dim, 7 février 2010 » France, Social-démocratie

Procès des Contis : les victoires de la classe ouvrière passent par le rapport de force!

Vendredi, les six ouvriers de Continental à Clairoix (Oise), accusés d’avoir dégradé la sous-préfecture de Compiègne, n’ont pas été condamnés en appel à des peines de prison avec sursis, comme en première instance.

Le syndicaliste CGT Xavier Mathieu a aussitôt annoncé « une victoire pour le monde ouvrier », « C’est la fierté de la classe ouvrière qui a été relaxée » a-t-il également déclaré.

Est-ce vrai?

Une chose est de considérer le soulagement individuel (et tout relatif) des personnes accusées à l’énoncé du verdict car les six ouvriers de Continental ont bien été reconnus coupables de « dégradation de bien destiné à l’utilité publique » et condamnés à de lourdes amendes (2000 à 4000 euros) et devraient même être poursuivis pour le paiement de dommages et intérêts, une fois que l’Etat aura évalué les dégâts.

Et une autre chose est de dire que la classe ouvrière a remporté une victoire sur le terrain de la justice bourgeoise.

Nier que des batailles puissent être relativement gagnées dans un procès serait totalement faux, car le procès est décidé par le rapport de forces dans la lutte des classes. Mais là, cela a plutôt été le profil bas qui a été mis en avant quand on sait quelle a été la ligne de défense (voir ici un compte-rendu assez détaillé du procès, et là celui du procès en première instance).

Cette ligne de défense a consisté à mettre en avant des regrets, des actes non prémédités, voire une négation complète de ce qui s’est passé (alors que le tout était filmé et que l’avocat général n’a pas raté de montrer les images, se permettant même un « Ça se voit pourtant à l’écran. Pour une fois qu’on a des images aussi nettes… merci TF1 ! »).

La bourgeoisie a réussi à tout faire passer pour un psychodrame, à empêcher la question politique de s’affirmer.

Il ne s’agit donc pas vraiment d’une victoire. On doit plutôt parler de compromis. La classe ouvrière ne peut rien recevoir de la bourgeoisie, à moins d’avoir un rapport de force qui se soit construit.

Est-ce le cas? En partie, mais les choses ne sont pas allées jusqu’au bout. Le drapeau rouge n’a pas été levé. D’où le résultat du procès, qu’il n’est pas possible d’appeler une victoire pour la classe ouvrière.

Ce qu’on a ici, c’est une tactique de la bourgeoisie, qui tente de se présenter comme « compréhensible », et finalement clémente de manière paternaliste, jouant cette carte de la « clémence » pour mieux affermir sa domination et récolter l’approbation obéissante de la sociale-démocratie : « C’est vraiment une victoire des travailleurs » (Laguiller), « [l'absence de peine de prisons] fait chaud au coeur » (Besancenot), « la lutte paie » (Buffet).

La colère a été là, mais pas la rage; la protestation a été là, mais cela n’a pas cogné. Or, ce dont nous avons besoin c’est de la rupture sans compromission avec l’ordre capitaliste que la justice bourgeoise voudrait forcer à respecter.

Seule cette rupture permet la reconquête de la dignité des prolétaires et surtout, la victoire! La dictature du prolétariat fera taire l’arrogance de la bourgeoisie qui s’imagine  toute-puissante et magnanime! Le drapeau est rouge avec le PCMLM!













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