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La faillite du Tour de France, un exemple édifiant de la décadence du capitalisme
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En 1998 c'était déjà l'affaire de l'équipe Festina, dont
une voiture contrôlée contenait de grandes quantités de produits dopants,
avec comme résultat l'exclusion de toute l'équipe, dont le favori du
Tour Richard "J'ai été dopé à l'insu de mon plein gré" Virenque.
L'expression haute en couleur de Virenque est passée à la postérité,
et a rendu une dimension humaine au Tour de France.
Mais elle fait également partie du formidable patrimoine cinématographique
du cyclisme et de ses excuses folkloriques.
« J'ai du saisir au passage, à quelque inconnu, une boisson avec un produit prohibé.
De bonne foi, je l'ai bue » avait déjà dit Danilo Hondo au journal l'Equipe (28/07/1975).
On a aussi Felice Gimondi, qui expliquait que « Lors de l'échappée qui me permit
de l'emporter à Limoges, je n'avais plus rien à boire. L'Espagnol Linarès me
donna son bidon, peut-être que celui-ci contenait un dopant. » (L'Equipe 26/07/1967).
Mais ce qui relevait hier de la pratique douteuse et
des faiblesses « humaines » est aujourd'hui une horreur généralisée,
tout à fait en phase avec la corruption généralisée du capitalisme.
« Aujourd'hui, si nous devions participer au Tour avec notre meilleur niveau de l'époque,
Hinault, Fignon et moi, nous ne serions même pas dans les quinze
premiers »: voilà ce que dit Greg LeMond, vainqueur de trois éditions du Tour
(1986, 1989 et 1990)!
Et s'il y en a qui disent que c'est du catastrophisme,
qu'il s'agit uniquement d'un aléas dans un parcours mouvementé,
il suffit qu'ils constatent la « Une » du quotidien France Soir du 26 juillet 2007:
« M. Desgrange, son père
MM. Garin, Cornet, ses enfants
MM. Bobet, Anquetil, Thévenet, Merckx, Poulidor, Hinault, LeMond, Fignon, Indurain,
ses petits-enfants ont la douleur de vous faire part du décès du Tour de
France survenu le 25 juillet 2007, à Orthez, à l'âge de 104 ans des suites
d'une longue maladie. Ses obsèques seront célébrées dans la plus stricte intimité ».
Même ce quotidien « populaire » - en fait populiste - est obligé de reconnaître les faits.
Et pourtant, le Tour de France c'est comme Zidane, c'est intouchable!
Quiconque ose le critiquer doit faire face aux accusations d'anti-patriotisme
ou de gauchisme coupé des réalités.
Comme l'a rappelé le président de la République Nicolas Sarkozy au Conseil des Ministres:
« Le Tour de France, c'est un des symboles de l'identité française,
et un mois de juillet sans Tour de France, ce n'est pas un mois de juillet. »
Car la situation est désormais catastrophique. Le Tour de France
n'a plus aucune crédibilité, sa légitimité s'est littéralement effondrée.
Là, c'est tout de même le maillot jaune, Michael Rasmussen, qui est viré du Tour par
sa propre équipe, en raison de ses mensonges quant à l'endroit où il a passé les dernières semaines...
Après qu'il ait été viré de la formation nationale néerlandaise
en raison de faux plannings donnés pour éviter les contrôles anti-dopages!
Il s'était même fait hué par le public, sur la ligne d'arrivée et sur le podium!
Vinokourov, de l'équipe Astana, vainqueur à Loudenvielle quelques jours auparavant, avait
alors expliqué devant la presse... qu'il inspirait « le respect. » Quelques heures plus tard, il était accusé de dopage et toute son équipe a dû abandonner!
Les plus critiques sont alors les membres de l'équipe Cofidis, notamment leur manager...
Équipe Cofidis qui elle aussi a dû quitter le Tour quelques heures après en raison du dopage!
Les chaînes publiques de télévision allemandes (ARD-ZDF) ne diffusaient quant à elles déjà
plus le Tour depuis le 15 juillet, lorsqu'un coureur de l'équipe allemande
T-Mobile (ex-Telekom) avait été contrôlé positif à la testostérone...
Ainsi, l'un des plus grands événements populaires de la France se révèle pour
ce qu'il est: un énorme produit commercial, une marchandise du début jusqu'à la fin.
Et naturellement, autre vérification de cette réalité, on a l'attitude de la bourgeoisie « de gauche »,
par la voix du quotidien Libération ce jeudi: « Pour quiconque fait profession de journalisme,
il est devenu totalement incohérent de continuer à publier des classements dépourvus de toute
signification et à narrer une épopée qui n'a d'intérêt que pour quelques scientifiques en quête
de nouvelles pharmacopées. »
Le quotidien ne publiera ainsi plus le classement du Tour,
« ni même le profil de l'étape », « tout simplement parce que les affaires de dopage qui
se multiplient enlèvent toute valeur sportive à l'épreuve et ne confèrent plus aucun
sens à la hiérarchie des coureurs telle qu'elle est établie. »
Une attitude tout à fait conforme à l'esprit social-démocrate, qui plutôt que
d'assumer et de critiquer le capitalisme, se voile totalement la face, par
« dignité » et « en attendant des jours meilleurs. »
Une attitude « passive » et non critique qui vise à sauver les meubles,
parce que le problème est simple: jamais la retransmission du Tour de
France n'aura été autant suivi, tous les records d'audience de France
Télévisions sont battus.
Mais quelle est la réalité? Le Tour de France de l'année dernière n'a même pas de vainqueur
officiel, car des procédures judiciaires sont toujours en cours en raison du
contrôlé positif à la testostérone du coureur américain Floyd Landis.
La situation est tellement catastrophique que dans les couloirs d'Amaury Sport
Organisation (ASO), l'organisateur du Tour basé à Issy-les-Moulineaux en banlieue parisienne,
les grands portraits dédiés aux vainqueurs s'arrêtent... à Miguel Indurain,
maillot jaune de 1991 à 1995.
Car Bjarne Riis, vainqueur en 1996, est passé aux aveux; Marco Pantani
(1998) est mort tragiquement après une vie d'addiction; Lance Armstrong (1999-2005)
a été confondu par certains tests et subit des accusations de partout...
Sans parler de l'affaire Festina, de l'affaire Delgado en 1988 (Delgado est contrôlé
positif au « probenicide », produit qui dissimule les anabolisants, interdit
par par le comité olympique mais pas par l'Union Cycliste, qui le fera 15
jours après la victoire à Paris de Delgado), de l'affaire Puerto
(en 2006 avec neuf coureurs écartés, dont les favoris Jan Ullrich et Ivan Basso),
des aveux d'Erik Zabel, le meilleur sprinteur du Tour (le « maillot vert ») de 1996...
Dans ce cadre général de décadence généralisée du sport pourri jusqu'à la moelle
par le capitalisme, de corruption systématisée dans la course aux bénéfices,
rien n'est plus ridicule que les propos béats de la Ministre de la Justice:
« Il est important que ce sport reste propre. »
« Il est important que ce sport reste propre. » « Le monde n'est pas une marchandise ».
« La culture n'est pas à vendre ». Toutes ces phrases creuses ne sont que
au fond qu'une simple diffusion
d'illusions sur le mode de
production capitaliste.
Pour que s'épanouisse enfin le sport prolétarien,
celui qui porte en lui les valeurs d'entraide, de respect,
d'honnêteté, de progression de soi-même, de plaisir et qui
n'est pas qu'un prétexte à engranger des millions
de bénéfices, il n'y a qu'une seule perspective : la Révolution!
Pour
le PCMLM, juillet 2007.
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