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Editorial du « Renmin Ribao » du 13 avril 1965
UNE ESCROQUERIE QUI NE FERA PAS LONG FEU
Derrière l'écran de fumée d'un « règlement pacifique » et de «
discussions sans conditions préalables », l'administration Johnson
intensifie l'extension de la guerre d'Indochine en accord avec les
mesures qu'il avait préméditées. Récemment, les États-Unis ont
décidé impudemment d'envoyer deux autres bataillons de « marines »
au Sud-Vietnam et l'un d'entre eux débarqua à Da Nang le 10 avril.
Des unités supplémentaires de l'« U. S. Air Force » sont également
arrivées au Sud-Vietnam l'une après l'autre. En même temps, les
avions américains ont continuellement effectué des raids sauvages
sur le Sud et le Nord-Vietnam; qui plus est, ils se sont livrés à
des provocations ouvertes et directes à l'encontre de la Chine en
violant son espace aérien au-dessus de l'île de Hainan et en
attaquant ses appareils.
Ces actes successifs commis par l'impérialisme américain pour
intensifier la guerre fournissent un excellent commentaire au
discours de Johnson du 7 avril. Ils ont donné un cruel démenti à
son escroquerie à la « paix », qui n'a pas fait long feu.
Les Etats-Unis « ne recherchent pas une guerre sur une plus grande
échelle » et « ne le céderont à personne » pour rechercher un «
règlement pacifique » telles sont, entre autres, les bourdes que
Johnson vient de nous conter.
Mais les faits passés et actuels nous ont appris que toute
déclaration de ce style de l'administration Johnson est
immédiatement suivie par une nouvelle mesure visant à étendre les
flammes de la guerre en Indochine.
Tirant de ce fait une nouvelle leçon par l'exemple négatif, les
peuples du monde ont acquis une compréhension encore plus
approfondie de la nature féroce et agressive de l'impérialisme
américain. Il ne saurait nourrir de bonnes intentions.
Quelles que soient les belles paroles que Johnson prononce à propos
de la « paix », elles ne serviront, tant que les troupes
américaines ne se seront pas retirées du Sud-Vietnam, qu'à élever
davantage la vigilance du peuple et à le préparer à une lutte
encore plus vaste.
Les faits ont montré maintes et maintes fois que malgré toutes les
raclées qu'il se voit administrer, l'impérialisme américain n'en
sous-estime pas moins la volonté et la force des peuples en éveil
et place une confiance aveugle dans ses propres forces armées.
Il ne fait plus de doute que l'impérialisme américain a perdu la
partie au Sud-Vietnam et que ses provocations bellicistes et son
chantage de guerre contre le Nord-Vietnam ont définitivement
échoué.
Mais il est décidé à s'enferrer encore plus et à jouer son va-tout.
La raison en est qu'il estime avoir des forces plus ou moins
importantes à sa disposition. Il pense toujours naïvement qu'il
pourra regagner un peu du terrain perdu en hasardant de nouveaux
enjeux.
S'égosillant, Johnson, le meneur des gangsters américains, affirma
dans on discours du 7 avril: « nous ne nous lasserons pas » et «
nous devons combattre ». Apparemment, c'est encore là-dessus qu'il
mise.
L'impérialisme américain n'acceptera pas la réalité avant d'avoir
appliqué jusqu'au bout ce qu'il appelle sa « politique de force »
et essuyé une défaite totale.
Les envahisseurs américains sont inexorablement encerclés par le
peuple vietnamien. Leurs bombardements sauvages et leur extension
de la guerre ne prouvent pas leur confiance en eux-mêmes. Au
contraire, c'est le reflet de leur impuissance et de leur
désespoir.
Après le raid effectué sur Pleiku et Qui Nhon par l'Armée de
Libération du Sud-Vietnam, les États-Unis amenèrent leur premier
détachement de forces terrestres. Après le plasticage de l'«
ambassade » des États-Unis, à Saigon, ils y amenèrent leur second
détachement. Et lorsqu'au Nord-Vietnam, l'armée et la population
civile firent une vraie hécatombe des avions « ultra-modernes »
dont ils étaient pourtant si fiers, ils durent appeler encore
davantage d'appareils.
Les agresseurs américains ont ainsi complètement perdu
l'initiative.
Pour l'impérialisme américain, le Vietnam est devenu un abîme sans
fond. Il a déjà une jambe prise mais il veut encore en engager une
autre. Plus il donne de coups de pied et plus il s'enlisera, tel
est le destin inexorable auquel il s'expose.
Au cours de sa lutte prolongée contre l'impérialisme américain, le
peuple du Vietnam a depuis longtemps mis à jour la nature agressive
de ce dernier. De leur expérience de la lutte, il a acquis une
compréhension totale de la grande signification de sa lutte
patriotique anti-américaine.
Le Front national de Libération du Sud-Vietnam, dans sa déclaration
du 22 mars, disait solennellement: « Plus que jamais, nous
considérons que notre glorieux devoir international est de
contribuer de toutes nos forces et sans crainte de sacrifices à la
grandiose lutte commune de toutes les nations pour l'indépendance,
la démocratie, la paix et le progrès social de l'Indochine, du Sud-
Est asiatique et du monde entier, pour écraser ce gendarme
international qu'est l'impérialisme américain belliciste et
agressif. »
Dans son récent appel au peuple, le Front de la Patrie du Vietnam a
souligné que « la révolution vietnamienne est arrivée à un nouveau
tournant: tout le pays est engagé dans un combat direct contre
l'agression américaine ; la patrie a lancé cet appel au peuple
entier: « Contre l'impérialisme américain, pour le salut de la
patrie! »
Le journal vietnamien « Nhan Dan » remarquait fort justement dans
son éditorial du 11 avril: « Les agresseurs américains subissent
défaite après défaite dans notre pays mais ils ne veulent pas
encore l'accepter. Ils s'entêtent à tenir avec nous le langage des
armes. Et nous leur répondons: « Nous combattrons résolument
jusqu'au bout. »
En face d'un peuple intrépide qui sait affronter le combat, il
n'est pas d'ennemi qui ne puisse être battu! En face d'un peuple
qui possède un tel degré de conscience politique et une
détermination ferme comme le roc, Johnson n'a aucune chance de
réussite quelle que soit la face de « paix » qu'il puisse jouer.
Quels que soient l'importance des troupes et des armes que
l'impérialisme américain puisse lancer dans la bataille et le
nombre des complots de « paix » qu'il puisse tramer, il ne pourra
éviter une défaite définitive et totale au Vietnam.
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