La technique, les forces productives et les animaux: critiquons la pensée mécanique - automatique typiquement nationale-bourgeoise française



La vie dans la société capitaliste apparaît comme répétitive, bornée, coupée de la nature, bref: machinale.

La société capitaliste se présente comme une sorte de gigantesque machinerie, où rien ne pourrait échapper à ses rouages; l'absence de toute fantaisie et de tout acte « gratuit » semble être une règle absolue.

Cela n'est pas faux en apparence, et pourtant cela ne correspond pas à ce qu'est le capitalisme. On doit même souligner le caractère romantique de la critique du capitalisme comme « machinerie », une critique d'ailleurs (et justement) très largement reprise par le fascisme.

Car le capitalisme ce n'est pas le règne de la machine; c'est au contraire le règne de la domination sur la machine, par leur utilisation systématique, d'où le fait qu'en apparence le capitalisme se présente sous la forme de ma chines.

Mais le capitalisme n'est pas « dépassé » par les machines. Si les machines sont toujours plus utilisées, c'est en raison de l'accumulation élargie du capital, qui pour sa production a besoin de meilleures techniques, de meilleurs rendements, de meilleures machines.

C'est le sens historique de la révolution industrielle et pour la réalisation de celle-ci, la technique et les animaux ont joué un rôle très important, évidemment, dans le développement initial des forces productives. Ne pas voir cela conduit à ne pas saisir l'importance du patriarcat, idéologie qui a permis justement la domestication des animaux et leur utilisation dans le cadre des forces productives.

Cette question est d'une très grande importance; elle se situe exactement à la croisée des chemins entre la contradiction entre villes et campagnes et la contradiction entre travail manuel et travail intellectuel. Seul le marxisme – léninisme - maoïsme permet de saisir ce qui est le noeud gordien de la révolution socialiste en France au 21ème siècle!

Comment se sont développées les forces productives avec le capitalisme?

Karl Marx souligne l'importance de cinq éléments: tout d'abord la poudre, la boussole et l'imprimerie, mais également la montre et le moulin.

Ces deux derniers éléments ont une importance énorme car ils vont déterminer le rapport à la technique. Le capitalisme s'est développé en s'appuyant sur le fondement de la régularité.

De fait, vu d'aujourd'hui, on voit très bien que le matérialisme bourgeois (qui se pose à l'initial contre la dignité du réel et la réalité sensorielle) est l'exact reflet de cette compréhension technique, « automatique », de la production.

C'est cela qui explique très précisément la théorie de « l'animal machine » de Malebranche, celle du « grand horloger » de Voltaire, celle du « grand architecte » de la franc-maçonnerie, celle de tous les grands mathématiciens de l'époque.

Pour la bourgeoisie, le monde a été donné « aux hommes » et tourne de lui-même: Dieu a été l'horloger, il a lancé l'horloge et les êtres humains profitent de cette mécanique bien huilée pour pouvoir réaliser le développement capitaliste.

La bourgeoisie réalise l'activité humaine, mais cette activité est répétitive, non liée au sens ni à l'esprit. C'est le développement le plus absolu de la contradiction entre les villes et les campagnes (entre l'être humain et la nature), ainsi qu'entre le travail manuel et le travail intellectuel.

Comprendre cette question est essentielle, car la révolution socialiste ne pourra pas triompher sans une compréhension approfondie de la dialectique, et donc le dépassement de la pensée mécanique - automatique typiquement nationale-bourgeoise française.

Avant la révolution industrielle, le produit du moulin n'était pas réellement travaillé par la suite par l'activité humaine, pas plus que le produit de l'utilisation des animaux.

La révolution industrielle consiste justement en la généralisation du travail organisé, comme conséquence de la « moving force. » Cette dernière permet l'existence d'un produit brut, que reprennent les ouvriers pour l'utiliser et aboutir à une forme nouvelle: la marchandise.

C'est là le coeur de l'opposition bourgeoise entre « nature » et « culture »; c'est là un fondement essentiel à la fois de la contradiction entre villes et campagnes, et celle entre travail manuel et travail intellectuel.

Pourquoi cela?

Parce que la bourgeoisie considère que la « moving force » doit être organisée: la pensée mécanique – automatique présuppose la division entre travail manuel et travail intellectuel.

Dans la conception bourgeoise qu'est la pensée mécanique – automatique, il y a:

- d'un côté, une base consistant en une force permettant le mouvement, qui est de type mécanique;
- de l'autre, l'activité humaine qui récupère ce que à quoi la force en mouvement a donné naissance, pour le travailler.

L'activité humaine est elle-même divisée en deux: d'un côté, la force répétitive qui est la reproduction humaine de la forme naturelle de la « moving force »: la classe ouvrière.

Et de l'autre la pensée de l'élite qui gère le tout et considère le travail physique comme relevant de la nature, de la bestialité.

Voilà pourquoi le nucléaire est si puissant en France. Le nucléaire ne peut se gérer que « par en haut » et de plus est le symbole de la « domination » (abstraite) de la nature. En pratique, il est à la fois totalement anti-démocratique et ultra-dangereux car niant les lois de la nature, et tout à fait correspondant à l'idéologie dominante de la bourgeoisie.

Le nucléaire relève parfaitement de la vision mécanique – automatique de la bourgeoisie française, dans le principe de gérer la « moving force », qui a donné naissance à l'idéologie national-bourgeoisie française.

L'esprit vivisecteur français naît de cette vision du monde élitiste et mécanique, qui a fait de la France le pays des « Ecoles », écoles nées bien souvent avant la révolution française elle-même!

Il y a ainsi l'Ecole centrale des Arts et Manufactures, l'École royale des ponts et chaussées (1747) devenue l'école nationale des ponts et chaussées, l'École des mines de Paris (1783) devenue l'école nationale supérieure des mines de Paris, l'École des ingénieurs-constructeurs des vaisseaux royaux (1741) devenue l'École nationale supérieure de techniques avancées, l'École nationale supérieure d'arts et métiers (1780), ou encore l'Ecole centrale des travaux publics (1794 pour le coup) devenue l'Ecole polytechnique.

Voilà pourquoi en France, les mathématiques sont au lycée le critère discriminant: pour réussir il faut avoir un esprit de type mécanique – automatique, qui permet l'accès aux grandes écoles, tremplin nécessaire pour être un cadre de l'appareil de la bourgeoisie.

Voilà pourquoi en France, les animaux sont considérés comme des machines. Avec la domestication des animaux liée à la période du patriarcat et de l'apparition des classes sociales, les animaux sont devenus « utile » en tant que force motrice (tout comme l'eau ou le vent pour le moulin) et ils n'ont jamais dépassé le statut de « moving force. »

Comme on le voit, dans la société capitaliste en général et dans la société française en particulier, l'esprit automatique anti-dialectique se conjugue avec une vision de l'animal comme machine. C'est la vision du monde la bourgeoisie.

Pour qu'il y ait une révolution socialiste en France, pour avancer vers le communisme, il faut généraliser la critique matérialiste, dialectique des conceptions bourgeoises; le PCMLM ne peut se construire qu'en rupture avec les mentalités dominantes qui sont façonnées par les valeurs d'exploitation et d'oppression, par la conception mécanique – automatique bourgeoise qui nie la dignité du réel.

revolution