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Parti Communiste d'Autriche
La lutte contre les hitlériens et les Habsbourg en Autriche
P. Wieden
juin 1936
Hitler menace directement l'indépendance de l'Autriche. Le fascisme hitlérien poursuit avec esprit de suite le plan qu'il a conçu de soumettre toute l'Europe centrale à sa domination, sous prétexte d'unir tous les Allemands, pour pouvoir, après avoir réduit à l'esclavage les petites nations, se précipiter sur la France et l'Union soviétique.
L'activité accrue des agents hitlériens en Autriche, les entretiens de Hitler avec les chefs nazis enfuis d'Autriche, la concentration de troupes allemandes à la frontière autrichienne, tout cela indique la direction de l'agression prochaine que prépare le fascisme allemand.
Par la menace et le chantage, par son travail de sape dans le pays même et, à la dernière extrémité, par une immixtion militaire directe, le fascisme hitlérien veut se soumettre l'Autriche.
L'Autriche est aujourd'hui un des noeuds les plus importants de la paix européenne; si Hitler parvenait à trancher ce noeud et à conquérir ce pays, ce serait une provocation à la guerre européenne.
La défense de l'indépendance de l'Autriche est la défense de la paix européenne, de la paix du monde.
Cette défense est rendue plus difficile par une série de facteurs, en premier lieu par la politique du fascisme au pouvoir en Autriche.
Le fascisme autrichien se pose en défenseur de l'indépendance autrichienne.
Il invoque l'intérêt de l'indépendance de l'Autriche pour expliquer toutes ses mesures hostiles au peuple.
Dans les journées de février 1934, il a mitraillé les ouvriers autrichiens, détruit leurs organisations, emprisonné leurs hommes de confiance dans l'intérêt de l'indépendance de l'Autriche.
C'est « clans l'intérêt de l'indépendance de l'Autriche » qu'il a enchaîné et bâillonné la classe ouvrière toujours prête à défendre la liberté du peuple contre Hitler.
C'est « dans l'intérêt de l'indépendance de l'Autriche » qu'il a amputé les salaires, pillé les travailleurs, enrichi démesurément quelques dizaines de grands propriétaires fonciers, qu'il tolère dans les services de la justice, dans l'armée, dans la police, dans tout l'appareil de l'Etat les agents de Hitler et les ennemis mortels de l'indépendance autrichienne.
C'est « dans l'intérêt de l'indépendance de l'Autriche » qu'il a miné systématiquement la résistance du peuple autrichien à l'unification avec le IIIè Reich.
C'est « dans l'intérêt de l'indépendance de l'Autriche » qu'il fait tout pour mettre en danger l'indépendance de l'Autriche.
Trois fronts politiques se sont formés avant les combats de Février en Autriche : le front de la classe ouvrière, le front du fascisme autrichien et le front du fascisme hitlérien.
Les fronts du fascisme autrichien et hitlérien n'étaient pas si rigides, les rapports de forces n'étaient pas si invariables que certains le prétendaient; alors comme aujourd'hui peuvent se produire avec une rapidité relative d'importantes modifications dans les rapports des forces, des passages d'un camp dans l'autre, ainsi que des fusions de certaines parties de ces camps.
Les nationaux-socialistes ne sont intervenus comme troisième force en Autriche que lorsque le mouvement hitlérien eut submergé l'Allemagne.
Ils ont exploité pour leurs fins politiques l'aspiration de parties considérables du peuple autrichien à l'union, au sein d'un même état, avec le peuple allemand, et influencé les paysans et les couches moyennes désespérés par leur situation économique.
Le noyau organisateur du Parti nazi ne forme en Autriche qu'une petite minorité : les fils des anciens nationaux-allemands dans les districts alpins, des intellectuels de province, des ingénieurs placés à des postes de direction dans les entreprises, des fonctionnaires d'Etat, de la justice, des avocats, pharmaciens, instituteurs, étudiants constituent les cadres des nazis en Autriche.
Derrière eux se trouve l'industrie lourde de Styrie, étroitement liée aux consortiums allemands du Reich, cette industrie lourde qui, aujourd'hui encore, soutient le mouvement nazi, toutefois avec moins d'unanimité qu'il y a quelques années.
La terrible crise économique, la politique économique impuissante du Parti « social-chrétien » qui épuisait complètement le peuple, l'incapacité de la social-démocratie, qui influençait alors la majorité de la classe ouvrière autrichienne, à comprendre le problème paysan et le problème des couches moyennes en voie de radicalisation ont livré de grandes masses de la paysannerie et des couches moyennes paupérisées à l'agitation effrénée des nazis.
Ces paysans et ces couches moyennes ne sont que pour une petite part des nationaux socialistes convaincus; mais leur haine contre le régime anti-populaire qui pille l'Autriche et qui l'enchaîne au char du fascisme italien, leur désir de voir s'opérer une transformation radicale quelconque, leur espoir que l'Anschluss apportera une amélioration économique constituent la source de leurs sympathies pour le mouvement hitlérien.
Un gouvernement démocratique qui défendrait le peuple contre le pillage des banquiers et des grands propriétaires fonciers, qui prendrait, aux dépens des riches, des mesures contre la misère et qui améliorerait le sort des travailleurs, qui au lieu d'une prison ferait de l'Autriche le pays d'un peuple libre, réduirait rapidement l'influence des nazis et mobiliserait des forces populaires énormes pour la paix et l'indépendance de l'Autriche.
Le fascisme autrichien, qui a engendré à ses côtés le fascisme hitlérien, est lui-même divisé.
Le gouvernement des assassinats de Février a non seulement réussi à inculquer à la classe ouvrière une haine profonde contre le régime et à pousser une partie des travailleurs vers les nationaux- socialistes, mais il a encore suscité dans son propre camp une mêlée générale.
Le capital financier, les maîtres de la Kreditanstalt, cette banque géante qui a tout englouti, les industriels et les grands propriétaires fonciers sont les vrais vainqueurs des combats de Février; ils ont tiré parti à l'extrême de la victoire, ils ont accentué jusqu'à les rendre insupportables l'exploitation des ouvriers, la spoliation des paysans et des couches moyennes citadines, mais sont encore loin d'être repus.
Bien qu'ils aient diminué en moyenne d'un tiers les salaires déjà misérables, bien qu'ils frappent le peuple d'impôts toujours nouveaux et qu'ils empochent des bénéfices fabuleux, ils se plaignent qu'on « empêche » leur domination de brigandage; ils veulent supprimer les syndicats uniques fondés par le gouvernement et placer entièrement sous leurs ordres les coopératives et les caisses hypothécaires des paysans.
Les éléments les plus réactionnaires et les plus rapaces de la bourgeoisie se servent de la Heimwehr dans leur lutte contre les concessions accordées de force aux ouvriers et aux paysans.
La Heimwehr est en même temps l'instrument de l'impérialisme italien en Autriche, une armée privée à la solde de Mussolini.
On compte en Autriche environ 40.000 hommes de la Heimwehr armés qui se recrutent dans différentes régions et parmi les couches diverses de la population.
La Heimwehr de Vienne se compose principalement de prolétaires déclassés. Une grande partie des hommes de la Heimtwehr viennoise sont d'anciens condamnés de droit commun.
Fey, le dogue sanguinaire des combats de Février, toujours prêt à se vendre, demeure son véritable chef. Ce chef des bandes fascistes a été acheté par Hitler.
C'est un des organisateurs du putsch de juillet dont Dollfuss fut victime.
Il a été chassé du gouvernement et a dû également donner sa démission de chef de la Heimwehr viennoise; mais son influence dans celle-ci n'a pas été brisée et c'est ainsi qu'il a pu organiser le 1er mai, peu avant la chute de Starhemberg, des manifestations de rue de ses partisans dans la Heimwehr contre Schuschnigg.
La Heimwehr de la Basse-Autriche se compose avant tout de paysans et est rattachée par toutes sortes de fils à l'Union paysanne. Dans chaque situation décisive, la Heimwehr de la Basse-Autriche a soutenu les cléricaux.
Dans les autres régions, la Heimwehr est composée de jeunes fils de paysans et de bourgeois; dans les districts industriels de Styrie, en partie d'ouvriers. La Heimwehr des Alpes tombe de plus en plus sous l'influence des nazis qui y ont conquis de solides positions jusque dans les directions régionales. Dans les rangs de la Heimwehr de Vienne comme dans ceux de la Heimwehr des Alpes, la colère et l'indignation contre le gouvernement se sont accrues ces derniers mois.
De même que les S.A. en Allemagne, avant le sanglant 30 juin, les hommes de la Heimwehr se sont sentis frustrés du prix de leurs services et dupés par les cléricaux sournois.
Ils ont fait pression sur Starhemberg, menaçant d'un soulèvement armé, et finalement celui-ci poussé d'un côté par ses hommes mécontents et de l'autre par les industriels ultra-réactionnaires, s'est risqué à attaquer ses alliés cléricaux et il a essuyé une défaite.
Avec ruse et ténacité, les cléricaux ont évincé la Heimwehr, qui dominait au lendemain des combats de Février, et l'ont peu à peu éloignée de la direction.
Ils s'appuyaient sur les milieux les plus influents du capital financier, sur les dirigeants de la Kreditanstalt et de la Banque nationale, qui sont liés de la façon la plus étroite aux milieux financiers anglais et français.
Ils s'appuyaient en outre sur l'état-major général monarchiste de l'armée et de la gendarmerie, sur l'Eglise catholique et les organisations qu'elle dirige, sur des parties de la bourgeoisie citadine, sur les ouvriers chrétiens et sur la puissante Union paysanne.
Cette dernière est dirigée par de gros paysans réactionnaires, mais sa structure est, dans une certaine mesure, démocratique, et c'est l'organisation de masse la plus importante des cléricaux.
Elle comprend aujourd'hui la majorité écrasante des paysans autrichiens, les coopératives et les institutions hypothécaires agricoles sont placées sous sa direction.
L'Union paysanne n'a jamais renoncé à son indépendance; excitant, d'une part, les paysans contre les ouvriers, elle a, d'autre part, mené une lutte opiniâtre contre la Heimwehr et ses aspirations au fascisme « totalitaire », elle a aussi essayé de repousser les attaques du capital financier.
Les cléricaux attachent une grande importance non seulement à l'Union paysanne, mais aussi aux syndicats unifiés; par tous les moyens démagogiques ils ont cherché à gagner les ouvriers organisés dans les syndicats uniques, pour former un contrepoids à l'influence des nazis de la Heimwehr.
Cette démagogie appliquée sans maladresse, et qui n'est pas restée complètement inefficace, a attiré sur le ministre de la Prévoyance sociale, Dobretsberger, la colère des industriels et de la Heimwehr; Schuschnigg l'a chassé du gouvernement en même temps que Starhemberg pour ne pas heurter la Fédération des industriels et pour présenter la défaite de la Heimwehr non pas comme une victoire des « démocrates », mais comme une victoire des pouvoirs publics.
Enfin, les cléricaux disposent de deux organisations militaires fondées par Schuschnigg, les « Ostmärkischen Sturmscharen » (détachements d'assaut de l'Est, à tendances monarchistes), et la « Freiheitsbund » (l'«Union pour la liberté») fondée par le démocrate Kunschak, chef des ex-syndicats chrétiens, organisations aux traditions démocratiques et que la Heimwehr traite de « succédané du Schutzbund ».
Dans le camp des cléricaux, divers courants se manifestent également : les partisans de Schuschnigg à orientation fasciste accentuée, l'Union paysanne réactionnaire, mais défendant son existence indépendante et sa démocratie intérieure, et les anciens cadres du Parti « social-chrétien », en grande partie d'esprit monarchiste, mais qui réclament des concessions démocratiques, et derrière ces militants, se trouvent les ouvriers chrétiens et des groupes de la petite bourgeoisie citadine.
Dans les milieux des anciens « social-chrétiens », on commence à reconnaître de plus en plus nettement combien l'écrasement des ouvriers dans les journées de Février fut fatal non seulement pour l'Autriche mais aussi pour le Parti « social-chrétien ».
Les dirigeants de ce parti ont essayé de s'entendre avec les chefs d'extrême droite de la social-démocratie, de diviser la social- démocratie et d'intégrer son aile réactionnaire dans l' « Etat corporatif ».
La Heimwehr, par ses attaques, a cependant anéanti ce plan et provoqué des combats sanglants, mais les anciens dirigeants du Parti « social-chrétien » n'y ont pas complètement renoncé.
Après la chute de Starhemberg, ils redoublent d'efforts pour arriver à une entente quelconque avec les chefs réformistes de la social-démocratie.
Les chefs du Parti « social-chrétien » espèrent apparemment pouvoir réussir à faire accepter des concessions partielles aux ouvriers au moyen de la restauration des Habsbourg, préparée par les cléricaux, et à instaurer en Autriche une « démocratie corporative » sous l'égide des Habsbourg.
Le plan insensé du retour des Habsbourg en Autriche est aujourd'hui prêt d'être achevé. D'après les intentions des catholiques, les Habsbourg doivent stabiliser le système précaire et vermoulu du fascisme autrichien et défendre en même temps l'Autriche contre l'Allemagne hitlérienne.
Or, c'est le contraire qu'ils obtiendraient: en Autriche, ils pousseraient vers les nazis de nouveaux partisans, dans les pays voisins, en Yougoslavie surtout, ils renforceraient les positions de Hitler, aggravant ainsi les dangers de guerre.
Manifestement, des conservateurs anglais s'apprêtent à faire répéter en Autriche l'expérience grecque, c'est-à-dire à relier le retour de la dynastie avec quelques concessions démocratiques, à évincer l'influence de l'Italie et à gagner pour l'Angleterre des points d'appui dans l'Europe centrale.
Ce n'est pas par hasard que les légitimistes hongrois entreprennent aussi une nouvelle offensive et que Goemboes a jugé utile, au moment même où Starhemberg était renversé, de partir en « congé ».
Abhorrés par la grande majorité du peuple, menace permanente pour les Etats de la Petite-Entente, les Habsbourg provoqueraient sans cesse une inquiétude profonde et fourniraient à Hitler le prétexte désiré pour intervenir en tant que « libérateur » du peuple autrichien et exploiter à ses fins la haine inextinguible des grandes masses du peuple contre les geôliers de l'ancienne monarchie.
Quelle est la position de la classe ouvrière à l'égard des plans du fascisme autrichien et hitlérien? La classe ouvrière est la force la plus sérieuse et la plus cohérente dans la lutte pour la liberté, la paix et l'indépendance de l'Autriche.
Cependant, cette force ne peut pas se déployer librement aujourd'hui, elle ne peut pas organiser ouvertement la lutte pour la paix de notre peuple et l'indépendance de notre pays.
Les ouvriers haïssent les bouchers de Février qui ont tué et incarcéré leurs frères, saccagé leurs organisations, anéanti leurs droits et leur liberté.
Il est vrai que des centaines de milliers d'ouvriers autrefois organisés dans les syndicats libres sont aujourd'hui affiliés aux syndicats unifiés, où ils ont été poussés de force en grande partie; mais une autre partie a été guidée par l'idée qu'il faut utiliser pour la lutte les syndicats légaux existants.
Tous ces ouvriers n'éprouvent pas la moindre sympathie pour le régime en vigueur. Néanmoins, il serait faux de penser que la classe ouvrière n'a pas été touchée par le cours des événements depuis les combats de Février.
Les ouvriers ne se sont pas ralliés au système établi, ils souhaitent sa liquidation mais, dans la lutte contre le système actuel, maintes illusions ont surgi.
On a vu apparaître çà et là parmi les ouvriers des illusions réformistes, toutes sortes d'espérances en la possibilité de « démocratiser » le fascisme par des moyens pacifiques, d'évincer peu à peu les fascistes de la direction de l'« Etat corporatif » et de les remplacer par des démocrates.
Il y a lieu de tenir compte du fait qu'après la chute de Starhemberg des sentiments de ce genre se sont renforcés, d'autant plus que le gouvernement essaie d'établir une ligne nette de démarcation entre les communistes et les « socialistes- révolutionnaires » d'une part, et les social-démocrates de droite d'autre part, et de s'entendre sous une forme ou sous une autre avec les réformistes.
Parallèlement à ces illusions réformistes il y a, surtout parmi certaines catégories d'ouvriers des districts alpins, des illusions sur la nature et les buts du national-socialisme en Autriche.
Certains ouvriers, qui sont loin d'être des nazis ou de sympathiser avec Hitler, cèdent dans leur haine justifiée contre le système établi, à l'idée malsaine que cela ne peut guère aller plus mal, que tout vaut mieux que le fascisme autrichien et qu'il faut saluer tout mouvement contre le fascisme autrichien.
Le prolétariat autrichien, tout en étant convaincu que le système établi est insupportable, tout en s'efforçant de le supprimer, de le remplacer par un Etat où le peuple travailleur gouvernerait, n'est cependant pas absolument immunisé contre maintes illusions.
Parmi les ouvriers révolutionnaires, on trouve des camarades dévoués à la cause ouvrière mais qui ne comprennent pas parfois que le fascisme a rejeté la classe ouvrière en arrière et qu'à l'heure présente la tâche immédiate est de lutter pour la République démocratique.
Dans cette lutte pour le renversement du fascisme, pour les droits et les libertés démocratiques, la classe ouvrière se doit d'attirer de son côté ses alliés naturels, le peuple travailleur des villes et des champs.
La menace que Hitler fait peser sur l'indépendance de l'Autriche, le danger de la restauration des Habsbourg, l'explosion de la lutte ouverte entre la Heimwehr et les cléricaux, l'irritation croissante contre le système d'exploitation et d'oppression, l'instabilité de la situation politique assignent au Parti communiste de grandes tâches et lui ouvrent de grandes possibilités.
La classe ouvrière peut devenir rapidement un facteur décisif en prenant une part active aux événements, en intervenant d'une façon indépendante, en posant ses revendications avec la plus grande sincérité et la plus grande énergie dans toutes les entreprises, dans toutes les organisations légales.
Les ouvriers révolutionnaires, en déclarant d'une façon claire et nette aux ouvriers chrétiens affiliés aux syndicats et à l' « Union pour la liberté », et aux paysans travailleurs de l'Union paysanne qu'ils sont prêts à défendre la liberté et l'indépendance de l'Autriche, à lutter, de concert avec eux, pour les libertés démocratiques contre Hitler et contre Starhemberg, à ériger par des efforts communs une digue contre les chefs de bandes putschistes, pourront faire le premier pas vers le front populaire.
Que la classe ouvrière dans la lutte contre Hitler et les austro- fascistes, dans la lutte pour la paix et l'indépendance du pays, réclame : « Donnez-nous la liberté pour pouvoir mener cette lutte! Mettez fin aux poursuites contre les combattants prolétariens pour la liberté! Amnistie pour tous les antifascistes, pour les défenseurs les plus courageux et les plus fidèles de la paix, de l'indépendance de notre pays! Rendez la liberté d'organisation, la liberté de réunion, la liberté de la presse! »
Si la classe ouvrière réclame cela, énergiquement et infatigablement, elle sera comprise par tous les travailleurs pour lesquels le sort de l'Autriche importe davantage que les intérêts rapaces des grands propriétaires fonciers et des barons de la finance, que la dictature « autoritaire » d'une clique de fascistes cléricaux.
Que la classe ouvrière déclare vigoureusement :« Nous n'avons pas besoin des Habsbourg, nous avons besoin de la liberté pour défendre l'Autriche contre Hitler! »
Qu'elle se montre résolue à ne pas supporter la restauration des Habsbourg, à opposer à la dynastie couverte de sang une haine implacable, une hostilité impitoyable, et elle pourra briser les plans des monarchistes et contrecarrer leurs intrigues internationales.
Ni Hitler, ni Habsbourg, car tous deux marqueront la perte de l'Autriche.
Hitler, c'est la famine, la servitude, la terreur, une oppression encore plus sombre, une tyrannie encore plus terrible; Hitler c'est la fin de la paix, et le commencement de la guerre en Autriche.
Les Habsbourg c'est la famine, l'affermissement du régime de pillage en vigueur, l'aggravation du danger de guerre, le prétexte pour l'offensive de Hitler contre l'Autriche.
Celui qui veut précipiter notre peuple dans la misère et perdre notre pays, est pour Hitler ou pour les Habsbourg; mais celui qui veut préserver notre peuple de la plus grande des catastrophes et notre pays du joug le plus féroce, doit défendre l'Autriche contre Hitler et contre les Habsbourg.
Le Parti communiste d'Autriche lutte contre Hitler et les Habsbourg. Il combat pour les droits et les libertés démocratiques des ouvriers et de tous les travailleurs, pour un gouvernement démocratique du peuple, pour une République démocratique.
La voie qu'indique le P.C. ne mène pas à la politique de collaboration de classe avec la bourgeoisie, politique qui a engendré le fascisme, ne mène pas à un Etat où les démocrates parlent et les fascistes agissent, où les démocrates règnent dans le Parlement et les fascistes dans l'appareil d'Etat.
Non, la voie préconisée par le Parti communiste conduit à une République démocratique. qui libère toutes les forces du peuple pour la défense de ses droits et de ses libertés, pour la défense de cette République démocratique contre les ennemis fascistes du peuple.
Le Parti communiste lutte pour la liberté du peuple tout entier, pour la liberté des ouvriers, des paysans et de tous les travailleurs.
Aujourd'hui de grandes masses du peuple qui n'appartiennent pas à notre camp comprennent ce qu'elles ne saisissaient pas avant les combats de février, notamment que la liberté de la classe ouvrière garantit la liberté de tout le peuple, que la liberté de tout le peuple périt quand son épine dorsale, la liberté de la classe ouvrière, est brisée.
Aujourd'hui paysans, artisans, employés, intellectuels, reconnaissent ce qu'ils ne voyaient pas avant les combats de février: c'est-à-dire que de libres organisations ouvrières sont des murailles protectrices sans lesquelles toute liberté politique et culturelle est balayée, que toute la vie publique meurt quand la liberté de la classe ouvrière est écrasée.
Seule la lutte des ouvriers pour leur liberté, pour la liberté du peuple, pour la République démocratique constitue une lutte sérieuse et authentique pour la paix et l'indépendance de l'Autriche.
Et cette lutte ne pourra faire triompher la paix et assurer l'indépendance de l'Autriche qu'à la condition d'être soutenue par les paysans, artisans, employés, intellectuels détroussés par le capital financier, opprimés par le fascisme autrichien et menacés par Hitler.
La tâche est grande, mais les possibilités le sont également.
Pour être à leur hauteur le Parti communiste d'Autriche brisera tous les obstacles qui pourraient l'isoler des masses du peuple, il préparera systématiquement le Front populaire antifasciste, rassemblera toutes les forces dans la lutte pour le pain et la paix, pour une Autriche libre et indépendante, pour un gouvernement démocratique populaire, pour la République démocratique.