Quel est le caractère « social et « national » ouvertement
revendiqué par Royal, Sarkozy et Le Pen? Quelles sont leurs
stratégies, quels intérêts de classe sont représentés??
Aujourd'hui le capitalisme est en crise et il y a plusieurs options
possibles.
Il y a le statu quo proposé par Sarkozy, c'est-à-dire l'alliance de
la bourgeoisie traditionnelle et la petite-bourgeoisie contre ceux
que Sarkozy n'a pas peur d'appeler publiquement des « prédateurs »,
ou comme il le résume « Je veux que le capitalisme familial soit
encouragé parce qu'il s'inscrit davantage dans la durée que le seul
capitalisme boursier. Je veux que la logique industrielle compte
autant que la logique financière. »
A l'opposé de cette stratégie de Sarkozy qui passe par la
réorganisation brutale des structures de l'Union Européenne, Le Pen
représente justement les intérêts de la bourgeoisie impérialiste,
financière, qui entend bien faire en sorte que les classes moyennes
se raccrochent à elles dans une stratégie expansionniste et
agressive reposant sur les seules forces nationales.
Au milieu de cela, il y a Royal avec une position entre les deux, «
Car, chez nous, on le sait, le social et le national marchent
ensemble et c'est l'Etat qui est garant de leur alliance. »
Réorganiser l'Etat, le moderniser, voilà qui pourra satisfaire
toutes les forces en présence, sous la bannière nationale (« Quand
on demande aux Français ce qui, pour eux, symbolise le mieux la
France, ce qui vient en premier ce ne sont ni les frontières ni la
langue, c'est le drapeau tricolore et la sécurité sociale. »).
Sarkozy c'est la bourgeoisie traditionnelle qui compte se maintenir
grâce à l'Europe, Le Pen c'est la bourgeoisie impérialiste qui sait
que l'heure de s'approprier l'Etat approche, parallèlement au
progrès de la crise économique et politique. Royal c'est la
proposition d'un 50/50 grâce à la réorganisation de l'Etat.
Le présent document analyse précisément ces trois stratégies de
modernisation de l'Etat impérialiste, associées étroitement dans
leur nature aux contradictions des classes dominantes.
La question
qui se pose est : qui arrivera à prendre le pas sur l'autre, la
bourgeoisie industrielle ou la bourgeoisie financière? Et quel camp
vont choisir les couches en crise de la petite-bourgeoisie?
1.Le projet social et national de Ségolène Royal
« Chez nous, on le sait, le social et le national marchent ensemble
et c'est l'Etat qui est garant de leur alliance. » (Ségolène Royal)
A la différence des trotskystes pour qui le Parti Socialiste est
une « organisation ouvrière » ainsi que des anarchistes pour qui la
social-démocratie consiste uniquement en du réformisme, pour les
maoïstes les socialistes jouent un grand rôle en aidant l'Etat à se
réorganiser, se restructurer, bref se refaire une santé.
L'expérience de 1981 est ainsi explicite, puisque les socialistes
une fois au pouvoir ont mené toute une série de
restructurations, nationalisations, réorganisations de l'Etat, dans
les domaines de l'industrie comme de la culture, le tout pour
assurer la pérennité de l'Etat impérialiste mais également son
renforcement.
Il est ainsi impossible de comprendre les privatisations
aujourd'hui sans voir le rôle joué par les nationalisations faites
par Mitterrand, qui ont renforcé de nombreux secteurs grâce à
l'acquisition par l'Etat de cinq groupes industriels (Compagnie
Générale d'Électricité, Péchiney-Ugine Kulhmann, Rhône-Poulenc,
Saint-Gobain et Thomson-Brandt), de deux compagnies financières
(Suez et Paribas) et de 36 banques.
A cela s'ajoute les nouveaux dispositifs d'aide financière aux
entreprises (CODEVI), les opérations de restructuration dans les
secteurs souffrant de surcapacités (création du CIRI en 1982), les
plans sectoriels en faveur de certains secteurs en difficultés
(Plan machine-outil, Plan textile...) et également en 1982 la loi
portant sur la réforme de la planification, qui met en place un
nouveau dispositif institutionnel, combinant une Commission
Nationale de Planification de 80 membres », un « plan élaboré en
deux phases, des programmes prioritaires d'exécution (PPE)
héritiers des programmes d'action prioritaires, des contrats de
Plan signés entre l'État et les Régions, et entre l'État et les
entreprises publiques, c'est-à-dire une POLITIQUE DE MODERNISATION
DE L'ETAT PAR LA DECENTRALISATION.
De fait, les trotskystes, en considérant qu'il fallait pousser les
socialistes à aller plus à gauche, ont objectivement servi la
social-démocratie dans sa restructuration de l'Etat impérialiste :
celle-ci n'aurait en effet pas pu avoir lieu sans le consensus des
masses populaires.
La LCR soutenait clairement l'Union de la gauche, disant au sujet
du président Giscard que "Le chasser c'est la précondition de tout
changement"; Lutte Ouvrière a appelé à voter Mitterrand en mai 1981
et ensuite pour les socialistes aux législatives en juin:
l'Organisation Communiste Internationaliste elle appelait à voter
PS, dénonçait la candidature de Marchais, "arme ultime de Giscard",
et considérait que la situation serait révolutionnaire en raison de
la contradiction entre les « partis ouvriers » au pouvoir et le
caractère bourgeois de l'Etat.
Les trotskystes ont ainsi une responsabilité claire dans l'arrivée
des socialistes au pouvoir, dans le triomphe de la social-
démocratie.
Cela explique la faillite que va vivre le trotskysme : la social-démocratie de
Ségolène Royale n'a plus besoin des trotskystes, à
l'opposé de ce qui s'est passé dans les années 1980 (intégration
dans le parti socialiste et les syndicats étudiants de pans entiers
du trotskysme, en tant que cadres).
Car quelle est la nature du projet de Ségolène Royal? Il se situe
dans la continuité du programme de François Mitterrand, qui a fixé
les principes généraux de l'action social-démocrate.
Le premier aspect, c'est la mobilisation des couches populaires
autour du Parti Socialiste comme parti de gouvernement.
Royal dit : « Est-ce cela la condition promise aux millions
d'ouvriers, d'employés, de salariés mais aussi d'artisans, de
commerçants, de petits agriculteurs qui forment l'immense majorité
du peuple français ? » (Lettre du 29 septembre 2006)
La social-démocratie joue un rôle essentiel pour mobiliser la
petite-bourgeoisie et ainsi tenter d'agglutiner les forces
prolétariennes autour de cette classe «moyenne.»
Royal joue ici parfaitement son rôle.
Le second aspect mis en avant par Mitterrand, c'est la
modernisation de l'Etat par une meilleure répartition des
responsabilités au niveau local, c'est-à-dire un meilleur «
encadrement. »
Royal est très claire à ce sujet : « La véritable réforme de l'Etat
c'est la régionalisation, car cela renforce effectivement le
pouvoir de l'Etat et cela rend plus efficace l'action publique »
(congrès de l'Association des régions de France).
Ce souci de l'efficacité de l'Etat ne suffit naturellement pas à
faire un programme: voilà pourquoi le Parti Socialiste a été tenu à
l'écart du pouvoir, puisque s'il s'agit d'avoir un parti
gouvernemental classique, la bourgeoisie a déjà l'UMP.
Si Mitterrand a réussi à éliminer Giscard, c'était en raison du
caractère important du mouvement de masse; telle n'est pas la
réalité en 2007.
Au contraire, si les masses populaires étaient protagonistes de la
révolte des années 1970, les années 2000 sont celles de la petite-bourgeoisie
subissant la crise capitaliste de plein fouet.
C'est l'exacte signification politique de la montée du Front
National, qui est le programme stratégique d'alliance de la
bourgeoisie impérialiste, agressive et impérialiste, avec la petite-bourgeoisie.
Si la social-démocratie veut pouvoir exister, elle doit ôter
l'herbe sous le pied de son concurrent fasciste.
Voilà pourquoi les socialistes ont choisi Royal, provenant d'une
famille militaire et ayant fait l'ENA, elle qui a synthétisé le
programme du retour à « l'ordre juste. »
Et voilà pourquoi le Front National mène une politique de plus en
plus raisonnable (affiche avec une femme « beur », ouverture sur
Dieudonné, etc.)
Si pour les socialistes il s'agit de prouver à la bourgeoisie
impérialiste que l'ordre sera maintenu de manière meilleure avec
eux, le Front National doit pour sa part donner des gages à la
bourgeoisie traditionnelle qui se méfie des conséquences possibles
pour ses affaires avec ce parti.
En ce sens, les citations suivantes pourraient très bien être de Le
Pen comme de Royal:
« Car, chez nous, on le sait, le social et le national marchent
ensemble et c'est l'Etat qui est garant de leur alliance. »
« Quand on demande aux Français ce qui, pour eux, symbolise le
mieux la France, ce qui vient en premier ce ne sont ni les
frontières ni la langue, c'est le drapeau tricolore et la sécurité
sociale. »
Elles sont de Royal dans sa lettre du 29 septembre 2006, mais la
nouvelle orientation « sociale » de Le Pen, par l'intermédiaire de
l'intellectuel Alain Soral, fait que c'est également en quelque
sorte la ligne du Front National.
La différence est la suivante : le Front National veut réduire
l'Etat à sa portion congrue afin d'ouvrir la voie aux monopoles
tenus par la bourgeoisie impérialiste, alors que le Parti
Socialiste prétend maintenir le statu quo en réformant en
profondeur pour « remettre un ordre juste dans ce pays » (Royal en
avril 2006, 20h de TF1).
Royal propose ainsi une intervention différente de l'Etat, alors
que Le Pen considère que l'Etat doit uniquement se concentrer à
servir les monopoles et que les privatisations et le libéralisme
doivent primer.
Royal explique très bien cette option qu'elle met en avant :
« C'est pourquoi la démocratie participative est une façon de
répondre à la crise démocratique. » (lettre du 29 septembre 2006)
« Nous croyons à la France, à ses talents, à son potentiel, à sa
jeunesse, à son goût d'entreprendre et à la solidité toujours
actuelle de la nation, de l'Etat et de la République. La France, je
la vois créative, innovante mais bridée de trop de lourdeurs
bureaucratiques et fragilisée par un Etat qui se désengage. »
(lettre du 29 septembre 2006)
Cette « démocratie participative » dont parle Royal n'est ni plus
ni moins que la mise en avant du CORPORATISME, et en ce sens il est
tout à fait conforme à la social-démocratie, non seulement celle de
Léon Blum, mais également des «néo-socialistes.»
Les néo-socialistes des années 1930, ou encore les « planistes »,
ont abouti à deux courants essentiels.
Le premier courant a tenté de profiter de la victoire nazie pour
tenter d'applique sa ligne: c'est le courant fasciste du
"Rassemblement National Populaire" de Marcel Déat.
L'autre courant, qui a choisi la bourgeoisie gaulliste, a vu ses
idées triompher après 1945 : ce sont les plans, les politiques des
régions, l'aménagement du territoire, les politiques de Mendès-
France, le gaullisme de gauche, les clubs socialistes des années
1960 (comme le Club Jean Moulin), etc.
Le programme socialiste de Mitterrand se situe dans la droite ligne
de la social-démocratie française, celui de Royal également.
Il s'agit d'un programme de modernisation de l'Etat sur la base du
statu quo - alors que le fascisme consiste en une refonte totale de
l'Etat, au profit d'une autre partie des classes dominantes.
Le nazisme allemand a été l'idéologie d'alliance de la bourgeoisie
impérialiste et de la petite-bourgeoisie pour la refonte de l'Etat,
afin d'empêcher la révolution et de permettre la politique
expansionniste. La bourgeoisie industrielle a suivi le mouvement.
En France, le fascisme n'a pas réussi à se développer dans les
années 1930 en raison du Front Populaire, qui a neutralisé la
tentation fasciste d'une partie de la bourgeoisie, mais également
parce que la situation ne l'exigeait pas.
« L'Allemagne [des années 1930] a connu de grandes offensives
prolétariennes, de nombreuses insurrections, et les diverses
fractions de la bourgeoisie se sont déterminées par rapport à cela:
« Les révolutions manquées perfectionnent toujours la machine de
l'Etat bourgeois » (Karl Marx); les mécanismes de domination de la
bourgeoisie se concentrent alors autour de sa fraction dominante.
La France à la même époque n'est sans doute pas le lieu privilégié
de la paix sociale mais en aucun cas on ne peut y découvrir de
véritable offensive prolétarienne visant à la prise du pouvoir.
C'est dans ces conditions que les formes anciennes de rapports de
classe peuvent se perpétuer en France, tandis qu'en Allemagne la
concentration économique et financière devenue la règle sera le
support du fascisme national-socialiste.
Cela ne veut évidemment pas dire qu'au niveau de l'infrastructure
économique ne se dessine pas en France un mouvement vers
l'hégémonie du capital financier, mais on en est, à l'aube de 1940,
qu'au premier stade de son développement, et sa traduction
politique est encore balbutiante.
Du fait de la guerre et de la victoire temporaire de l'impérialisme
nazi, cette fraction nouvelle de la bourgeoisie industrielle et
financière qui, ailleurs, a soutenu le fascisme, va paradoxalement
chez nous s'exprimer politiquement à travers la résistance
gaulliste. » (« Gaullisme et révisionnisme », écrit par Alain
Geismar, depuis passé dans les rangs sociaux-démocrates).
Voilà ce qui explique ce qui semble inexplicable aux historiens, à
savoir qu'une partie significative de l'extrême-droite, notamment
monarchiste, va participer à la résistance : pour cette fraction de
la bourgeoisie expansionniste, la domination nazie est un obstacle
politique et économique.
L'effondrement des forces politiques progressistes va permettre à
la petite-bourgeoisie, qui voulait simplement l'ordre, le statu
quo, de suivre celui qui l'incarnait : Pétain.
Autant il fallait en Allemagne, en raison de la crise capitaliste,
que la petite-bourgeoisie se retrouve dans la politique de
réorganisation nazie de l'Etat, servant la bourgeoisie
impérialiste, dans le bouleversement des structures politiques avec
la naissance du troisième Reich, autant en France elle se retrouve,
pour des raisons historiques, dans la bourgeoisie industrielle
traditionnelle, celle que représente Pétain.
Voilà ce qui explique également la soit-disant position des
Français durant la seconde guerre mondiale telle que l'expliquent
les « historiens »: « pétainiste en 40, gaulliste en 45. »
Il s'agit seulement du basculement de la petite-bourgeoisie d'une
alliance à une autre, à un nouveau programme nationaliste, c'est-à-
dire gaulliste.
Le projet « social et national » de Royal est exactement similaire.
Il s'agit d'un projet de réorganisation de l'Etat, conformément aux
exigences de la lutte des classes.
Il s'agit d'une entreprise contre-révolutionnaire, visant à placer
la petite-bourgeoisie au plus près de la bourgeoisie industrielle,
afin de maintenir le statu quo.
Et il est faux de penser que ce statu quo serait positif en raison
du fait qu'il s'oppose au projet de la bourgeoisie impérialiste de
s'allier avec la petite-bourgeoisie sous la bannière de Le Pen.
Un tel point de vue était déjà apparu dans les rangs du Parti
Socialiste lors de la question du référendum sur la constitution
européenne: voter oui empêcherait le fascisme.
La réalité est que pour empêcher le fascisme, il faut que la classe
ouvrière unisse dans un front les masses populaires ainsi que la
partie pauvre de la petite-bourgeoisie.
Seul le communisme peut affronter le fascisme - oui affronter et
non pas «éviter»! Voilà pourquoi la social-démocratie sert le
fascisme : elle s'oppose de toutes ses forces à la révolution et au
communisme et pour cette raison ne peut empêcher la marche
historique du fascisme dans le cadre de la crise du capitalisme. Au
contraire, elle lui ouvre la voie.
Voilà pourquoi Staline a parfaitement raison d'affirmer que : "La
social-démocratie et le fascisme ne sont pas des antipodes, mais
des jumeaux."
Voilà pourquoi la véritable stratégie antifasciste aujourd'hui en
France est de lever le drapeau rouge de la classe ouvrière.
Il n'est pas correct de critiquer le « réformisme » de Ségolène
Royal, de tenter de le « déborder » - faire cela c'est nier la
progression du fascisme, c'est courir derrière la petite-bourgeoisie au lieu de lever le drapeau rouge et de rassembler les
masses populaires.
2.Le projet de Sarkozy
« Je n'accepterai jamais que l'on dise : les usines c'est fini,
l'industrie c'est fini, le plein emploi c'est fini, les Ardennes
c'est fini, la France c'est fini. Je ne le dirai jamais car je ne
le croirai jamais. »
Le « Discours pour la France » qui souffre fait à
Charleville-Mézières le 18 décembre 2006 synthétise toutes les
positions de Sarkozy.
Le choix du lieu n'est pas que social, il est aussi franchement
national, et cela il l'a formulé dès le début du discours : « dans
ce département des Ardennes où s'est joué tant de fois le sort de
la nation et où, dans l'ombre des grands arbres, d'anciennes
légendes entretiennent le mystère des vieilles forêts qui ont vu
passer les légions de César et les armées de Charles Quint. »
Sarkozy affirme donc qu'il y a crise et qu'il faut réagir à cette
crise; il prône l'unité autour de la nation, c'est-à-dire qu'il
reconnaît l'existence de différentes couches sociales, affirmant
qu'elles ont toutes un intérêt commun : « Je ne suis pas venu vous
dire : tout ce que vous avez fait pendant des siècles ne vaut plus
rien ! Toute cette culture, tout ce savoir-faire, toute cette
tradition industrielle c'est terminé !
Je pense exactement le contraire. C'est une richesse extraordinaire
que le savoir-faire et la culture d'un vieux pays qui ne veut pas
mourir. »
Cette carte nationale consiste naturellement à remettre de l'ordre
: « Je suis venu ici parce qu'ici c'est la France, la vraie France
celle que j'aime, telle que je la connais, telle que je la ressens.
La France qui croit au mérite et à l'effort, la France dure à la
peine, la France dont on ne parle jamais parce qu'elle ne se plaint
pas, parce qu'elle ne brûle pas des voitures - cela ne se fait pas
ici de casser ce que l'on a payé si cher - parce qu'elle ne bloque
pas les trains. »
Il va de soi qu'en affirmant cela Sarkozy se coupe des plus pauvres
et de ceux qui se révoltent, mais là est justement la clef de sa
stratégie pour diviser les masses.
Il le dit d'ailleurs explicitement! Ceux qui l'intéressent, ce sont
les petits entrepreneurs, les classes moyennes composées de cadres
etc. ainsi que les ouvriers traumatisés par les délocalisations; de
fait il le dit tel quel :
« La France qui souffre c'est aussi celle des travailleurs pauvres,
de tous ceux qui estiment ne pas avoir la récompense de leur
travail, de leurs efforts, de leurs mérites. Celle qui sait qu'avec
le SMIC on n'arrive plus à se loger, celle des temps partiels
subis, celle des mères isolées qui ne peuvent pas travailler à
temps plein parce qu'elles n'ont pas les moyens de faire garder
leurs enfants.
C'est la France des salariés de l'industrie qui vivent dans la
hantise des délocalisations, des cadres qui redoutent à 50 ans de
faire les frais de la prochaine réorganisation et de ne plus avoir
de place dans l'économie et la société. C'est aussi celle des
artisans, des agriculteurs, des pêcheurs écrasés de charges et de
contraintes et qui n'arrivent plus à faire face. C'est la France
des classes populaires qui a peur de l'exclusion et celle des
classes moyennes qui a peur du déclassement. »
En ce qui concerne la classe ouvrière c'est très clair : Sarkozy
vise la partie du prolétariat qui a subi durant des années le
discours de la CGT et du « PCF » consistant en le « patriotisme
économique. »
Cette stratégie de Sarkozy repose sur une logique précise : celle
de la continuité. Celui-ci se pose dans la continuité de Jacques
Chirac, il dit : « il nous faut aller plus fort et plus loin. »
C'est-à-dire qu'il dit clairement qu'il s'oppose à la bourgeoisie
impérialiste, qu'il est pour freiner ses prétentions, et cela au
nom du maintien de l'ordre social, et en alliance connue et
reconnue avec la petite-bourgeoisie : « Ce renoncement donne le
pouvoir aux prédateurs au détriment des entrepreneurs. Il fait
passer la spéculation avant la production. Or je veux être celui
qui soutient les entrepreneurs et encourage la production, car il
nous faut créer de la richesse si nous voulons faire reculer la
pauvreté, la précarité, l'exclusion. »
Sarkozy parle de « prédateurs », de « spéculation », exactement
comme pourrait le faire le « PCF »; de fait sa ligne en faveur de
la bourgeoisie industrielle est très claire : « Je veux que le
capitalisme familial soit encouragé parce qu'il s'inscrit davantage
dans la durée que le seul capitalisme boursier.
Je veux que la logique industrielle compte autant que la logique
financière. »
Pour cette option, Sarkozy n'a pas le choix: il doit s'appuyer sur
les autres bourgeoisies industrielles européennes, afin de
renforcer les positions de la bourgeoisie industrielle en France,
ou comme il dit « Accepter la fin de l'industrie comme une fatalité
est une erreur stratégique. » (C'est lui qui souligne)
Naturellement personne ne veut abolir l'industrie, mais par là il
vise directement la bourgeoisie financière qui entend bien mettre
de côté les intérêts de la bourgeoisie industrielle.
D'où également sa proposition de modernisation des structures de la
communauté européenne, de la formation d'un « Ministre des Affaires
étrangères de l'Union européenne » (discours à la Fondation des
Amis de l'Europe et la Fondation Robert Schuman à Bruxelles le 8
septembre 2006).
Tout cela vise à aider à la stabilité du système, à permettre qu'il
continue de tourner comme avant.
Sarkozy profite à ce titre de la légitimité du système, voilà
pourquoi il espère gagner les classes moyennes, en leur disant :
avec moi pas de risques, alliez-vous à moi et « Ici nous mettrons
la France au coeur de l'Europe. Ici nous arrêterons ce mouvement fou
qui vide les territoires pour remplir les banlieues. »
Ce qui signifie : nous stopperons la prolétarisation. Et c'est
exactement ce que veulent les classes moyennes - reste à savoir si
elles lui feront confiance en définitive.
3.Le Pen ou l'option agressive
Le projet de Le Pen a pris un caractère « nouveau », cela a été
maintes fois souligné, notamment par ceux qui ont affirmé que le
fameux «Discours à Valmy» aurait été écrit par l'intellectuel
Alain Soral, qui se présente comme « marxiste » et met en avant la
logique culturelle fasciste «ni droite ni gauche.»
Le Pen attaque dans ce fameux discours ceux qui « ont trahi la
Nation, son peuple et la République à Maastricht et ailleurs... » et
ont « livré la France aux pouvoirs étrangers de l'immigration
sauvage et de la mondialisation. »
Il va de soi ici que la critique de l'immigration vise la
bourgeoisie industrielle, qui a fait venir de la main d'oeuvre au
lieu de chercher à maintenir une politique coloniale et néo-coloniale agressive;
quand il critique la mondialisation il ne vise
pas le capital financier mais au contraire la faiblesse du capital
financier français dans le cadre de la concurrence international.
Car l'intérêt n'est pas seulement que Le Pen affirme que « De
Gergovie à la Résistance en passant par la monarchie capétienne et
l'épopée napoléonienne, je prends tout ! Oui tout !
Car toutes ces actions héroïques, novatrices, audacieuses,
participent du génie de notre pays.
Un génie virevoltant où le changement radical fut plusieurs fois la
voie du salut, la condition de la pérennité. »
Ce discours du changement, du nationalisme, n'est aujourd'hui plus
original; ce qu'il faut voir est que son option nationaliste relève
du « cavalier seul. »
Le Pen explique ainsi la problématique: « Nouvelle menace, nouveau
défi, nouvel espoir... pour que continue l'histoire d'une France
forgée à la grandeur des Vercingétorix, des St Louis, des De
Gaulle... ou bien qu'elle disparaisse, dépecée, annihilée, engloutie
dans le magma euro-atlantiste, vouée à l'Organisation Mondiale du
Commerce et soumise à l'euthanasie de l'OTAN. »
C'est-à-dire que Le Pen représente le fraction agressive de la
bourgeoisie impérialiste; celle-ci a décidé d'élargir son champ
d'action en direction de la petite-bourgeoisie, car selon elle les
conditions sont mûres politiquement (Le Pen au second tour aux
dernières présidentielles, victoire du non au référendum sur la
constitution européenne) et économiquement.
La tendance à l'hégémonie des monopoles est inévitable au stade
impérialiste du capitalisme. Pour cela, il est nécessaire pour la
bourgeoisie impérialiste de lancer un mouvement pour réorganiser
l'appareil d'Etat et la culture nationale selon ses besoins
expansionnistes.
C'est pourquoi Le Pen s'adresse : « A ceux qui fuient à l'étranger
; A ceux qui fuient par le " panem et circences " que sont la télé
et les jeux ; A ceux qui fuient dans les anti-dépresseurs dont nous
sommes les plus grands consommateurs au monde - ce qui en dit long
sur la souffrance des femmes et des hommes de ce pays... A tous ceux
enfin qui se sont résignés à l'une ou l'autre forme de la
dépression - nerveuse ou économique, je dis que l'exemple et le
souvenir de Valmy nous donnent la leçon et nous montrent la voie.»
C'est-à-dire : pour résorber la crise, passons à l'offensive,
menons une politique nationale agressive, transformons en
profondeur l'Etat et la culture nationale.
La logique de ce proposition stratégique est authentiquement
fasciste; les fascisme italien et allemand n'ont pas eu d'autres
contenus.
Le discours sur la « Défense » au meeting de Toulon en septembre
2006 pose clairement cette ligne expansionniste : « En réalité, il
s'agissait de désir de construire une défense européenne et non
plus française, et d'accepter l'inféodation de cette armée fédérale
à l'OTAN, car nos gouvernants ont cessé de penser la France comme
un Etat indépendant et souverain, ayant des intérêts nationaux à
préserver avec des moyens propres. (...) Nous n'avons plus
d'industrie aérienne militaire, pratiquement plus de chantiers de
construction et de réparation navale, plus d'industrie d'armement.
(...) Il nous faut reconstruire un outil militaire indépendant,
adapté à la menace, à nos besoins et à nos intérêts, à la défense
prioritaire de la France et des Français, où qu'ils se trouvent
dans le monde.
Cette politique nationale et autonome n'exclut aucune coopération,
aucune alliance, à partir du moment où elle est conforme et utile à
nos intérêts. Il s'agit du rang de la France, de sa liberté de
manoeuvre stratégique et militaire, donc politique. Il s'agit, je le
répète, de sa capacité à assurer elle-même sa propre survie. »
La marche à la guerre impérialiste : voilà la solution de l'extrême-
droite à la crise du capitalisme, une solution fondée sur
l'alliance des classes devant aller de l'avant; la petite-
bourgeoisie pour maintenir son existence et ne pas se prolétariser,
la bourgeoisie impérialiste pour se réaliser pleinement et ce au
dépens de la bourgeoisie traditionnelle / industrielle.
Voilà pourquoi toute la stratégie de Le Pen est de gagner des
points dans les couches en voie de prolétarisation, et si possible
même dans le prolétariat lui-même :
« Mépris des petits patrons, qualifiés de paternalistes, de
passéistes, parce qu'ils refusent d'être sacrifiés, eux et leurs
salariés, sur l'hôtel de la mondialisation, des stocks options, des
copains du MEDEF et des fonds de pensions.
Mépris des petits commerçants, toujours identifiés aux profiteurs
du marché noir et affublés du sobriquet d'épiciers, et qui, dans
les faits, subissent la concurrence déloyale de ces grandes
surfaces qui défigurent l'abord des villes, transformant peu à peu
le centre de nos petites bourgades en désert.
Mépris des paysans, accusés par les bobos des villes de dénaturer
la nature, alors que ce sont eux qui, de leur mains, par un travail
millénaire, ont façonné nos campagnes, et qui, pour tout
remerciement, sont promis demain, comme les marins-pêcheurs, à la
liquidation pure et simple, puisque la PAC et les technocrates de
Bruxelles ont programmé leur mort en 2012.
Mépris des ouvriers, rebelles aux restructurations et aux
délocalisations qui les jettent par millions à la rue, et à qui nos
énarques, enrichis dans le même temps par les stocks-options,
reprochent encore leur manque de sens du sacrifice, leur manque de
modernité, qui signifie pour eux chômage et misère...
Mépris des fonctionnaires, forcément absentéistes, qu'on veut
rendre responsables de la destruction des services publics, alors
que le plus souvent, fidèles à leur mission, ils en sont les
premières victimes... La grande masse des fonctionnaires, nous ne la
confondons pas, au Front national, avec les oligarchies syndicales
qui se sont glissées en elle comme dans un fromage !
Mépris des femmes, mères et travailleuses, seules condamnées dans
notre pays à la double peine, soit disant libérées de la quiétude
du foyer pour devenir les petits soldats du salariat pressuré et de
la consommation idiote. Avec comme hochet, la parité et la lecture
abrutissante des magazines people, quand ces femmes ont un si
urgent besoin de places de crèche, de salaire parental et autre
aménagement du temps de travail...
Mépris des vieux, rebaptisés « seniors » quand ils ont un pouvoir
d'achat, et sinon abandonnés à la solitude par cette société qui a
détruit la famille et ses liens affectifs, et qui ne parle plus, en
guise de solution, que de légaliser l'euthanasie...
Mépris des jeunes, à qui on croit pouvoir masquer la société de
chômage, d'insécurité et de dettes qui les attend, par la Star
Academy et un bac au rabais...
Mépris des immigrés aussi, parqués dans les culs de sac de
l'immigration que sont les cités, traités tantôt comme des
victimes, tantôt comme des criminels, selon les besoins de
politiques qui les voient toujours comme des primitifs et qui les
manipulent à coup de sobriquets grotesques : beurs, potes, encadrés
par des « assoces » aux noms tout aussi suspects que « ni pute ni
soumise »... »
Cette stratégie tous azimuts montre bien que la bourgeoisie
impérialiste ne s'avance plus à pas de velours, elle commence à
vouloir synthétiser toutes les positions « nationales » pour former
son projet contre-révolutionnaire.
La bourgeoisie impérialiste est
prête à gérer tout le pays. Et même s'il est peut-être trop tôt
aujourd'hui, elle sait que l'avancée de la crise capitaliste lui
profite et que c'est une excellente avancée pour préparer demain,
que dès aujourd'hui elle prépare les cadres pour sa « révolution »
de demain.
4. Quelle stratégie?
De tout cela il ressort clairement que la stratégie révolutionnaire
d'aujourd'hui, c'est la stratégie antifasciste. La classe ouvrière
et les masses populaires sont sur la défensive.
A l'opposé, la petite-bourgeoisie ne cesse de s'exciter, la
bourgeoisie industrielle essaie de maintenir ses positions et la
bourgeoisie impérialiste, elle, tente une percée.
Il est évident à terme que la bourgeoisie impérialiste, financière,
l'emportera sur la bourgeoisie industrielle; c'est une loi
historique que l'on comprend parfaitement si on étudie les
processus ayant abouti aux deux guerres mondiales impérialistes.
C'est de là qu'il faut partir si l'on veut lutter de manière réelle
et non pas se fonder sur une période transitoire.
Ne pas voir que le fascisme est à l'offensive aujourd'hui, que le
fascisme travaille en profondeur toute la société, serait en rester
politiquement au niveau des «révolutionnaires» qui n'ont rien
compris du marxisme et ne connaissent rien à l'économie politique.
Tout le travail du PCMLM jusqu'à présent a permis précisément de
comprendre cela; en ce sens est résolue la question de savoir s'il
a été correct ou non de prendre l'initiative de former un noyau dur
pour analyser le monde à la lumière du marxisme-léninisme-maoïsme.
La juste théorie doit donc maintenant se transformer en politique
correcte, et cette politique c'est l'antifascisme orienté par les
exigences révolutionnaires de la classe ouvrière.
L'antifascisme de l'époque nouvelle n'a ainsi entendu rien à voir
avec le pseudo «antifascisme» petit-bourgeois de l'ancienne
période, qui se contentait de «dénoncer», pensant naïvement que
cela «isolerait» l'extrême-droite. L'idéologie marxiste-léniniste-maoïste enseigne justement qu'il n'y a pas de crise capitaliste
sans fascistes et condamne l'illusion d'une société capitaliste «pacifiée», «démocratique», etc.
Ce pseudo « antifascisme » petit-bourgeois a d'ailleurs beaucoup
servi les fascistes qui ont eu beau jeu d'apparaître comme les
vrais rebelles opposés à toutes les valeurs du système, attaqués de
toutes parts.
Pour cette raison, il faut souligner les points suivants concernant
la lutte antifasciste qui doit être entreprise.
Il n'y aura pas de lutte antifasciste sans lutte contre le mythe du
«totalitarisme». Cette idéologie nie que « là où il y a
oppression, il y a résistance », elle nie la lutte de classes, elle
sert uniquement à aider les libéraux dans leur refus de la lutte
authentique et elle s'oppose à l'idéologie communiste qui explique
que les masses veulent la révolution.
Cette lutte contre cette idéologie passe par l'éducation politique
et historique des luttes, grâce à des exemples qui devront être
parlants, comme par exemple le fait que la lutte communiste ne
s'est jamais arrêté dans l'Allemagne nazie : on peut autant se
servir d'exemples parlants, comme le fait qu'une année après la
prise du pouvoir de Hitler, rien que du 30 juin au 2 juillet 1934,
83 nazis ont été exécuté par les révolutionnaires, ou encore que
lors des votes dans les conseils d'usines l'écrasante majorité des
ouvriers ne participaient pas ou même oser «non» (les votes
furent par conséquent supprimés après 1934).
Contre l'idéologie du totalitarisme et ses conséquences (élitisme,
idéologies «expliquant» la « stupidité » des masses, comme la
psychanalyse, etc.) il faut affirmer : les masses font l'histoire!
La lutte contre le légalisme dans le cadre de la lutte antifasciste
est une condition obligée - pour vaincre le fascisme il faut
vaincre les fascistes!
Les trotskystes s'opposent toujours à la violence antifasciste sous
prétexte qu'elle ne serait pas «de masse»; c'est pour cela qu'ils
ont refusé et se sont opposés à la Résistance armée au nazisme (et
obtenu le titre gracieux de «hitléro-trotskystes»). Cette
position est naturellement celle également des couches petites-bourgeoises.
Critiquer cette position erronée n'est pas suffisant : il faut
montrer l'intérêt politique et matériel de la violence antifasciste
avec des exemples clairs, parlants et sans appel, afin que le
courant lamine les légalistes. C'est de plus une position que les
minorités (arabe, juive, homosexuelle, etc.) exigent le plus
fermement. Contre le légalisme qui nie la lutte de classe, il faut
affirmer : le pouvoir est au bout du fusil!
La question de l'unité est essentielle.
Ici c'est l'exemple de la guerre antifasciste d'Espagne qui est le
plus parlant, parce qu'elle a été le fruit de l'unité antifasciste;
cela aidera pour démasquer ceux qui, sous des prétextes divers,
veulent briser la réalisation d'un large front. Cela sera
nécessaire non seulement contre les tendances gauchistes mais aussi
contre l'aile droite : le Parti Socialiste d'Allemagne avait ainsi
interdit formellement à ses militants le 28 juin 1932 tout travail
antifasciste commun avec les communistes.
Contre ceux qui veulent diviser le peuple, il faut mettre en avant
le mot d'ordre: critique, autocritique, unité!
Il faut étudier et démasquer la nature de l'idéologie fasciste!
Il faut impérativement que cesse l'habitude de voir en les
fascistes de « simples réactionnaires » facilement discrédités. Il
est impératif que les antifascistes connaissent l'idéologie
fasciste et ses principes (vitalisme et culte du corps,
corporatisme, nationalisme et militarisme, antisémitisme, ethno-différentialisme et
expansionnisme, idéalisme et lecture
psychologique de l'histoire, fantasme machiste du baroudeur qualifié
d'"aventure individuelle", darwinisme social, folklore païen et national-catholicisme, etc.).
L'idéologie fasciste est l'expression d'une combinaison d'intérêts
économiques : ceux de la bourgeoisie impérialiste et ceux de la
petite-bourgeoisie en crise; cela signifie montrer toute la
signification de la lecture marxiste-léniniste-maoïste de la
société.
Contre ceux qui ne veulent pas lutter contre le fascisme de manière
systématique et qui nient le rapport du fascisme avec la crise
capitaliste, il faut dire: l'histoire est l'histoire de la lutte
des classes!
Voilà quelle est la direction politique de la lutte antifasciste
aujourd'hui : montrer que ce sont les masses qui font l'histoire et
non pas les « élites »; révéler la nature de l'idéologie fasciste
et ses fonctions sociales : servir l'expansionnisme, la guerre
impérialiste; montrer le caractère erroné d'une lutte antifasciste
«légale» c'est-à-dire révéler la nature de classe de chaque Etat;
briser les initiatives s'opposant à l'unité populaire en mettant au
centre de toute politique la classe ouvrière, classe la plus
révolutionnaire de notre époque.
Telle est la seule orientation révolutionnaire authentique, telle
est l'orientation marxiste-léniniste-maoïste.
Pour
le PCMLM, janvier 2007.
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