lun, 22 juin 2009 » Antifascisme, Contre-révolution, France

Comité invisible : Yldune Lévy, « l’aspect subversif de l’épicerie »

La prose ampoulée du Comité invisible est revenue dans un grand quotien bourgeois, samedi 20 juin, par un article de Yldune Lévy sur les conditions de libération conditionnelle des membres du groupe.

Yldune Lévy découvre la répression de la machine d’Etat bourgeoise, la privation de liberté tout en étant « libre », bref des conditions de vie que subissent quotidiennement les prolétaires. Le texte d’Yldune Lévy prouve bien que la petite-bourgeoisie continue de vivre dans l’illusion d’une société capitaliste garantissant la « liberté » et s’étonne quand une restriction les frappe personnellement.

Mais pour les prolétaires, la prison capitaliste est une réalité de tous les jours. Tandis que la bourgeoisie se gargarise des « libertés fondamentales » que serait censé procurer le capitalisme, la classe ouvrière connaît très bien la nature de l’oppression qu’elle subit, bâtie sur la division du travail, la propriété privée et la confiscation du pouvoir par la bourgeoisie. La liberté du capitalisme, ce n’est que la liberté d’exploiter et la libération des masses ne peut venir que par la révolution pavant la voie du communisme.

Mais le communisme, le Comité invisible ne veut pas en entendre parler. Ainsi, Yldune Lévy se bat pour la préservation d’une « façon de vivre, d’œuvrer, de chanter » en dehors de toute considération de lutte de classes. Un mode de vie intellectualisé de manière idéaliste qui tourne autour d’activités « authentiques », comme celle de l’épicerie, d’où la protestation contre l’assignation à résidence chez sa mère de « Benjamin, certainement trop apprécié comme épicier à Tarnac ». Une activité tellement emblématique des idéaux petit-bourgeois du Comité invisible qu’un lecteur de l’article a même laissé ce commentaire: « Mademoiselle, ce ne sont pas vos actes qui leur font peur, même si vous aviez arrêté à vous seule tous les TGV de France, ce n’est rien. Ce qui est en cause, c’est l’aspect subversif de votre épicerie. De votre vie ».

Au fond, pour Yldune Lévy et les autres membres du Comité invisible, il s’agit juste de s’aménager une vie « au calme » où les manipulations et la destruction des solidarités opérées par un « monde » (décrit en mode idéaliste et moral et non matérialiste et politique) n’aura plus prise.

« [L]‘état de séparation scrupuleuse qui règne de nos jours, où le voisin ignore le voisin, où le collègue se défie du collègue, où chacun est affairé à tromper l’autre, à s’en croire le vainqueur, où nous échappe tant l’origine de ce que nous mangeons, que la fonction des faussetés, dont les médias pourvoient la conversation du jour, n’est pas le résultat d’une obscure décadence, mais l’objet d’une police constante. », écrit Yldune Lévy.

Pour le Comité invisible, il n’y a pas besoin de lutte de classes, de révolution, de guerre populaire antifasciste, de communisme. Pour le Comité invisible, seul compte un mode de vie « qui dérange le système » (alors même que la bourgeoisie lui offre une énorme publicité régulièrement), destiné à des élites qui ont tout compris.

Ce dernier aspect apparaît clairement quand Yldune Lévy évoque « le ressentiment » de l’appareil d’Etat contre « la vitalité populaire » considérée comme « une menace ». En reprenant le concept du philosophe ultra-réactionnaire Nietzsche (et référence incontournable du fascisme), Yldune Lévy se place dans la position des « forts » qui inspire le ressentiment chez les « faibles ».

De même, la formule « vitalité populaire » manifeste une fascination toute petite-bourgeoise (et typiquement fasciste) pour un peuple dont le trop plein de vie se suffit à lui-même, sans autre perspective que de « reprendre la rue », concept qui renferme  toute l’idéologie anti-communiste, élitiste, contre-révolutionnaire et fascisante du Comité invisible.













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