Mettre la politique au poste de commandement
Qu'est-ce qui caractérise la période actuelle?
L'effondrement des classes moyennes et la pathétique tentative de celles-ci de peser sur le cours de l'histoire par l'intermédiaire des élections présidentielles de 2007.
Le PCF, les verts, la LCR ainsi que la gauche du PS représentent les intérêts des classes moyennes qui tentent comme en 1981 de mener les masses populaires dans le social-chauvinisme.
Car derrière les classes moyennes il y a la bourgeoisie sociale-chauvine, qui veut une France forte agissant en solitaire, en alliance avec l'impérialisme allemand et l'expansionnisme russe.
C'est cette même bourgeoisie qui amène l'Etat à prendre des décisions comme la défense des grandes entreprises françaises contre les « OPA étrangères », alors qu'en même temps Suez veut acheter l'ancien monopole étatique belge du gaz et de l'électricité Electrabel pour plus de onze milliards d'euros, que France Telecom veut acheter l'espagnol Amena pour 6,5 milliards d'euros.
Les classes moyennes et la fraction de la bourgeoisie impérialiste partisane de l'option sociale-chauvine s'unissent donc pour que l'Etat soit réorganise selon leurs besoins. Et cette option sociale-chauvine c'est un Etat autoritaire et nationaliste, en étroite liaison avec la fascisation générale des pays impérialistes dans le cadre de la crise générale du capitalisme.
Cela n'est donc pas un hasard si quelqu'un comme Fabius, qui vient de l'aile droite du Parti Socialiste, se retrouve en quelques mois le porte-parole de l'aile gauche du Parti Socialiste. Cela est juste l'expression de la bataille existante entre les deux fractions de la bourgeoisie impérialiste.
Et cela n'est nullement un hasard si José Bové se profile comme le candidat du « PCF », des verts et de la LCR: c'est l'union sacrée des représentants des classes moyennes.
Et Lutte Ouvrière peut bien en vouloir à la LCR de réussir à s'unir avec le « PCF »: c'est ce qu'elle a elle-même essayé de faire pendant des années, et qui plus est elle a elle-même participé à la mascarade du « non » à la constitution.
La contradiction de Lutte Ouvrière, c'est celle d'une extrême-gauche qui prétend vouloir détruire l'Etat et se contente d'organiser sa stratégie par rapport à une simple critique du gouvernement.
A l'opposé de ces opportunismes et de ces errements, le PCMLM s'est avéré un bon point de repère.
Les documents mis en avant par le PCMLM ont grandement élevé le niveau des éléments les plus conscients. Le patrimoine communiste a été réhabilité. Les faussaires ont été démasqué, comme ceux qui tentent de faire passer la Chine fasciste d'aujourd'hui pour « socialiste » ou Mao pour un « démocrate bourgeois. »
Les conceptions légalistes, réformistes, la soumission à la petite-bourgeoisie, ont été radicalement critiqué. De grandes expériences pratiques ont été faites, des enquêtes sérieuses et conséquentes menées, l'agitation et la propagande se sont développés.
Cela est un grand acquis de ce début de notre histoire en tant qu'organisation, en tant que Parti.
Il est vrai par contre que la concentration des forces dans le combat idéologique a été en partie une erreur. Cette concentration est le produit culturel de la période précédant la naissance du PCMLM, celle où il fallait encore se battre pour que le marxisme-léninisme-maoïsme soit assumé.
C'est également le produit inéluctable de la période de naissance du Parti.
Il a été bien entendu correct d'aller de l'avant dans la critique systématique des forces soi-disant révolutionnaire, notamment les néo-révisionnistes « marxistes-léninistes » qui rêvent de syndiqués CGT possédant leur « carte du parti » au lieu de lutter pour un océan de masses populaires en armes.
Mais ce qui a permis le développement du PCMLM ce sont les camarades qui se sont précipités dans la lutte politique. Un excellent exemple de cela est une analyse des prises de positions : il y a 5 documents officiels dans les 4 premiers mois de 2003, puis deux en 2004, et quatorze de janvier à juillet 2005 !
Le déclic a été politique : le boycott du référendum sur la constitution européenne.
Ce déclic aurait dû arriver bien plus tôt. Le PCMLM doit assumer ses tâches d'orientation politique. Cela est d'autant plus important vu l'échéance de 2007, ce marais dans lequel la contre-révolution veut embourber les masses.
Si notre analyse révolutionnaire de la société est correcte, si cette période est vraiment celle de l'effondrement social des classes moyennes, si les monopoles vont acquérir un rôle de plus en plus dominant dans la direction de l'Etat, alors il faut impérativement développer les initiatives communistes afin d'orienter les luttes des classes.
Pour
le PCMLM, août 2005.
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