité. – Ici nous dirons seulement qu’elle est l’attribut sous lequel nous concevons l’existence infinie de Dieu. »
Nous avons ici l’éternité et l’infini pour définir Dieu. C’est le premier point : ce que nous appelons espace-temps, Spinoza l’appelle Dieu.
Seulement voilà, si cela est juste, alors cela voudrait dire que ce que Spinoza appelle Dieu est l’équivalent de la matière en mouvement. Cela ferait de Spinoza un matérialiste… Est-ce le cas ? Regardons donc comment il définit la matière.
2. La matière et son statut
Pour la science MLM, la matière n’existe pas de manière abstraite : elle existe parce qu’il est dans sa nature d’être en mouvement. Reconnaître la matière n’est pas suffisant pour être communiste, il faut également comprendre son mouvement dialectique.
Si la planète Terre existe, si nous existons individuellement, c’est parce que nous sommes composés d’atomes et que ces atomes sont en mouvement, un mouvement qui part du big bang.
La matière n’existe donc pas isolément, elle n’existe qu’en mouvement, dans le cadre de l’espace-temps ; la matière est dépendante en quelque sorte du mouvement, elle ne peut pas se mettre à l’écart du mouvement et atteindre un statut éternel, immuable.
Si nous avons raison, alors Spinoza devra dire pareillement que la réalité matérielle est portée par l’espace-temps (que lui appelle Dieu).
Théoriquement, cela est impossible car la pensée religieuse considère que le monde a été créé par Dieu, et que le monde vit donc de manière indépendante.
C’est la théorie du « grand horloger », où le monde est comme une horlogerie conçue par l’horloger (qui est Dieu) ; il y a également l’image du « grand architecte », mais on doit bien sûr penser à la Genèse : « Dieu dit : que la lumière soit, et la lumière fut », etc.
Dans la religion, Dieu a donné naissance à l’espace-temps, mais il n’est pas l’espace-temps ; Dieu a créé l’existence matérielle, mais il n’est pas cette existence matérielle, qui existe donc de manière indépendante.
Si par contre Spinoza est matérialiste, et nous avons vu déjà que Dieu se définit par l’espace-temps, alors logiquement : Dieu = espace-temps = existence matérielle.
Est-ce le cas ? Oui, c’est bien le cas :
« Pour mieux faire entendre ce qu’est l’Éternité et comment on ne peut la concevoir sans l’essence divine, il faut considérer ce que nous avons déjà dit, à savoir que les choses créées, c’est-à-dire toutes choses sauf Dieu, existent toujours par la seule force ou essence de Dieu, non point par une force propre. »
« Dieu n’est pas seulement la cause qui fait que les choses commencent d’exister ; mais aussi celle qui fait qu’elles persévèrent dans l’existence. »
Comme on le voit ici, la matière n’existe que parce qu’elle est portée par une force, par un mouvement. Cela est conforme à la science MLM.
Cependant, on pourrait arguer que cela n’est vrai qu’en apparence, qu’en fait Spinoza considère son Dieu comme Aristote, à la façon d’un « moteur ». Seulement voilà : Aristote préfigure la religion et considère son moteur comme hors du monde.
Si nous voyons juste et si Spinoza est matérialiste, alors à l’opposé d’Aristote, ce qu’il appelle Dieu est dans le monde. Étudions cette question.
3. Dieu et l’univers
Ici, logiquement, nous devrions nous retrouver coincés : si Spinoza dit que Dieu est présent dans notre monde, où alors est Dieu ? Pourquoi ne le verrait-on pas ? Il semble donc que Spinoza ne peut, logiquement, pas dire cela, à moins d’être ouvertement matérialiste et de dire : ce que j’appelle Dieu est, en fait, le monde.
Le dit-il ? Oui, Spinoza le dit. Il dit ainsi :
« Par Dieu, j’entends un étant absolument infini, c’est-à-dire une substance consistant en une infinité d’attributs, dont chacun exprime une essence éternelle et infinie. »
« Les choses particulières ne sont rien si ce n’est des affections des attributs de Dieu, autrement dit des modes, par lesquels les attributs de Dieu sont exprimés d’une manière certaine et déterminée. »
Ainsi donc, Dieu se confond littéralement avec l’univers. Ce que nous appelons l’univers, Spinoza l’appelle Dieu.
Car nous considérons que l’univers a une « infinité d’attributs », par l’intermédiaire des multiples dispositions atomiques et chimiques, et celles-ci dépendent du mouvement dialectique de la matière, depuis le big bang.
Spinoza a la même conception. Reste cependant un souci : la science MLM ne considère pas que l’univers soit déterminé par autre chose que par sa nature, par sa composition chimique et atomique.
Pour que Spinoza soit matérialiste, il faudrait que le Dieu qu’il met en avant fonctionne de manière pour ainsi dire « mécanique » : il ne pourrait pas choisir, il ne pourrait pas décider ; en effet, pour la science MLM, l’univers est en effet ce qu’il est, alors que logiquement un Dieu choisit.
Regardons donc quelle est la conception de Spinoza à ce niveau, pour voir s’il est matérialiste.
4. La disposition de l’univers
Si Spinoza est matérialiste, alors son Dieu est impuissant : il est un principe, tout puissant, mais il ne peut pas avoir une « personnalité » ni une conscience « individuelle » comme l’affirme la religion.
Que dit Spinoza ? En fait, il considère que l’agencement du monde est logique ; ce qui existe existe de cette manière et pas d’une autre parce que c’est dans la nature de Dieu.
Il justifie cela en disant que Dieu pouvant tout, s’il voulait faire les choses différemment il aurait pu ; s’il a fait que les choses soient de cette manière-là et pas d’une autre, alors c’est que c’était dans sa nature.
Ce n’est ni plus ni moins que réduire Dieu à un principe. C’est une preuve très claire que pour Spinoza, Dieu consiste en l’univers. Regardons ce qu’il dit :
« Il n’est rien donné de contingent dans la nature, mais tout y est déterminé par la nécessité de la nature divine à exister et à produire quelque effet d’une certaine manière. »
« Les choses n’ont pu être produites par Dieu d’aucune manière autre et dans aucun ordre autre, que de la manière et dans l’ordre où elles ont été produites. »
Ainsi donc, Dieu n’a pas de liberté, et un Dieu qui n’a pas de liberté n’est pas un Dieu. Ce que Spinoza appelle Dieu, nous l’appelons univers, et nous avons vu que les caractéristiques de Dieu sont chez Spinoza celles de l’univers selon la science MLM.
Cependant, reste à parler non pas simplement de l’univers, mais de notre planète, car nous vivons certainement dans l’univers, mais plus directement sur notre planète.
Si Spinoza est matérialiste, alors sa conception du monde doit être proche d’Épicure et de Lucrèce, c’est-à-dire qu’il est censé considérer les humains comme n’étant pas étrangers au monde, à la nature. Voyons ce que dit Spinoza.
5. La place de l’être humain dans le monde
Pour la science MLM, mais également pour les précurseurs qu’ont été Épicure et Lucrèce, l’être humain fait partie du système global de la vie et a comme tâche d’être heureux.
Il ne doit ainsi « pas chercher midi à quatorze heures » mais se focaliser sur son épanouissement. C’est une philosophie très terre-à-terre… très concrète… c’est une philosophie matérialiste.
Seulement, il y a deux difficultés. Tout d’abord Spinoza devrait rejeter les rites de la religion comme étant des superstitions bloquant l’épanouissement, tout comme Épicure et Lucrèce.
Ensuite, il devrait dire ouvertement que l’être humain appartient à la nature, et donc dire que Dieu et la nature sont pratiquement la même chose.
Pensée explosive de son époque, du 17ème siècle : Spinoza assume ces deux points. Il affirme clairement que Dieu en tant que principe est en pratique la nature :
« Cet Être éternel et infini que nous appelons Dieu ou la Nature agit avec la même nécessité qu’il existe… N’existant pour aucune fin, il n’agit donc aussi pour aucune ; et comme son existence, son action n’a ni principe ni fin. »
On a donc bien un Dieu impersonnel – l’équivalent de ce que nous appelons l’univers – et un environnement matériel immédiat, le monde, que Spinoza appelle la nature.
C’est un point de vue matérialiste, conforme à la science MLM. Reste la question de la religion, du rapport de l’être humain au monde.
Rappelons que dans la religion, Dieu a donné le monde à l’être humain ; ce dernier vaut donc plus que le monde, il en est le maître. Si par contre Spinoza est matérialiste, alors il considère que l’être humain est naturel.
L’alternative est la suivante : soit l’être humain vit au-dessus de la nature, parce que c’est sa définition divine (c’est le point de vue religieux), soit l’être humain fait partie de la nature, étant simplement un animal avec un développement particulier (c’est le point de vue matérialiste).
Spinoza est explicite : il est dans le camp des matérialistes.
« Il est impossible que l’homme ne soit pas une partie de la Nature et ne puisse éprouver d’autres changements que ceux qui se peuvent connaître par sa seule nature et dont il est cause adéquate.
Il suit de là que l’homme est nécessairement toujours soumis aux passions, suit l’ordre commun de la Nature et lui obéit, et s’y adapte autant que la nature des choses l’exige. »
L’être humain est humain, c’est-à-dire un être naturel. Il a une nature. Cela est tout à fait conforme à la science MLM, qui rejette la conception d’un être humain qui serait « au-dessus » de la nature, de la réalité matérielle, de l’univers.
Reste maintenant à savoir ce que dit Spinoza sur ce que l’être humain doit faire dans le monde, afin de vérifier qu’il dit la même chose qu’Épicure et Lucrèce.
6. La quête d’une vie paisible et heureuse
Pour la science MLM, mais également pour les précurseurs qu’ont été Épicure et Lucrèce, l’être humain peut être heureux : il est naturel et appartient au monde, et en tant que tel a sa place.
Reste à savoir laquelle ; c’est là toute la question de la philosophie matérialiste. Citons ici Pythagore pour souligner l’importance de cette reconnaissance de la dignité du réel :
« Tant que l’homme continuera à être le destructeur impitoyable des êtres animés des plans inférieurs, il ne connaîtra ni la santé, ni la paix. Tant que les hommes massacreront les bêtes, ils s’entretueront. Celui qui sème le meurtre et la douleur, ne peut en effet récolter la joie et l’amour. »
La joie et l’amour sont des préoccupations matérialistes par définition : si Spinoza est un matérialiste, alors ce sont ses objectifs, et il doit chercher à montrer quel est le chemin pour les atteindre.
Et nous pouvons voir justement que Spinoza est bien l’un des nôtres :
« Seule assurément une farouche et triste superstition interdit de prendre des plaisirs. En quoi, en effet, convient-il mieux d’apaiser la faim et la soif que de chasser la mélancolie ?
Telle est ma règle, telle est ma conviction. Aucune divinité, nul autre qu’un envieux, ne prend plaisir à mon impuissance et à ma peine, nul autre ne tient pour vertu nos larmes, nos sanglots, notre crainte et autres marques d’impuissance intérieure ; au contraire, plus grande est la Joie dont nous sommes affectés, plus grande la perfection à laquelle nous passons, plus il est nécessaire que nous participions de la nature divine.
Il est donc d’un homme sage d’user des choses et d’y prendre plaisir autant qu’on le peut (sans aller jusqu’au dégoût, ce qui n’est plus prendre plaisir).
Il est d’un homme sage, dis-je, de faire servir à sa réfection et à la réparation de ses forces des aliments et des boissons agréables pris en quantité modérée, comme aussi les parfums, l’agrément des plantes verdoyantes, la parure, la musique, les jeux exerçant le Corps, les spectacles et d’autres choses de même sorte dont chacun peut user sans aucun dommage pour autrui.
Le Corps humain en effet est composé d’un très grand nombre de parties de nature différente qui ont continuellement besoin d’une alimentation nouvelle et variée ; pour que le Corps entier soit également apte à tout ce qui peut suivre sa nature et que l’Esprit soit également apte à comprendre à la fois plusieurs choses.
Cette façon d’ordonner la vie s’accorde ainsi très bien et avec nos principes et avec la pratique en usage ; nulle règle de vie donc n’est meilleure et plus recommandable. »
Les choses sont on ne peut plus claires. L’esprit n’est pas coupé du corps, esprit et corps forment un tout. C’est un point de vue parfaitement matérialiste.
Voyons maintenant si Spinoza dit la même chose qu’Épicure et Lucrèce, à savoir que l’être humain doit focaliser sa conscience sur la nature, sur la connaissance de celle-ci et sa compréhension d’en être une partie.
7. L’être humain et son identité naturelle
Quand on est matérialiste, on reconnaît au monde sa dignité ; on n’admet que le réel. Si Spinoza est l’un des nôtres, et nous avons vu que c’est le cas, alors il doit accorder une grande attention à cette orientation.
Et cette orientation doit être comme celle d’Épicure et Lucrèce : elle doit explicitement rejeter la religion comme expression d’esprits incompétents cherchant à expliquer ce qu’ils ne comprennent pas de manière mystique, en raison du fait qu’ils ne comprennent pas la nature.
Est-ce le cas ? Oui, c’est le cas ; Spinoza nous dit :
« Car, ayant considéré les choses comme des moyens, ils ne pouvaient pas croire qu’elles se fussent faites elles-mêmes ; mais, pensant aux moyens qu’ils ont l’habitude d’agencer pour eux-mêmes, ils ont dû conclure qu’il y a un ou plusieurs maîtres de la Nature, doués de la liberté humaine qui ont pris soin de tout pour eux et qui ont tout fait pour leur convenance.
Or, comme ils n’ont jamais eu aucun renseignement sur le naturel de ces êtres, ils ont dû en juger d’après le leur, et ils ont ainsi admis que les Dieux disposent tout à l’usage des hommes, pour se les attacher et être grandement honorés par eux.
D’où il résulta que chacun d’eux, suivant son naturel propre, inventa des moyens divers de rendre un culte à Dieu, afin que Dieu l’aimât plus que tous les autres et mît la Nature entière au service de son aveugle désir et de son insatiable avidité.
Ainsi, ce préjugé est devenu superstition et a plongé de profondes racines dans les esprits ; ce qui fut une raison pour chacun de chercher de toutes ses forces à comprendre les causes finales de toutes choses et à les expliquer. Mais en voulant montrer que la Nature ne fait rien en vain (c’est-à-dire qui ne soit à l’usage des hommes), ils semblent avoir uniquement montré que la Nature et les Dieux délirent aussi bien que les hommes. »
Partant de là, pour comprendre l’être humain, il faut comprendre sa nature, ce qui est une démarche matérialiste :
« La plupart de ceux qui ont écrit sur les affects et sur les principes de la conduite semblent traiter non de choses naturelles qui suivent des lois générales de la nature, mais de choses qui sont en dehors de cette Nature. Il semble même qu’ils conçoivent l’homme dans la Nature comme un empire dans un empire.
Ils croient en effet que, loin de le suivre, l’homme perturbe l’ordre de la Nature et que, dans ses propres actions, il exerce une puissance absolue et n’est déterminé que par lui-même.
Aussi attribuent-ils la cause de l’impuissance et de l’inconstance humaines non pas à la puissance générale de la Nature mais à je ne sais quel vice de la nature humaine sur laquelle, dès lors, ils pleurent, rient, exercent leur mépris ou, le plus souvent, leur haine. Et celui qui sait accabler l’impuissance de l’Esprit humain avec le plus d’éloquence ou le plus d’arguments passe pour divin. [...]
Mais voici mes raisons. Il ne se produit rien dans les choses qu’on puisse attribuer à un vice de la Nature ; car elle est toujours la même, et partout sa vertu, sa puissance d’agir est une et identique ; c’est-à-dire que les lois et les règles de la Nature selon lesquelles tout se produit et se transforme sont toujours et partout les mêmes, et c’est aussi pourquoi, quelle que soit la nature de l’objet à comprendre, on ne doit poser qu’un seul et même principe d’explication : par les lois et règles universelles de la Nature. »
« Quelle que soit la nature de l’objet à comprendre, on ne doit poser qu’un seul et même principe d’explication : par les lois et règles universelles de la Nature » : Spinoza est bien un matérialiste, un précurseur de la science MLM. Il fait partie de la tradition d’Épicure et de Lucrèce.
Mais puisqu’il était un homme du 17ème siècle, il a forcément des limites : quelles sont-elles ? Pour une compréhension globale de Spinoza, il nous faut comprendre cela.
8. La limite de Spinoza
En fait, Spinoza n’est limité que sur un point, mais il est essentiel.
Spinoza est un matérialiste, c’est un fait ; il reconnaît la primauté de la matière et son Dieu n’est que l’univers portant la matière. L’être humain fait partie de la nature et peut donc être heureux :
« L’homme libre ne pense à rien moins qu’à la mort, et sa sagesse est une méditation, non de la mort, mais de la vie. »
Jusque-là, il fait partie de la science MLM. Seulement, Spinoza vit à une époque où la classe ouvrière n’existe pas encore. Le mode de pensée des êtres humains était donc incapable de saisir la dialectique.
On retrouve le même défaut chez Épicure et Lucrèce, et pour cause. Il y a bien eu des précurseurs de la dialectique, comme Anaxagore et Héraclite, mais globalement le courant dialectique ne pouvait pas se développer.
Le courant matérialiste pouvait grandir, mais limité et minoritaire jusqu’au développement du mode de production capitaliste, puis largement influencé par la bourgeoisie et sa vision mécaniste.
Spinoza n’est donc pas quelqu’un qui avait compris la dialectique ; en raison de son époque, il ne le pouvait pas. Voilà pourquoi les relations entre Dieu et le monde, entre le monde et lui-même, sont statiques.
Une fois que les choses sont, elles sont et ne changent plus ; elles ont une nature, qui ne se modifie pas, et ces natures ne peuvent en fait même pas se rencontrer.
Hegel, qui le premier a affirmé la dialectique de manière élaborée, même si imparfaitement, a justement fait une grande critique de Spinoza : Spinoza ne comprend pas ce qu’est la négation, il ne comprend pas ce qu’est le mouvement.
Cette critique est juste, et pour cause. La raison de cela est en effet très simple : Spinoza est totalement dans la tradition de la pensée d’Aristote, par l’intermédiaire des penseurs arabes, juifs, et latins.
Or, nous avons vu qu’Aristote est le penseur anti-dialectique qui met en avant l’analogie. Spinoza procède donc par analogie, il n’arrive pas à voir les connexions.
Prenons deux exemples. Voici comment Spinoza comprend la nécessité dans le monde et son rapport avec la conscience :
« Les hommes se trompent en ce qu’ils pensent être libres et cette opinion consiste en cela seul qu’ils sont conscients de leurs actions, et ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés. »
« La volonté ne peut être appelée cause libre, mais seulement cause nécessaire. »
De manière matérialiste, cela semble correct, mais il y a une dimension mécaniste, car le mouvement dialectique n’est pas saisi et ainsi le rôle de la conscience est nié.
C’est une question d’époque : à celle de Spinoza, il n’y avait pas encore la classe la plus révolutionnaire de l’histoire, la classe ouvrière.
Inversement, nous communistes savons désormais justement que la révolution n’est pas un processus mécanique mais bien un processus conscient, posant donc la nécessité du Parti Communiste de type MLM.
Prenons un second exemple, lui aussi typique de l’analogie. Spinoza distingue ici les animaux des humains, sauf qu’il les oppose abstraitement et formellement.
Manque de dialectique oblige, Spinoza ne voit en effet pas le rapport existant entre les humains et les animaux, il ne peut pas concevoir une relation vivante, il ne peut concevoir qu’un mouvement statique et en un seul sens.
Voici ce que dit Spinoza :
« La loi qui défend de tuer les animaux est fondée bien plus sur une vaine superstition et une pitié de femme que sur la saine raison ; la raison nous enseigne, en effet, que la nécessité de chercher ce qui nous est utile nous lie aux autres hommes, mais nullement aux animaux ou aux choses d’une autre nature que la nôtre. Le droit qu’elles ont contre nous, nous l’avons contre elles.
Ajoutez à cela que le droit de chacun se mesurant par sa vertu ou par sa puissance, le droit des hommes sur les animaux est bien supérieur à celui des animaux sur les hommes. Ce n’est pas que je refuse le sentiment aux bêtes.
Ce que je dis, c’est qu’il n’y a pas là de raison pour ne pas chercher ce qui nous est utile, et par conséquent pour ne pas en user avec les animaux comme il convient à nos intérêts, leur nature n’étant pas conforme à la nôtre, et leurs passions étant radicalement différentes de nos passions. »
En raison de l’absence de dialectique, Spinoza voit ainsi les choses par analogie et par conséquent de manière unilatérale.
Telle est la limite de Spinoza, une limite imposée par son époque. Intéressons-nous pour finir aux considérations faites par les communistes sur Spinoza, en soulignant l’importance de la particularité française.
9. Spinoza et les interprétations du « marxisme français »
Comme on l’a vu, il faut partir de la science MLM pour comprendre Spinoza de manière claire.
Un besoin qui n’a pas été très important dans le passé : Marx et Engels avaient profité de la critique hégélienne de Spinoza, et n’ont pas fait de critique particulière puisqu’ils assumaient la dialectique.
Par la suite par contre, le marxiste russe Plekhanov, qui avait connu Engels, a le premier souligné que Spinoza faisait partie de notre tradition, que Spinoza avait influencé Feuerbach, et que par là il a été une grande contribution au marxisme.
Le marxisme-léninisme de l’époque de Staline a par la suite donc fort logiquement affirmé que Spinoza préfigure le matérialisme français des Lumières, qu’il était un précurseur de l’idéologie de la classe ouvrière.
Malheureusement, si cela a pu avoir une faible incidence dans d’autres pays, en France il ne suffisait pas de reconnaître la valeur de Spinoza.
En effet, nous ne cessons de dire que le problème fondamental du marxisme en France a été la négation des enseignements d’Engels.
Cela a eu comme conséquence que le marxisme a été considéré uniquement comme une science sociale (et non donc comme la science en général, comprenant la société mais aussi la nature).
Et cette science sociale a été comprise de manière mécaniste, dans le prolongement du rationalisme bourgeois du type de Descartes.
Par conséquent, si nous avons raison, alors puisque Spinoza n’était pas dialectique, le « marxisme français » a dû l’apprécier particulièrement.
Est-ce le cas ? Oui, c’est le cas. Dans le « marxisme français » Spinoza est opposé à Hegel, ce qui est une totale aberration.
Tous les « intellectuels » du « marxisme français » de ces 60 dernières années se sont revendiqués CONTRE Hegel par l’intermédiaire de Spinoza :
– Louis Althusser, Alain Badiou, Pierre Macherey pour le courant « dogmatique » ;
– Michel Foucault, Gilles Deleuze, Toni Negri pour le courant « spontanéiste ».
Toute la pensée « marxiste française » des années 1960 – 1970 est dans l’orbite du structuralisme, c’est-à-dire d’une vision du monde en structures figées, et prend parti contre Hegel par l’intermédiaire de Spinoza.
Les « marxistes français » de cette époque affirment que Hegel n’a pas compris Spinoza, que le manque de dialectique dans Spinoza ne peut pas être résolu en appuyant l’importance de l’élément conscient (une position donc totalement opposée aux enseignements de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne en Chine à la même époque).
Cette position typiquement française a eu un énorme succès justement en France en raison de sa base « raisonnable », dans la puissante tradition française de rejet de la dialectique de la nature comme « mysticisme ».
L’esprit « français » se veut « raisonnable » et rejette les prétentions à pouvoir comprendre le tout, à pouvoir effectuer une synthèse.
Rejeter la dialectique, rejeter Engels, passait inévitablement par rejeter Hegel, et par chercher un « autre » marxisme qui expliquerait des « lames de fond » dans la société, tout cela se réalisant mécaniquement, la révolution arrivant « automatiquement ».
Il n’est pas difficile de voir qu’une telle conception est exactement celle de l’extrême-gauche française, sauf évidemment du PCMLM.
Cela souligne d’autant plus l’importance qu’il y a à comprendre la place de Spinoza dans l’histoire des idées.

dim, 25 juillet 2010 » Communisme
[Extrait d'un document chinois de 1971: "Deux fusionnent en un", philosophie réactionnaire de la restauration capitaliste.]
« Pour s’opposer à la philosophie marxiste, tous les opportunistes et révisionnistes se sont toujours appliqués à oblitérer la ligne de démarcation entre le matérialisme et l’idéalisme ainsi qu’entre la dialectique et la métaphysique.
Et c’est précisément à cette méprisable tactique contre-révolutionnaire que le renégat Yang Hsientchen eut recours pour placer sa camelote réactionnaire.
Il la revêtit du manteau de la dialectique et prétendit que « deux fusionnent en un » et «un se divise en deux » avaient « la même signification. »
Il tenta délibérément de nier l’antagonisme fondamental existant entre un se divise en deux et « deux fusionnent en un ».
Lénine a indiqué: « Le dédoublement de l’un et la connaissance de ses parties contradictoires, voilà le fond… de la dialectique. » (A propos de la dialectique)
« On peut brièvement définir la dialectique comme la théorie de l’unité des contraires. Par là on saisira le noyau de la dialectique, mais cela exige des explications et un développement. » (Résumé de la Science de la logique de Hegel)
Le président Mao a développé cette grande idée de Lénine dans De la contradiction, De la juste solution des contradictions au sein du peuple et d’autres importants ouvrages philosophiques.
Le président Mao dit : « La loi de l’unité des contraires est la loi fondamentale de l’univers. Cette loi agit universellement aussi bien dans la nature que dans la société humaine et dans la pensée des hommes.
Entre les aspects opposés de la contradiction, il y a à la fois unité et lutte, c’est cela même qui pousse les choses et les phénomènes à se mouvoir et à changer. » (De la juste solution des contradictions au sein du peuple.)
Le concept un se divise en deux exprime de façon pénétrante et résume brièvement la loi de l’unité des contraires et saisit le fond de la dialectique matérialiste.
Selon ce concept, toute chose renferme des contradictions. Les deux aspects de la contradiction dépendent l’un de l’autre et luttent entre eux, et c’est ce qui détermine la vie de toute chose.
La nature, la société et la pensée sont remplies de contradictions et de luttes, et il n’existe aucune chose telle que « deux fusionnent en un ».
Sans contradiction, il n’y aurait ni nature, ni société, ni pensée, et le monde n’existerait pas.
Les contradictions sont présentes dans tous les processus et, du début à la fin, animent le développement des choses. Les contradictions apparaissent sans cesse et sont constamment résolues, telle est la loi universelle du développement des choses.
En appliquant le concept un se divise en deux dans l’examen de la société socialiste, nous devons reconnaître que, tout au long de la période historique du socialisme, il y a les classes, les contradictions de classe et la lutte de classes, il y a la lutte entre la voie socialiste et la voie capitaliste, il y a le danger d’une restauration du capitalisme et la menace de subversion et d’agression de la part de l’impérialisme et du révisionnisme moderne.
Pour résoudre ces contradictions, nous devons renforcer la dictature du prolétariat et, sous sa direction, nous en tenir à la continuation de la révolution.
Même en société communiste, il y aura des contradictions et d’innombrables luttes entre ce qui est nouveau et ce qui est ancien, entre ce qui est avancé et ce qui est arriéré et entre ce qui est juste et ce qui est erroné.
Seuls ceux qui s’en tiennent à ce concept et l’appliquent pour guider la pratique révolutionnaire sont des matérialistes dialectiques conséquents.
Nier ce concept revient à nier l’universalité de la contradiction et trahir la dialectique matérialiste, ce qui mène immanquablement à la trahison politique de la révolution prolétarienne et de la dictature du prolétariat.
L’essence du « deux fusionnent en un », c’est de fusionner les contradictions, liquider la lutte, combattre la révolution, afin d’«intégrer» le prolétariat à la bourgeoisie, le marxisme au révisionnisme, le socialisme à l’impérialisme et au social-impérialisme.
Cette conception idéaliste et métaphysique du monde, conception du monde extrêmement réactionnaire propre à la bourgeoisie, est diamétralement à l’opposé de la conception du monde dite un se divise en deux. »
ven, 23 juillet 2010 » Antifascisme, Communisme, France
Miguel Duguenet s’est rendu hier à la justice bourgeoise et a révélé une version des faits très différente de celle de la gendarmerie sur les causes de la mort de son cousin, Luigi Duquenet.
Miguel Duquenet a expliqué que les deux gendarmes, loin de former un quelconque barrage, leur avaient tiré dessus sans sommation, tuant de ce fait Luigi. Le conducteur, Miguel, avait décéléré à la vue de personnes sur la route en pleine nuit.
Il faut remarquer ici la quête de la vérité qui anime le peuple, épris de justice. C’est cette même recherche de la vérité qui a conduit la compagne de Karim Boudouda à déposer plainte contre X pour faire toute la lumière sur sa mort.
Cette aspiration à la vérité et à la justice dans le peuple tranche avec l’attitude des institutions bourgeoises qui aiment asséner une version de la réalité arrangée à leur avantage.
La quête de la dignité des masses contraste singulièrement avec la roublardise et les falsifications de la bourgeoisie !
La bourgeoisie cherche même à discréditer le témoignage de Miguel en soulignant son caractère tardif. La bourgeoisie gonflée de mesquinerie est ainsi incapable de comprendre l’aspiration à la dignité de Miguel qui n’a pas voulu témoigner avant l’enterrement de son cousin Luigi.
C’est cette même mesquinerie qui pousse les médias bourgeois à préciser au détour d’une phrase que Miguel est grand-père à 38 ans depuis 15 jours. Il va de soi que ce genre de détail vise à exciter la haine anti-rrom sur la base d’une argumentation réactionnaire concernant les « mœurs » de « ces gens-là. »
Notre de crise générale du capitalisme est chargée de l’idéologie fasciste qui amène progressivement le darwinisme social au stade génocidaire.
Le déferlement de rage anti-rrom est un aspect déterminant du fascisme qui déverse sa haine contre un peuple « apatride » se débarrassant des frontières.
Il faut rappeler que de nombreux Rroms sont morts dans les camps d’extermination nazi. En France, les Rroms ont été enfermés dans des camps particulièrement insalubres jusqu’en 1946.
Le mensonge, la mesquinerie, la barbarie capitaliste ne l’emporteront pas ! Avec l’idéologie MLM, élevons l’humanité à la communauté universelle des êtres libres, des êtres dignes !
lun, 19 juillet 2010 » Communisme, Ecologie

« Ainsi, je le répète, la terre a bien mérité
le nom de mère puisqu’elle a spontanément créé
le genre humain et comme au temps fixé produit
les races d’animaux par les grands monts s’ébattant,
et les oiseaux aériens et leurs formes diverses. »
Ces vers de Lucrèce (98 – 54 avant notre ère), tirés de son unique œuvre (« De rerum natura », De la nature), résument la pensée d’un des grands auteurs matérialistes de l’humanité.
Niant les dieux, Lucrèce conçoit la vie comme un mouvement se produisant lui-même, un mouvement « éternel et spontané », et nous communistes ne disons pas autre chose ; Lucrèce synthétise d’ailleurs dans son œuvre le point de vue d’Épicure.
Lucrèce rejette les dieux, car « rien ne peut surgir de rien » ; la vie existe, avec des formes précises, et la vie s’auto-entretient, tel que le montre l’ordre des saisons.
Il n’est pas étonnant que les penseurs bourgeois disent que Lucrèce croit en la « génération spontanée », alors qu’il ne dit pas cela : il affirme juste que rien ne vient de rien, que les atomes se déplacent avec la mort, rejoignant d’autres organismes, c’est-à-dire affirmant l’équilibre chimique du monde, bien évidemment sans connaître en détail les modalités du processus, vu l’époque.
Lucrèce pose donc l’équilibre chimique du monde, un pas en avant formidable dans le matérialisme ; le monde est ainsi composé d’atomes (« l’éternelle agitation des atomes dans le grand vide »), et les corps se meuvent dans le vide, sans qu’il n’y ait un « monde supérieur » qui serait celui des dieux, et sans chercher d’autres raisons à l’origine du monde (le feu par exemple, ou bien l’eau, la terre, etc.).
Il y a donc l’affirmation de la matière, contre les dieux, et l’affirmation de la matière en mouvement, selon les principes atomiques :
« Oui, tu verras souvent ces corps changer de route
et retourner en arrière sous d’aveugles chocs,
tantôt ici, tantôt là, partout et en tout sens.
Cette errance est due aux principes des choses :
ils sont les premiers à se mouvoir d’eux-mêmes,
puis les corps dont l’assemblage est le plus petit,
les plus proches pour ainsi dire de la force des atomes,
se meuvent sous la poussée des chocs aveugles
et frappent à leur tour des corps un peu plus grands.
Ainsi, depuis les atomes, le mouvement s’élève,
peu à peu il parvient à nos sens jusqu’à nous faire voir
l’agitation des corps dans un rayon de soleil,
mais les chocs originels demeurent invisibles. »
Lucrèce est ainsi un authentique matérialiste : le monde existe en tant que matière se transformant de manière éternelle. Ses propos sont très forts et d’une modernité absolue, et constatons qu’à notre époque de la révolution socialiste, il s’agit encore de faire triompher cette vision du monde.
La pensée scientifique de type bourgeoise a fini par reconnaître le mouvement, mais tout au plus peut-elle le constater de manière mécanique, et elle est incapable de l’établir comme loi universelle.
Elle ne peut qu’utiliser tel ou tel aspect de la réalité pour ses intérêts de classe, mais jamais elle n’a de vue d’ensemble, à l’opposé de Lucrèce :
« Car ce n’est pas après concertation ni par sagacité
que les atomes se sont mis chacun à sa place,
ils n’ont point stipulé quels seraient leurs mouvements,
mais de mille façons heurtés et projetés en foule
par leurs chocs éternels à travers l’infini,
à force d’essayer tous les mouvements et liaisons,
ils en viennent enfin à des agencements
semblables à ceux qui constituent notre monde
et qui se perpétuent pendant des millénaires,
une fois découverts les mouvements appropriés. »
Lucrèce parle de bien de matière éternelle, et de mouvement éternel :
« Jamais en outre la quantité de matière
n’a été plus serrée ni plus éparse.
Aucune augmentation, aucune perte en effet.
Le mouvement des atomes est donc aujourd’hui
le même que jadis, toujours semblablement
il les emportera dans la suite des âges
et ce qui a coutume de naître encore naîtra,
soumis à même loi, vivant et s’épanouissant
durant le temps assigné à chacun par la nature. »
Comment faut-il vivre alors, puisque l’être humain est une composante de ce mouvement d’ensemble, et pas son centre ? Lucrèce nous rappelle les principes d’Épicure : il faut vivre sereinement, la nature n’exige rien d’autre qu’un caractère paisible.
Il faut que l’esprit puisse jouir « de sensations heureuses », que « la douleur soit éloignée du corps » ; il faut être délivré des soucis, et pouvoir vivre sans crainte.
La raison en est simple : l’esprit est lié à la matière, l’esprit est tenu par le corps, il est lié à lui et on ne peut pas séparer corps et esprit. Lucrèce dit ainsi :
« Ni l’âme ni le corps sans le pouvoir de l’autre
n’ont la faculté de sentir isolément,
mais leurs mouvements réciproques en notre chair
allument et attisent la flamme de la sensation. »
Il faut donc un état d’âme adéquat, paisible.
Il faut noter ici la dimension pacifique des propos de Lucrèce, que l’on retrouve chez de nombreux penseurs de la culture grecque antique ; Épicure était un végétarien, qui parfois mangeait du fromage, et la tradition de Pythagore dans son ensemble suivait ce principe.
Voici à titre d’exemple la conception d’Empédocle, qui a son importance car c’est à Empédocle que Lucrèce reprend le principe de formuler ses pensées sous la forme de poème, et réfute dans « De rerum natura » sa théorie des quatre éléments constituant le monde, ce qui en souligne son importance théorique :
« L’école de Pythagore et d’Empédocle d’Agrigente et le reste des Italiens enseignent que nous sommes apparentés non seulement entre nous et aux dieux, mais aussi aux animaux privés de raison ; qu’en effet unique est le souffle qui parcourt tout l’univers à la manière d’une âme et qui nous unit à ces êtres.
C’est pourquoi, en les tuant, en les mangeant, nous commettons une injustice et une impiété, car nous détruisons des congénères. En conséquence de quoi ces philosophes ont conseillé de s’abstenir de ce qui a vie et ils ont imputé une impiété aux hommes qui rougissent de carnage chaud l’autel des Bienheureux.
Empédocle dit quelque part (fr. 136) : « Cessez donc ce massacre aux clameurs funestes. Ne voyez-vous pas que vous vous entre-dévorez dans l’inconscience de votre esprit ? » (extrait de Contres Les Dogmatiques, IX, 127, de Sextus Empiricus). »
Voici par exemple des propos de Lucrèce, qui sont exactement dans le même esprit, et représentent des lignes d’une importance culturelle extrême.
Ces lignes ont un peu plus de 2000 ans, et pourtant leur regard a encore une valeur civilisatrice d’une force pénétrante :
« Les animaux se connaissent aussi bien que les hommes.
Devant les temples magnifiques, au pied des autels
où fume l’encens, souvent un taurillon tombe immolé,
exhalant de sa poitrine un flot sanglant et chaud.
Cependant la mère désolée parcourt le bocage,
cherche à reconnaître au sol l’empreinte des sabots,
scrute tous les endroits où d’aventure elle pourrait
retrouver son petit, soudain s’immobilise
à l’orée du bois touffu qu’elle emplit de ses plaintes
et sans cesse revient visiter l’étable,
le cœur transpercé du regret de son petit.
Ni les tendres saules ni l’herbe avivée de rosée
ni les fleuves familiers coulant à pleines rives
ne sauraient la réjouir, la détourner de sa peine. »
Ces lignes de Lucrèce se trouvent dans un passage où il explique pourquoi la matière prend différentes formes, et où il constate justement que la vie appelle la vie, que les différentes formes sont reliées les unes aux autres selon les liens maternels.
Il y a là très clairement une réfutation du patriarcat, et Lucrèce critique justement les guerres et les batailles, appelant au triomphe de la paix.
On notera d’ailleurs pareillement sa réfutation de l’alcool, prétexté par une explication sur le rapport entre l’esprit et le corps :
« Et quand l’esprit du vin en l’homme a pénétré,
et diffuse âprement sa chaleur par les veines,
les membres s’alourdissent, les jambes se dérobent,
on titube, la langue s’empâte, l’esprit se noie,
le regard flotte, viennent les cris, les sanglots, les querelles
et tout le cortège de semblables effets. »
Lucrèce montre ici qu’il a très bien perçu ce qu’est la vie et ce qui peut la déranger ; sa réfutation de l’alcool est ici aussi d’une grande modernité, et une orientation véritablement positive.
Il faut vivre, mais de manière sensée, c’est-à-dire en suivant les sens et non les illusions ; « la volupté est plus pure aux hommes sensés » qu’à ceux qui errent de manière passionnée et qui ne sont jamais rassasiés.
Voilà pourquoi Lucrèce accorde une grande attention aux premiers êtres humains, et à l’apparition de l’art ; le jeu et l’art, la gaieté formant le bonheur : un bonheur naturel, ce que Lucrèce souligne bien, tant en affirmant que l’art vient de la nature, qu’en affirmant que l’art ne s’épanouit que lorsque l’être humain est lui-même, naturel.
Voilà ce qui n’est pas seulement une description, mais un programme pour l’humanité ; et ce programme, il est clairement communiste, puisque le communisme est la sortie du royaume de la nécessité.
Voici ce que dit Lucrèce :
« On imitait avec la bouche les voix limpides des oiseaux
bien avant de savoir répéter en chantant
les poèmes mélodieux qui charmèrent l’oreille.
Le sifflement du zéphyr dans les tiges des roseaux
apprit aux hommes des champs à souffler dans des pipeaux.
Puis insensiblement s’exprimèrent les douces plaintes
que répand le chalumeau rythmé par les doigts des musiciens :
il fut inventé dans les bois profonds, bosquets et prairies,
lieux solitaires des bergers en leurs divins loisirs.
Ainsi le temps produit peu à peu chaque chose
que la raison élève au royaume de la lumière.
Voilà ce qui charmait et réjouissait nos ancêtres
quand ils s’étaient rassasiés car tout alors séduit les cœurs.
Souvent donc entre amis couchés sur l’herbe tendre,
ils choyaient allégrement leur corps à peu de frais,
surtout quand le temps souriait et que la saison
parsemait de mille fleurs les prairies verdoyantes.
Alors ils s’adonnaient aux jeux, devisaient et riaient,
c’était alors vraiment que s’épanouissait la muse agreste.
Alors leur gaieté folâtre les invitait à ceindre
leur tête et leurs épaules de fleurs et feuilles tressées,
ils s’avançaient sans rythme, remuaient lourdement
leur corps et d’un pied lourd frappaient la terre mère.
Ainsi naissaient les rires, les doux éclats de joie :
tout alors était neuf et donc plus merveilleux. »
À lire ces lignes, on peut clairement dire que Lucrèce est un précurseur non seulement du matérialisme, mais en tant que tel du communisme. Le mode de vie que l’on reconnaît ici comme mis en avant est clairement quelque chose dont on peut profiter pour le programme communiste.
En raison de la période où Lucrèce a vécu, son point de vue ne pouvait triompher ; considérer que la guerre était le fruit de la volonté de possession était révolutionnaire, mais il fallait que les forces productives soient davantage développées pour que cette affirmation puisse être énoncée de manière scientifique, par une classe sociale rejetant le fétichisme de la possession : la classe ouvrière.
Néanmoins, Lucrèce a posé des fondements matérialistes ayant contribué à la naissance de la science MLM de notre époque, et il a posé des jalons moraux que nous devons comprendre.
Il ne s’agit pas seulement de considérer qu’il est juste d’éviter le superflu, l’inutile, le luxe qui ne correspond à rien. Il s’agit de comprendre avec Lucrèce que :
« Nul ne reçoit la vie comme propriété ;
usufruit seulement, telle est la loi pour tous. »
Les êtres humains sont une composante de la biosphère, il s’agit de respecter la vie au lieu d’anéantir la planète pour la domination, l’oppression et l’exploitation !

sam, 17 juillet 2010 » Communisme, Ecologie

Quelle est la philosophie d’Épicure ? Épicure ne s’intéresse pas aux démonstrations, mais aux sens ; les sens doivent être le point de départ de la compréhension du réel.
C’est-à-dire qu’il accorde au réel une dignité ; la pensée se fonde sur les sensations :
« Toutes nos pensées ont leur origine dans les sensations par conjoncture, analogie, similitude et combinaison, le raisonnement y contribue également. » (cité par Diogène Laërce)
L’importance de cette reconnaissance a été totalement incomprise par les penseurs bourgeois ; seul le courant matérialiste en a saisi la signification. Épicure se situe en effet dans la lignée d’Anaxagore, dont il reconnaissait l’importance essentielle, et pour Anaxagore il existe un mouvement essentiel.
Citons ici Anaxagore et sa thèse centrale :
« Les Hellènes parlent mal quand ils disent : naître et mourir. Car rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau. Pour parler juste, il faudrait donc appeler le commencement des choses une composition et leur fin une désagrégation. »
Les penseurs bourgeois n’ont pas compris que toute la philosophie d’Épicure, qui est une morale, une théorie du mode de vie, repose sur cette considération.
Avant Épicure, les philosophes matérialistes cherchaient à saisir le mouvement général de la matière, mais ils ne positionnaient pas l’être humain par rapport à ce mouvement.
Avec Épicure, par contre, la nature se voit reconnue comme étant la réalité où vit l’être humain, être humain qui en fait partie.
Ce n’est qu’ainsi qu’on peut comprendre la logique d’Épicure comme quoi la vie est transitoire, et qu’il faut en profiter, en s’admettant en tant que simple être humain, sans chercher ni la gloire ni un monde idéal dans l’au-delà.
Voici ce qu’Épicure explique dans la Lettre à Ménécée :
« Habitue-toi à penser que la mort n’est rien par rapport à nous ; car tout bien – et tout mal – est dans la sensation : or la mort est privation de sensation.
Par suite, la droite connaissance que la mort n’est rien par rapport à nous, rend joyeuse la condition mortelle de la vie, non en ajoutant un temps infini, mais en ôtant le désir de l’immortalité. [...]
Ainsi, le plus terrifiant des maux, la mort, n’est rien par rapport à nous, puisque quand nous sommes, la mort n’est pas là, et quand la mort est là, nous ne sommes plus. »
Le point de vue d’Épicure est à la base non seulement du matérialisme, mais de l’attitude matérialiste. Le matérialisme affirme en effet qu’il est possible d’être heureux ; qu’être heureux c’est comprendre qu’on est de la matière pensante, avec des besoins à satisfaire.
L’épicurisme n’est donc en rien un culte des orgies ou de la consommation barbare ; au contraire, il prône une attitude raisonnable, une simple satisfaction sans chercher de grandes « transcendances » (cette recherche des grandes « transcendances » étant inversement la thèse moderne du fascisme comme « refus de la vie commode »).
D’où le mot d’ordre d’Épicure : « On peut atteindre le bonheur. ». Même les dieux sont remis en cause : ils existent, mais existent pour eux, ils n’interfèrent pas avec nous. Lucrèce et Spinoza ne diront pas autre chose.
Peu importe comment on qualifie le mouvement général : en tant que petite composante de ce tout, on peut donc vivre, être heureux. « Le cri de la chair : ne pas avoir faim, ne pas avoir soif, ne pas avoir froid. Celui qui a ces choses, et l’espoir de les avoir, peut rivaliser avec Zeus en bonheur. »
Le monde est composé d’atomes – Épicure assume la position de Leucippe et Démocrite – et les sens nous font connaître les choses réelles issues du mouvement des atomes.
Ainsi, l’épicurisme, c’est la reconnaissance du caractère naturel de l’être humain, d’où d’ailleurs la fausse interprétation propagée par le christianisme comme quoi l’épicurisme consiste en une apologie décadente des orgies. Mais un penseur décadent aurait-il écrit plus de 300 œuvres ?
Pour en plus, mettre en avant le concept d’ataraxie, c’est-à-dire le principe comme quoi l’esprit doit être paisible, tranquille, en harmonie avec la nature.
Voici ce qu’en dit Épicure :
« Quand nous disons que le plaisir est notre but ultime, nous n’entendons pas par là les plaisirs des débauchés ni ceux qui se rattachent à la jouissance matérielle, ainsi que le disent ceux qui ignorent notre doctrine, ou qui sont en désaccord avec elle, ou qui l’interprètent dans un mauvais sens. Le plaisir que nous avons en vue est caractérisé par l’absence de souffrance corporelle et de troubles de l’âme. »
En tant qu’êtres humains, nous sommes naturels, nous cherchons à éviter certaines choses, tout comme nous cherchons certaines choses que nous considérons comme bonnes. C’est là la base de la nature humaine, un point de vue qui aujourd’hui a une grande importance alors qu’il faut construire le programme communiste.
La religion et le capitalisme nient le caractère naturel de l’être humain ; un monde purement spirituel ou totalement bétonné est la seule perspective proposée. Nous communistes faisons comme Épicure : nous combinons science de la nature et mode de vie. Épicure a raison d’affirmer qu’il est juste d’un côté de vivre dans l’absence de troubles et de douleurs (ce qu’il appelle les plaisirs en repos), et de l’autre de vivre également la joie et la gaieté (qu’il appelle plaisirs en mouvement).
Cela est dans la nature de l’être humain. Par conséquent, nous rejetons la conception de l’être humain nécessairement troublé, perturbé, anxieux, angoissé, empli de malaise… pour affirmer la possibilité du bonheur, en tant qu’être vivant dans la biosphère.
Voilà pourquoi Marx, regardant l’Antiquité, considère que seul Lucrèce a réellement compris la philosophie d’Épicure. Lucrèce a compris la portée de la pensée d’Épicure.
Et étant donné que l’œuvre de Lucrèce nous est parvenue, à l’opposé de celle d’Épicure qui elle a été perdue dans sa quasi totalité, il y a donc vraiment lieu de se pencher sur Lucrèce, et ce d’autant plus que Lucrèce présente la pensée d’Épicure en détail.

mer, 14 juillet 2010 » Communisme, Ecologie

Le philosophe grec Épicure (342 – 270 avant notre ère) est d’une grande importance dans l’histoire de l’humanité ; son influence a été très grande pour le courant matérialiste qui, partant d’Épicure, passe par Lucrèce puis Spinoza, pour arriver à Hegel et Marx.
Ce dernier avait d’ailleurs fait une thèse de doctorat intitulée « Différence des conceptions de la nature chez Démocrite et Épicure » ; mieux encore, dans l’ouvrage « La Sainte Famille » écrit avec Engels, Marx oppose de manière très claire l’épicurisme à Descartes.
Or, en tant que révolutionnaires en France, en tant que communistes luttant pour la dignité du réel, cela est d’une très grande importance ! Voici comment Marx et Engels posent la question :
« Le matérialisme cartésien continue d’exister en France. Il enregistre ses grands succès dans la physique mécanique, à laquelle, « pour parler exactement et au sens prosaïque », on peut reprocher tout ce qu’on veut sauf le romantisme.
Dès sa première heure, la métaphysique du XVIIe siècle, représentée, pour la France, surtout par Descartes, a eu le matérialisme pour antagoniste. Descartes le rencontre personnellement en Gassendi, restaurateur du matérialisme épicurien.
Le matérialisme français et anglais est demeuré toujours en rapport étroit avec Démocrite et Épicure. La métaphysique cartésienne a eu un autre adversaire en la personne du matérialiste anglais Hobbes. C’est longtemps après leur mort que Gassendi et Hobbes ont triomphé de leur adversaire, au moment même où celui-ci régnait déjà comme puissance officielle dans toutes les écoles françaises. »
Ce passage en dit très long sur la mentalité française de négation de la dignité du réel. Descartes a posé les fondements de la science de la nature, mais il l’a fait de manière mécaniste, à l’opposé des humanistes comme Montaigne pour qui « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».
Il va de soi, donc, que le mouvement révolutionnaire n’est pas le prolongement du matérialisme cartésien, contrairement notamment aux thèses révisionnistes des années 1960 – 1970 ; Marx et Engels le constatent clairement dans la « Sainte Famille » :
« De même que le matérialisme cartésien a son aboutissement dans la science de la nature proprement dite, l’autre tendance du matérialisme français débouche directement sur le socialisme et le communisme. »
Il est admirable qu’en France n’ait pas été vue la continuité d’Épicure à Lucrèce, de Lucrèce à Spinoza, de Spinoza à Hegel.
La raison en est qu’en France, les œuvres d’Engels n’ont pas été étudiées. Les penseurs français ont alors fantasmé sur une opposition entre Hegel et Spinoza, certains comme Althusser tentant même de contourner Hegel par l’intermédiaire d’un Spinoza anti-dialectique, etc.
Une telle question était pourtant dépassée depuis les années 1920 – 1930 en URSS, et Spinoza considéré comme une grande figure matérialiste ! Les communistes en France le savaient dans les années 1920 – 1950, mais avec le triomphe du révisionnisme, tout cela s’est perdu.
Il est vrai également que la France a été un pays très grandement influencé par le stoïcisme. Or, cette philosophie apparue au même moment que l’épicurisme consiste en son exact contraire.
De la même manière que Spinoza est le prolongement d’Épicure, Descartes se situe dans le prolongement du stoïcisme. Descartes assume clairement cette filiation (« il vaut mieux changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde »).
Cela est d’une importance très grande sur le plan culturel en France : le stoïcisme considère en effet qu’il faut accepter les évènements tels qu’ils se présentent ; l’épicurisme affirme lui qu’il faut sentir la vie telle qu’elle se présente.
Or, la France est cartésienne ; disciple de Descartes, elle accepte les règles mécaniques et mathématiques du monde, sans se soucier de la dignité du réel.
Il y a en fait là un moment clef, qui correspond à la thèse comme quoi le classicisme est le baroque français. Car le baroque n’est ni plus ni moins qu’un néo-stoïcisme ; il suffit de voir les tableaux dépeignant les « vanités », qui enseignent que tout est vain et que rien ne sert à rien puisque tout meurt.
Impossible de comprendre Pascal, Corneille (notamment son œuvre « Cinna »), ou Descartes sans voir l’influence du néo-stoïcisme, dont le principal théoricien est le flamand Juste Lipse (1547 – 1606), et du français Guillaume du Vair (1556 – 1621), un personnage d’une grande importance dans la naissance de l’idéologie de la nation française.
Tout le baroque français puise massivement dans le stoïcisme, et l’on voit très bien que le classicisme ne dit justement pas autre chose dans son contenu.
Le néo-stoïcisme imprègne toute l’époque de la Contre-Réforme, ce qui est logique puisque, inversement, l’humanisme véritable peut clairement être relié à l’épicurisme.
Ce n’est pas pour rien que les tragédies, formes classiques par excellence, soulignent l’importance du fait d’être stoïque ; le fait de ne pas être stoïque ne peut à l’opposé relever que de la comédie.
Le néo-stoïcisme n’est pas une simple réédition du stoïcisme : il y a l’intégration du religieux, dans une variante qui existe encore aujourd’hui, puisque bon nombre de scientifiques bourgeois se diront croyants, tout en affirmant que la question ne concerne pas leurs activités scientifiques.
Une vision du monde schizophrène et idéaliste qui est typiquement bourgeoise. Et qui fait que la science en France est authentiquement bourgeoise et mécaniste ; elle prend les choses comme elles apparaissent de manière mécanique, d’où l’esprit vivisecteur.
Et en fait, toute la culture latine en France – et cette culture a un grand impact jusque dans les années 1960 dans le monde scolaire et universitaire – est imprégnée de stoïcisme, sans parler de la religion (qu’on pense au jansénisme – variété religieuse de stoïcisme – qui a traversé le christianisme français, mais il faut également bien comprendre que le christianisme puise énormément et directement dans le stoïcisme lui-même).
Voilà qui souligne l’importance à comprendre le mouvement qui part d’Épicure, pour aller à Marx en passant par Lucrèce, Spinoza et Hegel. Pour faire la révolution, il faut saisir l’importance du stoïcisme, à la base de la France cartésienne à l’esprit vivisecteur : la France de la pensée bourgeoise.

sam, 3 juillet 2010 » Communisme, France, Révolution

sam, 3 juillet 2010 » Communisme
L’époque où l’humanité entière entreprendra de façon consciente sa propre transformation et la transformation du monde sera celle du communisme mondial.
Par la pratique découvrir les vérités, et encore par la pratique confirmer les vérités et les développer.
Partir de la connaissance sensible pour s’élever activement à la connaissance rationnelle, puis partir de la connaissance rationnelle pour diriger activement la pratique révolutionnaire afin de transformer le monde subjectif et objectif.
La pratique, la connaissance, puis de nouveau la pratique et la connaissance.
Cette forme cyclique n’a pas de fin, et de plus, à chaque cycle, le contenu de la pratique et de la connaissance s’élève à un niveau supérieur.
Telle est dans son ensemble la théorie matérialiste-dialectique de la connaissance, telle est la conception que se fait le matérialisme dialectique de l’unité du savoir et de l’action.
Mao Zedong, De la pratique
sam, 3 juillet 2010 » Communisme, Crise capitaliste, France
Le 1er juillet a été marqué, comme chaque année, par une augmentation général des tarifs dans divers secteurs : les transports (SNCF : + 2,5 %, RATP : + 3,9 %), le gaz (+ 5 %, soit + 15 % depuis le début de l’année) et le courrier (+ 1,6 %).
Le mode de production capitaliste consiste en vérité en une marche forcée de l’accumulation des profits qui ne fait que resserrer son étau sur le prolétariat. Ce fonctionnement borné est d’autant plus vicieux qu’il frappe d’abord les masses dans leur vie quotidienne et leurs besoins élémentaires.
En outre, ce racket de l’Etat bourgeois est d’autant plus irresponsable que l’utilisation des transports en commun permet de limiter considérablement les émissions polluantes. Quant au gaz, sa consommation est d’autant plus importante que les appartements sont mal construits et mal isolés, ce qui est fréquemment le cas des logements où habitent les prolétaires.
La stratégie de la bourgeoisie vise donc à prendre au piège les masses dans un mode de production qu’elles subissent et d’accroître ainsi son profit à leur dépens.
En procédant de la sorte, le capitalisme, dans sa phase de crise générale, exclut une partie de plus en plus importante du prolétariat, contraint au système D, au resquillage, aux arrangements et aux vols pour tout juste survivre.
La crise générale accélère de ce fait le processus de darwinisme social qui est partie intégrante du mode de production capitaliste.
Contrairement à la marche forcée capitaliste qui exerce une pression constante sur le peuple, le socialisme est un mode de production reposant sur la planification économique, selon les directives de la classe ouvrière et dans l’intérêt du peuple.
Ainsi, dans le socialisme, la classe ouvrière est à la tête des usines et les accroissements de production débouchent sur une baisse des prix bénéficiant à l’ensemble du peuple. La planification économique est incompatible avec les prix scandaleusement élevés des transports en commun et le maintien de logements insalubres, assignés par la bourgeoisie aux masses populaires.
Contre le cynisme irrationnel du capitalisme qui engendre le fascisme, le communisme représente la science rationnelle de la production au bénéfice des humains et de la planète. Et le PCMLM matérialise en France l’idéologie d’avant-garde du prolétariat révolutionnaire : le marxisme-léninisme-maoïsme!
jeu, 17 juin 2010 » Antifascisme, Communisme, Ecologie, France

L’interdiction de l’apéritif fasciste « saucisson et pinard » qui devait se tenir rue Myrha, dans le 18ème arrondissement de Paris, où des musulmans font leur prière du vendredi, profite bien sûr aux fascistes qui jouent à fond la carte pétainiste du terroir.
Que signifie réellement cet apéro à base de saucisson et pinard ?
Une analyse matérialiste est ici nécessaire.
Tout d’abord, le choix de la date symbolique du 18 juin confirme que le fascisme est porté par la bourgeoisie impérialiste dans sa concurrence de plus en plus ouverte avec la bourgeoisie traditionnelle (de Gaulle étant une figure majeure de la bourgeoisie impérialiste).
Ensuite, le fait de manger du saucisson n’est évidemment pas anodin. Le saucisson est un produit de charcuterie provenant de la viande de porc, ce qui nous amène à la question de sa production.
En France, l’immense majorité de la viande de porc est produite par des élevages intensifs, dont 57 % se trouvent concentrés en Bretagne. Et quelle est la réalité des élevages intensifs de porcs ? Dans ces élevages intensifs, les porcelets ont les dents coupés pour éviter les blessures que la promiscuité leur ferait s’infliger entre congénères.
Malgré cela, les porcs vivent dans des conditions d’entassement qui les poussent fréquemment au cannibalisme et provoquent le développement de tumeurs sur les pattes en raison de leur immobilisme forcé.
60 millions de litres de lisier (excréments et urine) de porcs se déversent chaque jour en France dans les cours d’eau et les nappes phréatiques submergés par les nitrates hyper polluants issus de ces déjections.
Cette production barbare et écocidaire est à l’image des contradictions inévitables du mode de production totalement irrationnel du capitalisme : des légumes poussant sur certaines terres souillées deviennent impropres à la consommation et l’eau infestée est inutilisable pour l’irrigation.
Cette réalité est évidemment totalement ignorée par les capitalistes et leur progéniture fasciste qui s’affirme de plus en plus à mesure que la crise générale s’amplifie.
On peut voir que les fascistes se disent attachés au terroir de la France, considéré comme un territoire sacré et menacé par les invasions extérieures. Cette idéologie possède bien sûr une contenu mystique et idéaliste car, comme nous venons de le montrer, leur attachement au terroir signifie concrètement le saccage ordurier de la nature, et, donc en toute logique, la destruction du soi-disant territoire sacré.
Au contraire, les communistes aiment de manière matérialiste la nature, les paysages et tous les êtres vivants qui, sans la destruction permanente du mode de production capitaliste, s’y épanouiraient.
Voilà pour l’avenir est inéluctablement communiste car la vie en elle-même ne peut s’épanouir en harmonie que dans le communisme, dans la communauté universelle débarrassée du carcan des nations et de la concurrence mortifère entre impérialistes.
A ce propos justement, l’apéro fasciste « saucisson et pinard » était aussi justifié par la volonté de lutter contre l’islamisation.
Les médias bourgeois, pour servir la soupe hypocritement aux fasciste tout en prétendant ne pas le faire, ont contacté en priorité l’association Riposte Laïque dont le nom cadre bien avec l’idéologie républicaine de l’Etat bourgeois en France.
Le PCMLM avait expliqué dans un précédent article que le concept de laïcité est une expression dialectique de l’aliénation religieuse en France qui correspond à la caractéristique culturelle du social-féodalisme basée sur la figure autoritaire de l’Etat « protecteur » et « garant de l’égalité ».
En ce sens, cet aspect social-féodal de la laïcité est tout à fait logique avec la défense anti-matérialiste et chauvine du terroir français qui, au final, prend dialectiquement un tour sacré et religieux.
Le PCMLM réaffirme ici que les religions représentent des contradictions au sein du peuple perdant tout fondement dans le processus révolutionnaire.
En effet, la religion est « un besoin » artificiel qui s’exprime dans une partie des masses et se renforce en contrepoint de la barbarie capitaliste, mais ce besoin artificiel disparaîtra quand les masses se libèreront de leurs chaînes et porteront un regard matérialiste sur le monde.
Outre la viande de porc du saucisson, le « pinard » est le deuxième élément clef de cet apéro fasciste. Le pinard correspond bel et bien à une « tradition », celle de s’assommer pour pas cher et d’échapper à sa conscience pour mieux supporter une vie rendue invivable par le capitalisme.
L’alcool est aussi à la source de nombreuses violences au sein du peuple dont les principales victimes sont les femmes (coups dans le cadre familial, perte de maîtrise face à la prédation sexuelle ou viols au cours des soirées « arrosées »…).
Le choix même du terme « pinard » au lieu de « vin » est typique des fascistes qui essaient de montrer un visage « populaire » alors que ce mot renvoie à la notion de « bas-de-gamme », ce qui témoigne du mépris dans lequel les fascistes tiennent le peuple, tout juste bon pour eux à se bourrer la gueule avec du mauvais vin.
Les communistes, eux, défendent l’émancipation des masses des paradis artificiels dont l’alcool fait partie pour éprouver la véritable joie de leur liberté.
En somme, l’apéro fasciste saucisson et pinard est une manifestation de personnes qui se morfondent dans le présent et ne veulent survivre qu’en se tournant vers le passé. L’apéro fasciste saucisson et pinard, c’est l’angoisse que « bientôt, tout cela va disparaître… », traduisant un rapport morbide à la vie se recroquevillant dans une approche passéiste et qui, par définition, n’a aucun avenir.
Le communisme, c’est au contraire le dépassement du monde ancien soufflé par le vent de jeunesse du monde nouveau qui bouleverse les vieilleries « gravées dans le marbre » et subies passivement par le peuple.
Le monde nouveau se bâtit dans l’optimisme de la révolution, synonyme de vie et de futur pour les humains, les animaux, les végétaux et la planète.
De toute façon, la « tradition culinaire » française est une construction idéalisée de la bourgeoisie nationale pour fabriquer une fausse image de raffinement, bien loin de la réalité concrète de l’exploitation barbare de la nature et des animaux.
De plus, la tradition culinaire française, telle que la défend avec opportunisme la bourgeoisie, est hors de prix pour le prolétariat contraint le plus souvent de se rabattre sur des produits bon marché, gavés de sucre et de matière grasse, à l’origine de l’obésité et autres problèmes de santé.
Les communistes exigent une nourriture savoureuse et saine pour tout le monde, ce qui sera réalisé par la plannification économique selon les intérêts du peuple.
Le plaisir de manger ne peut venir d’une pratique déconscientisée, coupée de la nature, de la planète et de tous les êtres vivants, comme elle est promue par l’idéologie réactionnaire du terroir.
La plaisir de manger ne peut provenir que d’une pratique consciente fondée sur la réalité sensorielle et qui ne s’affirmera pleinement que dans le communisme.

jeu, 10 juin 2010 » Communisme, Ecologie, France
L’Etat bourgeois a finalement annoncé la semaine dernière qu’aucune des 1510 maisons classées en « zones noires » dans les départements de Vendée et de Charente-Maritime, suite à la tempête « Xynthia » du 27-28 février, ne sera rasée dans l’immédiat et sous la contrainte.
L’Etat bourgeois prépare une nouvelle délimitation, avec un périmètre plus serré, de zones rebaptisées « de solidarité », par souci populiste de communication.
L’incohérence et la reculade finale de la bourgeoisie est à l’image de son rapport malsain à la nature (1) et constitue une illustration des rapports humains pervertis par les contradictions internes au capitalisme (2).
(1) D’une part, la bourgeoisie est tendue vers la logique du profit maximum nuisible à la nature et tous les êtres vivants, y compris les humains. Les constructions en zones inondables, mais perçues comme « un environnement idyllique », représentaient ainsi de très bonnes affaires pour les promoteurs immobiliers, avec l’aide intéressée de type mafieuse des responsables politiques locaux.
Dans sa logique écocidaire de contradiction entre les villes et les campagnes, le mode de production capitaliste promeut des habitations au bord de mer comme des symboles de vie au calme pour échapper aux villes monstrueuses qu’il a lui-même façonné, ce qui contribue encore un peu plus à ravager la nature.
(2) D’autre part, comme Contre-Informations le rappelait dans un précédent article, ces maisons sont soit des résidences secondaires de bourgeois qui n’y habitent qu’un mois par an ou des investissements lourds de toute une vie pour des familles ou des retraités.
C’est bien le mode de production capitaliste qui insuffle des désirs de possession de biens dont la fragilité apparait soudainement en cas d’ évènements naturels du type de la tempête du 27-28 février, considérés comme des imprévus mais correspondent en fait à la vie de la planète.
Les familles sinistrées disent souvent qu’elles ont « tout perdu », car le capitalisme crée des situations d’insécurité pour les masses, dont l’angoisse du logement fait partie, angoisse qui se traduit elle-même par la volonté de posséder un bien immobilier comme gage de stabilité dans la vie.
De plus, dans l’ambiance de « guerre de tous contre tous » du capitalisme, où les individus sont dépossédés de toute identité, l’achat d’une maison au bord de mer constitue une « carte de visite » qui permet d’exister dans la société capitaliste.
Pour toutes ses raisons, la bourgeoisie n’a donc pas d’autre choix que de louvoyer et de s’embourber dans son charabia incohérent.
Dans le communisme, les choses seront claires : il n’y aura évidemment aucune construction en zone inondable qui empiète sur la nature et mette la vie en danger.
Dans le communisme, il n’existera plus l’angoisse de se loger et de se livrer à la compétition individualiste pour afficher un symbole de « réussite », comme la possession d’une maison sur le littoral.
Le communisme se réalise dans la fin de la contradiction entre les villes et les campagnes. Le communisme, c’est l’expression de la vie elle-même libérée de toute l’anxiété découlant du mode de production capitaliste.
mer, 9 juin 2010 » Communisme

« Leucippe et Démocrite disent que les sensations et les intellections sont des altérations du corps… »
À côté d’Anaxagore et d’Héraclite, Leucippe et Démocrite sont les deux autres grandes figures du matérialisme de l’époque de la Grèce antique.
Anaxagore et Héraclite (de la tradition grecque ionienne) ne sont pas étudiés dans la société bourgeoise française en raison de leur compréhension de la dialectique ; Leucippe et Démocrite (liés à la tradition grecque éléatique) ne sont pas étudiés en raison de leur matérialisme, qui inévitablement se rattache à la dialectique.
Il y a donc tout intérêt pour nous, en tant qu’avant-garde reconnaissant un caractère central au matérialisme dialectique, de s’intéresser également à Leucippe et Démocrite.
Et cela d’autant plus que Leucippe et Démocrite vont amener les pensées d’Épicure et Lucrèce, puis de Spinoza et Hegel, c’est-à-dire les principaux précurseurs de Marx et Engels.
Leucippe (460 – 370 avant notre ère) est le premier penseur à avoir théorisé le principe atomique. Alexandre d’Aphrodise dit au sujet de Leucippe et Démocrite : « Ils disent en effet que le mouvement des atomes provient de leurs chocs et de leurs heurts mutuels. » (Commentaire sur la Métaphysique d’Aristote)
Aristote explique ainsi leur point de vue : « Démocrite et Leucippe disent que les autres choses sont constituées à partir de corps indivisibles, illimités quant au nombre et aux formes, et que les choses diffèrent mutuellement par les éléments dont elles sont formées, ainsi que par leur position et leur ordre. » (De la génération et de la corruption)
Aristote constate également que pour Leucippe et Démocrite, « toutes choses sont engendrées par leur entrelacement et leur rebondissement en tous sens. Car, d’une certaine façon, ces philosophes font de toutes les choses des nombres, et des composés à partir des nombres. » (Traité du ciel)
À cela s’ajoute le fait que « Leucippe et Démocrite soutiennent que les mondes, en nombre illimité et résidant dans le vide illimité, sont formés à partir d’un nombre illimité d’atomes. » (cité par Simplicius, Commentaire sur le Traité du ciel)
Comme on le voit ici très clairement, la théorie de l’espace et des atomes s’entrechoquant, formant la matière éternelle en transformation ininterrompue, est déjà présente plus de 500 ans avant notre ère.
Leucippe et Démocrite, par la force de l’analyse matérialiste, ont pu mener à bien des spéculations théoriques d’une valeur inestimable ; ils sont des penseurs qui doivent impérativement être célébrés par l’humanité, et a fortiori par le PCMLM, qui défend l’intelligence et la culture, face à la barbarie et la décadence.
Et quand on parle de spéculations théoriques, pensons bien qu’il s’agit d’une théorie reposant sur la pratique de l’intelligence matérialiste. Lisons ici ce que Démocrite pense de la vue :
« Démocrite pense en effet que voir consiste à recevoir l’impression visuelle en provenance des objets vus : l’impression visuelle est la forme réfléchie sur la pupille, tout comme sur les autres corps translucides, pour autant qu’ils soient tels que l’impression puisse se conserver en eux.
Lui-même pense – et avant lui Leucippe, et plus tard les disciples d’Épicure – qu’une onde formée de certains simulacres de forme semblable aux objets qui émettent cette onde (ces objets sont les objets visibles) vient frapper les yeux de ceux qui voient, et qu’ainsi se produit le voir. » (Alexandre d’Aphrodise, Commentaire sur le Traité du sens d’Aristote)
C’est une excellente démonstration du fait que la théorie est, elle aussi, une pratique ; la pratique théorique n’a pas la dignité du réel ni ne change le réel, mais elle est une forme de pratique absolument nécessaire, et à la base de la science.
Leucippe et Démocrite étaient des matérialistes, leur point de vue est celui de matérialistes comprenant le primat de la pratique. Cela ressort clairement de leurs conceptions :
« Leucippe et Démocrite disent que les sensations et les intellections sont des altérations du corps… » (Aétius, Opinions).
« [Leucippe] disait également que l’univers est « divisible à l’infini » et que toutes choses existent selon l’imagination et l’opinion, et pas du tout selon la vérité, mais au contraire apparaissent à la façon dont on voit la rame « brisée » dans l’eau. » (Saint Épiphane, Contre les hérésies)
« Lorsque, dit [Démocrite], les Anciens virent les évènements dont le ciel est le théâtre, comme le tonnerre, les éclairs, la foudre, les conjonctions d’astres ou les éclipses de Soleil et de Lune, leur terreur leur fit penser que des dieux en étaient les auteurs. » (Sextus Empiricus, Contre les mathématiciens)
Comme on le voit, Leucippe et Démocrite sont de fantastiques précurseurs de Marx et Engels, et tout comme eux, ils pensent inévitablement que l’univers est un système et que rien n’existe par hasard.
Cette compréhension de la nécessité est un point essentiel de la dialectique – et c’est une conception particulièrement inacceptable par la bourgeoisie.
« Leucippe pense que toutes choses se produisent selon la nécessité et que celle-ci est le destin. Il dit en effet dans De l’Intellect : « Nulle chose ne se produit fortuitement, mais toutes choses procèdent de la raison et de la nécessité. » » (Aétius, Opinions)
Et bien entendu, ce monde est éternel, il n’est pas dominé par les dieux. Spinoza ne dira par la suite pas autre chose.
« [Démocrite] croit que ce qu’il appelle atomes, c’est-à-dire corps indivisibles en raison de leur solidité, se meut dans le vide infini qui n’a ni haut, ni bas, ni milieu, ni extrémité, ni limite, de telle sorte qu’ils s’accolent au cours de leurs rencontres, pour former tout ce que nous voyons exister: il faut comprendre que ce mouvement des atomes n’a pas eu de commencement et est éternel. » (Cicéron, Des fins)
Il n’est pas étonnant que Platon voulait mettre le feu à toutes les œuvres de Démocrite, dont il ne reste aujourd’hui pratiquement rien. Démocrite était alors considéré comme le grand philosophe ; ce n’est pas pour rien qu’aujourd’hui la bourgeoisie met en avant Socrate et Platon, deux idéalistes.
Pour nous communistes, pour le PCMLM, il y a par contre lieu d’affirmer notre patrimoine historique, pour la pensée et l’intelligence !

ven, 4 juin 2010 » Communisme
« La loi de la contradiction inhérente aux choses et aux phénomènes, c’est-à-dire la loi de l’unité des contraires, est la loi fondamentale de la nature et de la société, et partant la loi fondamentale de la pensée. Elle est à l’opposé de la conception métaphysique du monde.
Sa découverte a constitué une grande révolution dans l’histoire de la connaissance humaine.
Selon le point de vue du matérialisme dialectique, la contradiction existe dans tous les processus qui se déroulent dans les choses et les phénomènes objectifs et dans la pensée subjective, elle pénètre tous les processus, du début à la fin; c’est en cela que résident l’universalité et le caractère absolu de la contradiction.
Chaque contradiction et chacun de ses aspects ont leurs particularités respectives; c’est en cela que résident le caractère spécifique et le caractère relatif de la contradiction.
Dans des conditions déterminées, il y a identité des contraires, ceux-ci peuvent donc coexister dans l’unité et se transformer l’un en l’autre; c’est en cela également que résident le caractère spécifique et le caractère relatif de la contradiction.
Toutefois, la lutte des contraires est ininterrompue, elle se poursuit aussi bien pendant leur coexistence qu’au moment de leur conversion réciproque, où elle se manifeste avec une évidence particulière.
C’est en cela, à nouveau, que résident l’universalité et le caractère absolu de la contradiction.
Lorsque nous étudions le caractère spécifique et le caractère relatif de la contradiction, nous devons prêter attention à la différence entre la contradiction principale et les contradictions secondaires, entre l’aspect principal et l’aspect secondaire de la contradiction; lorsque nous étudions l’universalité de la contradiction et la lutte des contraires, nous devons prêter attention à la différence entre les formes variées de lutte; sinon, nous commettrons des erreurs. »
Mao Zedong
ven, 4 juin 2010 » Communisme, Crise capitaliste, France
Le procès de Jean-Marie Messier, ancien patron de Vivendi Universal, a débuté avant-hier. Avant de quitter ses fonctions, il s’était notamment concocté en catimini une prime de départ, aussi appelé « parachute doré », de 20,5 millions d’euros.
La presse bourgeoise rapporte qu’au premier jour de son procès, Jean-Marie Messier a a fait « amende honorable », « son mea culpa » ou même son « auto critique ».
Mais que peut bien signifier la critique et l’autocritique au sein d’une institution bourgeoise qui défend une vision du monde qui lui est propre ? Tout cela montre que si le peuple n’a pas le pouvoir, il en est réduit à recevoir les compte-rendus des médias bourgeois annonçant qu’un exploiteur capitaliste « n’est plus le même », tel Jean-Marie Messier, désormais patron d’une société de conseil avec un salaire de 25 000 euros par mois, qui fait mine « d’avoir changé » et regrette son « arrogance » passée, tout en se trouvant des tonnes d’excuses.
La justice bourgeoise se montre d’ailleurs particulièrement conciliante avec un représentant des élites, le parquet ayant requis un non-lieu contre Jean-Marie Messier. Ce dernier est en effet un pur produit de l’aristocratie républicaine et de la bourgeoisie financière, passé par Polytechnique, l’ENA et l’Inspection des Finances, autant de symboles de la culture élitiste à caractère social-féodal très ancrée en France.
Contrairement à cette parodie de justice, la critique et l’autocritique des exploiteurs s’expriment pleinement dans la dictature du prolétariat, étape indispensable pour le renversement des ennemis du peuple. La justice n’existe que par le pouvoir du peuple et les termes fixés par lui !
ven, 28 mai 2010 » Antifascisme, Communisme, France
Mercredi avait lieu à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) les obsèques d’Aurélie Fouquet, la policière municipale tuée lors de la fusillade de l’autoroute A4.
Le syndicat national de la profession a bien sûr profité de l’occasion pour réitérer sa revendication d’armement systématique des policiers municipaux. Il faut noter que la décision d’équiper les policiers municipaux de Taser a déjà été prise par le ministère de l’intérieur.
Mais comme nous le rappelions après la fusillade, c’est le mode de production capitaliste lui-même qui est responsable de la mort d’Aurélie Fouquet, ce qui n’empêche nullement la bourgeoisie de tenter de l’instrumentaliser pour diffuser sa propagande réactionnaire.
La bourgeoisie répand en effet l’idée d’une criminalité qui apparaitrait ex nihilo, qui tiendrait à la seule « nature » des individus en cause. C’est au nom de cette idéologie obscurantiste et réactionnaire que la bourgeoisie ne cesse de communiquer sur des crimes sordides et agressions « gratuites » en faisant croire que ces actes surgissent spontanément.
Et les fascistes, qui ne sont que des produits dérivés de la crise générale du capitalisme, profitent bien entendu de cette idéologie réactionnaire pour défendre l’ordre répressif des classes dominantes contre les « corps étrangers » à la Nation, c’est-à-dire en fait la dictature ouverte de la bourgeoisie.
Pourtant, c’est le capitalisme qui engendre les crimes par sa logique barbare de darwinisme social et sa culture brutale de la domination.
C’est d’ailleurs bien cela qui conduit inévitablement au déploiement de la culture patriarcale incarnée dans le comportement des policiers. Ce n’est pas un hasard si les policiers, dont les policiers municipaux, sont largement connus comme des « cow-boys » se croyant tout permis et affichant en permanence une arrogance insupportable à l’égard des masses.
Les forces de police sont les serviteurs de la bourgeoisie placés en première ligne pour défendre ses intérêts et utilisés pour exercer toute la brutalité patriarcale du capitalisme à l’encontre des masses.
On ne peut comprendre tout cela qu’avec l’apport de la science MLM qui éclaire la voie de la révolution.
Face à l’obscurantisme irrationnel de la bourgeoisie, qui correspond historiquement à l’ascension du fascisme, il faut brandir le drapeau de la science avec le PCMLM !