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L'armée française intervient dans les élections présidentielles, une démonstration
du caractère pseudo-démocratique de l'Etat bourgeois
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La grande muette ne l'est plus. L'armée, en France, n'a officiellement
plus son mot à dire depuis 1870. Elle intervient quand on lui demande, où on l'exige
(de la Commune de Paris hier à la Côte d'Ivoire ou l'Afghanistan aujourd'hui).
Mais elle n'a pas son mot à dire dans le processus de décision; si elle le fait c'est dans des situations
extrêmement particulière, lorsqu'une couche sociale s'appuie sur elle pour réorganiser l'Etat
(lors de la débâcle de 1940, lors de la tentative
de "putsch des généraux" en 1961).
Mais tout a désormais changé, parce que la crise a bien avancé. Une "lettre ouverte" a ainsi
été envoyée aux candidats à l'élection présidentielle,
par une vingtaine d'anciens généraux. Il est en fait signé "Les Sentinelles de l'Agora",
un "club" créé en 2003 par l'ancien général d'infanterie Pierre-Dominique d'Ornano, "pour
faire entendre la parole des militaires dans un cadre démocratique".
Il ose expliquer, chose absolument inédite dans un Etat démocratique bourgeois "traditionnel",
que "Les militaires
doivent pouvoir intervenir dans le débat républicain sans esprit polémique."
C'est-à-dire que pour ce club les militaires ont une voix au chapitre, leur
avis compte, fini la grande muette et fini l'armée officiellement passive!
En fait
il s'agit même plus que de cela; il s'agit d'un véritable avertissement de la part de la
bourgeoisie impérialiste à la bourgeoisie industrielle.
Le document est ainsi lourd de sous-entendus concernant la position de Sarkozy, représentant
de la bourgeoisie industrielle, qui en 2004 voulait économiser un milliard d'euros
sur le dos de l'armée française.
Les positions de Ségolène Royal de privilégier l'éducation passent très mal également.
Or les "sentinelles" sont très claires: hors de question de "s'en remettre entièrement à notre
allié américain".
"Le monde est dangereux", "Les formes et les moyens d'agression se diversifient et se multiplient",
"le rapport des forces se modifie au détriment de l'Europe".
Bref, l'armée est incontournable, et les candidats feraient bien de se rappeler que la bourgeoisie
financière détient des éléments-clefs de l'Etat et qu'il y a des choses avec lesquelles on ne
plaisante pas...
Une question peut se poser : pourquoi est-ce que ce sont d'anciens généraux qui parlent?
En fait théoriquement à l'armée
toute politique est interdite, au point que les seuls supports papier qui peuvent entrer à l'intérieur
des casernes sont les grands quotidiens; toute autre forme de journal, document écrit ou tract y est
formellement interdite.
Ces anciens généraux ne risquent donc rien et peuvent parler au nom de ceux qui sont actifs
à l'Etat-major, une preuve essentielle en est que le document des "Sentinelles"
est publié dans la revue "Le Casoar", l'organe des Saint-Cyriens
(l'École spéciale militaire de Saint-Cyr est une "Grande Ecole", qui forme
les officiers de l'armée de terre française).
De plus, une dizaine de colonels et lieutenants -
colonels ont également signé le document.
C'est dire si ce document n'est pas seulement celui d'un "club" d'intellectuels militaires...
Cela va donc plus loin que l'appel à voter Jacques Chirac lancé en 1988 par 45 hauts-gradés,
qui était déjà une prise de position en faveur du candidat de la bourgeoisie financière.
Ce qu'affirme les sentinelles est toujours la même chose : il s'agit de mettre en avant la
capacité de l'impérialisme français à agir seul.
Tout cela est la démonstration parfaite de la validité des thèses marxistes-léninistes-maoïstes
sur les contradictions actuelles entre la bourgeoisie financière et la bourgeoisie industrielle.
Michèle Alliot-Marie est ainsi un élément vital pour la campagne de Sarkozy, candidat ouvert de la
bourgeoisie industrielle : sans elle, il ne peut prétendre être le candidat sachant au mieux
ménager la chèvre financière et le chou industriel, et encore ce n'est pas suffisant pour une large
partie de la bourgeoisie financière, comme le montre la haine pour Sarkozy éprouvée par Chirac,
De Villiers ou Le Pen.
L'intervention de l'armée dans la campagne pour la présidentielle est à la fois un témoignage, l'expression
et une action de plus de la bourgeoisie impérialiste dans sa campagne pour totalement
s'approprier l'Etat.
La fascisation est en marche, comme il se doit dans le cadre de la crise
du capitalisme, voilà de quoi il faut partir pour faire de la politique révolutionnaire aujourd'hui.
Pour
le PCMLM, février 2007.
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