lun, 22 juin 2009 » Crise capitaliste, France

Marche des veuves et des victimes de l’amiante à Lille

Samedi à Lille (Nord), les veuves et victimes de l’amiante ont repris leur marche. Il s’agissait de la première manifestation de ce genre depuis janvier 2006 car l’engagement de l’État bourgeois à instruire la quarantaine de plaintes déposées n’a jamais été tenu et qu’aujourd’hui, les victimes apprennent que le traitement de leurs plaintes s’étalera jusqu’en 2014, « faute de moyens humains » selon le prétexte officiel.

Voilà qui nous rappelle que, dans le capitalisme, la justice ne saurait être autre chose qu’une justice de classes, assénée par la bourgeoisie à la classe ouvrière. Dans le capitalisme, la justice bourgeoise affiche son mépris pour la classe ouvrière qui est priée d’attendre que la bourgeoisie lui accorde enfin de son précieux temps. Attendre fait partie déjà du quotidien des prolétaires pour la moindre démarche administrative, constamment confrontés à des portes closes, alors que pour les bourgeois, les portes s’ouvrent d’elles-mêmes…

Pourtant, l’amiante est bel et bien un scandale sanitaire orchestrée par la bourgeoisie qui, depuis 1906, connaissait les effets cancérigènes de l’amiante mais a volontairement cherché à étouffer l’affaire.  Il faut dire que la bourgeoisie ne s’intéresse à un problème que s’il la concerne directement. Or, dans le cas de l’amiante, ce sont en grande majorité des ouvriers (bâtiment, chantiers navals, dockers, métallurgie, sidérurgie, etc…) qui sont susceptibles de souffrir de pathologies – souvent mortelles – liées à l’amiante.

La reconnaissance des victimes de l’amiante est une bataille menée par la classe ouvrière pour la conquête de sa dignité contre une bourgeoisie qui essaie de temporiser, de minimiser l’ampleur de la catastrophe alors même que des vies sont en jeu.

De manière générale, la santé du peuple est une donnée secondaire, très éloignée des préoccupations  prioritaires des capitalistes. Du reste, quand les capitalistes s’intéressent enfin à la santé des prolétaires, c’est dans le seul but d’étouffer un scandale (quitte à prendre de faux engagements) ou sur la base de considérations purement économiques. Ainsi, concernant la recrudescence des troubles musculo-squelettiques (TMS), une spécialiste de la question s’exprimait en ces termes dans un grand quotidien bourgeois : « C’est d’autant plus grave que ces maladies ont des conséquences énormes : elles sont à l’origine de la perte de 7,4 millions de journées de travail par an et de 736 millions d’euros de frais couverts par les cotisations des entreprises ».

Et ce sont aussi les enjeux économiques qui motivent l’utilisation, en connaissance de cause, de matières dangereuses pour la santé. Pour le capitalisme, les seules pertes qui comptent vraiment sont des pertes d’argent.

Ainsi, l’amiante a été utilisée jusqu’en 1996, le chlordécone a été répandu sur  les cultures en Guadeloupe et en Martinique jusqu’en 1993,  l’omerta a régné sur la contamination au plomb de Metaleurop dans le Pas-de-Calais, la surmortalité par cancer clairement établie des mineurs d’uranium du Limousin, ainsi que les conséquences désastreuses de l’extraction d’uranium sur l’environnement et les habitants de la région,  demeure jusqu’à aujourd’hui dissimulée.  Et la liste des crimes malheureusement banalisés du capitalisme est encore longue…

Voilà le sinistre tableau de l’exploitation capitaliste qui amène les prolétaires à sacrifier leur santé pour servir les intérêts de la classe dominante bourgeoise.

La conquête de la dignité de la classe ouvrière ne peut donc se réaliser que dans l’anéantissement complet de l’oppression ignoble du capitalisme et la construction révolutionnaire, brique par brique MLM, du communisme!













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