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Le racisme est-il le produit du « colonialisme » passé ou des rapports
impérialistes présents? Au sujet de l'indigénisme, de l'ethno-différentialisme
("0% racisme, 100% identité")
et du communautarisme, idéologies opposées à la conception selon laquelle l'histoire est
l'histoire de la lutte des classes
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Le racisme est-il l'expression du monde présent,
où une poignée de pays impérialistes domine l'ensemble des
pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine? Ou bien le racisme est-il
le produit du vieux « colonialisme », commençant avec Christophe Colomb, au 16ème-17ème siècle?
L'histoire est-elle l'histoire de la lutte des classes? Ou bien chaque peuple présente une "nature"
particulière, l'amenant à se développer de manière "particulière"?
Le racisme vient-il de la domination présente des peuples et
nations des trois continents, le « tiers-monde »? Ou bien est-il
le fruit du « postcolonialisme », c'est-à-dire la perpétuation
d'une "culture" issue de la colonisation?
L'Etat est-il l'expression de rapports sociaux, ou bien est-il neutre et la société devrait-elle
être organisée en corporations, avec des lois différentes pour chaque composante sociale, chaque
communauté?
Toutes ces questions sont d'actualité. Il est impossible de comprendre où va le monde
si l'on ne voit pas que pour sauver l'ordre social, l'impérialisme tente perpétuellement
de diviser la société. C'est le principe du corporatisme.
Le corporatisme, c'est l'idéologie affirmant que la société n'est pas divisée en classes, mais en
"autre chose". Les différences sociales sont "reconnues", mais elles ne joueraient pas un
rôle essentiel.
On peut prendre comme exemple l'interview suivant :
« Chiara Bonfiglioli : Il y a quand même des différences entre indigènes, il
y a les Talents de Cités, ceux qui ont été appelés par Chirac au Sénat après
les émeutes, les jeunes de la banlieue qui ont réussi...ceux qui ont mérité...
C'est pour problématiser cette catégorie d'indigènes, pour dire qu'effectivement
il y a des indigènes riches, ceux qui ont des positions...
Houria Bouteldja, porte-parole du Mouvement des indigènes de la république : C'est une catégorie politique qui recoupe en partie les analyses marxistes,
sur les classes, les riches et les pauvres, etc. mais ça ne suffit pas pour parler de
l'indigène. Parce qu'un Noir riche peut être discriminé. Il ne suffit pas de dire que
c'est la lutte des classes, ça c'est clair et net. Il y a autre chose que la lutte des
classes, il y a la race. » (Contretemps n° 16, mai 2006)
« Il y a autre chose que la lutte des classes, il y a la race », tel est un excellent exemple
de corporatisme. La société est divisée non plus en classes sociales, mais en individus dont les droits
dépendent de la communauté à laquelle ils appartiennent. C'était le cas dans l'Azanie / Afrique du Sud
de l'apartheid où c'était selon la couleur de peau, c'est encore le cas en Inde où cela dépend de
la religion.
Dans cette vision du monde, il n'y a pas de "hiérarchie", mais des différences irréductibles. C'est le
principe de "0% racisme 100% identité".
Un excellent exemple de cette position est celle de Ben Vautier.
Cet "artiste" écrit des phrases lapidaires à la main, d'une
grosse écriture ronde, et elles sont imprimées en blanc sur fond noir, signé de son prénom. "Le hasard est partout",
"Il faut se méfier des mots", "tomber amoureux"...
Ses "oeuvres" se retrouvent partout,
depuis les cahiers de textes jusqu'aux T-shirts branchés, des publicités pour les pâtes jusqu'aux
chaussettes, Ben Vautier est une figure majeure de l'art contemporain en France.
Ce que l'on sait moins, c'est que Ben Vautier est un grand promoteur de l'ethno-différentialisme.
Son site internet promeut ainsi "la 1ère Internationale ethniste", qui affirme que le monde doit
être divisé en ethnie, que cela résoudrait tous les conflits mondiaux.
Ben Vautier affirme ainsi que l'histoire est l'histoire des ethnies; il n'y a ainsi aucun
métissage possible, "lors d'un mariage inter-ethnique ce n'est pas une
nouvelle ethnie qui apparaît mais l'un des conjoints perd sa culture et
s'adapte volontairement à celle de l'autre."
Ben Vautier refuse naturellement toute conception d'Etat multinational, il est pour qu'il y ait
autant d'Etats que d'ethnies dont l'une des principales caractéristiques est la langue. L'idéologie
de l'ethnisme est que : "il faut arrêter l'oppression économique que subit telle ethnie par
rapport à telle autre".
Comme on le voit, Ben Vautier dit exactement la même chose que les Indigènes de la République, sauf
que chez Ben Vautier différentes communautés ne peuvent coexister. Voilà pourquoi la théorie de Ben
est totalement folklorique et rejoint le fatras des illuminés racialistes.
Mais voilà aussi pourquoi la logique des Indigènes de la république est plus pernicieuse : elle
contribue à diviser les masses populaires.
La vérité est que lorsque les Indigènes de la République affirment que « L'idéologie coloniale
perdure, transversale aux grands courants d'idées qui composent le champ politique français »
(Appel pour les Assises de l'anti-colonialisme post colonial), ils nient en réalité le néo-colonialisme.
Oui, la France est raciste ! Mais ce racisme n'est pas issu de l'exploitation des colonies
hier, mais de celle des néo-colonies aujourd'hui ! La France n'est pas une
« république post-coloniale », mais un pays impérialiste néo-colonialiste, ce qui n'a rien à voir!
Lorsque parfois les Indigènes de la République approchent de cette question néo-coloniale,
leurs limites de classe se montrent d'ailleurs immédiatement.
Il n'est jamais fait mention des luttes armées et des guerres populaires se déroulant dans les pays
d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine; la question
du néo-colonialisme n'est abordée que pour soutenir les thèses erronées comme quoi il
resterait une culture coloniale dans l'Etat français, comme par exemple dans l'article
« Elections africaines sous contrôle occidental : Une nouvelle forme de colonisation ? »,
qui parle de « démocraties naissantes en Afrique » qui se voient confronter aux
« sempiternelles interventions occidentale »!
Quiconque connaît l'Afrique, ou l'Asie ou l'Amérique latine, sait bien qu'il n'y a nul part de
démocraties naissantes, que dans tous ces pays une poignée d'individus est totalement dirige le pays
en étant totalement vendus aux pays impérialistes. Parler de "démocraties naissantes"
c'est rêver complètement, c'est nier tout le caractère néo-colonial
de la domination des pays d'Asie, d'Afrique et
d'Amérique latine!
Le même article affirme qu'en Amérique Latine et en Asie « les résultats des urnes
tendent plutôt à exprimer la faim d'être soi, de sortir du long cycle colonial blanc »
et prône la « fondation d'un pôle de libération et de développement [de ces deux continents]
avec l'Afrique. »
C'est ni plus ni moins un fantasme petit-bourgeois, une pure construction idéologique
petite-bourgeoise pour donner à la petite-bourgeoisie une réalité politique, réalité qu'elle
n'a pas du tout car toutes les décisions sont prises par la petite clique dirigeante, la bourgeoisie
bureaucratique vendue à l'impérialisme.
Chaque jour la réalité montre de fait le caractère vain des fantasmes de ce type, car TOUS
les pays impérialistes produisent le racisme, développement le racisme dans leurs sociétés,
et non pas simplement les pays ayant eu des colonies!
Le « colonialisme » commence en tant que tel dès la « découverte » de l'Amérique par
Christophe Colomb; c'est à partir de cette période que les Etats et entreprises espagnoles,
portugaises, hollandaises pénétrent les continents africain, asiatique et américain.
Or ce n'est qu'avec l'impérialisme que les rapports sociaux sont bouleversés, que sont
créées des bourgeoisies bureaucratiques au service des pays impérialistes, bourgeoisies
bureaucratiques désormais au pouvoir dans ces pays « décolonisés », en fait néo-colonisés.
Quiconque nie l'existence de la bourgeoisie bureaucratique comme forme sociale organisée
par l'impérialisme pour maintenir son exploitation en reste au colonialisme de l'époque
mercantiliste, de l'époque pré-impérialiste.
Quiconque nie l'existence des rapports néo-coloniaux ne peut pas voir que la forme moderne
du racisme est l'ethno-différentialisme.
Le principe de l'ethno-différentialisme est de justifier la situation, l'ordre social de chaque pays;
si les pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine
ne sont pas autant "développés" que les pays impérialistes, c'est qu'en fait ils se sont développés
"différemment", que leurs objectifs sont différents, car leurs valeurs ne sont pas les mêmes puisqu'il
s'agirait d'autres "peuples", "nations", "ethnies", etc.
Le discours "communautaire" - religieux ou ethnique ou national etc. - ne dit pas autre chose, comme
par exemple Bin Laden qui attribue à l'Islam une autre "nature".
En fait, ce discours corporatiste moderne, ce que les intellectuels bourgeois appellent le
"communautarisme", est une pure expression de rapports sociaux très concrets.
En l'occurence en France il s'agit de couches sociales qui ont repris les concepts forgés par la bourgeoisie
intellectuelle philosophique française partisane de la théorie de la « déconstruction »
des idéologies (Derrida, Deleuze, Foucault...), bourgeoisie intellectuelle
qui a eu un énorme succès aux Etats-Unis.
Selon elles, nous vivons dans un monde « post-moderne », où le marxisme
a montré qu'il a échoué à décrire et changer le monde, où il est temps
de mettre en valeur d'autres « facteurs. »
Quelles sont ces couches sociales? Quels sont ces « facteurs »?
En France ces couches sociales sont petites-bourgeoises et composées d'immigrés qui ont
pu, dans le cadre du capitalisme, s'élever socialement; pour des raisons historiques
ces petits-bourgeois d'origine immigrée ne se sont pas fondus dans la petite-bourgeoisie
générale, mais ont conservé des formes d'organisation communautaires en raison du caractère
spécifique de leur activité.
De la même manière que les cafetiers parisiens proviennent historiquement de
l'Aveyron et possèdent un fort esprit de corps, certains métiers ont été l'apanage
des petits capitalistes d'origine immigrée, comme par exemple les commerces de proximité,
le fameux « chez l'arabe », ou encore le « grec », fast-food géré par des petits-commerçants
d'origine turque.
Il y a de la même manière les commerces gérés par des petits-bourgeois d'origine chinoise,
les restaurants indiens-pakistanais gérés des petits-bourgeois
d'origine sud-asiatique, tout comme plein d'autres activités économiques
(web café, comptabilité, etc.) ; c'est-à-dire que ces
personnes d'origine immigrée sont, objectivement, des petits capitalistes.
Un tel phénomène n'est pas particulier à la France. Le sionisme est né de ces mêmes couches sociales
d'origine juive dans les pays de l'Europe centrale et orientale; le Pakistan est né de la même
manière de couches sociales immigrées musulmanes du Nord de l'Inde, etc.
Quel est le point de vue correct à ce sujet?
Il faut être clair : en France, dans la culture raciste populaire,
le petit-commerçant arabe est avant tout arabe,
mais pour quiconque analyse la société selon les critères de Karl Marx et Friedrich Engels,
il est avant tout un petit-commerçant.
Ne pas voir cela ne permet pas de comprendre pourquoi ces petits commerçants
soutiennent la religion, en l'occurrence l'Islam, exactement comme
les petits-bourgeois d'origine non immigrée soutiennent la réaction.
« L'islamophobie » est un terme qui ne veut strictement rien dire et ceux qui l'utilisent se
contredisent eux-mêmes. Ils affirment en effet que les musulmans sont rejetés et que c'est l'islam
qui est visé, alors que toute leur argumentation est fondée uniquement sur l'ostracisme vécu
par les musulmans dans leur existence, c'est-à-dire sur la situation de CONCURRENCE
vécue par une couche sociale bien particulière.
On l'a bien vu en novembre 2005 : la petite-bourgeoisie commerçante d'origine arabe a tenté
de s'approprier le mouvement des banlieues, tout en refusant catégoriquement
tout contenu social-révolutionnaire sur des fondements de classe.
Et cette tentative d'appropriation passe par la religion : l'Islam est un prétexte pour affirmer une réalité sociale, à savoir l'existence d'une couche sociale,
et cette couche sociale est la petite-bourgeoisie arabe.
De la même manière que la petite-bourgeoisie juive a le sionisme comme moyen d'expression
idéologique, la petite-bourgeoisie arabe développe sa propre idéologie.
En France, l'Islam aujourd'hui est très clairement l'idéologie de la
petite-bourgeoisie d'origine immigrée originaire de pays où la population est
majoritairement musulmane ; elle est une idéologie soit-disant interclassiste, ayant comme fonction,
exactement comme le nationalisme, de raccrocher les masses derrière la petite-bourgeoisie.
Le sionisme est l'exact équivalent pour la petite-bourgeoisie juive : elle est un moyen
d'empêcher la lutte de classes contre elle, en créant une "communauté" unifiée et fermée.
C'est le principe du nationalisme, appliquée aux conditions concrètes de ces couches sociales.
L'idée nationaliste, c'est que la nation a plus d'importance que la classe; la religion
dit exactement la même chose, et de fait religion et nationalisme vont le plus souvent de pair.
Cette couche sociale est tout à fait consciente de cela. Une démonstration de cela
se trouve dans les propos de Dieudonné, qui en début janvier 2007 affirmait que :
"Mais qu'est-ce que ça change entre un nazi et Léon Blum ?
Qu'est-ce que ça change pour l'Afrique et les Africains objectivement ?
Des hôpitaux ? Non... Moi je suis en plus d'une colonie allemande, le Cameroun.
Non, les routes étaient faites, les hôpitaux, tout était là ! C'était même en meilleur état.
Je suis peut-être un peu taquin, nan mais les routes étaient plus solidement installées,
des gravs bon, une sorte de méthode..."(La stratégie électorale anti-busherisation proposée par
Dieudonné pour le président 'de 2007' : Alliance à la Chavez :
droite nationaliste + gauche antilibérale contre le monopole UMP-PS)
Dieudonné peut en affirmer une telle chose : l'Allemagne n'avait pas du tout la même politique coloniale
que la France. La ligne de l'Allemagne était ethno-différentialiste: chaque peuple a ses particularités
et doit se développer en fonction de sa "nature."
Il n'y avait le moins d'interférence possible, seulement une aide logistique à l'organisation économique.
Naturellement, ce que Dieudonné ne mentionne pas au sujet de ces "colonies" de l'Allemagne, c'est qu'un
apartheid très strict était mis en place et il va de soi que les rares "zones protégées" par
l'Allemagne devaient "naturellement" produire des ressources dont l'Allemagne avait besoin.
Ce qu'il ne mentionne pas non plus, alors que c'est le B-A-ba de qui s'intéresse un tant soit peu
au vécu des masses populaires du continent africain, est le génocide de la population Hereros (en Namibie
actuelle) par l'Allemagne entre 1904 et 1911. 70.000 des 80.000 Hereros fut exterminé, avec notamment
l'utilisation pour la première fois dans l'histoire du monde de camps
non plus de concentration mais carrément d'extermination.
Le généticien Eugen Fischer y procéda à des expérimentation
médicale sur les détenus et à des mensurations sur les cadavres
dans l'optique anthropologique et eugéniste; Eugen Fischer sera professeur pour les
médecins SS (Mengele sera l'un de ses assistants), un grand ami
du philosophe Heidegger et le responsable de l'organisation
de la stérilisation de centaines de milliers de personnes considérées comme "attardées" par
le régime nazi.
Mais ce que Dieudonné sait c'est que la logique de l'Allemagne permettait aux dominants locaux de
conserver leur rôle social traditionnel, en raison de la stricte séparation raciale.
Voilà pourquoi Dieudonné n'a pas du tout bronché
dans son interview fin 2006 à la radio
parisienne Radio Courtoisie (qui rassemble toutes les tendances de l'extrême-droite française)
lorsque le chroniqueur a parlé de races différentes, avec
des valeurs différentes, mais "égales" en droit en général.
La petite-bourgeoisie veut sa part du gâteau. Un ancien exemple de cela est l'Algérie des années 1950-1960,
où la petite-bourgeoisie juive a réussi à entraîner l'ensemble de la communauté juive derrière son
drapeau pour suivre l'impérialisme français. La même chose s'est passé en Inde 20 ans avant
avec le large déplacement de populations musulmanes vers le Pakistan nouvellement formé,
la petite-bourgeoisie musulmane du Nord de l'Inde s'appropriant les commandes de l'Etat ainsi que la capitale
Karachi.
Il est évident d'ailleurs que si on considère que cette division corporatiste de la société est du
fascisme, alors les USA sont un bastion fasciste. Les masses populaires sont là-bas divisées
au possible en différentes communautés et groupes interclassistes.
Comme l'a affirmé Georges Jackson, l'un des principaux théoriciens du Black Panther Party :
« Les Etats-Unis ont choisi d'être l'ennemi mortel de tous les gouvernements
populaires, de toutes les mobilisations de la conscience socialiste
scientifique partout dans le monde, de tous les mouvements
anti-impérialistes de la terre.
Leur histoire dans les cinquante
dernières années et plus, les caractéristiques intrinsèques de
leurs structures fondamentales, leur dynamique politique,
économique et militaire, font des Etats-Unis le prototype de
la contre-révolution fasciste internationale. »
Pour nous communistes la chose est claire : il n'y a pas de races et l'histoire est
l'histoire de la lutte des classes; la lutte des nations et peuples opprimés ne
sont pas des luttes raciales, mais des luttes contre l'impérialisme, stade suprême du capitalisme.
Selon les principes développés par Lénine, suivant l'internationalisme prolétarien,
les partis communistes de chaque pays ne sont pas « français », « allemand », « péruvien »,
« indien », mais « de France », « d'Allemagne », « du Pérou », « d'Inde » - ce qui n'a
rien à voir par exemple avec les Indigènes de la République parlant d'un « Front blanc de soutien aux indigènes. »
Analysant la lutte afro-américaine aux USA, Mao Zedong constatait ainsi : « La
contradiction entre les masses noires aux Etats-Unis et les cercles dominants US est
une contradiction de classe. C'est seulement en renversant la domination réactionnaire
de la classe des capitalistes monopolistes US et en détruisant le système colonialiste
et impérialiste que les noirs aux Etats-Unis gagneront leur émancipation complète. »
(Déclaration en soutien aux Afro-américains face à la violente répression, 16 avril 1968)
L'idée que la contradiction entre peuples - peuple opprimé et peuple oppresseur -
ne relève pas de la lutte de classe, mais « d'autre chose », est une conception
fondamentalement réactionnaire.
Les Black Panthers ont à ce titre été un modèle de lutte contre le racisme, et ils ne critiquaient
pas le caractère « post-colonial » d'un Etat raciste n'ayant quasiment jamais eu de
« colonies », mais s'appuyant fondamentalement sur l'exploitation des néo-colonies!
Les Black Panthers voulaient détruire l'Etat et abolir la bourgeoisie.
« Lorsque nous disons que nous sommes des marxistes-léninistes, cela signifie que
nous avons étudié et compris les principes fondamentaux du socialisme scientifique
et que nous avons adapté ces principes à notre propre situation, pour nous.
Marx a défini l'époque de la bourgeoisie et fourni la direction du futur prolétarien.
Il a analysé le capitalisme et défini la méthode pour sa fin : REVOLUTION VIOLENTE
DU PROLETARIAT CONTRE L'APPAREIL D'ETAT BOURGEOIS D'OPPRESSION DE CLASSE ET DE REPRESSION.
VIOLENCE REVOLUTIONNAIRE CONRE LA VIOLENCE DE CLASSE CONTRE-REVOLUTIONNAIRE EFFECTUEE
PAR LES FORCES SPECIALES REPRESSIVES DES TENTACULES ARMEES DE L'ETAT.
Cette grande définition de Marx et Engels est devenu dans l'histoire de l'idéologie
l'arme la plus puissante dans les mains des opprimés. Elle marque une avancée
gigantesque pour toute l'humanité. » (Sur l'Idéologie du Black Panther Party, brochure
« The Black Panther », 1970).
Il suffit de comparer cette position authentiquement révolutionnaire avec la conception
"nationale" et "sociale" de Dieudonné :
"Moi le Ché m'a porté dans son combat, et Chavez aujourd'hui me porte.
Je suis transporté par le changement de société qu'ils ont produit dans
leur pays, et bien voilà c'est ce que j'espère.
Vous savez Hugo Chavez, il a alphabétisé toutes les campagnes, en dix ans.
Il s'est allié avec les nationaux et avec l'extrême gauche."
(La stratégie électorale anti-busherisation proposée par
Dieudonné pour le président 'de 2007' : Alliance à la Chavez :
droite nationaliste + gauche antilibérale contre le monopole UMP-PS)
Il faut être très clair : la conception mélangeant "national" et "social" n'est pas "rouge-brune" -
elle est au contraire très exactement l'idéologie fasciste.
Le fascisme a toujours une dimension sociale, et cette dimension sociale c'est la
division de la société en corporations, en corporations "au-dessus" des classes sociales.
La démagogie fasciste affirme que dans l'"Etat total" il n'y a pas de hiérarchie entre les
corporations, alors qu'en fait naturellement la bourgeoisie conserve son pouvoir.
L'ethno-différentialisme fait pareil : il affirme que tous les peuples ou ethnies ou religions
ou communautés sont "différents" par "nature" et qu'il faut un système les reconnaissant,
et avec la même démagogie il prétend qu'il n'y pas de hiérarchie.
Il peut même prétendre "valoriser" les autres cultures : voilà pourquoi la cinéaste Leni Riefenstahl,
auteur du film "Le triomphe de la volonté" sur le congrès du parti nazi à Nuremberg en 1935
ainsi que de l'apologie de "la force par la joie" nazie avec le film sur les jeux olympiques à Berlin
de 1936, a ensuite réalisé des films à caractère ethnologique sur des tribus africaines.
Voilà pourquoi les nationalistes affirment qu'ils sont pour préserver toutes les identités,
la "richesse" des différents caractères "raciaux" des différents pays.
Chaque peuple aurait une "âme", une "psyché", "un imaginaire collectif" qui lui serait particulier,
telle est la théorie de la "Nouvelle Droite", autour d'Alain de Benoist et
ses revues (Nouvelle École, Krisis, Éléments, etc.), et cette théorie des années 1970-1980 a très largement
été repris par les fascistes de tous les pays impérialistes.
Contre toutes ces théories qui visent à préserver le monde tel qu'il est, ou pire
à retourner en arrière, les communistes s'affirment pour l'unité des masses populaires, pour une
politique de classe!
Les communistes sont pour mettre de côté toutes les pseudos "identités" inventées
à l'époque de l'impérialisme, afin que se réalisent les droits
démocratiques et révolutionnaires des masses populaires; la classe ouvrière, la classe la plus
révolutionnaire de notre époque, est le poumon de l'air frais d'une société débarrassée de
tous les préjugés.
Ainsi, la véritable identité des masses pourra s'exprimer, dans la culture et non plus
dans la concurrence et la guerre, dans un cadre national mais
immédiatement de dimension internationale, c'est-à-dire humaine.
Car le communisme, c'est la rencontre des cultures nationales qui se sont développées dans l'histoire du
monde, dans un esprit internationaliste d'ouverture et d'acceptation de l'échange, du partage.
Le communisme, c'est la reconnaissance de la valeur de la culture de chaque peuple du monde, sans en
faire un fétichisme et sans permettre son anéantissement par la barbarie impérialiste.
Les communistes n'ont ainsi pas peur du nouveau, les communistes n'ont pas peur du métissage,
de la rencontre des
êtres de tous les horizons, les communistes n'ont pas peur de ce qui est humain, au contraire :
que l'humanité se libère de ses chaînes, tel est le but.
L'humanité, libérée des chaînes de l'oppression et de l'exploitation, pourra s'unifier en
assumant ses multiples facettes culturelles développées sur tous les continents!
La communauté humaine profitera de la richesse de tous les peuples, chaque individu étant
libre de partir à la rencontre d'un autre individu, au-delà des barrières culturelles
qui auront disparu au profit d'une union de type nouvelle, communiste !
Les tentatives de division de l'humanité se briseront sur l'internationalisme du prolétariat
international; les peuples du monde portent en eux l'histoire et la culture du monde et de
l'humanité dans sa longue histoire et la barbarie impérialiste ne pourra rien détruire.
Les tentatives de division des masses populaires n'empêcheront pas la lutte révolutionnaire
d'aller jusqu'à la guerre populaire dans chaque pays du monde, guerre populaire
qui balaiera l'Etat ainsi que le "colossal tas d'ordures"
laissé par les préjugés de l'ancienne société!
Pour
le PCMLM, février 2007.
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