Euskadi Ta Askatasuna

Déclaration de "Txiki" la veille de son exécution (26 septembre 1975)

[Sur la tombe est écrit: « eta behar dudan denbora baino lehen hiltzen banaute nere hortzetan den azken antzia beste batenetan loratuko den lehen irria izango da » (si je meurs avant l'heure, que le dernier désir qui s'éteint sur mes lèvres soit peut-être le premier sourire qui fleurisse le jour du  lendemain)]





Au Peuple Basque:

Encore une fois le fascisme de Franco va faire couler le sang du peuple basque. Quand ce communiqué parviendra au peuple, je serai probablement déjà tombé sous le peloton d'exécution.

Après avoir écrit ce communiqué mon intention est de mettre encore une fois en relief la répression que subit le peuple basque et tous les peuples de l'Espagne.

Nous ne devons pas oublier notre objectif : la création d'un État Socialiste Basque, objectif pour lequel beaucoup de militants révolutionnaires sont tombés et ont donné leur vie, dont les derniers tombés dans l'Etat espagnol sont Kepa, Nicia, Montxo, Andoni, qui ne seront pas les derniers.

C'est vous, la classe travailleuse et le peuple en général, qui devez mener la lutte jusqu'à la chute du régime franquiste; alors notre objectif sera accompli et vous pourrez construire une nouvelle société, sans classes, où l'exploitation de l'homme par l'homme n'existe pas.

Aujourd'hui ils vont m'assassiner pour le simple fait de lutter pour mon peuple. Cela, pour le régime de Franco, c'est un crime, mais ce n'est pas un crime d'assassiner les militants d'ETA avant de les prendre, ni de tuer des gens lors de manifestations ou de simples contrôles.

Aujourd'hui c'est nous qui sommes au banc des accusés, mais demain c'est eux qui le seront, c'est-à-dire Franco et toute sa clique, et ce sera à vous de nous rendre justice : ne l'oubliez pas, puisque mes camarades et moi nous ne le pourrons plus. Nous avons confiance en vous.

Enfin, je veux faire savoir à mes camarades d'organisation et à notre peuple qu'alors que j'étais libre, j'ai agi en tant que militant et fils du peuple et puisque je ne suis pas assassiné "légalement" comme mes camarades, j'ai demandé comme dernière volonté d'être fusillé devant un peloton d'exécution comme un Gudari [soldat basque] de plus, en se rappelant de tous ceux qui sont morts pour Euskadi, en gardant en tête notre Ikurriña [drapeau basque], puisque je vais mourir loin d'elle... C'est à vous de nous rendre justice.

VIVE LA SOLIDARITE DES PEUPLES !
VIVE EUSKADI LIBRE !
LA PATRIE OU LA MORT. EUSKADI DEBOUT !

"Txiki"