PSG - OM : s'en désintéresser est nécessaire
La gente masculine n'a jamais été autant en effervescence. Les jeunes et les vieux, ensemble!
Pour continuer la lutte commencée, pour passer du CPE au CNE, du CNE à la révolution?
Pas du tout. L'actualité, c'est la finale "inédite" de la coupe de France : l'Olympique de Marseille rencontre le Paris Saint-Germain.
Un match soi-disant "classique", alors que tout a été monté en épingle par Bernard Tapie avec l'assentiment ouvert des dirigeants du PSG, dans une grande stratégie commerciale systématiquement employée par les clubs de football.
Les "derbys" sont prétextes aux guerres intestines (Cannes / Nice, PSG / OM, Olympique Lyonnais / AS Saint-Etienne, Lille / Lens, etc.) fondées sur une idéologie tribale. Comment qualifier sinon les écharpes "Anti-Marseillais", "Fiers d'être Marseillais", "Fiers d'être Parisien", "Anti-Parisiens" ?
Le club devient l'objet d'adoration, qui permet de comprendre enfin contre qui diriger sa rage et ses motivations.
Pour la famille qui s'unit autour de grandes valeurs. Pour le hooligan en mal de "baston" et pour qui le football est un prétexte comme le hockey sur glace aurait pu l'être. Et pour l'ultra, qui vit pour et par son club, qui organise les fumigènes, d'énormes banderoles et existe contre les ultras des autres clubs.
Le football c'est la fierté, le nationalisme local, le culte de la virilité, la vénération de l'emblème, le respect du drapeau, des hymnes, des chants collectifs, c'est l'union sans principes et sans distinction sociale.
C'est le "tous ensemble", slogan mao des années 1970 repris pour la grève de décembre 1995... et pour les aventures de l'équipe de France en 1998.
Dans une situation extrême, ce sont les supporters de l'Etoile Rouge de Belgrade transformés en assassins de civils sous la direction d'"Arkan" lors de l'implosion de la Yougoslavie dans les années 1990.
Le football sport populaire n'est plus qu'un mythe, c'est désormais une machine à fric pour les capitalistes, une machine à rêve pour les jeunes prolétaires, une machine à compenser les frustrations pour les hommes prolétaires.
C'est la ville populaire de Marseille, qui au lieu d'être le bastion du drapeau rouge vénère le bleu et le blanc.
Certains disent que ce n'est pas le cas partout.
Ils sont populistes, pour eux le football est "prolétaire", et ils disent : oui, le Sparta de Prague est soutenu par les nazis, mais les fans du Bohemians de Prague sont des rockers, des punks, des métalleux, des antifascistes !!
Ils disent : Saint-Pauli, club de Hambourg en Allemagne, est ouvertement gauchisant, et les supporters de Livorno en Italie ont d'énormes banderoles avec des marteaux, des faucilles, et même des portraits de Staline!
Ils disent qu'il est connu que soutenir le Celtic Glascow c'est soutenir la lutte pour une Irlande unie, alors que soutenir le Glascow Rangers c'est soutenir les unionistes pro-anglais !
On peut bien sûr apprécier que certains clubs rejettent la culture beauf ou ouvertement fasciste.
Mais c'est une goutte d'eau dans l'océan et la pratique reste tribale. La révolution passe-t-elle par un bon tribalisme contre un autre? Ou faut-il renverser les valeurs?
On peut prendre des exemples très concrets.
C'est par exemple une bonne chose que les supporters de l'Ajax Amsterdam, qui ne sont pas d'origine juive, assument l'histoire juive de leur ville en prenant comme logo l'étoile de David.
Mais est-ce positif que le stade soit rempli de drapeaux israéliens, drapeaux sionistes et non pas juifs, assimilant de manière caricaturale "juif" et "sioniste"? Sans compter que le club concurrent du Feyenoord Rotterdam caricature également tout cela de son côté en chantant des chansons pro Hamas et sifflant pour rappeler les chambres à gaz.
Le tribalisme polarise : mais le contenu n'existe très vite plus, ce qui compte, c'est d'être dans un camp, voilà tout. Cela n'a rien à voir avec la lutte pour des valeurs positives, fondées sur la paix, l'égalité des hommes et des femmes, le refus de la brutalité et de toute oppression.
Et que penser de ceux qui en Europe avaient considéré comme "anti-impérialiste" de soutenir l'équipe d'Iran dans son match contre les USA en 1998?
Ou de ceux qui considèrent comme internationaliste de porter en 2006 un maillot de l'équipe de Jamaïque... alors que celui-ci est produit par Uhlsport, une société allemande?
Ou encore de ceux qui pensent pouvoir écraser "l'usine à nationaliste" qu'est la tribune Boulogne du parc des princes à Paris en appuyant de manière unilatérale une autre tribune rempli d'hommes supporters tout autant non féministes et partisans du tribalisme?
Faut-il refuser tout esprit de compétition comme étant bourgeois... Ou accepter les règles du jeu et prendre les fascistes à leur propre jeu?
Il ne devrait pas y avoir de doutes à ce sujet.
Soit on est une partie du problème, soit on est une partie de la solution.
Le constat est simple : le football est devenu l'arme du fascisme, de la culture bourgeoise destinée aux masses afin de les faire servir les valeurs impérialistes et patriarcales.
Les footballeurs sont des mercenaires, jouant pour l'argent; eux-mêmes pensent vraiment "s'être fait tout seul" et recevoir des sommes énormes d'argent de manière méritée (Thierry Henry : "Je ne dois rien aux supporteurs d'Arsenal. La seule chose que je doive à quiconque, c'est à mes parents de m'avoir mis au monde.")
En réalité les footballeurs sont issus d'une pratique populaire, mais extraits des masses par les entrepreneurs que sont les clubs, qui pour cela n'hésitent pas à ramener toute une jeunesse des pays du tiers-monde, quitte à l'abandonner dans la nature après.
Les footballeurs deviennent des icônes du nouveau rêve capitaliste; on vante leur argent, leur génie, "leurs femmes"... Leurs habits, leurs chaussures, leurs maillots, leurs clubs... puis leurs nations.
Contre le football-performance capitaliste, adepte de la compétition et de l'individualisme même "collectif" (ce qui est une caractéristique du fascisme), le football amateur, le sport amateur en général, voilà la seule solution révolutionnaire.
Voilà pourquoi l'URSS de Lénine et Staline avait toujours refusé de participer aux jeux olympiques au profit des Spartakiades, avant finalement de participer en 1952, pour montrer qu'elle voulait la paix pendant que les USA installaient des armes atomiques en Europe de l'Ouest.
Le refus du capitalisme même "populaire", c'était tout le sens des spartakiades, jeux populaires, dont la plus célèbre fut celle de Barcelone 1936, au moment où les jeux olympiques se déroulaient à Berlin, capitale de l'Allemagne nazie.
C'est tout le sens du refus des Jeux Olympiques, notamment des prochains qui se dérouleront en Chine fasciste avec "Pékin 2008."
Pour
le PCMLM, avril 2006.
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