mar, 7 septembre 2010 » Culture, France

Pourquoi l’école est-elle un monument d’ennui pour les masses ?

Une journée de grève des enseignants contre les réformes et la baisse des effectifs s’est déroulée hier à l’appel du SNES, le principal syndicat de professeurs. Entre 6 % (chiffres du ministère) et 30 % des professeurs (chiffres du SNES) étaient en grève, tandis que quelques milliers de personnes défilaient dans plusieurs villes de France.

L’école occupe en France une place centrale dans l’idéologie républicaine bourgeoise. En France, la culture nationale bourgeoisie est marquée par le social-féodalisme considérant l’Etat et la république comme des entités « neutres », indépendantes du mode de production capitaliste.

L’Etat et la république idéalisés auraient pour mission, selon cette vision social-féodale, d’assurer une intégration dans le corps social juste et équitable, en garantissant « les mêmes chances pour tous ». L’école est le pilier de cette conception cherchant à s’affranchir de la lutte de classe ou à la « corriger ».

Le fait que la manifestation des professeurs précède d’un jour le mouvement social dans son ensemble est tout un symbole. L’école, émanant de l’Etat et de l’idéologie républicaine bourgeoise, est placée à la fois plus haut et en dehors de la lutte de classes qui anime le mouvement social.

On reconnaît là l’influence du socialisme féodal. Pourtant, il ne faut jamais oublier la lutte de classes. Rien n’échappe à la lutte de classes et l’école tient bien sûr un rôle déterminant dans l’oppression de classe du capitalisme.

L’école est un instrument du capitalisme qui fonctionne  suivant les mêmes impératifs. Très concrètement, le but de l’école est avant tout de produire de l’échec pour que la « réussite » puisse s’apprécier par rapport à cet échec.

L’école agit comme le capitalisme dont elle émane : elle élimine.

Et ses critères d’élimination sont ceux déterminés par la bourgeoisie. Le « bon » élève est celui qui s’applique le plus à correspondre aux critères définis par la bourgeoisie. L’école de la bourgeoisie demande à l’élève de restituer, d’assimiler puis de cultiver son « esprit critique », mais toujours dans le sens de la conservation de l’ordre inique du capitalisme.

Ainsi, en fin de scolarité, un intellectuel formé à l’école de la bourgeoisie ne doit pas contester l’ordre établi mais de sortir « sortir du lot » de  manière individualiste. L’intellectuel bourgeois est censé être un individu « remarquable » qui se démarque par l’originalité de sa pensée.

L’école est donc un important vecteur de l’idéologie bourgeoise anti-matérialiste.

D’où viennent les idées justes?

Tombent-elles du ciel? Non.

Sont-elles innées? Non.

Elles ne peuvent venir que de la pratique sociale, de trois sortes de pratique sociale: la lutte pour le production, la lutte de classes et l’expérimentation scientifique. L’existence sociale des humains détermine leur pensée. (Mao Zedong)

Pour nous communistes, l’intellectuel n’existe pas abstraitement; ce qui prime c’est la matière et il faut mettre un terme à la contradiction travail intellectuel / travail manuel.

Au contraire, l’école de la bourgeoisie produit délibérément des êtres bancals prétendument « intellectuels », qui s’échinent à s’extirper des masses pour prouver leur « valeur individuelle ». Cette approche violemment anti-matérialiste explique pourquoi l’école est un monument d’ennui pour les masses.

L’école de la bourgeoisie ne vise pas à comprendre mieux en synthétisant les connaissances en prise directe avec la matière dans la pratique sociale mais à accumuler les connaissances pour devenir « quelqu’un ».

Qu’ils parviennent ou non à se plier à la logique anti-matérialiste de la bourgeoisie (la plupart du temps ils n’y parviennent pas), les élèves et étudiants prolétaires ne comprennent pas ce qu’ils font là pour la bonne raison qu’il n’y a finalement rien à comprendre.

En effet, l’école représente une logique bourgeoise en elle-même. L’école est un parcours sélectif où le but consiste à franchir chaque étape et survivre aux éliminations, éliminations qui déterminent par contraste la « réussite ».

La logique social-darwiniste du capitalisme est tellement intégrée à l’école qu’elle se reflète dans une phrase aussi banale que « Travaille bien à l’école si tu veux réussir dans la vie ».

Les élèves et étudiants sont prisonniers d’une logique bourgeoise bassement pragmatique qui les éloignent de la compréhension scientifique du monde et les intègrent au mode de production capitaliste, à différents niveaux de répartition définis par le processus scolaire d’élimination.

Le contenu de l’enseignement répond au même principe d’accumulation de connaissances dépourvue de toute compréhension d’ensemble. Les « grands hommes », les « grands principes » se succèdent les uns aux autres, sans  cohérence autre que l’esprit de domination, sans l’approche matérialiste indispensable à la compréhension du monde.

Cette compréhension du monde, le PCMLM en donne un très bon aperçu à travers ses documents essentiels, ancrés dans la science MLM, comme la biosphère, le style français, la contradiction entre les villes et les campagnes, les philosophes de l’antiquité grecque, tous disponibles en PDF.

Le peuple veut tout comprendre, mais il en est empêché par l’école aux ordres de la bourgeoisie qui veut en priorité éliminer pour mieux dégager les élites obéissantes dont le capitalisme à besoin.

L’école représente aussi une base idéologique de la gauche social-chauvine fantasmant sur la mission républicaine égalitariste et intégratrice.

La critique de l’école, en tant que produit de l’idéologie républicaine et du social-féodalisme, est indispensable pour que le mouvement social s’élève au-dessus du chauvinisme dans lequel le légalisme bourgeois des syndicats voudraient l’embourber.

Engage-toi dans la bataille culturelle, et pour cela mets-toi à l’école du Parti !

mar, 24 août 2010 » Culture, France

La fausse radicalité vide de sens des propos du prêtre de Lille contre Sarkozy comme expression de la culture baroque à la française

Le PCMLM a déjà souligné le caractère baroque de notre époque qui traduit le délitement complet de la société bourgeoise en période de crise générale du capitalisme.

Par « délitement complet », il faut comprendre que la crise est visible à tous les niveaux, que plus rien n’a de signification, que la « radicalité » apparaît sous un aspect volontairement bizarre et déconcertant, dans un mouvement de panique individuel, irraisonné.

C’est dans le cadre du baroque qu’il faut comprendre les déclarations du prêtre de Lille sur la politique de répression à l’encontre des Roms, Arthur Hervet : « Je vous demande pardon, mais je prie pour que Nicolas Sarkozy ait une crise cardiaque », avant de se rétracter dans un second temps.

L’outrance de ces propos reflète leur vacuité, et cette radicalité superficielle est surtout l’occasion de se faire plaisir, de manière individualiste, comme il est de mise en France.

En effet, l’attitude de ce prêtre est à l’image de la petite-bourgeoisie « de gauche » se reconnaissant dans toute la culture pamphlétaire de la France (par exemple, le Canard enchaîné, Charlie Hebdo, les Inrockuptibles) qui aime se moquer méchamment, se gargarise d’impertinence et de radicalité tout en respectant les institutions.

De même que les bourgeois aiment étaler leur science, il s’agit là d’un exercice de style individuel sans autre but que de flatter son ego et qui échappe volontairement à toute aspect constructif, matérialiste. En somme, le baroque s’inscrit totalement dans la rébellion légale propre à la France.

Ce style pamphlétaire, qui s’appuie en particulier sur la recherche « raffinée » dans le vocabulaire ordurier, est très appréciée en France par la bourgeoisie et la petite-bourgeoisie car il conjugue goût de l’élitisme et nihilisme obscène (deux traits essentiels du fascisme).

Siné, Nabe, Céline ou de nombreux blogs fascistes sont des adeptes de ce style.

En France, en cette période d’aggravation de la crise générale et la progression en conséquence du fascisme, il est très courant de s’attaquer avec véhémence à Sarkozy pour sa proximité avec l’impérialisme américain et l’État israélien.

Il est même fréquent que Sakozy soit appelé « Sarközy de Nagy-Bocsa » pour bien montrer (avec une connotation antisémite prononcée)  son caractère « étranger » au fantasme de la « vraie » France de la grandeur et de l’indépendance face aux Etats-Unis.

Contrairement au style français du pamphlet qui s’imagine radical, Contre-Informations est le média de la science MLM. En cela, Contre-Informations est constructif et amène la compréhension des évènements. Contre-Informations ne s’intéresse pas aux « grandes figures » de l’histoire, car c’est le peuple seul qui fait l’histoire, mais aux idées qu’elles portent et à ce qu’elles représentent.

Contre-Informations a donc expliqué que Sarkozy était le représentant de la bourgeoisie industrielle qui, à l’époque de la crise générale, se fait inévitablement doubler par la bourgeoisie impérialiste alliée des fascistes.

D’ailleurs, la réaction de Villepin, figure de la bourgeoisie impérialiste, n’a pas tardé, dans un style lyrique (pendant dialectique du style pamphlétaire) et un nationalisme bien entendu affirmé, comparant la politique répressive contre les Roms à « une tache de honte sur notre drapeau ».

Il est également logique que la bourgeoisie impérialiste représente l’église catholique car elles représentent les deux piliers du socialisme féodal, aspect culturel très fort en France.

Voilà pourquoi l’église catholique et la bourgeoisie impérialiste se donnent une image sociale, paternaliste et même progressiste tout en se réclamant de la filiation d’une république bourgeoise qu’elles estiment bafouée (Arthur Hervet, toujours dans un style grandiloquent bien français, a annoncé qu’il allait rendre sa médaille de l’ordre national du mérite).

Contre-Informations incarne la rupture avec l’idéologie républicaine bourgeoise et le style français, autant d’aspects culturels dominants de la contre-révolution. Contre-Informations est le média MLM de l’époque révolutionnaire qui est la nôtre, pour le monde nouveau, pour le communisme !

jeu, 12 août 2010 » Culture, International

Festival intersquat à Berlin, 10-19 septembre 2010

Les squatts sont nés de manière massive dans les années 1970, mis en avant comme lieux de vie et de révolte, comme lieux alternatifs. C’est une forme de lutte très intéressante, surtout quand le rapport de force permet d’établir une véritable base populaire (comme à Berlin et Hambourg en Allemagne ou bien les réseaux de centres sociaux en Italie, dans les années 1980).

Si l’hégémonie de l’intersquat est clairement anarchiste, il ne faut pas perdre de vue ce genre de démarche, car le modèle anarchiste cultivant l’isolement et poreux aux drogues n’est qu’une facette des squats, parmi de très nombreuses autres…. Le centre social lié au quartier restant une référence politique!

De manière plus anecdotique, on peut voir la vidéo Playmobil goes intersquat!

« Salut tout le monde!

Avant la lecture de notre concept nous voulons vous rappeler qu’il n’est pas facile d’organiser le cadre d’un festival mais que c’est une tache que nous remplissons très volontairement. Nous voulons néanmoins vous signaler qu’il nous est impossible de remplir des programmes ou des contenues pour cette semaine.

Nos capacités ne suffisent que pour vous donner un cadre, d’autan plus qu’un de nos principes est de vous laisser votre créativité et votre propre manière d’agir et de vous laisser décider par vous même quels sont les contenues que vos voulez avoir au festival.

C’est pour ca qu’il est extrêmement important que vous apportiez des programmes, des idées, des plans d’actions et autres. Sans votre coopération le festival manque de contenu. Transmettez nous vos idées jusqu’au 13. Aout à l’adresse intersquat-berlin@riseup.net pour que nous puissions coordonner le festival. Il est important que cette deadline soit respectée afin que nous puissions réaliser l’accomplissement du festival du 10 au 19 septembre. S’il n’y a pas assez d’initiative de votre côté il est possible que la durée du festival se raccourcisse de 9 à 7 jours ou moins. On a hâte de travailler avec vous et on vous souhaite du plaisir durant la lecture de notre concept!

INTERSQUAT FESTIVAL du 10 au 19 Septembre 2010 à Berlin

Créons ensemble du 10 au 19 Septembre 2010 un espace libre et autodéterminé à Berlin, ou nous trouvons la place pour mener des débats avec des attentes et des concepts différents, initions des rencontres, développons des perspectives…! Inspiré de différent festivals INTERSQUAT à travers le monde nous voulons nous donner la possibilité de développer nos utopies à Berlin cette année. Les possibilités de mener une vie autogéré sont continuellement restreinte. Beaucoup d’espace libre sont en danger direct d’expulsion. La conséquence est le développement de l’impossibilité de vivre des vies autogérés, de pouvoir interagir et de s’organiser. Il devient très difficile de connaître ce mode de vie.

D’après nous il est absolument nécessaire de faire en conséquences de ces faits une vaste critique du capitalisme, du pouvoir et des structures qui en suivent. Nous souhaitons une discussion alternative ainsi qu’une altercation sur les contre pratique de discrimination d’être vivants.

Pour nous les espaces libres sont des endroits dans lesquelles tout le monde peut se trouver sans être victime de discrimination quel quel soit. Il est important de créer une alternative au monde de consommation. Il est important de créer et de maintenir des espaces dans lequel aucune discrimination n’est accepté mais dans lesquelles ces phénomènes sont discutés. Nous voulons que tout le monde puisse vivre sa propre identité et son propre concept pour sa vie.

Si nous n’arrivons pas à résister contre le système capitaliste nous finirons tôt ou tard tous par être vaincu par l’effet de la gentrification. La réévaluation des villes a pour effet que beaucoup de nouveaux immeubles sont construit et que d’autres sont rénovés. La conséquence de ces processus est que les loyers montent et que les locataires originaires doivent quitter leurs quartiers et leurs logements. Souvent ces personnes sont obligés de s’installer dans les banlieues. Les mouvements qui résistent à ce genre de processus sont souvent criminalisés. Par des moyens répressifs leurs potentiel d’actions est minimisé. Pour mieux pouvoirs réagir face à ces faits nous allons créer des espaces dans lesquelles nous apprendrons les moyens d’actions des uns et des autres et des moyens de solidarisme.

Pendant le festival il y aura de nombreuses formes d’interactions aussi différentes quelles soit (Workshop, discussions, actions autogéré etc…). En plus il y aura des puces gratuites pour casser les logiques capitalistes de valeurs et contrevaleurs.

Quelques questions à discuter pourraient être:
Comment fonctionne la gentrification dans des villes différentes?
Comment vont les squats globalement?
Comment pouvons nous mieux nous connecter entre nous?
Comment pouvons nous recevoir plus de solidarité pour nos actions?

Mais nous voulons aussi parler d’anti – sexisme, d’anti – dominance et d’anti – capitalisme…

Toutes les formes de discriminations telles que par exemple le racisme, le sexisme ou le fascisme ne sont évidemment ni tolérées ni acceptées sur le festival.

Sans votre coopération le festival manque de contenu.
Transmettez nous vos idées jusqu’au 13. Aout à l’adresse intersquat-berlin@riseup.net pour que nous puissions coordonner le festival.

Amenés vos tentes, vos idées et votre passion militante!

Liberté de penser! Liberté de vivre! Liberté de rêver pour tout(e)s! »

sam, 31 juillet 2010 » Antifascisme, Culture, International

Les Gay Games : entre contre-culture et aspiration à la légitimation

Les huitièmes Gay Games s’ouvrent aujourd’hui à Cologne en Allemagne et dureront pendant une semaine pour s’achever le 7 août. Les Gay Games se déroulent, depuis leur première édition en 1982 à San Francisco,  tous les quatre ans.

Contrairement à leur titre, cet évènement n’est pas réservé uniquement aux homosexuelLEs mais ouverts à tout participant, sans discrimination d’âge, de sexe ou de handicap. Tout le monde peut participer et la victoire compte moins que l’accomplissement d’une épreuve, qui peut être aménagée selon les capacités physiques des participants.

Les Gay Games émanent de la communauté homosexuelle et traduit les aspirations des minorités discriminées dans la société. Par leur mode de fonctionnement même et leur esprit d’ouverture, les Gay Games luttent contre le darwinisme social et l’exclusion que les minorités subissent dans le capitalisme.

Par exemple, les discours et les paroles des chansons sont traduites en langues des signes pour les spectateurs sourds ou malentendants.

Au départ, les Gay Games, sous l’impulsion de Tom Waddell, ancien décathlonien américain, comptaient même se débarrasser des drapeaux nationaux (les participants devaient représenter leur ville)  et des cérémonies de remise de médailles. Mais les drapeaux ont malheureusement été acceptés au prétexte de représenter un « symbole populaire et coloré ». Et depuis 1994, les Gay Games acceptent le sponsoring…

Les Gay Games ont tout de même préservé l’idée d’absence de triomphe viriliste, de domination, de la compétition à connotation martiale et l’encouragement de tous les participants, quelles que soient leurs résultats et performances.

Le refus de toute démonstration viriliste, généralement attachée à la pratique sportive d’un point de vue patriarcal est fondamental. C’est certainement ce qui explique l’ « oubli » malvenu des lesbiennes dans l’intitulé de l’évènement, les hommes souffrant davantage de la pression patriarcale exercée dans le domaine sportif où l’on attend forcément d’un garçon une « performance » censée prouver sa masculinité.

Depuis le plus jeune âge, les cours de sport à l’école servent souvent à véhiculer l’idéologie patriarcale à travers la stigmatisation de garçons jugés peu « performants » assimilés à des filles (et donc à des homosexuels dans la logique patriarcale).

Cependant, les Gay Games naviguent toujours entre volonté d’incarner une contre-culture s’opposant aux valeurs dominantes et la légitimation de leur démarche par rapprochement, et même imitation des Jeux olympiques. D’ailleurs, les Gay Games devaient s’appeler au départ « Gay Olympics » avant que les poursuites engagés par le CIO et le Comité olympique des Etats-Unis pour l’utilisation exclusive du terme « Olympique ».

En fait, l’esprit progressif des Gay Games ne peut véritablement se confirmer sans rupture radicale avec l’idéologie dominante du capitalisme et ligne politique affirmée. Ainsi, la page d’accueil des des Gay Games de Cologne montre en photo des hommes et des femmes conforme aux canons habituels de la beauté…

Les initiatives progressistes ne peuvent véritablement transpercer la muraille idéologique du capitalisme sans la science MLM ! Mais les Gay Games sont une preuve du besoin de communisme, et ne sont pas sans rappeler les spartakiades, ou bien l’Olympiade populaire qui devait se tenir à Barcelone et empêchés par le coup d’Etat fasciste.

On peut lire une présentation de cette olympiade populaire de 1936 ici.

mar, 29 juin 2010 » Culture, Ecologie, France, Révolution

Notre programme: dépasser la France!

mar, 29 juin 2010 » Culture, International

L’attitude typique de la bourgeoisie et la mentalité capitaliste à travers les erreurs d’arbitrage

La journée d’avant-hier de la coupe du monde de football a été marquée par deux erreurs d’arbitrage dans les deux matchs des huitièmes de finale, Allemagne-Angleterre et Argentine-Mexique.

Dans la première rencontre, un but valable n’a pas été validé par l’arbitrage alors que le tir de l’équipe d’Angleterre avait rebondi derrière la ligne de but après avoir heurté la barre transversale. Lors de la deuxième rencontre, le premier but de l’équipe d’Argentine a été au contraire validé alors qu’il avait été inscrit par un joueur en position de hors-jeu.

Dans chaque cas, les arbitres sont forcément avertis très rapidement de leur erreur. Pourtant, ils restent invariablement sur leur position initiale car ils ne veulent pas se déjuger ou déjuger un arbitre de touche (et inversement envers l’arbitre l’arbitre central).

Les erreurs d’arbitrage dans le football, qui peuvent éventuellement aider à falsifier un résultat, sont systématiquement traitées sous l’angle technique du débat en faveur ou non du recours à la vidéo. Mais on voit bien que ces erreurs font surtout ressurgir les valeurs du capitalisme et de sa classe dirigeante, la bourgeoisie.

En effet, il est impossible à un arbitre de reconnaître son erreur et de revenir sur une décision « injuste » a posteriori après réflexion et visionnage de l’action. L’arbitre adopte donc l’attitude fondamentalement bourgeoise de la mauvaise foi.

Un bourgeois se gonfle d’importance et de suffisance en pensant qu’il a forcément raison et, quand il s’aperçoit de ses fautes, il se cherche des excuses, tourne autour du pot ou s’enfonce volontairement dans la mauvaise foi.

Un bourgeois, en tant que membre de la classe dominante du capitalisme, est bien entendu incapable de révolutionner sa pensée, de faire son auto-critique. Il appartient donc historiquement à la dictature du prolétariat de rectifier les comportements bourgeois enclins à l’affirmation égocentrique au service des intérêts privés de sa classe dans le sens de l’autocritique afin de servir le peuple.

De même, les erreurs d’arbitrage au football soulignent la mentalité capitaliste et opportuniste des joueurs qui ne signalent jamais une faute quand elle s’avère en leur faveur.

Comme Contre-Informations l’a affirmé, le sport capitaliste n’est pas un jeu mais la traduction de la guerre de tous contre tous du capitalisme où tout est permis pour s’imposer, y compris la triche et les coups bas, malgré le concept hypocrite de « sportivité ».

Très concrètement, la différence entre une victoire et une défaite se chiffre aussi en dizaines de milliers d’euros de primes pour des joueurs déjà multi-millionnaires.

De plus, le sport capitaliste est dominé par une pression, une crispation et une nervosité toute capitaliste.

Le plaisir du jeu n’a plus aucune place dans le sport capitaliste qui devient de plus en plus ouvertement un enchevêtrement malsain de nationalisme guerrier, de magouilles mafieuses et calculs opportunistes à l’image du capitalisme lui-même.

Dans le communisme, le sport est un jeu synonyme d’amusement, d’épanouissement, et partagé entre personnes qui peuvent véritablement s’amuser, débarrassés du stress capitaliste et des drapeaux nationaux.

lun, 28 juin 2010 » Culture, Ecologie, France

Darwinisme social, sadisme envers les animaux : le vieux monde de la bourgeoisie écocidaire à travers le réquisitoire au procès Kerviel et la publicité Sony

Le capitalisme, c’est la guerre de tous contre tous, y compris contre les animaux et la nature.

Dans le capitalisme, les rapports avec la nature, de la même manière qu’avec les individus, sont marqués par la volonté d’instaurer une compétition dont il faut sortir vainqueur en éliminant l’adversaire considéré comme « moins adapté », selon le modèle du darwinisme social basé sur la notion de « sélection naturelle ».

Telle est la barbarie du capitalisme qui se répand dans toutes les institutions de la bourgeoisie.  Ainsi, lors du procès de Jérôme Kerviel, le trader de la Société Générale accusé entre autres d’abus de confiance et de fraude, le vice-procureur s’est exprimé en ces termes :

« Jérôme Kerviel n’est pas un braqueur, il n’en a pas retiré le moindre euro. C’est l’un des mystères de cette affaire. Cela me fait penser à ces reptiles, comme les Anacondas : dans un premier temps, vous avez une partie de l’animal qui tient votre jambe (référence à Allianz) et vous n’y faites pas attention, votre vigilance se relâche, et puis l’animal ne vous lâche pas. et quand vous avez compris que l’étouffement arrive, il est trop tard… ».

La bourgeoisie est la classe dominante d’un monde pourrissant à l’agonie. Il est donc logique qu’elle recourt à de vieilles images, comme l’assimilation de la perfidie au serpent.

Ce réquisitoire est prononcé sur le ton d’un chasseur déballant ses « connaissances » sur la nature, « connaissances » qui lui servent à appréhender l’environnement pour sortir « vainqueur » du combat avec un animal forcément dangereux, monstrueux.

Selon les vieilles idées de la bourgeoisie qui s’exprime dans sa « justice », la charge contre l’accusé est d’autant plus forte qu’il est comparé à un animal « menaçant », qu’il faut donc impérativement soumettre.

Dans le cas de Kerviel, l’agressivité de la bourgeoisie est décuplée par la volonté d’individualiser le crime qui prend un tour baroque et irrationnel avec un accusé transformé en monstre, c’est-à-dire en animal selon le point de vue écocidaire de la bourgeoisie.

L’individualisation est une stratégie claire de la bourgeoisie dans une affaire où la dimension criminelle et irresponsable du capitalisme lui-même est flagrante.

Le fait que les manipulations bourgeoises soient marquées par l’irrationnel et l’idéologie réactionnaire de domination de la nature se retrouve à propos d’autres institutions bourgeoises, comme l’équipe de France de football après le psychodrame de la Coupe du monde.

Par exemple, la firme Sony a sorti une publicité pour la PS3 où l’on peut voir un coq décapité avec la mention « game over », allusion à l’élimination de l’équipe de France de football. On constate dans l’utilisation de cette image le même penchant patriarcal et tribal pour le sacrifice expiatoire, qui rappelle les propos de Lizarazu : « Il est temps que l’avion se crashe, que la bête soit abattue ».

Le côté ultra-réactionnaire d’un capitalisme en crise virant au fascisme est visible dans la conclusion sous-jacente « le sang a coulé, la bête est morte ». En outre, la bourgeoisie cherche ici à mettre en scène un second degré alors qu’elle exprime tant et plus son idéologie barbare à l’encontre des humains et des animaux, sous le prétexte fallacieux de l’ « humour décalé ».

En effet, qui peut rire à la vision du sang giclant d’un corps décapité à part une personne aliénée au cynisme du capitalisme ?  Il faut être clair : cette image est  une manifestation du fascisme qui se prétend rebelle et veut « choquer » pour aller dans le sens de la réaction et de la soumission à l’idéologie dominante du darwinisme social.

Ce même type d’ « humour » qui tient du ricanement de l’exploiteur/tortionnaire était aussi apparu dans la « blague » de Virgin 17 où un poisson rouge avait été broyé dans un mixer pour le 1er avril.

Il s’agissait en fait d’un montage réalisé à l’aide d’un rouget acheté en poissonnerie… ce qui témoigne bien d’un réel dédain pour la question animale.

Ce genre de montage (dans le cas de Sony aussi) montre de toute façon une intention de sadisme réactionnaire liée à l’ancien monde de la bourgeoisie, alors même que Sony et Virgin 17 veulent arborer  une image « jeune » totalement superficielle bien entendu.

D’ailleurs, les participants de ce forum d’adolescents considèrent qu’il s’agit d’un geste « dégueulasse » et « ignoble ». Preuve que la question animale est portée par la jeunesse, un intervenant suspectant le fake (avant  qu’il soit effectivement révélé) émettait même l’hypothèse, moins barbare, de l’utilisation d’un poisson « taillé dans de la carotte »…

Cet amoncellement de barbarie capitaliste montre qu’il est nécessaire de rompre radicalement avec le capitalisme pour affronter le fascime et le réduire à néant.

La révolution n’est pas un acte de dandy petit-bourgeois qui s’imaginent provocateurs, mais un processus conscient de rupture avec le monde ancien, le monde croupi du capitalisme.

Il faut comprendre la dimension culturelle de la révolution socialiste car il faut définitivement enterrer la mentalité nihiliste de la bourgeoisie menant au fascisme pour défendre le surgissement révolutionnaire de la communauté universelle vivant en harmonie avec la biosphère.

dim, 27 juin 2010 » Culture

PCMLM: le Parti de Politzer !

dim, 27 juin 2010 » Culture

Le Parti Communiste, parti des forces d’avant-garde de la Société, est le Parti de la raison militante…

« Mais, parce que seul le matérialisme historique peut constituer la base scientifique de l’action politique, notre Parti seul, base son action sur la science.

Dans notre Parti, il ne saurait être question d’élaborer des résolutions par voie de conciliation et de synthèses entre les opinions ayant les origines les plus variées.

Les résolutions de notre Parti sont destinées à fixer son action par l’analyse des faits et les intérêts des masses populaires.

Cette science, qui est la nôtre, est le fruit d’une longue évolution dont la philosophie des lumières est l’une des étapes les plus décisives.

Voilà pourquoi nous en sommes les héritiers et les continuateurs.

Nous le sommes encore parce que seul notre Parti accomplit méthodiquement ce travail qui fut, au XVIIIe siècle, celui des Encyclopédistes.

Notre Parti est seul à diffuser dans les masses les lumières de la science sur les questions économiques, sociales et politiques.

Ailleurs, sans aucune exception, il ne s’agit pas d’éduquer les masses, mais de leur faire prendre, selon le mot de Descartes, «un peu de cuivre et de verre pour de l’or et du diamant».

Et cela dans le meilleur des cas.

Mais, en même temps, c’est notre Parti qui défend seul, d’une manière conséquente, la science contre l’obscurantisme, et c’est ce qui lui vaut la sympathie des meilleurs représentants de la science et de la littérature françaises.

Ailleurs, l’abdication devant l’agresseur sur le plan politique, se double d’une abdication devant la mystique obscurantiste : Esprit de Munich et Munich de l’Esprit.

Les mystiques de lâcheté et d’esclavage traduisent la décadence d’une classe qui fut révolutionnaire.

Le Parti Communiste, parti des forces d’avant-garde de la Société, est le Parti de la raison militante.

C’est ainsi que notre Parti continue la pensée la plus française, celle des Encyclopédistes.

Il s’en montre le vrai continuateur; il la continue en l’enrichissant, en la rendant vivante et agissante. »

Georges Politzer, La philosophie des lumières et la pensée moderne

sam, 26 juin 2010 » Culture

L’importance de la culture dans la révolution (première partie : l’exemple bourgeois de 1789)

Aujourd’hui, si l’on veut mener la révolution socialiste, celle-ci doit consister en une vision du monde capable de bouleverser l’ensemble des conceptions politiques, sociales, culturelles, économiques, philosophiques, etc.

Tel est le point de vue du PCMLM, qui ne considère nullement, à l’opposé des pseudos révolutionnaires, que le socialisme est une question administrative, une simple question de répartition économique.

Les pseudos révolutionnaires parlent beaucoup de révolution. Mais ils vivent au quotidien exactement selon les mêmes valeurs culturelles que la bourgeoisie ; rien ne les distingue dans leur rapport à la hiérarchie, à la brutalité, à la vanité, à l’esprit individualiste… d’un côté, et à la nature, aux animaux, aux femmes, à la jeunesse… de l’autre.

Voilà pourquoi il est très important de saisir la question culturelle, qui ne peut être posée que par la science MLM, qui modifie l’humain dans ce qu’il a de plus profond : c’est tout le sens du communisme.

Pour commencer à saisir l’ampleur de la question, il y a lieu de s’intéresser à l’ancien type de révolution : la révolution bourgeoise.

Lorsque la bourgeoisie française a mené sa révolution à la fin du 18ème siècle, elle n’avait pas seulement des activistes, des théoriciens, des penseurs, des forces sociales.

Elle était portée par la loi de la contradiction, elle représentait le nouveau, et sa vision du monde a bouleversé de fond en comble la société féodale, à partir du 16ème siècle avec l’humanisme puis dans la grande vague des Lumières.

Comment cette vision du monde a-t-elle été d’une grande profondeur ? C’est ce que nous explique ici le communiste d’Italie Antonio Gramsci, dans cet extrait de « Socialisme et culture » (1916), d’une actualité et d’une acuité exemplaires.

Et qui, parce que saisissant le rôle de la culture, souligne la dimension essentielle de la vie quotidienne, de la manière de vivre.

« Il faut perdre l’habitude et cesser de concevoir la culture comme un savoir encyclopédique vis-à-vis duquel l’homme fait seulement figure de récipient à remplir et bourrer de données empiriques, de faits bruts et isolés, qu’il devra ensuite classer soigneusement dans son cerveau comme dans les colonnes d’un dictionnaire, afin d’être en mesure, en toutes occasions, de répondre aux diverses sollicitations du monde extérieur.

Une telle forme de culture est véritablement néfaste; en particulier pour le prolétariat.

Elle ne sert qu’à créer des déclassés, des gens qui se croient supérieurs au reste de l’humanité, parce qu’ils ont accumulé dans leur mémoire une certaine quantité de faits et de dates, qu’ils dévident à la moindre occasion, comme pour en faire une barrière entre eux et les autres.

Elle sert à créer cette espèce d’intellectualisme poussif et incolore que Romain Rolland a si bien fustigé jusqu’au sang, et qui a engendré une pléthore de présomptueux et d’illuminés, plus nocifs à la vie sociale que ne le sont à la beauté du corps et à la santé physique les microbes de la tuberculose ou de la syphilis.

Le malheureux étudiant qui sait un peu de latin et d’histoire, l’avocaillon qui est parvenu à arracher un lambeau de diplôme à la nonchalance et au laxisme des professeurs, se croiront différents, et s’estimeront supérieurs au meilleur ouvrier spécialisé qui pourtant affronte dans la vie une tâche bien précise et indispensable, et qui vaut, dans son domaine d’activité, cent fois plus que ces deux autres ne valent dans le leur.

Mais ceci n’est pas de la culture, c’est de la pédanterie, ce n’est pas de l’intelligence, c’est de l’intellectualisme, et on a bien raison de réagir en s’y opposant.

La culture est une chose bien différente. Elle est organisation, discipline du véritable moi intérieur; elle est prise de possession de sa propre personnalité, elle est conquête d’une conscience supérieure grâce à laquelle chacun réussit à comprendre sa propre valeur historique, sa propre fonction dans la vie, ses propres droits et ses propres devoirs…

Mais tout ceci ne peut advenir par évolution spontanée, par actions et réactions indépendantes de notre volonté, comme il advient dans le règne animal ou dans le règne végétal où chaque individu se sélectionne et spécifie ses propres organes inconsciemment, conformément à l’ordre fatal des choses.

L’homme est surtout esprit, c’est-à-dire création historique, et non nature. Autrement, on n’expliquerait pas pourquoi, puisqu’il a toujours existé des exploités et des exploiteurs, des créateurs de richesse et des consommateurs égoïstes de cette richesse, on n’a pas encore réalisé le socialisme.

Le fait est que ce n’est que par degrés, par strates, que l’humanité a acquis la conscience de sa propre valeur et a conquis son droit à vivre indépendamment des hiérarchies et privilèges des minorités qui s’étaient affirmées historiquement au cours des périodes précédentes.

Et une telle conscience s’est formée, non sous l’aiguillon brutal des nécessités physiologiques, mais grâce à la réflexion intelligente, réflexion de quelques-uns d’abord, puis de toute une classe, sur les causes de certains faits, et, sur les meilleurs moyens à adopter pour les transformer, d’occasions d’asservissement, en étendards de rébellion et de rénovation sociale.

Cela veut dire que toute révolution a été précédée d’une intense activité de critique, de pénétration culturelle, d’imprégnation d’idées, s’exerçant sur des agrégats d’hommes, au départ réfractaires, et uniquement préoccupés de résoudre, jour après jour, heure par heure, pour leur propre compte, leur problème économique et politique, sans lien de solidarité avec tous ceux qui partageaient leur condition.

Le dernier exemple, le plus proche de nous, et par conséquent le moins différent de notre cas, est celui de la Révolution française.

La période culturelle antérieure, dite période de la « philosophie des lumières», si décriée par les critiques superficiels de la raison théorique, ne fut pas du tout, ou du moins ne se limita pas à être, ce papillonnement de beaux esprits encyclopédiques qui discouraient de tout et de tous avec une égale imperturbabilité, et croyaient n’être hommes de leur temps qu’après avoir lu la grande Encyclopédie de d’Alembert. et de Diderot.

En somme, ce ne fut pas seulement un phénomène d’intellectualisme pédant et aride, pareil à celui que nous avons sous les yeux, et qui trouve son déploiement maximum dans les Universités populaires de dernier ordre.

En soi, ce fut une magnifique révolution par laquelle, comme le remarque pertinemment De Sanctis dans son Histoire de la littérature italienne, se forma dans toute l’Europe une sorte de conscience unitaire, une internationale spirituelle bourgeoise, sensible en chacun de ses éléments aux douleurs et aux malheurs communs, et qui constituait la meilleure des préparations à la révolte sanglante qui se réalisa ensuite en France.

En Italie, en France, en Allemagne, on discutait des mêmes choses, des mêmes institutions, des mêmes principes.

Chaque nouvelle comédie de Voltaire, chaque nouveau pamphlet était une sorte d’étincelle qui courait sur les fils déjà tendus d’État à État, de région à région, et trouvait partout, et au même moment, les mêmes partisans et les mêmes opposants.

Les baïonnettes des armées de Napoléon trouvaient la voie déjà aplanie par une armée invisible de livres, d’opuscules, qui avaient essaimé depuis Paris dès la première moitié du XVIIIe siècle et avaient préparé les hommes et les institutions à la rénovation nécessaire.

Plus tard, quand les événements de France eurent trempé les consciences, il suffisait d’un mouvement populaire à Paris pour en susciter de semblables à Milan, à Vienne et dans les villes les plus petites.

Tout ceci semble naturel, spontané, à ceux qui jugent superficiellement, et serait cependant incompréhensible, si l’on ignorait les facteurs culturels qui contribuèrent à créer ces états d’âme prêts à s’enflammer pour ce qui passait pour la cause commune. »

ven, 25 juin 2010 » Culture

Nous devons recueillir tout ce qu’il y a de bon dans l’héritage littéraire et artistique légué par le passé…

« Quelle est en dernière analyse la source de tous les genres littéraires et artistiques ? En tant que formes idéologiques, les œuvres littéraires et les œuvres d’art sont le produit du reflet, dans le cerveau de l’homme, d’une vie sociale donnée.

La littérature et l’art révolutionnaires sont donc le produit du reflet de la vie du peuple dans le cerveau de l’écrivain ou de l’artiste révolutionnaire. La vie du peuple est toujours une mine de matériaux pour la littérature et l’art, matériaux à l’état naturel, non travaillés, mais qui sont en revanche ce qu’il y a de plus vivant, de plus riche, d’essentiel.

Dans ce sens, elle fait pâlir n’importe quelle littérature, n’importe quel art, dont elle est d’ailleurs la source unique, inépuisable. Source unique, car c’est la seule possible ; il ne peut y en avoir d’autre. Certains diront : Et la littérature et l’art dans les livres et les œuvres des temps anciens et des pays étrangers ? Ne sont-ils pas des sources aussi ?

A vrai dire, les œuvres du passé ne sont pas des sources, mais des cours d’eau ; elles ont été créées avec les matériaux que les auteurs anciens ou étrangers ont puisés dans la vie du peuple de leur temps et de leur pays.

Nous devons recueillir tout ce qu’il y a de bon dans l’héritage littéraire et artistique légué par le passé, assimiler d’un esprit critique ce qu’il contient d’utile et nous en servir comme d’un exemple, lorsque nous créons des œuvres en empruntant à la vie du peuple de notre temps et de notre pays les matériaux nécessaires.

Entre avoir et ne pas avoir un tel exemple, il y a une différence : la différence qui fait que l’œuvre est élégante ou brute, raffinée ou grossière, supérieure ou inférieure et que l’exécution en est aisée ou laborieuse.

C’est pourquoi nous ne devons pas rejeter l’héritage des anciens et des étrangers ni refuser de prendre leurs œuvres pour exemples, fussent-elles féodales ou bourgeoises. Mais accepter cet héritage et le prendre en exemple ne doit jamais suppléer à notre propre activité de création, que rien ne peut remplacer. »

Mao Zedong, Interventions aux causeries sur la littérature et l’art

ven, 25 juin 2010 » Culture

Envoyez vos liens, faites partager votre culture!

Quelle est notre projet révolutionnaire ?

Celui d’une société où les humains vivent par et pour les arts et la science. Une société sans contradiction entre travail intellectuel et travail manuel, entre villes et campagnes…

Où l’être humain, en tant qu’animal ayant évolué jusqu’à comprendre la nature et l’utiliser pour se développer, s’épanouit librement, dans la culture qui a comme base la nature.

Notre but : la communauté humaine universelle, formant une société d’artistes et de savants, qui vivent en harmonie avec la biosphère, célébrant la vie et se considérant comme les enfants du soleil.

C’est un saut culturel, un saut de civilisation, et voilà pourquoi ce projet, dont la réalisation est inéluctable, est porté par la classe ouvrière, seule classe n’entrant pas en décadence avec la crise générale du capitalisme.

C’est la classe ouvrière qui porte la culture, la civilisation, les sciences, les arts. Sans la classe ouvrière et son drapeau rouge, la retombée dans la barbarie est inévitable, et l’humanité va de nouveau à avoir à suivre le même chemin, jusqu’à réussir à s’extirper de la société divisée en classes sociales.

Un excellent exemple est le caractère baroque des récents évènements autour de l’équipe de France de football.

La secrétaire d’État chargée des Sports Rama Yade qui critique l’hotel de luxe des « bleus » en Afrique du Sud, alors qu’elle s’est réservée un hotel encore plus cher, où elle ne dormira pas finalement tout en l’ayant payé quand même…

Ribéry, idole sportive priant avant le début des matchs, qui se voit accusé d’avoir fréquenté des prostituées et de jouer les « caïds » dans l’équipe…

Les « bleus » payés une fortune qui font « grève » de l’entraînement en soutien à l’un des leurs éjecté du mondial pour avoir insulté le sélectionneur…

La ministre de la santé et des sports Roselyne Bachelot qui se précipite en Afrique du Sud pour exiger des « bleus » qu’ils se ressaisissent, puis ceux-ci qui perdent dans la foulée avec le sélectionneur français qui refuse à la fin du match de serrer la main de son homologue de l’autre équipe…

Le président français qui « prend les choses en main », exige une restructuration du football français alors que l’attaquant Thierry Henry lui rend visite à l’Elysée…

Face à cet effondrement baroque de la société bourgeoise, la tâche est de poser les fondations d’une vie résolvant les contradictions travail manuel / travail intellectuel, ainsi que villes et campagnes.

Construisons, à partir des fondements matérialistes dialectiques MLM, l’identité à la fois artistique et scientifique de l’être humain de l’avenir, dont seule la naissance peut renverser le vieux monde!

Une identité dont la matière grise est le reflet – les articles de Contre-Informations reflètent la pratique quotidienne fondée sur la science MLM, condensent les expériences acquises…

Lancez-vous dans la bataille… Partagez vos expériences. Articles, images, liens: que vive la production! Diffusez vos connaissances en peinture, en informatique, en littérature, en cinéma, en musique… Assumons le meilleur du passé, dans tous les domaines, pour faire vivre la culture, expression la plus haute des luttes des classes de la classe ouvrière!

Que vive Contre-Informations, organe de presse MLM!

mar, 22 juin 2010 » Culture, France

L’histoire de la littérature française se confond avec celle du psychodrame et de la nervosité bourgeoise

La bourgeoisie a permis l’avènement de l’individu et c’est là son mérite, mais elle donne naissance également par la suite à l’individualisme, dans toute sa confusion mentale, et cela est critiquable.

La bourgeoisie française a lutté de manière exemplaire contre les forces féodales ; sa révolution a été exemplaire et considérée comme un modèle pour toutes les bourgeoisies du monde. Et il faut bien souligner que sa décadence est tout aussi exemplaire.

Cela fait que la littérature française a un développement très clair, comme nulle part au monde ; son cheminement correspond à l’avènement du psychodrame. En quoi consiste ce mouvement ?

1.L’humanisme qui apparaît au 16ème siècle rejette les prétentions de l’église à régenter le passé. Ce moment, celui de la renaissance, est un moment d’affirmation authentique de la connaissance et de la sagesse.

Si on y ajoute le mouvement de la Pléiade, on doit y ajouter la volonté de parler dans la langue du peuple (et non en latin, langue de la religion), afin d’exprimer le plus parfaitement ce que l’on ressent.

Ce premier moment est essentiel : il marque le début de l’individu, mais d’une manière progressiste : il y a l’individu, mais pas individualisme.

2.La contre-réforme du 17ème siècle s’est développée pour faire obstacle à l’humanisme. Dans les mouvements de la contre-réforme – le baroque (espagnol et italien) et sa version française (le classicisme) – il n’y a pas de place pour l’individu et sa personnalité.

Dans les tragédies et les comédies, les personnages sont des figures abstraites, sans profondeur. Seul le mouvement libertin tente de mettre en avant une attitude non conventionnelle, il reste toutefois marginal.

La baroque, en tant que catastrophisme de type chrétien face à la crise provoquée par l’humanisme (et la Réforme protestante, et la Renaissance en général), est ici à souligner comme premier mouvement de panique de type individuel.

Le caractère « étrange » et morbide du baroque est déjà un « décrochage » par rapport à l’évolution de la société : il est l’expression de la décadence de la classe aristocratique, la panique de ses intellectuels collectifs.

3.Les Lumières, au 18ème siècle, réaffirme de nombreuses positions de l’humanisme. Toutefois, ces positions sont subordonnées aux nécessités politiques, sociales et économiques de la bourgeoisie.

La célébration humaniste de la culture de l’antiquité gréco-romaine, mettant l’accent sur la formation individuelle et la discipline intellectuelle et morale, cède le pas aux revendications de la bourgeoisie en tant que classe.

Les Lumières forment ainsi le premier avènement de l’individualisme bourgeois, au sens où ce n’est pas la personnalité qui est mis en avant, mais le « droit. »

Les Lumières s’adressent à tous les individus, mais à aucun en particulier ; ne comptent que les « droits » sur le plan général, c’est-à-dire ceux des éléments de la classe bourgeoise.

Le recul par rapport à l’humanisme, célébrant l’étude et la formation individuelle (avec Montaigne, Rabelais, et qui aura un écho jusqu’à Fénelon à la fin du 17ème siècle), est patent.

4.Le romantisme du début du 19ème siècle est l’expression de la restauration politique en France ; il représente la nostalgie d’un passé idéalisé.

Ici il faut souligner le caractère de parenté – et seule la science MLM peut l’affirmer – entre la baroque et le romantisme.

Le romantisme est un mouvement de panique individuel, tout comme le baroque. Il a les mêmes traits, le caractère religieux devenant par contre mystique, en raison de la crise totale provoquée par la révolution française, temporairement en recul en raison de l’échec napoléonien.

Les intellectuels bourgeois considèrent souvent Victor Hugo comme la principale figure du romantisme, ainsi que comme une figure progressiste.

En réalité, Hugo arrive bien après Chateaubriand, et son romantisme n’en est pas un : Victor Hugo est en fait un apologiste de l’individu bourgeois qui a une personnalité.

C’est là son rôle historique, que l’on retrouve exprimé clairement dans les romans historiques et l’invention du drame avec les figures complexes de Jean Valjean, Ruy Blas, etc.

Il y a donc deux romantismes : le « vrai », consistant en la peur panique de l’aristocratie. Et celui de Hugo, qui transforme ce romantisme (en tant que repli sur les affres individuelles) en soutien à l’affirmation de la personnalité individuelle bourgeoise.

5.Cela relativise le rôle progressiste du réalisme. En effet, le réalisme a une valeur progressiste dans la mesure où il s’agit d’une arme de combat (bourgeoise) contre le romantisme (aristocratique) qui lui est tourné vers le passé.

Mais le réalisme est vite lié au naturalisme, à la manière bourgeoise d’analyser la réalité.

Il faut citer ici Claude Bernard, l’apôtre sanglant de la vivisection qui résume cette conception « scientifique » : « Le physiologiste n’est pas un homme du monde, c’est un savant, c’est un homme qui est saisi et absorbé par une idée scientifique qu’il poursuit : il n’entend plus les cris des animaux, il ne voit plus le sang qui coule, il ne voit que son idée, et n’aperçoit que des organismes qui lui cachent des phénomènes qu’il veut découvrir. »

Zola a puisé sa méthode dans l’approche de Claude Bernard, et on doit voir que les littératures réaliste et naturaliste ne procèdent finalement pas autrement ; elles sont tout autant incapables de saisir la dignité du réel.

Le réalisme et le naturalisme sont une lecture sociologique et bourgeois-scientifique du monde, le pendant du développement de la personnalité individuelle effectuée notamment par Victor Hugo.

Car le réalisme, et principalement le naturalisme, mettent en avant les nerfs, la nervosité. L’individu naît au 19ème siècle avec le développement du capitalisme, mais avec un prix : celui d’être un humain d’une grande nervosité, quelqu’un de toujours tendu, comme s’il était adapté aux nécessités de l’accumulation du capital – ce qu’il est, bien évidemment.

6.Cette mise en avant des nerfs ne pouvait aboutir qu’à une fascination pour les crises de nerfs.

Aux descriptions réalistes du triomphe capitaliste à Paris, succèdent les considérations de Baudelaire sur les souffrances intérieures de l’individu.

C’est la naissance de la figure de l’artiste comme « bohème », du « poète maudit. » Le symbolisme est l’aboutissement du processus qui tout au long du 19ème siècle met en avant les nerfs.

Le symbolisme est l’expression de la crise de nerfs ; la littérature de Baudelaire, Rimbaud, Verlaine et Nerval est tout autant le fruit décadent de la crise de nerfs, que la tentative de refuser cette malédiction, en s’attachant à la quête de l’idéal artistique.

7.Ce double caractère du symbolisme sera bien entendu également celui du surréalisme.

Ce n’est pas pour rien que le surréalisme est l’équivalent français de la psychanalyse autrichienne : la crise des nerfs atteint ici son paroxysme.

Dans la première partie du 19ème siècle, on donne naissance à l’humain « sur les nerfs » ; dans la seconde moitié du 19ème siècle, on exprime les nerfs en crise : c’est le spleen, le thème du nevermore, les fantasmes sur le « poète voyant » (Rimbaud) qui « déchiffre » (Baudelaire) le monde.

Au début du 20ème siècle, la crise des nerfs est absolue et le surréalisme affirme qu’il n’y a de fuite possible que dans cette crise de nerfs elle-même.

8.Inévitablement, le culte de la crise de nerfs devait donner naissance à une littérature fascinée par le fascisme, car le culte de la crise de nerfs ne pouvait pas durer, à une époque de crise générale du capitalisme.

Céline et Drieu la Rochelle en sont les expressions les plus abouties ; toute leur littérature est une crise de nerfs, et la quête d’une perspective à partir de celle-ci.

Leur littérature met de côté les tentatives surréalistes de type mystique, principalement celle de Bataille, mais également celle d’Eluard, qui pourtant a réussi parfois à transcender son surréalisme et produire de grandes oeuvres, de par son adhésion au communisme.

Leur littérature est ainsi le fétichisme de la crise de nerfs; l’équivalent de la « volonté de puissance » de Nietzsche, personnage sur les nerfs s’il en est.

8.Après la seconde guerre mondiale impérialiste, la crise de nerfs se replie sur elle-même, elle s’accepte.

C’est le sens de l’existentialisme (Sartre, mais Camus doit être considéré de même), du théâtre de l’absurde, du nouveau roman.

Ces trois mouvements nient la possibilité de saisir le sens de la crise de nerfs de l’humain moderne. Leur but, dans le cadre des 30 glorieuses qui marque la relance d’un cycle du capitalisme : accepter, accepter la crise de nerfs, accepter la subjectivité, accepter l’impossibilité de l’objectivité.

9.Face à la confusion de cette crise de nerfs, que doit mettre en avant la science MLM ? Elle doit réassumer l’humanisme.

L’être humain est un individu, oui, mais il n’est rien sans la société, et il doit perpétuellement avancer de manière critique et autocritique.

Le communisme considère que les humains doivent être à la fois des savants et des artistes ; l’humanité doit assumer systématiquement le plus haut degré de culture et de civilisation.

C’est le sens du programme communiste de dépassement de la société bourgeoise, et voilà pourquoi pour comprendre les mentalités françaises et l’importance de la notion de psychodrame, il y a lieu de saisir le cheminement de la littérature française.

mer, 16 juin 2010 » Culture

Bert Brecht, dans nos rangs !

mer, 16 juin 2010 » Culture

Les écrivains, ingénieurs des âmes…

« Ce serait dénaturer effroyablement le grand mot d’ordre du Réalisme socialiste que de vouloir transposer mécaniquement la formule stalinienne : socialiste par le contenu, national par la forme, qui s’appliquait à la politique des nationalités, ce qui donnerait quelque chose comme : socialiste par le contenu, bourgeois par la forme. Dans la politique des nationalités, la formule : national par la forme est intégralement révolutionnaire.

Elle revient à libérer les nations enchaînées de leurs chaînes, à stimuler les forces productives des nations retardataires ; elle signifie que des nations opprimées entendaient le langage du socialisme dans leur langue maternelle ; elle libérait les puissances culturelles.

La formule : bourgeois par la forme serait tout simplement réactionnaire ; elle reviendrait banalement au dicton : « Verser du vin nouveau dans de vieilles outres ». L’attitude sage de Staline face à Maïakovski, destructeur de formes de première grandeur, et son intéressante formule : les écrivains, ingénieurs des âmes devraient suffire à mettre en garde nos critiques contre des généralisations et transpositions boiteuses de ce genre.

En réalité, les essais de beaucoup de nos critiques, du fait qu’ils vont chercher leurs critères partout sauf dans les impératifs de la lutte, raisonnent manifestement hors du temps et des lieux.

On doit prendre des leçons chez Balzac ?

Soit, mais qui doit en prendre, et pourquoi ? Question justifiée, qui ne se poserait guère au sujet de Maïakovski.

Si c’est du formalisme que de chercher toujours des formes nouvelles pour un contenu identique, c’est du formalisme que de vouloir garder pour un contenu nouveau des formes anciennes.

Il faut que nos critiques étudient les conditions de la lutte sociale et qu’ils en déduisent leur esthétique.

Moi-même, par exemple, j’ai débuté dans tous les domaines de la littérature et de l’art dramatique avec des formes anciennes et conventionnelles.

Dans le roman, avec la fable aux multiples fils entrelacés.

En poésie, avec le « lied » et la ballade. Ces styles et genres anciens m’ont gêné dans la lutte. J’en ai étudié beaucoup, moi tout spécialement, mais je ne suis ouvert à aucune considération de genre et de style qui ne prend en compte les impératifs de la lutte. Et pourquoi devrait-il en aller autrement pour d’autres ? Je crois voir fort bien quel profit notre lutte peut tirer du style des romans bourgeois du siècle dernier ; dans la mesure du possible, je m’y suis instruit.

Mais j’en vois aussi les inconvénients, et ils sont énormes. D’où une attitude complexe à l’égard des réalistes de la littérature bourgeoise.

Je reconnais leurs mérites. J’aime certaines de leurs œuvres, j’apprends auprès d’eux, je suis soucieux d’atteindre le niveau général auquel l’humanité occidentale s’est élevée avec eux.

Mais il s’agit aussi de le dépasser.

Ce n’est pas une simple question de force créatrice et de talent.

Cela dépend de notre capacité de satisfaire aux conditions de notre lutte. Les principes formels que nous pouvons extraire des classiques du réalisme bourgeois, du réalisme de l’époque capitaliste et impérialiste, sont loin de suffire.

Le caractère historique, transitoire, unique de cette forme d’écriture apparaîtra à quiconque lutte pour le socialisme. Le caractère capitaliste et impérialiste de ce « contenu » imprime sa marque à cette « forme ». Nos critiques doivent absolument se rendre compte qu’ils pratiqueront une critique formaliste aussi longtemps qu’ils ne le comprendront pas et se refuseront, lorsqu’ils traitent des questions de forme, à tenir compte des conditions de notre combat pour le socialisme. »

Bert Brecht, Sur l’écriture réaliste

mar, 15 juin 2010 » Culture, International

Le milieu mafieux du football (à l’image du capitalisme): paris en ligne et matchs truqués

Contre-Informations a déjà affirmé que le sport capitaliste, en particulier le football, est un milieu affairiste et mafieux, à l’image du capitalisme. Le business florissant des paris en ligne en est une illustration. Les paris existent depuis longtemps mais dégagent des profits encore plus colossaux depuis l’arrivée d’Internet.

L’Etat bourgeois en France a d’ailleurs autorisé onze opérateurs sur le marché des paris, ce qui constitue au passage une bonne façon pour blanchir des capitaux.

Pour comprendre la « facilité » relative de truquer un match de foot, on peut ici rappeler quelques caractéristiques basiques du football.

Tout d’abord, le football se signale par le très faible écart qui sépare souvent victoire, match nul et défaite, ce qui contribue d’ailleurs à sa popularité en raison de l’indécision du résultat. Etant donné que la marge de victoire est souvent d’un seul but, l’issu d’un match se joue fréquemment sur un détail : un hors-jeu mal joué par la défense donnant une  occasion de but à l’adversaire, une faute de main du gardien, un cafouillage se terminant par un but contre son camp, un penalty litigieux etc.

Par exemple, le gardien de but de l’Angleterre, Robert Green, a laissé échapper un tir apparemment anodin de l’équipe des Etats-Unis samedi, ce qui a conduit au résultat final de 1-1.

Bien entendu, dans le cadre d’une mafia organisée, il serait aisé de corrompre un gardien, un défenseur ou un arbitre pour qu’il commette des erreurs faisant basculer le match dans le sens voulu.

En ce qui concerne les arbitres, on peut noter, comme pour les joueurs, l’importance des réseaux de prostitution qui monnayent des « services » de call-girls en échange de décisions favorables à l’un ou l’autre équipe lors du match.

Comme il existe toute sorte de paris, rien n’empêche de miser une forte somme sur un résultat « logique » (au vu de la valeur supposée des deux équipes), afin de ne pas eveiller les soupçons, tout en jouant une forte cote pour un score ou une marge de victoire précise.

Le journaliste Declan Hill, en contact avec des milieux mafieux lors de la coupe du monde 2006,  rapporte ainsi qu’il savait par avance que le Brésil  battrait le Ghana par au moins deux buts d’avance lors du huitième de finale. Le match avait été marqué par un bon niveau général de l’équipe du Ghana, mais avec de surprenantes erreurs de défense sur au moins deux des trois buts où l’attaquant s’était présenté seul face au gardien.

Dans une sorte de mécanique perverse, l’ampleur de la triche liée aux paris truqués sert même à justifier les salaires mirobolants touchés par les joueurs. En effet, selon cette logique, des joueurs multi millionnaires seraient plus difficilement corruptibles car les sommes à débourser pour les acheter devraient forcément atteindre des niveaux astronomiques.

Pourtant, ce raisonnement, destiné en vérité à préserver le business mafieux du football, ne tient évidemment pas car, dans un contexte d’accumulation de profits, les paris en ligne et tous les business mafieux gravitant autour permettent justement de réunir ces sommes astronomiques.

De plus, l’accumulation de profits joue également au niveau des joueurs qui sont intégrés  à la compétition individualiste promu par le capitalisme et affichent un train de vie comme une identité, souvent très proche là encore de la « culture » mafieuse.

Pour montrer à quel point la théorie du « joueur hyper riche donc incorruptible » ne tient pas, il faut se rappeler que le championnat italien, un des plus réputés et qui regroupe de très nombreux joueurs avec des salaires titanesques, a été frappé par le scandale des matchs truqués en 2006. En gros, on a appris à cette occasion que le championnat italien était totalement bidonné depuis au moins 1999…

Dans de telles conditions, où les résultat des matchs sont sujets à suspicion, le comportement des supporters tient de l’aliénation et de rapports fétichistes d’attachement à une équipe typiques du capitalisme. Les analyses de Contre-Informations sur le sport capitaliste sont donc précieuses pour décrypter les faux-semblants et la décadence complète du capitalisme qui s’incarne notamment dans le football.

Les paris en ligne correspondent à l’idéologie capitaliste: ils nient la valeur du travail, agitent le rêve de l’argent facile, cultivent l’individualisme et la construction du profit aux dépens des autres.

Les paris en ligne, comme tous les jeux d’argent, doivent être catégoriquement refusés par les révolutionnaires!

dim, 13 juin 2010 » Culture

Rodtchenko & Stepanova: dans nos rangs!

dim, 13 juin 2010 » Culture

Travailler au milieu de tous, pour tous et avec tous…

« Il s’agit véritablement de construire de nouvelles structures constructives fonctionnelles, dans la vie et non pas depuis la vie et en dehors de la vie.

Dans la vie réelle, les choses (les objets) se présentent avec une forme utilitaire, ou alors on leur applique de l’art ; quand le matériau est utilisé fonctionnellement, l’objet lui aussi sert clairement le but qu’on lui avait assigné, en n’ayant rien de superflu ou presque ; quant aux exceptions, on n’a pas pris conscience de leur signification dans la vie.

Nous sommes entourés d’objets de ce genre (faussement décoratifs) et à cause d’eux on se précipite dans les églises, dans les musées et dans les théâtres. C’est la vie en tant que telle qui n’est pas comprise, qui n’est pas prise en compte, qui n’est pas organisée.

Les gens s’ennuient, les gens parlent de leur travail comme de quelque chose de lugubre, d’ennuyeux, où l’on perd son temps. Les gens disent de leur vie qu’elle est monotone et vide, à quelques exceptions près, parce qu’ils ne savent pas apprécier en eux-mêmes l’homme qui peut construire, bâtir et détruire.

Ils vont à l’église, au théâtre, au musée, pour « échapper à la vie », pour prendre des leçons de vie… Comment ? Mais en apprenant à rendre la vie « jolie », décorative, au lieu de construire, d’organiser, de structurer. Ces gens-là avaient besoin de l’opium de l’art ou de la religion. Et tous les anciens de l’art « sans objets », à présent constructivistes ou constructeurs, se sont mis à travailler pour la vie et dans la vie. Leur premier objectif, ce fut le travail sur des constructions concrètes.

Est-ce que nous n’en avons pas assez de cette vie stupide, où l’on ne prend conscience de rien, où l’on ne donne valeur à rien, dans laquelle tout est carton pâté et décor : l’homme est enjolivé, son logis est enjolivé, ses pensées sont enjolivées, tout est enjolivé de choses dont on n’a que faire, et cela pour dissimuler le vide de l’existence.

La vie, cette chose si simple, on ne sait toujours pas la voir, on ne sait pas qu’elle est si simple, si claire, qu’il suffit simplement de l’organiser et de la débarrasser de tout ce qui est art appliqué et enjolivures.

A BAS L’ART comme moyen de fuite d’une vie qui n’en vaut pas la peine. La vie consciente et organisée, qui peut voir et construire, est l’art moderne. L’être humain qui a organisé sa vie, son travail et lui-même est un artiste moderne.

Travailler pour la vie et non pas pour les palais, pour les églises, pour les cimetières et les musées. Travailler au milieu de tous, pour tous et avec tous. Il n’est rien d’éternel, tout est provisoire. La prise de conscience, l’expérience, le but, les mathématiques, les techniques, l’industrie et la construction, voilà qui est au-dessus de tout.

Vive la technique constructive. Vive l’attitude constructive envers toute chose. Vive le CONSTRUCTIVISME. »

Rodtchenko, A bas l’art (1921)

sam, 12 juin 2010 » Culture

Athènes contre Sparte!

ven, 11 juin 2010 » Culture

L’importance historique (pour l’idéalisme) d’Aristote, disciple de Platon

Si la pensée dialectique a réussi à se développer dans la Grèce antique, c’est l’idéalisme qui a triomphé, un idéalisme porté par trois penseurs : Socrate, puis son disciple Platon, et enfin Aristote lui-même disciple de Platon.

Si les dialecticiens s’intéressaient au mouvement, et donc à la réalité où ils voyaient le mouvement, tel n’était pas le cas de l’idéalisme. Cet idéalisme privilégiait les idées, et vu que les idées sont abstraites, et pures, elles ne peuvent pas exister dans un monde en mouvement.

L’idéalisme oppose donc la réalité matérielle, qui a finalement peu de valeur, à un monde idéal, où triomphe le bon, le beau, le bien. Toutes les choses qui existent sur Terre ne sont qu’un pâle reflet du monde des idées, toute chose matérielle ayant son équivalent pur et parfait dans une sorte d’univers parallèle.

L’idéalisme a ainsi très tôt compris la valeur de la pensée d’Héraclite, pour qui tout est mouvement, et s’oppose à lui en mettant en avant Parménide, pour qui tout ce qui est multiple a comme origine l’Un, l’unité, et donc l’Un a plus de valeur.

L’idéalisme désirant du « pur et parfait », inévitablement le monothéisme apparaît : n’est en effet pur et parfait qu’une sorte de « Un » suprême, content de lui, absolument tout seul, n’ayant besoin de rien, etc.

Le monde matériel n’est qu’une sorte « d’irradiation » de cette unité. Le judaïsme, le christianisme et l’Islam ne disent pas autre chose, et pour cause toute leur philosophie est fondée sur la pensée de Socrate, Platon et Aristote.

On peut même dire que toutes les principales religions sont reliées à cette pensée, car les penseurs idéalistes grecs ont sans nul doute été influencés par la pensée indienne (notamment le thème de la réincarnation et de l’éternité de l’âme, par opposition au corps simplement passager). Inversement, l’hindouisme moderne, tout comme le bouddhisme moderne, a profondément été influencé par les auteurs idéalistes allemands du 19ème siècle.

Mais comment se présente la conception idéaliste de Socrate, Platon et Aristote ? Pourquoi Aristote est-il devenu le principal penseur des 2500 années d’idéalisme, jusqu’à aujourd’hui ?

En fait, lorsque Platon a construit sa théorie des « idées » pures et parfaites, situées dans un « au-delà » inaccessible, il a de fait nié la valeur de notre monde, tout comme l’ont fait les hindouistes et les bouddhistes.

Tout un courant de pensée va suivre cette logique : ce seront les « néo-platoniciens » et les différents courants chrétiens, jusqu’au Moyen-Âge.

C’est là qu’intervient Aristote, qui va théoriser l’idéalisme, et ce dans tous les domaines : physique, métaphysique, politique, psychologie, arts, économie, morale, etc.

Aristote était le disciple de Platon, mais n’était pas d’accord pour placer le « monde des idées » dans un au-delà inaccessible. Il l’a donc descendu d’un cran et placé dans notre monde, dans le ciel : ce sont les astres.

Mais en faisant cela il ramenait les idées à de la matière, et cela en tant qu’idéaliste il ne le pouvait pas : il a donc inventé le principe du « premier moteur », qui est immobile mais fait se mouvoir toutes choses dans l’univers.

Évidemment, il n’est pas étonnant que par la suite, les religions modifieront la pensée d’Aristote, faisant de ce « premier moteur » le Dieu monothéiste. Les religions juive, chrétienne et musulmane sont pétries de la pensée d’Aristote ; les plus grandes analyses de ces religions, qui datent du Moyen-Âge, consistent en des débats sur la pensée d’Aristote (la kabbale juive, Saint Thomas d’Aquin, Avicenne et Averroès).

Ce qu’a fait Aristote est proprement génial : il a maintenu l’idéalisme, tout en justifiant l’existence du monde réel. En effet, puisqu’il y a un intermédiaire, alors le monde matériel a une valeur, une valeur moindre, mais un valeur quand même, car le « divin » y est présent, même en partie.

Il y a ainsi la « physique » qui parle du monde matériel, et la « métaphysique » qui s’intéresse au « premier moteur », à Dieu. Il s’agit de deux sciences séparées : Aristote a permis le premier l’avènement de la science, en tant que discours scientifique sur la matière.

Bien entendu, cette science de la matière sera dans l’ombre de la métaphysique, et ce pour longtemps : il faudra attendre les débuts du capitalisme pour que naissent les grandes écoles, d’ailleurs typiquement françaises (Polytechnique, Mines, Ponts et Chaussées, etc.).

Cependant, cette science existe de manière indépendante des questions divines, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité. C’est un bond intellectuel énorme, qui ne sera assumé tout d’abord que par les civilisations ayant adopté l’Islam comme religion, au Moyen-Âge, puis par les pays d’Europe où le capitalisme a permis la généralisation des méthodes scientifiques.

Posons alors la question : comment Aristote a-t-il fait pour conjuguer science et idéalisme ?

La réponse se pose ainsi : Aristote a maintenu l’existence du « Un » de Parménide, sous la forme d’un cercle. Pourquoi un cercle ? Tout simplement parce que le cercle représente parfaitement le « Un » : un cercle n’a ni début, ni fin ; on peut partir de n’importe quel point, cela ne change rien.

Ce cercle représente donc absolument et parfaitement le « Un », et se retrouve donc dans ce qui est pur. Le « moteur premier » est un cercle parfait ; il est inatteignable, il est l’objet de la métaphysique.

Mais le monde physique lui est ainsi composé de deux étages : les astres, cercles qui pratiquent un mouvement circulaire plus ou moins parfait, qui forment l’étage supérieur, proche du « premier moteur ».

Et le monde matériel où nous vivons, qui lui est éloigné du « premier moteur » et où le mouvement circulaire est très imparfait. La preuve : les individus ne le pratiquent pas, ce qui nécessite de s’intéresser aux espèces, qui elles pratiquent ce mouvement.

Voilà pourquoi la science, tant qu’elle n’est pas marxiste-léniniste-maoïste, est idéaliste : elle conçoit le mouvement comme mécanique, comme pratiquant un éternel retour. La disparition des espèces végétales et animales en raison des destructions a ainsi du mal à être comprise par l’humanité, qui s’imagine de manière idéaliste que « tout recommence tout le temps ».

À partir d’Aristote, la science naît et considère donc que le monde a des lois, ce qui est correct ; mais la science considère que les objets de ces lois sont immuables et éternels. C’est là que réside l’idéalisme.

Aristote ne conçoit la réalité qu’à partir de l’exemple de la poule qui fait l’œuf et de l’œuf qui fait la poule ; il y a la cause et la conséquence, mais pas de dialectique, pas de saut qualitatif.

Ce qui est sera, et la seule chose qu’il est possible de faire c’est de déduire de manière logique les qualités des choses, les unes à partir des autres.

C’est exactement le principe de la vivisection : tel animal ayant soi-disant telle partie du corps comme l’être humain, on en déduit par logique (ou « analogie ») que l’on peut en profiter pour tester sur l’animal en question au lieu de l’être humain.

Bien entendu, une telle conception est totalement idéaliste, des rapprochements mécaniques sont faits ; le mouvement n’est pas compris, et voilà pourquoi la vie est considérée comme quelque chose de simplement mécanique et pourquoi les médecins ont des attitudes de mécaniciens dans les hôpitaux.

Dans la conception idéaliste, le mouvement est mécanique et fourni par un « grand horloger » qui alimente en énergie une réalité matérielle où tout se reproduit de manière mécanique. Il n’y a pas de place pour le changement.

Ce qui existe n’évolue pas, répondant simplement à une relation précise entre forme et matière : il n’y a pas de saut qualitatif, que de la répétition.

D’où la conception politique d’Aristote : le maître doit répondre à son contenu et être le maître, l’esclave devant faire de même et donc être esclave, sans quoi ils seront malheureux. Et d’où sa conception de l’art : la catharsis permet le « nettoyage » des passions afin que chacun soit comme il faut et se comporte de manière adéquate à sa « nature ».

Il est évident que l’humanité a profité de cette conception scientifique, qui même si elle est idéaliste, a permis de généraliser la compréhension du monde, de créer des « catégories » : c’est ici le formidable mérite d’Aristote.

Mais la dignité du réel n’est pas atteinte, et il faudra attendre Spinoza pour que le « premier moteur » soit éjecté au profit d’un monde simplement matériel, Dieu étant le monde et n’étant ainsi plus Dieu, mais la réalité elle-même.

Puis Hegel soulignera le caractère central du mouvement, et le caractère dialectique du mouvement.

Enfin, Marx et Engels poseront les principes du matérialisme dialectique, qui seront synthétisés par Lénine – Staline et Mao Zedong : c’est alors que l’humanité dispose d’une compréhension scientifique de l’ensemble de la matière, et donc de la reconnaissance de la biosphère, comme lieu de la vie, expression du mouvement de la matière éternelle.

jeu, 10 juin 2010 » Culture

0% passivité 100% organisation

sam, 5 juin 2010 » Culture, Ecologie

Construire la culture de l’antagonisme!

mer, 2 juin 2010 » Culture, France, International

Décadence et fétichisme du capitalisme : la présentation de la coupe du monde dans un écrin « Louis Vuitton »

Hier, la coupe du monde de football a été présentée dans un écrin de luxe estampillé « Louis Vuitton », qui servira à  transporter le trophée en Afrique du Sud. Une cérémonie à Paris, avenue Montaigne (lieu volontairement élitiste), s’est déroulée avec le mannequin Naomi Campbell en vedette.

Les lecteurs de Contre-Informations ne s’étonneront pas de ce débordement obscène de mise en scène baroque qui a été justement analysé par le PCMLM comme un trait marquant de la crise générale du capitalisme.

Cette cérémonie permet à la bourgeoisie d’afficher ses codes et d’insuffler un côté chic et décadent qui plaît particulièrement au dandy parisien attiré par l’imagerie « populaire » entourant le football.

Louis Vuitton est également un symbole de classicisme et de fétichisme, deux valeurs phares de la bourgeoisie (particulièrement en France), en raison notamment de la reproduction démultipliée de son logo à l’identique sur tous ses produits.

Louis Vuitton est ainsi une des marques emblématiques des riches chinois attirés par un fétichisme du luxe et prospérant sur la décadence social-fasciste en Chine.

Le fétichisme apparaît encore plus clairement dans la sacralisation de la coupe de monde que personne n’a le droit de toucher, mise à part les vainqueurs de la compétition et les chefs d’Etat. D’ailleurs, Naomi Campbell avait enfilé des gants pour placer la coupe du monde dans l’écrin.

A propos de Naomi Campbell, on peut constater bien sûr qu’elle incarne le rôle habituel de « faire valoir » auquel l’idéologie patriarcale voudrait cantonner les femmes.

Aujourd’hui, le capitalisme est dans une phase de décadence complète où un objet représentant la gloire sportive des vainqueurs, toujours selon une vision patriarcale, est fétichisé au point de devenir sacré et intouchable.

On pourrait se moquer de cette cérémonie en se contentant d’en souligner le caractère ridicule mais ce serait oublier que les valeurs dominantes du capitalisme décadent imprègne la société. Le fétichisme sert ainsi à politiser toute une frange de la petite-bourgeoisie.

Par exemple, l’extrême-gauche petite-bourgeoise fétichise la question palestinienne en se recréant à distance et par procuration une lutte vidée de son contenu révolutionnaire, ce qui laisse la voie ouverte à toutes les tendances réactionnaires et islamistes pilotées par l’impérialisme.

De la même manière, le Comité Invisible s’était inventé une révolte romantique contre le capitalisme en fétichisant les flux capitalistes s’incarnant selon lui dans un train…

Dans cette période de décadence capitalisme qui favorise l’irrationnel et le baroque, le PCMLM est la base de l’analyse scientifique du monde, au service du peuple et de la révolution !

mar, 1 juin 2010 » Culture, Ecologie, France

La bourgeoisie néglige la culture et déploie une débauche de moyens pour l’Euro 2016

Le Musée d’art moderne de la ville de Paris est fermé depuis vol de cinq tableaux survenu le 20 mai dernier pour une remise à niveau des conditions de sécurité. Ont été dérobés : Le Pigeon aux petits pois, de Picasso, La Pastorale, de Matisse, L’Olivier près de l’Estaque, de Braque, La Femme à l’éventail, de Modigliani et Nature morte aux chandeliers, de Léger.

Le cambriolage a pu en fait se dérouler en toute tranquillité. Le dispositif d’alarme du musée ne fonctionnait pas et Spie, l’entreprise de maintenance, attendait depuis deux mois le remplacement de la pièce défectueuse. De toute façon, l’alarme était réglée à un niveau totalement inaudible. Quant au système de vidéo-surveillance, il était lui aussi dépassé.

Le PCMLM s’est attaché à décrypter les caractéristiques culturelles de la bourgeoisie nationale en France, et justement, la bourgeoisie nationale s’efforce de construire l’image d’une France protectrice des arts et des lettres.

Pourtant, le vol du musée d’art moderne démontre l’hypocrisie de cette représentation fantasmée de la France. En effet, le vol au musée d’art moderne a permis de révéler la situation déplorable de l’ensemble des musées. Les multiples dysfonctionnements constatés ne représentent donc pas une négligence ponctuelle mais traduisent bel et bien la putréfaction idéologique résultante de la crise générale du capitalisme.

La bourgeoisie est tout juste capable d’entreposer des œuvres d’art en les dépouillant de toute analyse matérialiste et scientifique. Pour la bourgeoisie, l’art n’est pas une manifestation de l’histoire découlant du peuple, mais une affaire de « génies » du passé qu’il faut admirer avec un recueillement et un respect muet.

Les œuvres à disposition du public sont en vérité négligées par rapport aux collections privées, comme le montre la fascination des médias bourgeois qui égrènent les record des ventes aux enchères.

En 2009, l’exposition de la collection privée d’Yves Saint-Laurent (avant sa mise aux enchères) allait même jusqu’à recréer l’intérieur de l’appartement de ce bourgeois pour bien montrer que, dans le cadre du capitalisme, les œuvres relèvent de la propriété privée et n’appartiennent pas au peuple.

Alors que la bourgeoisie dispose de moyens considérables pour défendre sa propriété privée, elle néglige les biens collectifs du peuple tout en prétendant être garante de leur protection.

Dans le même temps, la bourgeoisie a orchestré le déballage nationaliste à propos de l’organisation d’une compétition de football, à savoir l’Euro 2016, qui coûtera la somme astronomique de 1,7 milliards d’euros. On voit donc clairement où sont les priorités des classes dominantes, d’autant que le football est un excellent moyen de rassembler le peuple sous le drapeau tricolore de la bourgeoisie nationale avec la promesse chauvine que « l’équipe de France gagne toujours sur son terrain » (Euro 1984 + Coupe du Monde 1998).

L’organisation de l’Euro 2016 repose sur la rénovation et la construction de nouveaux stades, dont le catastrophique Grand Stade de Lille construite sur d’anciennes carrières, les « catiches ».

Pour combler ces cavités, il est prévu de recourir aux cendres issues des déchets de l’ancienne centrale thermique de Wavrin, auxquelles sera ajouté un mélange pour lier le tout. En attendant, les cendres toxiques sont exposées à l’air libre et se disséminent donc au gré du vent. Voilà encore un exemple du caractère écocidaire de la bourgeoisie !

Le football est l’expression de la collaboration de classe sous le drapeau national, des liesses de courte durée pour oublier le quotidien, une option clairement privilégiée par la bourgeoisie par rapport à la protection des œuvres d’art appartenant au peuple.

Les masses doivent tout diriger pour que les intérêts et la vision d’avant-garde du peuple triomphent sur la mesquinerie arriérée de la bourgeoisie.

ven, 14 mai 2010 » Culture, France, Révolution

Mort d’un jeune homme à Nantes : de la nécessité de dépasser les formes culturelles anciennes pour bâtir le monde nouveau

Hier, nous parlions des apéros géants qui se multiplient en France. Or, un jeune homme de 21 ans est mort dans la soirée en tombant d’un pont dans un état d’alcoolémie avancé après un apéro géant.

Contre-Informations évoquait justement « les formes de violence tournées vers soi-même ou exercées au sein du peuple » causées notamment par l’alcool.

Le dramatique accident d’hier soir n’est en effet pas spécialement lié à l’apéro géant mais à son ingrédient principal, l’alcool, qui est d’ailleurs considéré plus généralement comme l’ingrédient indispensable de « toute soirée qui se respecte ».

Il faut voir que l’on attribue généralement à l’alcool un pouvoir « désinhibant », une dimension qui prend une importance énorme dans une société aussi sclérosée et inhibée que la société capitaliste.

Dans la société capitaliste marquée par la compétition et l’isolement, le simple fait de nouer des liens sociaux devient un véritable challenge sans le « soutien » artificiel de l’alcool.

Dans la société capitaliste marquée par la compétition et l’isolement, les névroses, les complexes, le manque de confiance en soi, la peur du rejet  ont logiquement besoin de se noyer dans l’alcool le temps d’une soirée.

L’alcool est aussi l’allié des violences et de la prédation sexuelle qui génère de profonds traumatismes chez beaucoup de jeunes femmes.

Voilà pourquoi nous redisons aujourd’hui que les formes culturelles traditionnelles véhiculées par la bourgeoisie nationale, comme celle du gueuleton « bien arrosé », doivent être dépassées car elles ne sont que l’expression de la spirale de mort du capitalisme sous des airs de « fête » superficiels.

N’est pas un « bon vivant » celle ou celui qui adopte l’idéologie dominante du capitalisme par consensus social, mais celle ou celui qui marche résolument vers le monde nouveau, vers le communisme.

La joie de vivre et la véritable camaraderie qui enterrent les inhibitions et les complexes du passé naissent de la révolution socialiste que les masses doivent construire pierre par pierre.

jeu, 13 mai 2010 » Crise capitaliste, Culture, France

La vogue des apéros géants : un besoin d’autonomie et de solidarité qui se manifeste de manière artificielle

Les apéritifs géants lancés sur Facebook sont un phénomène général qui se multiplie en France. Certains sont annulés, d’autres se tiennent, comme hier à Nantes avec au moins 6.000 personnes présentes, ainsi qu’à Montpellier avec 10.000 personnes.

Il s’agit bel et bien d’un phénomène général, car ces appels aux apéros géants  ne se concentrent pas uniquement dans les grandes villes mais concernent aussi des petites communes dans la France entière.

Ce genre d’évènements souligne la contradiction entre les villes et les campagnes dans le capitalisme. En effet, ces apéros géants représentent une manière de créer une animation dans des communes d’habitude totalement éteintes.

La contradiction entre les villes et les campagnes transparaît par exemple dans la concentration des activités culturelles au sein des grandes agglomérations où se regroupent la majorité des emplois du fait du mode de production capitaliste.

Dans les plus grandes villes, les apéros géants jouent plus directement sur l’aspect quantitatif quant à leur capacité de rassembler le maximum de personnes. Il existe alors un aspect de rivalité (par exemple entre Nantes et Rennes), une  dimension tribale que l’on retrouve entre autres chez les supporters de foot.

Cet aspect tribal est une composante évidente de la culture de compétition issue du patriarcat. D’ailleurs, il est extrêmement courant, dans ces ambiances influencées par le patriarcat, de s’enorgueillir de « tenir l’alcool », que ce soit au niveau individuel ou pour exprimer une « fierté » à plus grande échelle (« En Bretagne, on sait boire / faire la fête » etc…).

Les apéros géants constituent également une initiative autonome de réappropriation massive d’un espace public où, même dans les grandes villes, il ne se passe pratiquement rien d’habitude. C’est précisément cet aspect qui poussent certaines municipalités à interdire les rassemblements qu’elles ne contrôlent pas. « Faire place nette » est une obsession pour la bourgeoisie qui préfère les rues désertes et ennuyeuses, où rien ne déborde des magasins de la petite-bourgeoisie commerçantes autorisés.

Pour autant, ces apéros géants reproduisent une forme de culture ancienne, traditionnelle,  trempée dans les caractéristiques françaises, qui laissent d’ailleurs largement indifférentes les minorités nationales.

De manière dialectique, le besoin de convivialité que représentent les apéros géants traduit justement l’énorme manque de convivialité de la société capitaliste, particulièrement en France. L’idéologie nationale dominante de la bourgeoise en France aime vendre l’image d’un pays « latin » où les gens sont « tactiles », proches les uns des autres.

Pourtant, force est de constater que la France se signale par sa froideur des relations, le fait que des voisins s’adressent rarement la parole, la crainte de se faire remarquer ou encore l’habitude de taire son opinion au sein d’un groupe.

Dans ce contexte, les initiatives autonomes sont une manière de respirer dans l’atmosphère étouffante du capitalisme  qui isole et parasite les relations humaines, mais les liens noués autour de l’alcool, les amitiés jurées après de nombreux verres s’estompent bien souvent dès le lendemain.

Les paroles de la chanson de Stromae, « Alors on danse« , illustrent bien ce besoin de sortir qui n’est au final que l’illusion d’ échapper à la spirale angoissante du monde capitaliste :

« Qui dit étude dit travail
Qui dit taf te dit les thunes
Qui dit argent dit dépenses
Qui dit crédit dit créance
Qui dit dette te dit huissier
Et lui dit assis dans la merde
Qui dit Amour dit les gosses
Dit toujours et dit divorce

[...]

Alors on sort pour oublier tous les problèmes
Alors on danse… »

Les apéros géants expriment donc une volonté positive de briser l’isolement, mais par le biais de l’alcool, et en reprenant des symboles de la vieille culture de la bourgeoisie nationale (l’apéro), ce qui conduit irrémédiablement une telle démarche à sombrer dans la superficialité et l’expérience sans lendemain.

En outre, les apéros géants, comme les beuveries chaque week-end, génèrent des brutalités et des comas éthyliques, c’est-à-dire des formes de violence tournées vers soi-même ou exercées au sein du peuple.

Le peuple a besoin d’autonomie et d’unité à la base mais aussi de dépasser les formes culturelles traditionnelles pour construire le monde nouveau en rupture avec le monde pourrissant du capitalisme.

Dans la situation actuelle, la bourgeoisie panique au moindre rassemblement populaire qui contourne son autorité.

Le peuple est la force indestructible de l’histoire et ne doit pas dilapider son énergie illimitée dans des entreprises artificielles, mais la canaliser pour la révolution socialiste.

La société capitaliste est une société moribonde, insupportable pour le peuple, dont il est vital pour lui de s’échapper. Le peuple saura bientôt dépasser la forme ancienne de ces apéros géants qui représentent une tentative de pratiquer une brèche dans la société capitaliste de l’enfermement des masses.

La révolution est une explosion de vie qui détonne dans cette atmosphère d’agonie du capitalisme. La révolution est la fête des opprimées qui la dirigent avec les idées claires !

mar, 20 avril 2010 » Culture, France

La « lutte » de l’Etat bourgeois contre le tabac est révélatrice des contradictions de la société capitaliste

D’ici à 2011, les paquets de cigarettes seront agrémentés d’images « chocs » montrant des personnes gravement malades du fait d’avoir consommé ce poison qu’est la cigarette.

Pourtant, la culpabilisation envers les personnes dépendantes au tabac ne sert absolument à rien. S’il suffisait de savoir que la cigarette est mauvaise pour la santé pour arrêter, cela ferait longtemps que plus personne ne fumerait.

En réalité, il s’agit d’une campagne de type patriarcale, visant à « éduquer » le peuple en lui rappelant que l’État est là. État qui fait des campagnes de culpabilisation contre les fumeurs et les fumeuses en toute hypocrisie puisqu’il organise en même temps la vente des cigarette en prélevant d’énormes taxes dessus.

Et cette information reflète encore une fois que le mode de production capitaliste est incompatible avec la santé du Peuple.

Car le tabac est une drogue mortelle que les industriels criminels vendent en toute légalité et la bourgeoisie est incapable de prendre les décisions qui s’imposent pour aider réellement les personnes touchées par ce fléau qu’est la cigarette.

Pourtant, si la ministre de la santé annonce finalement la mise ne place de cette loi, c’est que cela représente un intérêt pour le capitalisme qui est traversé de contradictions.

De nombreuses études montre le coût que représente le tabac pour les entreprises. D’après le magazine Capital (avril 2007) un salarié fumeur « coûte » en moyenne 2.600 euros par an à son entreprise.

Les études sanitaires montrent clairement que la consommation de cigarette produit des difficultés de concentration (dues à une mauvaise oxygénation du cerveau) et augmente considérablement le nombre d’arrêt maladie. Elle affecte aussi les capacités des personnes ayant un travail physique (perte d’endurance, etc ). Aussi, clairement le décès prématuré d’un employé est un problème pour un entreprise qui profitait de son expérience.

La productivité du travail est donc concrètement affecté par la consommation de cigarettes, notamment dans les bureaux ou les salariéEs doivent prendre une pause pour allez fumer : 8 cigarettes par jour multiplié par 10 minutes représente 10% de travail en moins par jour pense le chef d’entreprise…

Le tabac représente aussi un coût énorme pour la caisse d’assurance maladie qui est « en large déficit. » C’est pour cela que régulièrement le ministère de la santé lance des campagnes anti-tabac et fait augmenter les taxes sur les cigarettes.

Le tabac représente un coût social pour le capitalisme puisqu’il affecte directement la mains d’œuvre et engendre des dépenses énormes.

Cela est en contradiction avec le fait que l’industrie du tabac est une source de profit énorme pour le capitalisme. Une entreprise comme Altadis (groupe monopoliste français dans le secteur du tabac ) génère un chiffre d’affaire de 3,5 milliards d’euros (2004) et occupent 27 500 salarié-e-s.

En France, les bureaux de tabac représentent une part non négligeable de l’économie (15,2 milliards d’euros de chiffre d’affaire sur le tabac en 2008 pour 28 552 buralistes). Il faut rajouter à cela l’industrie médicale et les laboratoires pharmaceutiques qui vendent des produits souvent plus nocifs qu’utiles pour arrêter de fumer.

Face à la chute tendancielle du taux de profit, l’Etat ne peut pas se permettre de briser totalement une partie significative de l’économie. Les arguments sanitaires ont moins d’importance que les arguments économiques des monopoles capitalistes.

Il faut ici bien voir que les contradictions du mode de production capitaliste ne peuvent être résolues que par son dépassement, c’est à dire la révolution socialiste.

Sous le communisme, l’existence de la cigarette sera devenue une aberration tel que les personnes peineront à comprendre comment cela pouvait exister.

L’existence de la cigarettes est totalement liée à cette société capitaliste. La consommation de tabacs s’est généralisée pendant la première guerre mondiale quand l’État distribuait du tabac aux « poilus » dans les tranchées. La consommation s’est massifiée après la Libération, avec l’arrivée des cigarettes industrielles importées des USA.

Les industriels criminels misent sur les fait que les ados, souvent « mal dans leurs peau », vont commencer a consommer des cigarettes pour se donner du style et avoir l’impression d’échapper à ce monde morbide.

Et c’est aussi souvent sur le lieu de travail que l’on s’habitue pour la vie à la cigarette : en sortant du bureau parce que ultra stressé, pour décompresser du travail à la chaîne aliénant, ou pour combler l’ennui dans un travail inintéressant au possible.

La cigarette est ultra consommée, souvent en association avec l’alcool ou d’autres drogues, pendant les sorties ou soirées le weekend-end, qui sont des exutoires à des semaines de travail ennuyeuse et harassantes.

La cigarette s’est largement développée dans cette société capitaliste où règne le mal être, l’ennui, la recherche systématique d’un échappatoire.

Les industriels criminels profitent du mal être que ressentent les masses populaires dans cette société pourri pour refourguer leur marchandises empoisonnées et en tirer d’énormes bénéfices.

Le pire est que les industriels criminels du tabac on réussi à ce que la cigarette ait une image rebelle, subversive.

En France particulièrement, beaucoup de fumeurs et de fumeuses ont l’impression  de résister au « politiquement correct » ou à la « prohibition ».

Lorsque l’État à mis en place l’interdiction de fumer dans les bars et restaurants, de nombreuses personnes se sont indignées contre ce qu’elles appelaient des lois « liberticides ».

Le PCMLM représente justement le refus de cette mentalité typiquement française qui justifie l’autodestruction sous prétexte qu’il faudrait bien « mourir de quelque chose ».

Le PCMLM assume le nouveau contre l’ancien, le parti de la guerre populaire qui renversera le vieux monde capitaliste et son idéologie destructrice.

sam, 17 avril 2010 » Antifascisme, Culture, France

Le mot d’ordre: « Lire Sternhell est un devoir! »

ven, 16 avril 2010 » Antifascisme, Culture, France

PCMLM: l’orthodoxie marxiste contre la France!

« En effet, de tous les nouveaux courants de pensée, de toutes les écoles et de tous les systèmes, c’est le marxisme qui a le moins rapidement et le moins profondément pénétré en France.

On imagine mal un Lénine ou un Plékhanov venant chercher l’inspiration, pour régler quelque difficulté de doctrine ou de stratégie révolutionnaire, auprès d’un Guesde, d’un Lafargue, d’un Vaillant ou même d’un Jaurès.

En revanche, vers qui, sinon Le Bon, Barrès, Maurras, Drumont ou Sorel, pouvaient se tourner Corradini et Carducci, d’Annunzio, Papini et Ardengo Soffici, Cuza en Roumanie ou Ljotic en Yougoslavie, un Ammon ou un Labriola, voire un Pareto ou un Michels, sans parler de toute la phalange des non-conformistes du syndicalisme révolutionnaire?

Si l’Allemagne est la patrie de l’orthodoxie marxiste, la France est le laboratoire où se forgent les synthèses originales du XXème siècle.

Car c’est là que se livrent les premières batailles qui mettent aux prises le système libéral avec ses adversaires; c’est en France que se fait cette première suture de nationalisme et de radicalisme social que fut le boulangisme; c’est la France qui engendre aussi bien les premiers mouvements de masse de droite que ce premier gauchisme que représentent Hervé ou Lagardelle, gauchisme qui conduira finalement ses adeptes aux portes du fascisme. »

Zeev Sternhell, La droite révolutionnaire (Les origines françaises du fascisme, 1885-1914)

mer, 14 avril 2010 » Antifascisme, Culture, France

Comment affronter l’explosion de l’irrationalisme et de l’idéologie du repli?

Il y a aujourd’hui une grande vague appelant au repli: repli sur l’immédiat, repli sur l’identité locale – régionale, repli sur la nation. Ce repli est fondamentalement irrationnel, tout en se présentant comme étant conforme au « bon sens. »

Pourquoi cela?

Parce que les masses populaires sont désarmées face à l’irrationalisme, dans la mesure où la bataille pour la subsistance pousse à chercher des résultats rapides et simples, qu’on espère efficace.

D’où les progrès du populisme. Si l’anarcho-syndicalisme s’est développé durant les années 1990-2000, et si le fascisme progresse aujourd’hui, c’est en raison de leur proposition stratégique populiste, simplificatrice, promettant des résultats concrets immédiats, grâce à la mise en valeur… de ce qui est immédiat.

D’où vient ce culte de l’immédiat?

Il vient du fait qu’avec la crise générale du capitalisme, la société bourgeoise entre en décadence complète. Cela signifie que la bourgeoisie n’est plus simplement réactionnaire: elle commence littéralement à dérailler.

Cela est vrai pour toutes ses institutions, pour tout l’appareil d’État, pour toutes ses structures idéologiques (universités, musées, écoles, etc.).

Comme l’idéologie dominante est celle de la bourgeoisie, inévitablement un impact massif se répercute sur les masses populaires.

Et l’un des principaux intermédiaires est naturellement la petite-bourgeoisie, toujours prompte à tenter de freiner la roue de l’histoire et à affirmer la nécessité de reculer dans le temps, de « revenir en arrière. »

C’est de là que vient le culte de l’immédiat: la famille, la région, la nation, la religion etc.

C’est là une caractéristique de l’irrationalisme: refuser le principe du saut qualitatif. La société est prise « telle quelle » et est conçue comme étant statique.

Seule l’idéologie de la classe ouvrière, le marxisme – léninisme – maoïsme, comprend la nature dialectique de la société. Toutes les autres idéologies ont une vision linéaire de l’évolution sociale.

Et comme la vision est « linéaire » et qu’il ne peut « rien » se passer véritablement, la crise est perçue comme une agression « extérieure » et le repli est donc un appel à resserrer les rangs, pour faire face à la crise.

Se replier sur les valeurs, c’est-à-dire être conservateur, est alors présenté comme étant « révolutionnaire » par rapport à la crise.

La dimension irrationnelle « disparaît » ainsi, étant masqué par la « logique »: en situation de crise, on se replie « entre soi », cela relève du « bon sens. »

Une telle attitude serait même « révolutionnaire » car étant « active » face à la crise, au lieu de la « passivité » qui règne.

Et conformément à la nature réactionnaire du projet, le processus de contestation est conçue comme linéaire (accumulation de force, hégémonie, domination).

Alors, comment affronter cette explosion de l’irrationalisme et de l’idéologie du repli?

Surtout qu’il faut prendre en considération les points suivants:

1.Critiquer le repli disqualifie la critique. En effet, dans la logique du repli, se replier serait « révolutionnaire » et ne pas se replier, c’est alors accepter que rien ne change.

De plus, se replier ce serait s’assurer des fondements solides, des « valeurs sûres » (la religion, la famille, la nation, etc.), qui seraient transcendantes (les gouvernements et les régimes changent, les valeurs « restent »).

2.Critiquer l’aspect « fermé » du repli est compris comme une sous-estimation de la crise. La crise étant comprise comme générale, il faut y faire face, et rien ne vaudrait quelque chose de totalement « fermé » (la couleur de peau, la religion, la nation au sens « charnel » etc.) pour y faire face.

Critiquer le caractère « borné » de ces attitudes « fermés » reviendrait à considérer qu’on pourrait affronter la crise en étant « ouvert » et donc de propager des illusions.

3.Critiquer l’irrationalisme est considéré comme relevant de la « pensée unique. » Aux yeux de l’irrationalisme, il n’y a pas d’irrationnalisme, mais « liberté d’expression. »

En effet, dans la logique du repli, la crise n’a qu’un seul « discours » et il faut donc lui opposer la multitude: plein de discours, même contradictoires, mais tous expression de ce qui ne peut pas être atteint par la crise (la « race », la religion, le modèle familial, etc.).

Par conséquent:

1.Puisque le fond de la réaction est le fond statique, il faut souligner la dialectique: il faut mettre en avant le matérialisme dialectique.

2.Puisque les valeurs sont présentées comme « transcendantes » il faut montrer leur caractère historique: et transitoire il faut mettre en avant le matérialisme historique.

3.Puisque la crise est considérée comme ayant un impact local principalement et qu’il existe un grand fétichisme ici, il faut montrer le caractère général de la crise : c’est l’importance de traiter de la destruction de la planète, ainsi que de la situation des animaux (qui s’aggrave mais ne valait guère mieux avant!).

4.Puisque tout devient sans principes ni morale, il faut lever le drapeau de la rigueur et de la discipline au service de la cause: tel est le principe de construire le PCMLM!

Seule une démarche positive permettra le dépassement des attitudes de repli!

lun, 12 avril 2010 » Culture

Que la classe ouvrière dirige tout !

mer, 31 mars 2010 » Culture, International

All power to the people !

mar, 23 mars 2010 » Culture, Ecologie, Féminisme

La technique, les forces productives et les animaux: critiquons la pensée mécanique – automatique typiquement nationale-bourgeoise française (deuxième partie)

Ainsi, selon Karl Marx, les premières « machines » employées ont été les animaux. L’utilisation des animaux a été comme nous l’expliquions un élément essentiel de la naissance du patriarcat.

Un exemple très intéressant ici est la domestication des chiens. C’est cette question dont nous allons parler ici. Les chiens sont en effet les premiers animaux qui ont été utilisé par les humains, et il y a là un moment clef dans la naissance de la domination, du rapport patriarcal.

Culturellement on en voit encore le reflet aujourd’hui, depuis le pitbull utilisé comme esclave – arme par des hommes aux mentalités guerrières, jusqu’aux bourgeoises des quartiers chics promenant leur petit chien comme esclave – trophée, en passant par les SDF (ou les punks) et leur chien esclave – compagnon.

Une étude sur l’origine de la domestication des loups et leur transformation en chiens vient justement d’être rendue publique par l’Université de Californie, basée à Los Angeles. Faite par Bridgett M. von Holdt et Robert K. Wayne, elle visait à savoir le point de départ de la domestication des chiens.

Pour cela, l’ADN des chiens a été étudié et comparé à ceux des loups. Le chien venant du loup, il serait alors possible d’où vient l’ancêtre commun à tous les chiens. La recherche a donné comme résultat le Moyen-Orient.

Ce qui est somme toute logique, puisqu’il s’agit de la région du croissant fertile, d’une grande importance dans le développement de la civilisation humaine. Il faut noter ici par contre que les données de Chine n’ont pas été vraiment traitées; or, dans cette région du monde, il y a également eu très vraisemblablement domestication du loup.

Ce qui correspond en fait à la compréhension moderne des premières civilisations: il y a deux pôles, un dans un Moyen-Orient considéré de manière très large, allant de l’Égypte jusqu’aux actuels Pakistan, Afghanistan (soit la civilisation de l’Indus), et l’autre en Chine. Ce n’est pas un hasard bien entendu si l’alphabet est né en Ougarit (en actuel Syrie) et que la Chine a développé inversement son propre système de transcription.

Constatons par ailleurs que le langage en tant que « technique » est nécessairement néeen même temps que la domestication des animaux, l’agriculture, faisant par la suite un saut qualitatif avec la naissances des échanges à des échelles toujours plus grandes.

D’où le fait que les religions monothéistes soulignent l’importance du « langage », expression de la domination patriarcale de Dieu (on ne peut prier que dans la langue de Dieu soit en hébreu soit en arabe, le nouveau testament dit « Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu » etc.).

Et force est de constater que le langage a une importance essentielle dans la domestication des loups en chiens. Le langage c’est ici la hiérarchie, c’est donner des ordres.

Que s’est-il passé? La domestication de certains loups, devenus au fur et à mesure des chiens, s’est déroulée comme une première étape. Les humains étaient alors des chasseurs – cueilleurs, et sans doute un « modus vivendi » s’est développé entre les humains et les loups au sujet du partage des charognes.

Par la suite, les chiens se sont adaptés, ils se sont habitués aux rapports avec les humains (il ne s’agit pas, de manière principale, d’une simple « sélection naturelle » consistant en un « tri sélectif » génétique pratiqué de manière « intelligente » ou planifiée par les humains).

Et le rapport aux chiens est devenu autoritaire parallèlement à l’apparition des classes sociales.

Il y a là une dimension extrêmement importante, que seul le marxisme – léninisme – maoïsme permet de comprendre. Le passage d’un mode de production à un autre n’est pas simplement une question de richesse, c’est aussi une question de culture.

A ce titre, il faut citer ici L’idéologie allemande, de Marx et Engels. Dans le passage suivant, il est en effet traité:

- de la coopération entre des individus, ce qui récuse à la fois les théories social-darwinistes sur l’évolution humaine, mais également la théorie de « l’animal-machine » puisque dans l’extrait sont des individus qui coopèrent: la domestication des chiens naît initialement comme coopération de loups en tant qu’individus, et par la suite de chiens en tant qu’individus;

- de la culture, qui est considéré ici par Marx et Engels comme aussi important que la question de la richesse. C’est l’importance de l’idéologie soulignée seulement par le marxisme – léninisme – maoïsme. C’est ce qui souligne l’importance de la dimension culturelle dans le processus révolutionnaire, le principe de « Socialisme ou retombée dans la barbarie », la question morale, l’importance de l’écologie et de la question animale par rapport à la contradiction entre les villes et les campagnes.

Marx et Engels, fondateurs du socialisme scientifique, expliquent donc (c’est nous qui soulignons):

« La puissance sociale, c’est-à-dire la force productive décuplée qui naît de la coopération des divers individus conditionnée par la division du travail, n’apparaît pas à ces individus comme leur propre puissance conjuguée, parce que cette coopération elle-même n’est pas volontaire, mais naturelle; elle leur apparaît au contraire comme une puissance étrangère, située en dehors d’eux, dont ils ne savent ni d’où elle vient ni où elle va, qu’ils ne peuvent donc plus dominer et qui, à l’inverse, parcourt maintenant une série particulière de phases et de stades de développement, si indépendante de la volonté et de la marche de l’humanité qu’elle dirige en vérité cette volonté et cette marche de l’humanité.

Cette « aliénation », — pour que notre exposé reste intelligible aux philosophes —, ne peut naturellement être abolie qu’à deux conditions pratiques.

Pour qu’elle devienne une puissance « insupportable », c’est-à-dire une puissance contre laquelle on fait la révolution, il est nécessaire qu’elle ait fait de la masse de l’humanité une masse totalement « privée de propriété », qui se trouve en même temps en contradiction avec un monde de richesse et de culture existant réellement, choses qui supposent toutes deux un grand accroissement de la force productive, c’est-à-dire un stade élevé de son développement. »

Ici la question de la culture est une question active, mais à la sortie du communisme primitif, lorsque le patriarcat l’emporte, la question est passive. C’est ce qu’explique Engels dans L’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État:

« La tribu restait pour l’homme la limite, aussi bien en face de l’étranger que vis-à-vis de soi-même : la tribu, la gens et leurs institutions étaient sacrées et intangibles, constituaient un pouvoir supérieur donné par la nature, auquel l’individu restait totalement soumis dans ses sentiments, ses pensées et ses actes.

Autant les hommes de cette époque nous paraissaient imposants, autant ils sont indifférenciés les uns des autres, ils tiennent encore, comme dit Marx, au cordon ombilical de la communauté primitive.

La puissance de cette communauté primitive devait être brisée — elle le fut. Mais elle fut brisée par des influences qui nous apparaissent de prime abord comme une dégradation, comme une chute originelle du haut de la candeur et de la moralité de la vieille société gentilice.

Ce sont les plus vils intérêts — rapacité vulgaire, brutal appétit de jouissance, avarice sordide, pillage égoïste de la propriété commune — qui inaugurent la nouvelle société civilisée, la société de classes ; ce sont les moyens les plus honteux — vol, violence, perfidie, trahison — qui sapent l’ancienne société gentilice sans classe, et qui amènent sa chute.

Et la société nouvelle elle-même, pendant les deux mille cinq cents ans de son existence, n’a jamais été autre chose que le développement de la petite minorité aux frais de la grande majorité des exploités et des opprimés, et c’est ce qu’elle est de nos jours, plus que jamais. »

Ainsi, dans le passage du communisme primitif à la civilisation, la domestication des loups devenus chiens est un témoin: celui de la domestication des animaux avec ceux-ci utilisés comme « moving force » c’est-à-dire comme force contribuant directement à la production (que ce soit la chasse ou l’agriculture).

Cela souligne l’importance de la question animale à la lumière du marxisme – léninisme – maoïsme.

En fait, lorsqu’on parle de la triple oppression, de l’importance notamment du patriarcat, on doit comprendre que cette idéologie patriarcale a été l’un des ressorts du développement des forces productives, développement qui a permis l’établissement du mode de production capitaliste.

Partant de là, dans le capitalisme les animaux ne seront jamais vu comme autre chose que devant obéir aux lois du langage de domination, que comme devant être soumis comme « moving force » ou bien comme esclave – trophée symbolique de domination.

Ce qui montre le caractère bourgeois, le caractère économiste de ceux qui se prétendent révolutionnaires mais rejettent au 21ème siècle la question animale.

Si dans des pays arriérés comme la Russie de Lénine et Staline ou la Chine de Mao Zedong, cette question ne se posait pas en raison du retard des forces productives, cette question est d’une énorme importance au 21ème siècle dans les pays où le capitalisme a depuis 1945 énormément permis aux forces productives de s’accroître de manière significative.

Nier la question animale, c’est nier l’importance de la culture dans le processus révolutionnaire et se rattacher en définitif à l’économisme bourgeois (qui a précisément, et ce n’est pas pour rien!, été l’apanage des révisionnistes en URSS et en Chine, avec Khrouchtchev et Deng Xiao Ping).

dim, 21 mars 2010 » Culture, France

Les années 1960 en France: un retard culturel massif

Parmi les nombreuses réactions à la mort de Jean Ferrat, toutes teintées de nostalgie, on trouve quand même heureusement des critiques massives. Évidemment aucune ne correspond à la nôtre – comme quoi Ferrat était la figure de l’artiste anti-gauchiste, représentant la ligne culturelle totalement réactionnaire du P « C » F.

Mais de la même manière que nous avons parlé de Ferrat en disant que comparé à Gainsbourg, il ne valait pas grand chose, les critiques ont porté sur le niveau musical des oeuvres de Ferrat.

Impossible par exemple de rater cette chanson absolument ridicule qu’est « intox ». Trois ans après le voyage en Inde des Beatles, on a Ferrat qui fait une chanson avec de la musique indienne (si l’on ose dire) tentant de faire psychédélique  où il compare la télévision… à différentes drogues (LSD, Opium, etc.).

En 1970! Soit quarante années avant la télévision telle qu’on la connaît aujourd’hui, et alors que l’ORTF a le monopole… On reconnaît là bien la critique réactionnaire de la modernité (« avant c’était différent ») qu’on retrouve bien sûr dans sa chanson « La montagne. »

Mais voilà la France: un retard culturel massif, puis un mai-juin 1968 qui ne dure pas et ne sert finalement qu’à la modernisation du capitalisme.

Pendant qu’en Angleterre, en Allemagne, en Italie, dans l’État espagnol, aux USA, la culture révolutionnaire s’ancre dans les masses, et malgré les défaites trouve le moyen de se prolonger, de se moderniser, de s’opposer à tous les aspects de la vie dans le capitalisme.

La France d’aujourd’hui est dans la continuité de la France des années 1960, et son niveau culturel de contestation est misérable. Un niveau absolument ridicule qui rappelle notre article Il y a 40 ans, la France passait à côté de son Woodstock, que nous reproduisons ici car il est d’une grande importance culturelle:

Le quotidien La voix du nord a publié de courts témoignages sur le festival d’Amougies qui s’est tenu du 24 au 28 octobre 1969, dont un écrit par quelqu’un qui était alors maoïste:

« Je suis parti le vendredi en stop et je suis resté cinq jours sur place. J’avais emporté seulement une pomme. Il n’y avait rien à manger mais des copains qui faisaient l’aller-retour à Lille nous nourrissaient. Les concerts n’ayant lieu que le soir, dans la journée on glandait beaucoup. On discutait. J’étais militant maoïste. Des « maos » parisiens ont pris la décision de rentrer sans payer car on disait que la culture devait être gratuite. On a forcé le passage. Beaucoup de gens ont suivi. »

Amougies est en Belgique, le festival – l’équivalent européen de Woodstock toute proportion gardée, ayant été refusé en banlieue parisienne ainsi qu’à Courtrai. Ou plus exactement, interdit par décret. L’Etat français a interdit, et les masses de France, principalement la jeunesse, n’ont pas su s’imposer.

C’est donc en Belgique que se sont retrouvés Pink Floyd (avec une participation de Frank Zappa), Ten Years After, Soft Machine, Yes et bien d’autres artistes, notamment de free jazz (un compte-rendu de 1969 ici).

40 années après, cette défaite reste révélatrice. Alors qu’en France la contestation des années 1960 culmine avec la Gauche Prolétarienne, au début des années 1970 tout se termine, alors que les années 1970 sont des années d’affrontement révolutionnaire en Allemagne, en Italie, aux USA…

Avec le PCMLM, contribue à la diffusion de la culture révolutionnaire, pour une démarche se confrontant à tous les aspects de la vie écrasée par le capitalisme!

mer, 17 mars 2010 » Culture, France, International

Vive l’avant-garde, vive le nouveau contre l’ancien!

Les enseignements communistes concernant l’art sont très clairs: le style révolutionnaire, c’est le réalisme socialiste. Les personnages doivent être typiques dans des situations typiques; la forme des œuvres correspond à la culture développée dans un pays donné, elle a une forme nationale, mais son contenu est socialiste, il est internationaliste.

Les oeuvres doivent donc atteindre une dimension universelle; elles ne doivent jamais consister en une simple adéquation avec le sentiment d’un moment, avec une impression particulière. Elles correspondent à un certain niveau de civilisation.

Voilà pourquoi, si on regarde objectivement Jean Ferrat « l’engagé » est d’un formalisme outrancier; la raison en est qu’il a adopté les principes du « réalisme national » d’Aragon. Il ne fait que reprendre des formes passées, avec un contenu « engagé » ce qui est totalement formel.

C’était là la proposition stratégique culturelle révisionniste; il fallait reprendre les traditions bourgeoises, et les assumer à la place de la bourgeoisie elle-même, car celle-ci serait devenue « incapable. » Cette position révisionniste ne concernait d’ailleurs pas que l’art, mais bien évidemment aussi la politique, l’économie, etc.

Les limites d’une telle démarche sont flagrantes: les oeuvres sont ici coupées de la vie. Elles sont dépassées même par les oeuvres des artistes non engagés dans la révolution, mais menant un travail de fond véritable.

Voilà pourquoi à l’opposé, un auteur décadent comme Gainsbourg a fait se développer profondément la chanson française, tant dans la forme que dans la démarche, l’expression des émotions et des réflexions; il fait partie d’une chaîne de contributions d’artistes d’origine juive ayant contribué au renouvellement des formes dans leur pays, notamment aux USA comme Lou Reed, Bob Dylan, Joey Ramone (voir l’article d’Hapoel Aux origines du Punk).

Ferrat, lui, ne renouvelle rien du tout; la forme qu’il met en avant est celle choisie par Aragon et les révisionnistes dirigeant alors le P « C » F. Il n’y a rien d’authentique, de populaire.

Voilà pourquoi le chanteur de « Les poinçonneurs des Lilas » a, malgré le caractère décadent, aujourd’hui une valeur culturelle bien plus grande que celle de Ferrat, dont l’activité artistique a pris un énorme coup de vieux (dû justement à sa nature); Ferrat n’apporte rien, là où Léo Ferré, Jacques Brel, Serge Gainsbourg et Georges Brassens révolutionnent véritablement la culture française et l’ont fait progresser.

La défense actuelle de Ferrat est une participation à l’idéologie dominante, aux valeurs réactionnaires opposées au nouveau. C’est un soutien à la nostalgie, poison terrible!

Rappelons donc ici que Contre-Informations met à la disposition de nombreux textes concernant l’art, car l’esprit d’avant-garde doit prédominer à tous les niveaux: il faut profiter dialectiquement de la culture développée jusqu’à présent, pour la dépasser!

Lénine: Tolstoï, miroir de la révolution russe

Interventions aux causeries sur la littérature et l’art

Henri Barbusse: Manifeste aux intellectuels

Bertolt Brecht: Sur l’écriture réaliste

Bertolt Brecht: Textes politiques

Bertolt Brecht: Formalisme et réalisme

Bertolt Brecht: Cinq difficultés pour écrire la vérité

Bertolt Brecht: Sur le formalisme

Chiang Ching: Compte-rendu des causeries sur le travail littéraire et artistique

Chiang Ching: A propos de la révolution de l’opéra de Pékin

Jacques Roumain: La poésie comme arme

Sergueï Eisenstein: Sur la question d’une approche matérialiste de la forme

Sergueï Eisenstein: Le montage des attractions

Sergueï Eisenstein: Manifeste « contrepoint orchestral »

Maxime Gorki: Réponse à un intellectuel

William Morris: La vie ou la mort de l’art

Clara Zetkine: L’art et le prolétariat

Andreï Jdanov: Discours au 1er congrès des écrivains soviétiques

Andreï Jdanov: Sur la musique

PCR(b): Sur la politique du Parti dans le domaine des belles lettres

György Lukacs: L’idéal de l’Homme harmonieux dans l’esthétique bourgeoise

György Lukacs: Tribun du peuple ou bureaucrate

Tsin Yen : la création artistique des masses

A propos du système de Stanislavski

Prolétaire – Ligne Rouge : Vive le cinéma, arme de propagande communiste !

Alfred Kurella: Portrait d’Henri Barbusse

Sur des rails bolcheviques

Varvara Stepanova: Le club ouvrier

Résolution du 10 avril 1923 du conseil des trois (Béliaev, Kaufman, Svilova)

Alexandre Rodtchenko: La ligne

Alexandre Rodtchenko: A bas l’art

Alexandre Rodtchenko: Les voies de la photographie contemporaine

Alexandre Rodtchenko: Avertissement

Alexandre Rodtchenko: La photographie est un art

Alexandre Rodtchenko: Transformation de l’artiste

Dziga Vertov: Comment tout cela a-t-il commencé ?

Dziga Vertov: Ciné-oeil – manifeste de 1923

Dziga Vertov: .. Vous – cinématographistes

Dziga Vertov: Je suis le ciné-oeil

Dziga Vertov: Système des mouvements consécutifs

Dziga Vertov: Manifeste (une variante)

mar, 16 mars 2010 » Culture, France

Jean Ferrat est dans tous les médias, la bourgeoisie le remercie pour son « bilan » anti-gauchiste

Jean Ferrat est donc salué partout. Nous avions parlé du commentaire élogieux de Sarkozy; redisons quelques mots sur ce qui se passe depuis.

RTL, l’un des principaux médias impérialistes, a ouvert un livre d’or sur son site et sponsorise sur Google un lien en première position si l’on tape Ferrat, ou Jean Ferrat. Le Figaro, autre grand média (et lui ouvertement « de droite »), le fait aussi!

Marine Le Pen est allé voter dimanche… en chantant devant les photographes… une chanson de Ferrat! Le même dimanche 14, dans l’après-midi, Drucker montrait Ferrat dans une de ses émissions en 2003, et aussi dans Stars 90, diffusé en 1991….

Et ce soir, Drucker remettra donc cela, avec une émission spéciale « Hommage à Jean Ferrat » et la rediffusion de… « Ferrat 80 » qui date du 22 novembre 1980 et qui était présenté par… Michel Drucker!

Ferrat, un habitué des émissions de grande écoute comme on le voit, et que les « rebelles » nous présente comme ayant été boycotté par les médias…

Pour quelqu’un de boycotté, il est en tout cas très connu! 3 400 000 téléspectateurs ont regardé l’émission de dimanche, et Ferrat rapporte beaucoup: en 2009, il était dans le top 10 des chanteurs au plus gros revenu…

Un triple CD s’est par exemple vendu à plus de 150.000 exemplaires, sur le label… Sony Music! Un choix de label relevant sans doute du caractère « rebelle » de Ferrat… Qui, s’il l’avait voulu, aurait très bien pu créer un label alternatif: rien qu’avec ses disques, c’était viable: en 1971, « Ferrat chante Aragon » est un disque vendu en quelques mois à près d’un million d’exemplaires!

Voilà qui révèle bien la nature de Ferrat, une figure totalement intégré à l’idéologie dominante. Si Jean Ferrat est célébré aujourd’hui, c’est comme nous le disions car il a toujours fait partie des circuits officiels, malgré un « discours révolté » qui fait partie de toutes manières de la panoplie obligée de tout artiste français qui se respecte.

Mais comme première illustration de ce propos, et pour en finir avec les ridicules salutations faites à Ferrat à l’extrême-gauche, voici les paroles de la chanson de Ferrat intitulé « Le bilan » (avec en gras quelques passages soulignés). Une chanson sortie en 1980, alors que la guerre froide était à un niveau très élevé, avec un risque grand d’affrontement entre le social-impérialisme russe et les pays impérialistes.

« Ah ils nous en ont fait avaler des couleuvres

De Prague à Budapest de Sofia à Moscou

Les staliniens zélés qui mettaient tout en oeuvre

Pour vous faire signer les aveux les plus fous

Vous aviez combattu partout la bête immonde

Des brigades d’Espagne à celles des maquis

Votre jeunesse était l’histoire de ce monde

Vous aviez nom Kostov ou London ou Slansky

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre

Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

Ah ils nous en ont fait applaudir des injures

Des complots déjoués des dénonciations

Des traîtres démasqués des procès sans bavures

Des bagnes mérités des justes pendaisons

Ah comme on y a cru aux déviationnistes

Aux savants décadents aux écrivains espions

Aux sionistes bourgeois aux renégats titistes

Aux calomniateurs de la révolution

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre

Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

Ah ils nous en ont fait approuver des massacres

Que certains continuent d’appeler des erreurs

Une erreur c’est facile comme un et deux font quatre

Pour barrer d’un seul trait des années de terreur

Ce socialisme était une caricature

Si les temps on changé des ombres sont restées

J’en garde au fond du coeur la sombre meurtrissure

Dans ma bouche à jamais le soif de vérité

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre

Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

Mais quand j’entends parler de « bilan » positif

Je ne peux m’empêcher de penser à quel prix

Et ces millions de morts qui forment le passif

C’est à eux qu’il faudrait demander leur avis

N’exigez pas de moi une âme de comptable

Pour chanter au présent ce siècle tragédie

Les acquis proposés comme dessous de table

Les cadavres passés en pertes et profits

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre

Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

C’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente

Sans idole ou modèle pas à pas humblement

Sans vérité tracée sans lendemains qui chantent

Un bonheur inventé définitivement

Un avenir naissant d’un peu moins de souffrance

Avec nos yeux ouverts et grands sur le réel

Un avenir conduit par notre vigilance

Envers tous les pouvoirs de la terre et du ciel

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre

Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui »

Un anti-communisme virulent, brutal, total. En 1980! Voilà le modèle d’artiste révolté que mettent en avant les « rebelles »!

Inacceptable pour nous maoïstes, qui voulons la révolution et dont l’identité s’est également forgé contre le révisionnisme du P « C » F, d’Aragon, et donc de Jean Ferrat!

Car Jean Ferrat bien entendu haïssait les maoïstes, comme en témoigne cette chanson anti-hippie, homophobe et anti-mao:

« On s’était connu à Pigalle chez la femme d’un député
Chez la femme d’un député qui avait le goût du scandale
Etant de la majorité, étant de la majorité
Avec sa barbe et son teint pâle, ses cheveux pendant sur le cou
Ses cheveux pendant sur le cou, son vieux blue-jean et ses sandales
Il paraissait vraiment dans l’coup, il paraissait vraiment dans l’coup

Hou hou, méfions-nous, les flics sont partout !
Hou hou, méfions-nous, les flics sont partout !

Il m’entraîna tout feu tout flamme à une grande manifestation
A une grande manifestation de celles qui rassemblent à Paname
La fine fleur de la nation, la fine fleur de la nation
Allons faire la révolution, s’écrie mon étrange quidam
S’écrie mon étrange quidam, foutons les banquiers au violon
Foutons le feu à Notre-Dame, foutons le feu à Notre-Dame

Hou hou, méfions-nous, les flics sont partout !
Hou hou, méfions-nous, les flics sont partout !

On va faire chanter le plastic aux oreilles du grand patron
Aux oreilles du grand patron, rugit mon barbu frénétique
En fouillant dans son pantalon, en fouillant dans son pantalon
Devant le peuple médusé, il n’en sortit qu’un étendard
Il n’en sortit qu’un étendard, on rigolait à l’Elysée
C’était râpé pour le grand Soir, c’était râpé pour le grand Soir

Hou hou, méfions-nous, les flics sont partout !
Hou hou, méfions-nous, les flics sont partout !

Voyant sa tactique faillir, v’là qu’il m’invite à boire un coup
V’là qu’il m’invite à boire un coup dans sa chambre pour mieux saisir
La pensée de Mao Tsé-Toung, la pensée de Mao Tsé-Toung
Dieu seul sait quel fut mon supplice, quand je lui grimpai sur le dos
Quand je lui grimpai sur le dos, mais pour une fois que la police
On peut la baiser comme il faut, on peut la baiser comme il faut

Hou hou, méfions-nous, les flics sont partout !
Hou hou, méfions-nous, les flics sont partout !

L’assaut fut sans doute si rude qu’il partit les jambes à son cou
Qu’il partit les jambes à son cou en qualifiant mon attitude
De trop avant-garde à son goût, de trop avant-garde à son goût
Depuis qu’on sait son aventure jusqu’au revers de la médaille
Jusqu’au revers de la médaille, il paraît qu’à la préfecture
Y’a des volontaires en pagaille, y’a des volontaires en pagaille

Hou hou, méfions-nous, les flics sont partout !
Hou hou, méfions-nous, les flics sont partout ! »

Anti-communisme, homophobie, refus d’assumer sérieusement l’antisémitisme, soutien à la social-démocratie depuis le P « C » F des années 1970 jusqu’à Bové il y a quelques années…

Jean Ferrat, c’est la figure du révisionnisme des années 1960 passé dans le camp de la social-démocratie et de l’acceptation de « l’humanisme » possible dans le capitalisme!

lun, 15 mars 2010 » Antifascisme, Culture, France

La chanson « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat, une triste ambiguïté tristement révélatrice

Pour reparler de Jean Ferrat, voici une critique faite par Hapoel de la position que ce chanteur prend dans la chanson « Nuit et brouillard. » S’il y est en effet parlé de déportation, la manière d’aborder le problème est d’une simplification outrancière…

La chanson « Nuit et brouillard » est souvent mentionnée en ce moment, parmi tous les hommages qui sont faits à Jean Ferrat.

Bien entendu nous respectons la dimension « engagée » de Ferrat, même si on ne peut certainement pas dire qu’il était une personne révolutionnaire. Au moins sa démarche partait-elle de bons sentiments, avec tous les défauts que peuvent avoir ici les artistes.

Mais non, la chanson « Nuit et brouillard » n’est pas une belle chanson, non elle ne concerne pas la Shoah, et il est même possible de dire : la chanson « Nuit et brouillard » est antisémite, car elle nie l’existence des personnes juives.

En effet, la chanson « Nuit et brouillard » ne parle pas de la Shoah, mais de la déportation politique. Ce qui n’est pas un mal en soi, bien entendu ! Il faut saluer la mémoire de ceux et celles ayant dû affronter les camps de concentration.

Mais Ferrat n’aborde donc en absolument rien la Shoah. On doit même dire que dans sa chanson, les personnes juives sont catégoriquement niées.

Tout comme le révèle d’ailleurs le titre : « Nuit et brouillard » est un documentaire français de 1956 parlant de déportation, et où le mot « juif » n’est prononcé… qu’une seule fois.

La chanson de Ferrat est dans le même esprit, comme on peut le voir à de nombreux éléments du texte.

Il est ainsi dit :

« Ils s’appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D’autres ne priaient pas mais qu’importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux.
»

Or, les personnes juives déportées et exterminées ne l’ont pas été pour des actes de résistance (« ne plus vivre à genoux« ) mais parce qu’elles étaient juives.

Et elles sont toutes mortes, à très peu d’exceptions près, car les camps d’extermination étaient différents des camps de concentration. Dans les camps d’extermination, il y avait des chambres à gaz, des meurtres en série, et pas comme dans la chanson une surveillance brutale et longue au moyen de miradors, de chiens policiers, etc.

Quand Ferrat dit ainsi « Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux ? », il est très clair qu’il ne parle absolument pas de la Shoah et des personnes juives. Environ 60 % des déportés dans les camps de concentration sont revenus en France, mais seulement 3 % des déportés dans les camps d’extermination.

Jean Ferrat ne formule pas ici quelque chose d’exceptionnel : dans les années 1950, il a existé une tendance erronée en URSS, dans tous les pays de l’Est ainsi que dans les Partis Communistes.

Cette tendance a, au nom de l’universalisme, purement et simplement placé le génocide juif dans l’ensemble des meurtres nazis, sans jamais en mentionner la spécificité.

Une erreur grave, absolument anti-matérialiste. Et beaucoup de personnes juives ont soutenu cette initiative, considérant qu’ainsi, les personnes juives atteignaient un degré d’universalité.

Seulement ce n’est pas ainsi que les choses marchent. L’antisémitisme est quelque chose de très particulier dans le capitalisme. Ne pas le voir a de lourdes conséquences.

Une polémique a eu lieu en 2005 au sujet de cette chanson, et voici la réponse absolument odieuse de Jean Ferrat à une critique qui lui est faite à ce sujet :

Monsieur,Je viens de prendre connaissance de votre interview publiée par Nouvelles d’Arménie Magazine de janvier 2005 et ne saurais rester sans réagir à vos déclarations me concernant et concernant aussi ma chanson Nuit et brouillard, car c’est la première fois depuis 42 ans qu’elle suscite une réaction de cette nature. C’est la première fois qu’on me reproche, en définitive, de n’avoir pas parlé uniquement de l’extermination des Juifs. Vous osez le faire. J’ai envie de dire : « Tant pis pour vous », mais je vous rappelle que justement, Nuit et brouillard est dédié à toutes les victimes des camps d’extermination nazis quelles que soient leurs religions et leurs origines, à tous ceux qui croyaient au ciel ou n’y croyaient pas et bien sûr, à tous ceux qui résistèrent à la barbarie et en payèrent le prix.

Que vous puissiez justement, faire un compte dérisoire en regrettant que « Le seul moment ou l’identité juive apparaît est dans Samuel et Jéhovah » me paraît particulièrement indigne. Je ne puis également accepter vos interprétations tendancieuses qui concernent les résistants que je célèbre et qui seraient, d’après vous, « essentiellement communistes ». Je passe sur l’évocation de « Vishnou » que je n’aurais utilisé que pour la rime alors qu’il symbolisait pour moi toutes les autres croyances possibles.

Si j’avais aujourd’hui à regretter quelque chose, c’est de n’avoir pas cité les autres victimes innocentes des nazis, les handicapés, les homosexuels et les Tsiganes. Mais il est temps, à présent, d’en venir à votre affirmation finale : « Aujourd’hui, un tel texte (vous parlez, bien entendu, de Nuit et brouillard) serait attaqué pour négationnisme implicite ».

Je me demande par quelle dérive de la pensée on peut en arriver là, et si vos propos ne relèvent pas simplement de la psychiatrie.

Jean Ferrat

Jean Ferrat traite les gens de fous, mais sa position ne tient absolument pas, car il est absolument faux de dire comme il le fait que « Nuit et brouillard est dédié à toutes les victimes des camps d’extermination nazis » !

Justement en raison de la différence entre camps de concentration et camps d’extermination. Une différence qui est très peu connue en France, et cela nuit énormément à la compréhension de l’antisémitisme et du fascisme.

La position de Ferrat est de toutes manière ridicule car jamais dans sa chanson il ne parle des personnes juives. Le terme de « Jehovah » dans la chanson fait bien plutôt référence aux témoins de Jehovah qui ont été déportés également.

Quant à Samuel, mis sur le même plan que Jean-Pierre et Natacha, cela ne veut rien dire car Jean-Pierre et Natacha pourraient être juif et juive, alors que Samuel non, etc.

Inversement on pourrait parfaitement légitimement constater que Jean Ferrat a abandonné le nom de son père, Tenenbaum, qui pour le coup fait juif, alors que Ferrat, non.

C’est un choix, qui est grosso modo le même que Patrick Bruel, qui s’appelle en réalité… Maurice Benguigi !

Patrick est plus « snob » que Maurice, et il faut croire que Ferrat était plus « adéquat » pour chanter la France et ses campagnes que Tenenbaum… Tout cela est bien triste, surtout quand on sait que le père de Ferrat est mort à Auschwitz..

Et en tout cas la chanson « Nuit et brouillard » a une dimension profondément odieuse ; elle a contribué à l’incompréhension de ce qu’a été la Shoah, et en ce sens elle nuit à l’antifascisme aujourd’hui.

dim, 14 mars 2010 » Culture, France, Social-démocratie

Jean Ferrat, rien d’autre qu’un triste La Fontaine

Jean Ferrat est mort. Avec lui meurt symboliquement toute une idéologie: celle du Parti « Communiste » français des années 1970.

Une idéologie extrêmement puissante, allant de la CGT au Secours Populaire (l’ex Secours Rouge), des municipalités à l’union de la gauche. Une idéologie réformiste et pragmatique, cachée derrière une façade « populaire et démocratique », et prétendant avoir comme objectif le socialisme, voire le communisme!

Il suffit pourtant de voir la réaction de Nicolas Sarkozy à la mort de Jean Ferrat pour voir à quel point l’idéologie du Parti « Communiste » français des années 1970-1980 était profitable à la bourgeoisie. Le président de la république dit ainsi au sujet du décès de Ferrat:

« Chacun a en mémoire les mélodies inoubliables et les textes exigeants de ses chansons, qui continueront encore longtemps, par leur générosité, leur humanisme et leur poésie à transporter les âmes et les coeurs, à accompagner aussi les joies et les peines du quotidien (…).

Farouchement attaché à sa liberté et à son indépendance, il a toute sa vie pensé et vécu son art comme un artisanat, privilégiant constamment l’authenticité et l’excellence à la facilité consumériste des standards commerciaux. »

Tout y est bien résumé: Jean Ferrat était un populiste, un de ces agents de la mélancolie et de la nostalgie au sein du peuple, prônant une sorte d’anticapitalisme romantique, comme en témoigne par exemple cette vidéo.

On y voit une scène d’une modernité formidable. Bernard Pivot joue son bourgeois et dit qu’il ne veut pas de politique dans le vin, ou le saucisson.

Jean Ferrat fait alors son « humaniste » et explique que les campagnes se dépeuplent, mais il le fait de manière très conservatrice (sur le même mode que sa chanson très connue La montagne), avec une approche très « pays réel » par rapport à la ville où tout ne pourrait être que factice, faux.

Mais Pivot le ramène à une simple réalité, on ne peut plus matérialiste: pour le cochon, ça ne change rien la politique, il termine toujours en saucisson.

Et « l’humaniste » Ferrat, gêné et tentant de s’en sortir, ne peut rien faire d’autre que… rappeler à Pivot qu’il en a mangé  aussi et qu’il est « particulièrement bon. »

C’est un excellent symbole de la collusion culturelle entre la bourgeoisie et le révisionnisme. La vie quotidienne, Jean Ferrat ne voulait pas la révolutionner; il n’entendait pas changer les êtres humains dans ce qu’ils ont de plus profond.

Il voulait juste éviter, de manière romantique, l’alternative qui selon lui s’offrait à l’humanité: la « jungle » (le retour à la barbarie) ou le « zoo » (un monde fade, où règne le « poulet aux hormones » critiqué dans la chanson « La montagne » par opposition au saucisson local célébré face à Pivot dans la vidéo).

Ce programme là, la bourgeoisie est tout prêt à l’accepter, au nom des « vraies valeurs » tel un bon gueuleton et un bon pinard, comme celui partagé par Pivot et Ferrat!

Jean Ferrat, c’est ainsi véritablement le symbole de l’idéalisme béat de la social-démocratie, qui n’y « croit plus » en raison de « l’horreur du stalinisme » mais qui agit tout de même, de manière « opiniâtre », par humanisme… C’est très exactement l’idéologie du NPA et tout est résumé dans la chanson de Ferrat intitulée « Le bilan. »

Jean Ferrat c’était en apparence l’idée de la révolte, et dans le contenu la considération que les masses ne peuvent qu’échouer, que la révolution est une utopie, que le communisme tend à devenir « meurtrier. »

Jean Ferrat est ainsi quelqu’un qui avait la même position par rapport au peuple que La Fontaine: une sorte de bon conseiller expliquant qu’il faut être prudent, rester dans son coin, car la vie est dure, la révolution n’étant qu’un piège, les bourgeois manipulant tout, etc.

Sauf que La Fontaine vivait à l’époque de la monarchie absolue, alors que Jean Ferrat lui a connu les années 1960-1970, période d’intense effervescence révolutionnaire.

Jean Ferrat n’a pas participé à tout cela; alors qu’avec le maoïsme en France naissait le cinéma de Jean-Luc Godard, avec une portée mondiale, les révisionnistes du P « C » F avait Ferrat et ses vieilles chansons de type traditionnelle, lancinantes et tristes, qui n’ont été rien d’autre qu’une variété tout à fait apte à passer dans les années 1980 dans une émission de Michel Drucker.

Jean Ferrat n’était donc qu’un triste La Fontaine, une caricature de La Fontaine, et un produit de cette France des années 1950-1960 à laquelle le mouvement de mai-juin 1968 est venu se heurter de plein fouet.

Son oeuvre ne peut qu’être réfuté, car le PCMLM rappelle les enseignements de Mao Zedong: chaque classe a son idéologie, et la bataille pour la culture, pour la civilisation, est au coeur du projet révolutionnaire.

Et sur le plan du mode de vie, de la morale, des mentalités, les révisionnistes du Parti « Communiste » français étaient (et sont pour ce qu’il en reste) totalement inféodés à l’hégémonie idéologique bourgeoise.

Attachée au culte de l’individu de type bourgeois (appelé « citoyen »), les sociaux-démocrates et les révisionnistes refusent toute orientation culturelle révolutionnaire, car ils en savent la signification.

Cela est particulièrement vrai si l’on regarde une structure comme le site internet Bellaciao, qui diffuse tous les préjugés de cette vision réformiste de type « laïque », « républicaine » et ultra populiste.

Prisonnières des traditions bourgeoises, les personnes qui font partie de ce courant politique n’ont pas d’autres choix que de chercher une radicalité de type romantique: fantasme sur le complot du « 11 septembre 2001 », utilisation de la question (arabe) palestinienne pour se donner une image « anti-impérialiste », fascination pour Chavez, l’Iran, Cuba, etc.

Et elles considèrent que leur vie privée est « sacrée » et qu’il n’y a aucun droit de la critiquer; pour ces gens, il suffit de s’imaginer « révolutionnaire » pour l’être.

Jean Ferrat ne peut qu’être salué et regretté par cette frange politique: l’apogée de Jean Ferrat a eu lieu justement au moment où l’idéologie révisionniste avait un impact énorme sur la société française.

Générosité, révolte, idéal, humanisme associé au refus absolu de la violence révolutionnaire… et refus d’organiser la rupture avec les mentalités, les manières, les attitudes, les valeurs de la bourgeoisie… le tout étant permis par l’existence d’un fort Parti « Communiste » français faisant miroiter l’illusion d’une éventuelle victoire électorale.

Les textes faussement sociaux et contestataires de Jean-Jacques Goldman se situent très exactement dans le prolongement de cette forme « radicale » de social-démocratie, tout comme le « changer la vie » de Mitterrand.

Tout comme évidemment le discours du Front de Gauche (voir notre document Marie-Georges Buffet: des thèses sur la « démocratie et « l’autogestion » en droite ligne de Marchais, de Thorez et du révisionnisme moderne).

Pour ces gens, tout changement culturel aura lieu… demain, après la révolution, après la victoire électorale, demain, demain, demain.

Pour nous communistes, au contraire, le nouveau affronte l’ancien dès le début de la lutte révolutionnaire. La stratégie révolutionnaire doit se fonder une morale authentiquement communiste, dans un processus d’autocritique ininterrompu.

Les contradictions ne se résolvent pas abstraitement et demain, elles se résolvent concrètement et aujourd’hui!

Le PCMLM assume la dialectique de la nature, le nouveau contre l’ancien, la révolution culturelle!

http://www.contre-informations.fr/docus1/eouc2005.html

jeu, 11 mars 2010 » Antifascisme, Communisme, Crise capitaliste, Culture, Ecologie, France, Féminisme, Révolution

La tension monte chaque jour un peu plus… Le vent gonfle le pavillon, les tempêtes s’annoncent!

« d) La nature de la situation en France

La France est marquée par une crise profonde ; la crise générale du capitalisme est très clairement visible sur le plan idéologique. Les valeurs républicaines deviennent prétextes à des lois de plus en plus racistes ; l’État républicain lui-même se révèle de plus en plus corrompu, policier, bureaucratique.

La bourgeoisie française n’arrive même plus à mettre en avant la « culture » ou les « droits de l’homme » ; ses éléments se révèlent toujours plus comme ayant une nature anti-sociale et parasitaire, le tempérament nihiliste et décadent l’emporte toujours plus largement dans la bourgeoisie.

Le fascisme est donc un élément constitutif toujours plus grand de la société française à l’époque de la crise générale du capitalisme ; les valeurs ultra-réactionnaires voient de plus en plus le jour ou bien refont surface, servant la bourgeoisie la plus agressive, celle qui veut que l’impérialisme parte à la conquête de nouvelles richesses dans le monde.

À l’opposé de ce tournant toujours plus réactionnaire de la bourgeoisie, tournant qui tente d’entraîner la petite-bourgeoisie avec elle afin de s’en servir comme force d’appoint, on trouve les forces nouvelles de la société: les masses populaires. Les masses populaires sont les créatrices universelles de l’histoire, de toute l’histoire, de toute la culture, de toutes les richesses. À notre époque, les masses populaires s’appuient sur la classe la plus révolutionnaire de notre époque, et de l’histoire en général : la classe ouvrière. La classe ouvrière est la clé pour le renversement du mode de production capitaliste.

Chapitre 2
Les caractéristiques du monde dont nous avons besoin

a) La division travail intellectuel / travail manuel

Le mode de production capitaliste exige la séparation du travail intellectuel et du travail manuel, selon les principes de la division du travail. Avec l’esclavage et la féodalité, le travail manuel se voit méprisé, et par la suite le capitalisme l’a organisé selon ses besoins. Les personnes exerçant le travail manuel sont exploitées et aliénées ; le fruit de leur activité leur est enlevé. Dans le mode de production capitaliste, le Travail n’a plus d’identité propre, car il n’a comme seule possibilité que la soumission au Capital.

Le communisme affirme donc le dépassement de la contradiction entre travail manuel et travail intellectuel, car il signifie l’émancipation, la libération de l’enfermement dans les travaux répétitifs, et la possibilité d’un travail manuel volontaire, non aliénant, source d’évolution positive et de progrès.

Karl Marx et Friedrich Engels expliquent : « Dans une phase supérieure de la société communiste, quand auront disparu l’asservissante subordination des individus à la division du travail et, avec elle, l’opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel ; quand le travail ne sera pas seulement un moyen de vivre, mais deviendra lui-même le premier besoin vital ; quand, avec le développement multiple des individus, les forces productives se seront accrues elles aussi, et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance, alors seulement… la société pourra écrire sur ses drapeaux : De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins. » (Critique des programmes de Gotha et d’Erfurt).

b) La division villes / campagnes

Le mode de production capitaliste a poussé jusqu’au bout la séparation entre les villes et les campagnes. Le capitalisme est né d’une séparation profonde entre les campagnes et les villes, et ce dès le Moyen-Âge.

Au fur et à mesure de son développement, il a donné naissance tout d’abord à de grandes villes, puis finalement à de gigantesques mégalopoles. Aujourd’hui encore dans le monde, la population urbaine ne cesse de s’accroître. Toutefois les nouvelles villes ne consistent réellement qu’en des cités-dortoirs, des bidonvilles, des immeubles de plus en plus de mauvaise qualité. Avec le mode de production capitaliste, les êtres humains ont des conditions de vie indignes. À cela s’ajoute la perte de tout repère par rapport à la nature.

Les êtres humains acquièrent dans les villes des mentalités adaptées au capitalisme et à son esprit destructeur ; la planète se voit ainsi saccagée pour fournir ses substances au mode de vie capitaliste, de la même manière que les animaux sont réduits à l’état d’objets. Dans le mode de production capitaliste, la nature revient simplement à de l’agriculture ou du tourisme, tandis que la ville est le seul lieu de « vie » possible (concentration des activités culturelles et du travail par exemple). Le communisme affirme la valeur de la planète en tant que telle, suivant le principe qu’elle est un tout et que nous n’en sommes qu’une composante ; le communisme exige ainsi la fin de la contradiction entre les villes et les campagnes.

Le mode de vie doit être adapté aux exigences de la planète : c’est la planète qui est le fondement de notre existence, et non pas un dieu qui aurait donné à l’humanité la planète pour tout saccager.

c) La commune populaire

Les communes populaires, telles qu’elles se sont développées en Chine populaire avec le Grand Bond en Avant et la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne, constituent un grand poteau indicateur sur la voie de la résolution des contradictions entre travail intellectuel et travail manuel et entre villes et campagnes. La commune populaire unifie en effet les ouvriers, les paysans, les soldats et les intellectuels, dans une réalité à échelle humaine, qui n’est pas une ville au sens capitaliste du terme, ni la campagne au sens capitaliste du terme.

La commune populaire permet en effet à tous les individus d’exercer le maximum d’activités sociales de telle manière que des échanges soient faits, que les rôles puissent être changés, que la critique et l’autocritique fassent avancer les individus et l’ensemble de la société.

Le communisme signifie l’effacement des différences sociales, et pour que celles-ci soient effacées, il faut une société où chaque personne puisse assumer toute fonction sociale. La commune populaire est ainsi une expérience très profitable, à l’opposé des campagnes capitalistes, véritablement mutilées, et des villes capitalistes, monstres énormes opposés à toute vie. La commune populaire est également un pas en avant pour le rétablissement d’un rapport réaliste avec la nature.

Le mode de production capitaliste n’accorde aucune valeur à la nature, à part pour l’asservir ; à l’inverse, le communisme affirme lui-même que l’humanité ne peut vivre qu’en accord avec la planète, et la commune populaire, en refusant de nier l’existence de la nature, est une avancée dans l’établissement de rapports communistes. »

Projet de Manifeste du Parti Communiste Marxiste Léniniste Maoïste

mer, 10 mars 2010 » Antifascisme, Culture, Féminisme

Les médias, une forme de social-démocratie au service de la fascisation

Mardi soir, on pouvait voir Dieudonné se pavaner dans une émission sur France 3, présentée par Frédéric Taddeï et tournant autour… de la liberté d’expression. Ce même Dieudonné qui il y a peu était en Iran et faisait l’apologie… de la liberté d’expression dans ce pays (voir ici à partir de la 41ème minute de cette émission suisse).

En Iran, Dieudonné peut faire l’apologie de la théocratie et de la religion, et à la télé française prétendre qu’il critique la religion: personne n’ira le remettre en cause, car les médias travaillent dans l’esprit de la social-démocratie et de sa volonté de pacification.

Cette émission, programmée le 8 mars, avait d’ailleurs une seule femme comme invitée, qui a bien entendu servi de pur faire-valoir. De manière très « docte » et très bourgeoise, la représentante des Chiennes de garde a expliqué que la seule chose qu’il était possible de faire, c’était… de se moquer des machos!

Une preuve parmi d’autres que le fascisme ne cesse de gagner du terrain, avec la complicité de la social-démocratie; et c’est quelque chose à mettre en parallèle avec les nombreuses agressions fascistes à Lyon (voir un exemple ici) et ailleurs.

L’ambiance est au social-darwinisme, à l’anti-communisme le plus sommaire. Et contre cela, nous avons besoin de l’économie politique! Car l’offensive est générale. Par exemple, la Chaîne Parlementaire diffuse en ce moment un numéro de l’émission « Tombé du ciel » consacré aux femmes dans la religion.

Les thèses qui y sont mises en avant sont typiques.

Ainsi à la fin de cette émission (à partir de la 24ème minute), un intellectuel bourgeois, Frédéric Lenoir, est interrogé au sujet de la représentation exclusive de Dieu en homme, alors qu’il était « d’abord envisagé au féminin dans l’histoire de l’humanité » pour reprendre les termes du commentaire en voix off.

Frédéric Lenoir explique que, s’il existe, Dieu est à la fois masculin et féminin, à l’image du  cerveau humain polarisé entre deux hémisphères : le cerveau droit « féminin » plus intuitif, relié au coeur et aux émotions ; le cerveau gauche « masculin » relié au pouvoir, à l’analyse, à l’organisation (NB : c’est en fait l’inverse selon la pseudo science bourgeoise, le cerveau gauche est « féminin », le droit « masculin », ce qui ne change rien ici mais montre le caractère farfelu de cette « théorie »).

Les propos de Frédéric Lenoir sont tout à fait conformes au matérialisme bourgeois qui suit une logique purement mécaniste, comme l’a justement expliqué le PCMLM. La bourgeoisie est incapable de comprendre que l’être humain est d’abord un produit de la nature, puis également de son travail.

En s’appuyant sur sa pseudo science marquée par l’idéologie dominante du patriarcat, la bourgeoisie cherche à faire croire que les « rôles traditionnels » masculins et féminins sont définitivement figés pour des raisons « cérébrales ».

Nous trouvons ici la répartition des tâches classiques dans le patriarcat qui donne à l’homme le pouvoir de réflexion et d’action, tandis que la femme reste dans une posture intuitive dominée par les émotions. Les choses sont censées toujours avoir été ainsi et ne pourraient donc pas changer (l’impossibilité de changer les choses étant au coeur de cette idéologie).

Un plus loin dans l’interview, Frédéric Lenoir explique que l’abandon des déesses au profit des dieux masculins s’explique par la prédominance du cerveau « masculin » sur le cerveau « féminin » lors de la phase de sédentarisation de l’humanité et la rupture de l’harmonie avec la nature.

C’est une manière de nier le matriarcat et le patriarcat, et de nier que le patriarcat est lié à l’existence des classes sociales, et doit disparaître définitivement avec l’abolition de ces classes!

Preuve en est que ce schéma est mécanique et ne correspond pas à l’évolution historique, qui procède en spirale!

En effet, comme l’explique notamment Alexandra Kollontai, lorsque l’agriculture s’est développée, le matriarcat n’était pas nécessairement aboli et souvent les femmes possédaient, dans les tribus sédentaires agricoles, un statut privilégié de producteur principal.

Cela à l’inverse d’avec les tribus nomades de pasteurs qui, en pratiquant la domestication des animaux, le pillage des biens, l’enlèvement d’esclaves et le rapt de femmes des autres tribus, développaient le patriarcat et le statut inférieur des femmes, en raison d’une division du travail leur étant défavorable (la capture d’animaux sauvages, par exemple, reposant exclusivement sur les hommes).

Le passage du matriarcat au patriarcat n’est pas quelque chose de mécanique – automatique, coupé des conditions concrètes, des modes de production!

Mais la bourgeoisie ignore totalement les conditions matérielles des différents modes de production et privilégie une approche bornée, idéaliste et anti-scientifique selon laquelle les évolutions dans l’histoire de l’humanité s’expliqueraient  suivant un rapport entre « cerveau gauche » et « cerveau droit » !

La bourgeoisie balaye ainsi la science matérialiste pour légitimer la logique patriarcale de division du travail à l’avantage des hommes, à qui reviennent les capacités de pouvoir et d’organisation.

Il faut d’ailleurs remarquer que la théorie du cerveau sexué a été maintes et maintes fois réfutée, mais peu importe pour la bourgeoise qui cherche seulement à inventer des cautions « scientifiques » au patriarcat.

Si de telles conceptions, radicalement opposées à la science matérialiste, s’affichent aussi ostensiblement, c’est précisément que la bourgeoisie pressent la menace révolutionnaire et cherche à tout prix à défendre l’idéologie patriarcale sur laquelle s’appuie son pouvoir d’oppression.

En France, le PCMLM est le Parti de la science marxiste – léniniste – maoïste qui détruira impitoyablement le patriarcat et les tentatives pseudo-scientifiques pour le légitimer!

Que vive l’étude des analyses antifascistes du PCMLM!













Categories:

Archives: