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La prolongation de l'état d'urgence pour trois mois est la preuve que la longue marche vers le pouvoir populaire a commencé.
Et que ceux qui n'ont osé ouvrir la bouche qu'au moment de son instauration ne veulent pas d'une révolte populaire prolongée, d'une longue marche révolutionnaire.
Trois mois de plus. Ce qui ne devait être que temporaire est devenu permanent. Ce qui devait être une situation d'exception est devenu une situation normale.
Le cauchemar de la petite-bourgeoisie est devenu réalité. La crise capitaliste a atteint le point de non-retour, celui où commence l'affrontement classe contre classe.
L'Etat débordé au départ assume la lutte de classes et le fait comme il l'a toujours fait : par la violence la plus large, la plus militarisée.
Cela ne dérange aucunement la bourgeoisie française, qui a l'habitude depuis la Commune de Paris en 1871 des soulèvements populaires.
Mais pour les partis représentant les intérêts de la petite-bourgeoisie, c'est la faillite la plus complète.
Une première preuve de cette faillite a été que ces partis n'ont ouvert la bouche que lorsque le couvre-feu a été instauré.
Des Verts aux révolutionnaires de papiers trotskystes ou anarchistes, personne n'a osé rien dire tant que la révolte risquait de s'élargir encore.
Cela montre la nature de classe de cette position - comme Alain Krivine de la LCR qui raconte à la revue sociale-chauvine « Marianne » non pas qu'il a combattu la police ou affirmé la nécessité d'aller un jour vers l'insurrection, mais comment il a participé des « rondes » avec ses voisins pour protéger son immeuble des violences à Saint-Denis.
Car de toutes manières « aucune organisation politique ne peut être comprise de ces jeunes », dit-il.
La seconde preuve de cette faillite est que ces partis se sont lancés dans un grand mouvement contre l'état d'urgence, tentant de refaire le coup de l'union sacrée, exactement comme pour le « non » à la constitution.
Et là non seulement personne n'est tombé dans le panneau et ne les a suivi, mais en plus l'Etat a prolongé l'état d'urgence, montrant que ce qu'ils représentaient socialement était inexistant.
Toutes les illusions de la petite-bourgeoisie sur des réformes au « néo-libéralisme », sur un « autre monde », etc., sont envolées.
A un moment où la révolte populaire va jusqu'à affronter l'Etat :
-faut-il généraliser l'agitation et la propagande pour renverser le capitalisme, ou bien critiquer un état d'urgence qui vise « à masquer les dégâts sociaux produits par des années d'une politique libérale au service du Medef » (LCR)?
-faut-il expliquer la nature de l'Etat, sa soumission COMPLÈTE à la bourgeoisie, ou bien organiser « une grande manifestation unitaire dans les jours qui viennent contre l'escalade sécuritaire et répressive de Chirac-Villepin-Sarkozy » (LCR)?
La vérité c'est que la petite-bourgeoisie voit son rêve de jouer un rôle s'effondrer. Désormais pour pouvoir exister elle devra s'allier avec la bourgeoisie, basculant dans le fascisme.
Toute l'option « conciliatrice », l'option « réformiste », visant à atténuer les luttes des classes, a été balayé par la révolte.
Ils comptaient manipuler les masses en les lançant dans la démarche « citoyenne » et « républicaine » du refus de l'état d'urgence, des revendications syndicales.
Cette poudre aux yeux a été accueilli par une indifférence montrant le haut niveau de conscience des masses par rapport à ces misérables propositions trahissant la révolte populaire.
Une révolte populaire saluée dans tous les pays capitalistes par les éléments les plus conscients, d'Athènes à Montréal, et jusqu'en Afrique, en Asie, en Amérique latine.
Une révolte populaire qui a fait frémir l'Union Européenne, dont le chef de la commission José Manuel Barroso a proposé que l'UE verse "50 millions d'euros dans l'immédiat" à la France, et éventuellement jusqu'à un milliard d'euros, afin de montrer son inquiétude.
Une révolte populaire partie pour durer, parce que l'accalmie qui arrive n'est que le prélude des tempêtes de demain.
Les masses appliquent très bien le principe populaire de la lutte : « l'ennemi avance, nous reculons, l'ennemi s'arrête nous le harcelons, l'ennemi recule nous le poursuivons. »
La révolte a tracé une ligne de démarcation claire.
Il y a ceux qui comme Lutte Ouvrière considère que « Cette flambée de violence est stérile. Brûler les voitures de ses propres parents ou voisins, brûler des autobus qui desservent les quartiers populaires, saccager des écoles maternelles témoigne de la part de ceux qui le font d'une absence de conscience sociale et de solidarité. » (Arlette Laguiller).
Et il y a ceux et celles qui considérent que c'est le début tant attendu de la longue marche pour détruire l'Etat - pour le communisme !
Pour le PC (MLM), novembre 2005
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