Arcelor - Mittal Steel, alliance entre impérialisme et oligarchie



Le processus des fusions et acquisitions ne cesse de s'accélérer et attend cette fois même les oligarques du « tiers-monde ».

L'entreprise française Arcelor s'est alliée à l'entreprise indienne Mittal Steel pour former le numéro un mondial de l'acier, après avoir longtemps hésité à s'allier à l'entreprise russe Severstal.

Le nouveau groupe qui s'appellera Arcelor-Mittal sera coté à New York, Paris, Madrid, Amsterdam, Bruxelles et Luxembourg et produira 116 millions de tonnes d'acier par an, trois fois plus que n'importe lequel de ses concurrents.



C'est-à-dire qu'après les alliances entre entreprises des pays capitalistes (les USA, le Canada, le Japon et l'Europe de l'Ouest) on assiste maintenant à des alliances ouvertes entre des entreprises de pays capitalistes et des entreprises des pays où le capitalisme est bureaucratique et dépendant de l'impérialisme.

Car l'Inde de Mittal Steel est un pays où plus de 300 millions de personnes vivent avec moins d'un dollar par jour. Plus de 30% de la population a moins de 14 ans et la population rurale compose 72% de la population. L'Inde est un pays dépendant, dont la dette extérieure ne cesse d'augmenter : 98 milliards de $ en 1999, 100,6 en 2001, 117,2 en 2004 !

Cela n'empêche pas l'existence de grands conglomérats, alliés à l'impérialisme et gérés par des familles comme Mittal ou Tata. La famille Mittal va ainsi posséder 43% de la nouvelle entreprise. Le principal défenseur en France de Mittal Steel est d'ailleurs François Pinault, un milliardaire parmi les 4 personnes les plus riches de France et récemment nommé... administrateur de Mittal Steel.



Car rien ne se fait sans accord des Etats impérialistes. Le gouvernement de Wallonie (Belgique francophone), qui détient 2,4% du capital d'Arcelor, a ainsi affirmé : « Pour l'avenir des travailleurs de la sidérurgie wallonne, le Gouvernement wallon exprime sa satisfaction quant à la solution amicale intervenue entre Mittal et Arcelor». Patrick Ollier, président de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, a estimé que « C'est quelque chose d'utile aujourd'hui. Ça crée le premier groupe sidérurgique mondial. Il est européen et c'est une bonne chose»

Tout cela vérifie les analyses communistes sur le néo-colonialisme.

« Après la Seconde Guerre mondiale, les impérialistes n'ont certainement pas renoncé au colonialisme, mais ils en ont simplement adopté une nouvelle forme, le néocolonialisme.

Une caractéristique importante de ce néocolonialisme est que les impérialistes ont été forcés de modifier leur ancien style de domination coloniale directe dans certaines régions et d'adopter un nouveau style de domination et d'exploitation coloniale en s'appuyant sur les agents qu'ils ont sélectionnés et formés. »
(Parti Communiste de Chine, 1963)

La bataille impérialiste pour la domination du « tiers-monde » s'accélère chaque jour davantage, tout comme la tendance à la guerre impérialiste. C'est cela l'actualité sociale, le monde réel. C'est à partir de là qu'il faut lutter pour le communisme, dans la lutte mondiale entre la bourgeoisie mondiale et le prolétariat international, comme nous l'avons expliqué dans le document « La fin de l'âge d'or impérialiste. »



Et cette bataille ne saurait passer par les syndicats, laquais de l'impérialisme.

« Aujourd'hui on se rend compte qu'il n'y a que le fric qui compte » a ainsi affirmé Patrick Auzanneau, délégué national CFDT, faisant mine de tomber des nues et de découvrir les lois expliquées par Karl Marx au... 19ème siècle.

Quant à la CGT, qui est le premier syndicat du groupe Arcelor en France, elle dit qu'il est « hors de question de cautionner cette fusion purement financière ».

« C'est vraiment prendre les gens pour des imbéciles. Faire la guerre anti-Mittal pendant des semaines, avec une propagande incroyable, pour en arriver là... On ne peut pas digérer ça ! », a lancé Marc Barthel, le délégué national de la CGT

Mais naturellement ils digéreront, parce que c'est leur rôle et leur nature sociale.

Tout comme il est dans le rôle des communistes d'assumer le combat pour la révolution.


Pour le PCMLM, juin 2006.