A propos de l'organisation Action Directe
Avec la mort de Joëlle Aubron, ancienne militante et prisonnière de l'organisation Action
Directe, c'est la fin d'une époque.
Car toute l'extrême-gauche a salué
la mémoire de la militante courageuse qu'elle a été.
Mais tous ceux qui ont
salué la mémoire de Joëlle Aubron - des trotskystes aux anarchistes, des
marxistes-léninistes aux intellectuels de gauche-, ne sont que des hypocrites et des lâches.
Avec la mort de Joëlle Aubron, ancienne militante et prisonnière de l'organisation Action
Directe, c'est la fin d'une époque.
Car toute l'extrême-gauche a salué
la mémoire de la militante courageuse qu'elle a été.
Mais tous ceux qui
ont salué la mémoire de Joëlle Aubron - des trotskystes aux anarchistes, des
marxistes-léninistes aux intellectuels de gauche-, ne sont que des hypocrites et des lâches.
Car cette même extrême-gauche est allée pendant 20 ans jusqu'à nier
l'existence d'Action Directe; quiconque exprimait ne serait-ce qu'un peu de sympathie était mis à
l'écart, exclu, diabolisé!
Cette mise à l'écart a consisté en
une véritable terreur idéologique et politique!
Pendant les années 1990,
seule une poignée de gens se sont battus pour les prisonniers d'Action Directe et pour cette raison
ils ont été mis au ban de l'extrême-gauche.
Cette poignée de gens
consistait en la feuille d'information « Guérilla » paru au début des années
1990, puis en la revue « Front Social » du milieu à la fin des années 1990 :
voilà les seuls groupes qui osaient donner le point de vue des militants emprisonnés d'Action
Directe, qui fournissaient leurs adresses en prison et appelaient à les
soutenir.
A côté, il n'y avait rien! Rien à part les gens proches des prisonniers et diffusant la revue « Front », fait par les militants emprisonnés en prison.
Et aujourd'hui, voilà que l'extrême-gauche ose parler des prisonniers ! En tentant ainsi de s'approprier une image révolutionnaire sincère, authentique, courageuse !
Cela est pathétique.
Surtout quand lorsque on peut lire en bas de communiqués de salutations ou de soutiens, quelques lignes de précision comme quoi « en aucun cas » il n'y a de soutien aux conceptions favorables à la lutte armée d'Action Directe, comme l'a fait la CNT ou les marxistes-léninistes de Militant Communiste.
Mais tout cela a malheureusement été possible en raison de la décadence des positions politiques des prisonniers d'Action Directe.
Lorsque Action Directe existait encore en tant qu'organisation politique pratiquant la lutte armée, elle n'a jamais cherché à avoir un dialogue avec l'extrême-gauche, ne serait-ce qu'un dialogue ultra-critique.
Il était donc évident que, après avoir été incapable de mener une critique théorique de fond de l'extrême-gauche, il y ait un retour de bâton, dont l'un des avatars les plus terribles a été les propos de Jean-Marc Rouillan, prisonnier d'Action Directe, affirmant que Besancenot et Laguiller sont des « camarades » et que ceux qui prétendent le contraire sont des « gauchistes. »
Cette incapacité a une source : celle de l'incapacité à interpréter de manière juste l'origine des thèses sur la violence révolutionnaire.
Action Directe s'est compris comme issue de différentes pratiques militantes armées, comme l'anti-franquisme ou le mouvement autonome des années 1977-1980, mais tel n'est pas le cas. Action Directe est en réalité issu directement de la Gauche Prolétarienne.
Car l'idée d'une politique armée en France a été posé pour la première fois par la Gauche Prolétarienne, si on met de côté l'exception de taille et de masse qu'a été la Résistance.
Cette idée vient des conceptions suivantes :
que mai 68 est le début d'une lutte prolongée s'étalant sur plusieurs années (pour les trotskystes mai 68 était une « répétition générale » comme le 1905 russe),
- que la lutte armée ouvrière est en train de commencer, notamment à Sochaux,
- que le système subit un processus de fascisation, c'est le « nouveau fascisme » contre lequel doit se lever une « nouvelle résistance ».
L'assassinat devant les portes de l'usine Renault de Pierre Overney marquera terriblement les esprits: la manifestation qui s'ensuivra sera la dernière énorme manifestation de l'extrême-gauche.
Par la suite la direction de la Gauche Prolétarienne liquidera l'organisation par refus de la confrontation; organisation qui ne se relèvera pas car si elle était idéologiquement et pratiquement prolétarienne, sa théorie était terriblement faible et influencé de conceptions bourgeoises.
Action Directe n'a pu commencer la lutte armée en 1979 qu'en s'appuyant sur cette « légitimité historique ».
Tout le bla-bla sur l'expérience des groupes autonomes ou de la résistance anti-franquiste, l'idée d'un front anti-impérialiste, etc., ne doivent pas cacher qu'Action Directe n'aurait socialement pas pu exister en France sans une vague de fond dépassant la volonté idéaliste de quelques individus de mener plus loin le mouvement révolutionnaire.
Action Directe a été non pas simplement une « idée », mais une conséquence inévitable du fait que la lutte des classes a continué malgré la trahison de la direction de la Gauche Prolétarienne.
Mais Action Directe n'était pas la Gauche Prolétarienne, qui avait elle intégré les luttes populaires et était dans les masses comme un poisson dans l'eau.
Une preuve de cette analyse est que le point culminant de la guérilla d'Action Directe a consisté en l'action contre Georges Besse, PDG de Renault et revendiqué par le commando Pierre Overney.
Pour Action Directe il s'agissait de « frapper » un des plus grands restructurateurs de l'Etat français, mais personne ne l'a compris et n'a vu qu'une action contre le PDG de Renault parce qu'il est PDG de Renault, et revendiquer l'action par un « commando Pierre Overney » ne pouvait que renforcer cette idée.
Action Directe a ainsi été pris à son piège. Un piège qu'il aurait pu éviter très simplement en assumant politiquement une partie depuis longtemps occultée de son histoire.
Action Directe n'aurait en effet jamais pu exister de la manière dont elle l'a fait sans le soutien de très nombreux militants révolutionnaires originaire de Turquie et réfugiés en France.
Les squatts attribués par les médias à Action Directe au début des années 1980 doivent beaucoup au mouvement populaire des immigrés et réfugiés de Turquie; il y a même eu début 2000 un ouvrage publié à ce sujet en Turquie, avec de nombreuses photos.
Sans parler du soutien militant.
Et le 30 mars 1982, l'antenne du ministère de la défense israélien à Paris n'a-t-il pas été mitraillé par un commando d'Action Directe et du THKP-C/HDÖ (Parti-Front Populaire de Libération de la Turquie / Avant-Garde du Peuple?
Si Action Directe avait assumé le principe comme quoi « la politique est au poste de commandement », il y aurait pu y avoir des discussions essentielles.
Parce que le mouvement révolutionnaire de Turquie assurait une continuité avec les années 1960-1970, et ainsi avec l'histoire du Mouvement Communiste International.
Action Directe aurait alors pu comprendre sa nature historique et comprendre qu'elle est le produit de la victoire du révisionnisme dans le mouvement maoïste et que son fondement est une réponse simplement militaire à ce qui aurait dû consister en une large lutte idéologique, aboutissant aux principes du marxisme-léninisme-maoisme, à la guerre populaire.
Action Directe est un produit exemplaire de la dialectique de l'histoire.
Cette compréhension du mouvement dialectique de l'histoire assumée, il aurait par la suite été possible de comprendre de manière matérialiste les tâches politiques et idéologiques.
Ainsi, au lieu de la dérive militariste, il y aurait pu avoir une compréhension correcte du marxisme-léninisme-maoïsme; toutes les années 1980 justement ont été marqué par le formidable développement de la guerre populaire au Pérou.
La dépolitisation inexorable des positions des prisonniers d'Action Directe, au profit d'un discours social-révolutionnaire vague et flou, est une conséquence inévitable de la non compréhension de ce processus historique.
Action Directe, produit du refus du révisionnisme dans sa pratique, n'a pas su dépasser les limites de sa définition historique : voilà une grande leçon de l'histoire.
Pour nous marxistes-léninistes-maoïstes, Action Directe n'est pas un produit de personnes idéalistes, mais un produit de l'histoire du mouvement révolutionnaire dans le cadre de la bataille contre le révisionnisme moderne, pour la réappropriation des thèses communistes sur la nature de l'Etat.
Une bataille pour mettre aux commandes le maoïsme, idéologie du prolétariat international dans le cadre de la guerre populaire mondiale pour le communisme!
Car le maoïsme naît dans la lutte !
Comme le constatait Gonzalo en 1988 :
« Quant à l'Europe, nous y voyons se développer de longues luttes armées; elles sont l'expression d'une réalité objective.
Par conséquent il ne s'agit pas de condamner, mais de comprendre, d'étudier, d'analyser et de voir comment elles expriment qu'une situation révolutionnaire existe aussi dans la vieille Europe.
Plus encore, qu'il y a des hommes qui prennent les armes en comprenant que c'est la seule façon de conquérir le Pouvoir; c'est un coup dur pour le révisionnisme parce qu'en Europe même, considérée comme un de ses bastions, le révisionnisme commence à être abandonné.
Quels que soient le niveau atteint et les problèmes en suspens, c'est incontestablement une avancée importante.
Dans certains cas, il s'agit de questions nationales, comme en Irlande. Dans des autres, ils se posent le problème de comment faire la révolution.
Nous croyons que ces luttes doivent être sérieusement étudiées : la question est de voir quelle est leur idéologie, quelle politique les guide, quelle classe elles servent, comme elles font face au problème des superpuissances.
Nous croyons qu'elles méritent beaucoup d'attention de notre part, surtout quand il y a des organisations qui se posent la question du retour à Mao Zedong, ou qui commencent à se poser la question de la nécessité du Parti, ou de l'insuffisance de la seule lutte armée.
Alors nous devons voir ceci comme un nouvel éveil et comprendre que de nombreuses erreurs peuvent être commises; finalement, qui n'en commet pas?
Mais ce sont elles-mêmes qui tireront les leçons de leurs erreurs, comme elles sont déjà en train de le faire, et elles avanceront, s'empareront du marxisme-léninisme-maoïsme, construiront leurs partis et feront leurs guerres populaires, selon le caractère socialiste de leur révolution et selon leurs conditions spécifiques.
En synthèse, c'est un exemple, je le répète, qu'en Europe aussi, il y a une situation révolutionnaire de développement inégal, qu'il y a des hommes dégoûtés du révisionnisme pourri qui, dans des conditions si difficiles, au sein des entrailles impérialistes où la lutte est complexe et dure, prennent les fusils pour changer le monde: comme c'est d'ailleurs la seule façon de le faire.
Ceci donne plus d'espoir et permet de voir que la tendance principale c'est la révolution et que l'Europe, elle aussi, s'oriente vers la révolution.
Voyons même qu'après avoir été pionniers, il sont en train d'ouvrir des brèches et en fin de compte, d'offrir plus d'espoir; ils mértient plus de compréhension de notre part, d'autant qu'on voit que quelques-uns se préoccupent déjà du Parti et du retour de Mao Zedong, c'est-à-dire du retour au marxisme, pour se saisir dans son ensemble du marxisme-léninisme-maoïsme.
En Europe se mènent ces luttes avec aussi des limitations et des erreurs, comme dans toute lutte; mais nous devons les voir comme une expression de la marche irrépressible de la révolution et de comment, chaque fois plus de pays et de peuples s'expriment, en prenant les fusils, pour renvers l'ordre existant.
Ils acquièrent de l'expérience, et font route vers le Parti et l'idéologie du prolétariat, le marxisme-léninisme-maoïsme, principalement le maoïsme.
Pour moi, c'est un motif de joie de voir qu'en Europe la révolution commence à se frayer un chemin et quels que soient les accrochages, les faux pas qui puissent avoir lieu, il faut avoir confiance dans les masses et les peuples, confiance dans le fait que, de la même façon qu'ailleurs, la révolution a lieu les armes à la main, en suivant le marxisme, en Europe elle se fera aussi, nous devons y penser.
J'insiste sur le fait que nous devrions voir avec une dimension historique, voir à plus longue échéance, étudier sérieusement ces mouvements et encourager tout ce qui conduit au marxisme-léninisme-maoïsme, à forger un parti et à développer la guerre populaire. » (Gonzalo, interview, 1988)
Liberté pour tous les prisonniers révolutionnaires! Honneur aux camarades tombés dans la lutte pour communisme ! Arborer, défendre et appliquer le marxisme-léninisme-maoïsme, principalement le maoïsme!
Pour
le PCMLM, mars 2006.
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