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Questions sur la militance
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Pourquoi répondre à des questions sur la militance?
Parce que pour des raisons tactiques nous n'en avons jamais véritablement parlé,
mais qu'aujourd'hui une telle chose n'est plus possible.
Le fait que des gens un peu partout en France s'intéressent au maoïsme, sans pour autant que nous
ayons des liens directs avec eux - pour des raisons géographiques ou de sécurité,
car nous ne nous ouvrons qu'à peu de monde - rend nécessaire d'aborder franchement ce sujet.
Etes-vous conscients que votre attitude a donné une impression d'intellectualisme?
Bien entendu, mais c'était secondaire par rapport à nos priorités.
De la même manière, on nous a souvent reprochés de ne pas être présents
dans les manifestations, les meetings, etc., parce que nous aurions
des choses à dire et que nous pourrions faire avancer des choses.
Là aussi cela allait contre nos priorités et ce que nous considérions comme des nécessités
politiques.
Pour commencer, pouvez-vous expliquer brièvement en quoi consiste votre activité militante?
D'une certaine manière, deux mots suffisent: agitation et propagande.
Nous prônons la révolution, c'est-à-dire la destruction de
l'Etat capitaliste; notre objectif est le communisme, notre drapeau est rouge,
marqué de la faucille et du marteau; notre identité est communiste,
marxiste-léniniste-maoïste.
Qu'entendez-vous par « agitation et propagande »?
Parce que nous sommes révolutionnaires, nous ne mettons pas en avant ce que nous faisons,
où nous le faisons et comment nous le faisons. C'est un principe de sécurité essentielle -
« la révolution n'est pas un dîner de gala. »
Ce sont les masses à qui nous nous adressons qui doivent nous juger, pas les flics ou
les fascistes. Mais disons que - pour ce dont nous pouvons parler ici - que
cela va par exemple des tracts dans les boîtes aux
lettres jusqu'aux pochoirs, des discussions aux grèves. Ce ne sont que quelques exemples
parmi toute une variété de possibilités. Et le critère est le suivant :
il faut oser mettre le désordre sous le ciel!
Il existe d'autres organisations s'affirmant également révolutionnaires.
En quoi le PCMLM s'en distingue-t-il?
Tout d'abord, l'écrasante majorité de ces organisations dites révolutionnaires
ne prône pas la révolution; leur activité est associative, syndicale,
revendicative. La révolution est un but lointain, c'est le « grand soir. »
Elles n'en parlent pas comme d'un objectif concret et elles ne formulent pas de stratégie
révolutionnaire commençant dès aujourd'hui.
Leur ligne n'est pas celle de l'affrontement dès aujourd'hui
avec le capitalisme et l'Etat, mais celle de toute une gamme de revendications
permettant une « accumulation de forces. » Alors que pour nous, tout s'analyse par
l'affrontement existant dès aujourd'hui entre la révolution et la contre-révolution.
Pour vous, la situation est révolutionnaire?
Notre époque est révolutionnaire.
En ce sens nous sommes bien les disciples de Lénine et de l'Internationale Communiste.
Ce qui fait que selon nous, toute situation est marquée par l'affrontement
entre révolution et contre-révolution, ce qui ne veut pas dire que l'aspect principal
soit l'offensive de la révolution.
Très concrètement, pour les maoïstes il existe trois positions de la révolution :
défense stratégique, équilibre stratégique, offensive stratégique. Aujourd'hui, nous partons
de la situation de défense stratégique de la révolution.
Mais qu'est-ce que cela signifie concrètement? Que demandez-vous aux personnes voulant vous rejoindre?
Ce que nous demandons est relativement simple.
Nous sommes contre le fait de mettre la pression et d'amener les gens
immédiatement dans des actions militantes éperdues, jusqu'à l'épuisement.
Une telle activité est une pure expression de faiblesse, et c'est ce que font tous
les petits groupes trotskystes, qui mènent un militantisme acharné et toujours plus agressif,
plus hystérique.
Ces groupes savent éperdument que leurs militants ne resteront pas, aussi
ils les utilisent à fond pour "faire tourner la boutique" et pouvoir avoir des militants en
remplacement.
Notre conception est à l'opposé totalement "zen", parce que nous partons
du principe que la lutte est prolongée.
Ainsi, nous ne courons derrière personne et si quelqu'un décide
de s'engager avec nous, parce qu'il est attiré comme un aimant,
nous ne lui demandons pas de rompre tout lien social avec son
ancienne vie, au contraire nous considérons qu'il apporte avec lui beaucoup de choses.
Ce que nous demandons aux nouveaux camarades, c'est d'être conscient du processus qui
les a amenés à nous, d'apprendre de leur propre expérience pour la faire
partager, pour nous faire comprendre leur propre besoin de communisme.
C'est naturellement un processus plus ou moins long, mais à nos yeux c'est
très important pour que nous soyons l'expression réelle et complète
du besoin du communisme de l'ENSEMBLE de la classe.
Qu'entendez-vous par « classe »?
La classe prolétaire, qui porte en elle le projet communiste.
Et en son sein, son coeur révolutionnaire : la classe ouvrière.
Toutes les idées progressistes, révolutionnaires, viennent de cette classe,
car elle seule porte la conception communiste du monde.
Pourquoi pensez-vous qu'aujourd'hui il y a de plus en plus de monde à s'intéresser
aux orientations du PCMLM, alors que le maoïsme avait en gros « disparu » depuis les années 1970?
Si le PCMLM existe aujourd'hui politiquement, c'est parce que 1.nous
avons les pieds sur terre et constatons chaque jour l'avancée du fascisme,
alors qu'à l'extrême-gauche personne ne voit rien venir tout en ressentant
le sol disparaître sous ses pieds; 2.nous affrontons les questions
de la vie quotidienne du prolétaire qui naturellement n'intéressent pas les petits-bourgeois.
Le premier point a été permis parce que nous ne sommes pas
tombés dans le piège du « non » à la constitution européenne,
qui a été une source énorme de chauvinisme.
Nous avions, en tant que communistes, bien vu que le « non » était porté par
la petite-bourgeoisie ainsi que la bourgeoisie impérialiste ultra-agressive,
celle de Le Pen.
Le second point se fonde sur la ligne de masses, qui s'est avérée
totalement correcte (et seule correcte) au moment de la
rébellion des quartiers populaires de 2005.
Vous avez parler "questions de la vie quotidienne prolétaire". Qu'entendez-vous précisément par là?
Regardez les documents du PCMLM. Ce ne sont pas des études théoriques.
Ils sont des reflets d'une vision concrète de la part de gens assumant
les masses telles qu'elles sont, pas comme nous pourrions espérer qu'elles soient.
Il n'y a pas si longtemps que cela, le mensonge comme quoi le PCMLM serait une
position purement « intellectuelle » pouvait encore passer.
Aujourd'hui, il est clair que les documents du PCMLM expriment
une pensée politique, une militance révolutionnaire.
Alors que les autres, qui prétendaient avoir une « pratique » -
les trotskystes, les anarcho-syndicalistes, les associatifs, etc. -
se retrouvent politiquement dépassés dans le cadre de la fascisation et de la crise capitaliste.
Comme le dit Karl Marx, « L'arme de la critique ne peut
remplacer la critique des armes, et la force matérielle doit être
renversée par une force matérielle ; toutefois la théorie devient,
elle aussi, force matérielle, dès qu'elle s'empare des masses. »
Ce que nous appelons la vie quotidienne prolétaire, c'est la vie
des masses populaires et soyons clairs : dans le capitalisme,
les masses c'est le meilleur et le pire, le plus souvent en même temps,
le tout emmêlé et difficile à distinguer.
Le marxisme-léninisme-maoïsme est précisément l'expression politique
du prolétariat pour sortir de cette impasse invivable.
Ainsi, lorsque nous parlons de vie quotidienne, cela signifie:
l'existence de la femme autant que de ses luttes, le nucléaire et ses utilisations,
l'école, la question de l'auto-défense contre les flics, la santé, les
quartiers, la question des tests chimiques des produits commercialisés,
le poison de la culture fasciste qui se diffuse dans les masses...
Pour donner un exemple : pour les pseudos-révolutionnaires, la chanson
« ma benz » de Supreme NTM est uniquement sexiste et faisant l'apologie
des grosses voitures symboles du luxe capitaliste.
Pour nous, c'est également l'expression culturelle de la misère
matérielle des masses et en l'occurrence surtout des jeunes,
qui en absence de logements utilisent la voiture comme endroit pour
avoir des relations sexuelles.
Concrètement, en quoi consiste l'activité militante de vos membres?
Saboter les mécanismes empêchant les révoltes, la rébellion. Servir le peuple.
Voilà pourquoi la lutte est prolongée, voilà le rôle du Parti :
il faut tout d'abord, avant même d'avoir la capacité d'agir
précisément là où cela fait mal, mener une enquête sur la réalité, sur la situation du peuple.
Qui fait quoi, où ça et pourquoi. Quelles sont les forces sociales,
leurs cultures, leurs conceptions de la vie.
Quand on a fait cela, on rassemble les idées et les conceptions dans une sorte de petit "rapport".
On synthétise alors le tout, à partir des idées et des conceptions des couches sociales
les plus exploitées et principalement de la classe ouvrière, afin d'y
trouver le besoin de communisme et on compare avec les observations des autres camarades.
Comme l'a formulé Brecht, chacun a deux yeux mais le parti en a mille...
Pouvez-vous nous donner un exemple concret?
Prenons l'exemple d'une personne décidant de mener un travail révolutionnaire dans
des immeubles d'une cité dans un quartier, tout simplement parce qu'elle y habite.
Elle va d'abord voir quel est l'environnement: les immeubles côtoient-ils des pavillons?
Qui vit dans ces pavillons : des retraitéEs, des classes moyennes?
Quels sont les rapports entre les habitantEs des pavillons et les habitantEs du quartier?
Cela est très important car au niveau administratif, tout le quartier porte le même nom,
alors qu'il recouvre des réalités sociales différentes.
Cela est en général dû à des raisons historiques (un lieu-dit), électorales et de contrôle
social (mixité sociale nécessaire pour constituer un réservoir de balances
électorales et politiques, pour empêcher les prolétaires de s'unifier,
grâce à l'influence petite-bourgeoise sur la classe).
Il faut être clair : dans tout quartier il y a une influence de couches sociales
y habitant ou y travaillant et qui est une influence bourgeoise,
amenée par les avocats, médecins, profs, travailleurs sociaux,
épiciers et tenant de supermarchés ou de bars, etc.
Une fois que la personne a fait cela, elle peut définir le quartier,
les classes sociales en présence. Le plus souvent on peut dire
qu'il s'agit d'immeubles HLM (plusieurs blocs habités par des prolétaires,
des sous-prolétaires, des artisans, des petits fonctionnaires, etc.)
gérés par l'office municipal, avec quelques bâtiments gérés par
un organisme privé, entourés d'immeubles tout aussi grands mais
mieux entretenus puisqu'ils sont en copropriété (ceux-ci
sont habités par des prolétaires endettés et des petits
fonctionnaires dont beaucoup de retraités).
À côté, dans les petites maisons qui bordent les immeubles, on trouve toute
une population de petits-bourgeois : profs, médecins, travailleurs sociaux,
animateurs, différents fonctionnaires etc. Ce sont ces gens-là qui,
en général, gèrent au quotidien le quartier.
Pour cela, ils disposent d'associations diverses financées
par des subventions publiques. Profitant du statut d'« associations »,
ils tiennent (dans le sens, ils sont le conseil d'administration et
prennent toutes les décisions) le « centre social et culturel » et
le trustent avec des activités souvent perçues comme des trucs de « vieux blancs »
: bals musettes, loto, scrabble, soirée à thème, musique classique, jeux de
belote ou de bridge, etc.
Les responsables de ces associations captent tout l'argent injecté dans le
quartier et le gèrent en liaison avec leur parrain politique qui bien
souvent habite au milieu d'eux. Il arrive aussi qu'ils se servent
directement dans la caisse pour eux ou leur parti politique.
Le préfet, quant à lui, lors de réunions régulières, chapeaute
le tout et organise les soutiens en hommes (animateurs,
éducateurs, entraîneurs sportifs, policiers...) et
en matériel (voitures, subventions diverses, fonds Sarkozy...).
Comprendre cet environnement est essentiel pour pouvoir
travailler quelque part, sinon on ne perçoit pas les
influences extérieures à la réalité où l'on veut travailler politiquement.
Vous voulez dire que pour que quelqu'un puisse travailler quelque part, vous lui
demandez d'abord de regarder autour, et non pas de se focaliser sur là où il va travailler?
Cela peut paraître étrange, mais c'est en fait parfaitement logique.
Pour connaître une réalité, il faut en connaître les différents aspects;
pour comprendre le prolétaire il faut comprendre l'autre aspect de
la contradiction sociale: le bourgeois.
C'est la thèse de Lénine dans « Que faire? » comme
quoi « il faut aller dans toutes les couches de la société »,
sinon on fait de l'économisme : la classe ouvrière repliée
sur elle-même ne peut faire que des revendications syndicales mais pas plus.
Une fois qu'il a fait cela, que doit faire le militant?
Après Lénine vient Mao Zedong, c'est-à-dire la ligne de masse.
En effet, une fois qu'on a compris qu'il y a une "influence extérieure",
on peut comprendre la nature de ceux qui sont subventionnés et organisés
depuis l'extérieur du quartier : les réseaux de médiateurs,
d'animateurs, de travailleurs sociaux, d'entraîneurs sportifs, de profs, etc.
Si l'on ne comprend pas cela, on ne comprend pas pourquoi parfois la violence dans
les quartiers se dirige contre ce qui est censé être aux
habitants (centres sportifs, culturels, écoles, voitures
d'artisans victimes de la crise et qui surexploitent les prolétaires, etc.)
et qui sont en réalité des interventions (au moins) culturelles extérieures à la classe.
Dans le cadre de la rébellion, les compétitions sportives,
clubs de danse, karaoké et autres activités perdent toute
valeur aux yeux des prolétaires.
Une fois qu'on a compris cette influence extérieure et ses
appendices culturels, on peut en arriver à développer une
ligne révolutionnaire, en refusant à la fois les partisans
de la répression policière mais également ceux qui opposent l'éducation aux flics.
L'animateur et le flic sont les deux aspects d'un même étau,
exactement comme la social-démocratie et le fascisme.
L'"éducation", c'est l'idéologie des animateurs, des religieux,
de ceux qui prônent en définitive la solution individuelle aux
problèmes (à travers l'esprit d'entreprise, l'intégration,
la participation communautaire ou religieuse à la société, etc.).
Il n'y aucune différence de fond entre le gospel protestant
et le soutien scolaire musulman, l'aide à la formation d'entreprises ou
les appels à s'engager dans la police et l'armée.
Une fois cette enquête effectuée, une fois qu'on est conscient du rapport
entre les classes, on peut commencer un travail politique.
On regarde comment vit la classe, comment elle sur-vit.
Quels sont ses centres d'intérêts? Quelle est son histoire,
ses luttes, ses parcours géographiques et sociaux? Quelle est
sa vision du monde? Dans quoi place-t-elle ses espoirs? Comment se rebelle-t-elle?
Mais que font les membres du PCMLM justement?
Le PCMLM n'est pas là pour proposer des solutions toutes faites;
ce sont les masses qui font l'histoire.
Il ne s'agit pas de développer « abstraitement » des structures du PCMLM,
il ne s'agit pas de proposer des solutions miracles n'existant pas.
Une telle chose serait illusoire et épuiserait la classe à force
de désenchantement et de désillusions, comme cela a été le cas durant toutes les années 1970.
L'activité des membres du PCMLM se déroule DANS LA CLASSE,
pour aider les masses à s'organiser sur la base de l'autonomie prolétarienne.
Grâce à l'enquête la personne révolutionnaire voit où sont les masses
les plus exploitées par le capitalisme, et leur coeur qu'est la
classe ouvrière. Il voit comment ces masses s'expriment.
Car la base du maoïsme est que le peuple n'est jamais passif,
il s'exprime toujours, mais de manière pas forcément visible
de prime abord (politiquement, socialement, culturellement, militairement, etc.).
Une fois qu'on voit comment les masses s'expriment, on voit le besoin de communisme et
on peut mener le travail politique révolutionnaire.
Très concrètement, les membres du PCMLM ne travaillent pas dans les syndicats
et les associations petites-bourgeoises,
ce qu'on appelle le "mouvement social",
mais au contraire au sein des organisations générées par
la classe. Ces organisations peuvent autant être des
associations culturelles, des comités de lutte, etc.
Mais d'habitude le niveau d'organisation est si bas dans les masses
qu'il n'y a pas d'organisation en tant que tel.
Les membres du PCMLM mènent alors un lent et patient travail
d'organisation, sur la base de l'unité de la classe pour
la lutte orienté par le besoin de communisme.
Qu'est-ce que le besoin de communisme?
Le besoin de communisme c'est le besoin que la vie soit collectivisée,
c'est la mise en commun de la vie sociale.
C'est la destruction de l'Etat bourgeois et l'abolition des rapports marchands ainsi
que des valeurs allant avec.
Toute la classe tend dans cette direction pour qui utilise
les yeux du marxisme-léninisme-maoïsme.
Cette conception ne relève-t-elle pas du spontanéisme?
N'est-ce pas tout attendre passivement de la classe?
Ce sont les masses qui font l'histoire.
Quiconque veut forcer l'histoire est condamné à échouer.
Nous sommes contre le fait d'imposer des structures toutes faites à la classe,
cela n'aurait aucun sens. Nous considérons comme absurdes
les thèses affirmant que le "syndicat" soit la forme naturelle de la classe,
ou qu'il faudrait attendre passivement le jour où se forment partout des comités, des soviets.
Ces thèses nient la richesse de l'expression de la classe,
expression qui est politique, sociale, culturelle, militaire, etc.
Nous partons du peuple tel qu'il est, pas comme nous voudrions qu'il soit.
Le peuple est le seul protagoniste de l'histoire.
Nous avons une confiance absolue en la capacité
révolutionnaire du prolétariat.
Nous sommes d'un optimisme complet: de par sa nature, la classe exige le communisme.
Nous sommes l'expression du prolétariat de France et nous assumons ses
forces et ses faiblesses, dans le cadre d'une lutte par nature prolongée.
Si l'on suit votre conception, il existe donc déjà des structures
populaires correspondant à ce que vous appelez à l'autonomie prolétarienne?
Bien entendu, car là où il y a oppression il
y a résistance; néanmoins il manque la perspective politique.
Le Parti sert justement à diriger l'autonomie prolétarienne vers la conquête
du pouvoir, de tout le pouvoir. Il n'y a rien que la bourgeoisie ne craigne davantage.
Rien ne peut briser les masses si elles se mettent en action, mais
pour qu'elles se mettent en action il faut l'unité.
Mais évidemment la révolution ne se développe pas pareillement partout.
Son développement est inégal. Or, ce qu'il y a de formidable en France,
c'est que la rébellion de novembre 2005 s'est développée dans tout le pays -
cela montre la maturité de la classe.
Cela montre l'importance d'un Parti assumant authentiquement la guerre du peuple.
Grâce au Parti, on peut aider les masses à trouver les chaînes
qu'elles cherchent à briser.
Et une fois le peuple en action, une fois la classe ouvrière assumant de guider
les masses, alors les mécanismes de contrôle social se briseront et la
révolution s'exprimera socialement partout.
Ce moment où les mécanismes de contrôle social se brisent consistera en la révolution?
Non, il faudra détruire l'Etat bourgeois.
Sans cela, toute l'unité serait vaine, comme l'enseigne l'Histoire,
et comme l'enseigne le tout récent exemple népalais, où la révolution
a hésité et s'est arrêté au tout dernier moment, celui où elle touchait enfin au but.
C'est le principe essentiel du marxisme et c'est la différence que nous avons avec
les libertaires, qui eux pensent que ce moment suffira.
Le marxisme, aujourd'hui marxisme-léninisme-maoïsme,
l'idéologie de la classe ouvrière, enseigne que le peuple
fait la guerre pour s'emparer du pouvoir, de tout le pouvoir.
Il se libère de ses chaînes non pas pour s'affirmer en tant
que classe à côté des classes exploiteuses, mais pour
liquider celles-ci, pour établir la société sans classes ni Etat.
Dans ce processus, les masses se changeront elles-mêmes,
elles ne garderont que le meilleur d'elles-mêmes, elles
paveront la voie du chemin vers le communisme.
Tel est le sens du slogan « guerre populaire jusqu'au communisme! »,
tel est notre objectif, telle est notre proposition stratégique à la classe.
Est-il possible, d'une certaine manière, que vous voulez en revenir à une militance telle qu'elle a existé dans les années 1970?
On peut voir les choses ainsi. La parenthèse des années 1970-2000 se referme.
Dans les années 1950-1960, la révolution dans les métropoles impérialistes a
été affaibli par le révisionnisme du type soviétique ainsi que par le cycle
d'accumulation relancé après 1945 - ce que les économistes bourgeois appellent
les « trente glorieuses. »
Puis il y a eu les années 1970 où le patrimoine révolutionnaire a
été de nouveau assumé, principalement par la Gauche Prolétarienne.
Là les choses redevenaient sérieuses.
Mais les erreurs, la force de la social-démocratie et de son appendice trotskyste,
ont anéanti le mouvement pendant les années 1980-2000.
Il y a eu bien sûr des sursauts, comme la lutte antifasciste des SCALP,
qui a été authentiquement populaire, mais « sans théorie révolutionnaire,
pas de mouvement révolutionnaire. »
Une conséquence naturelle de cela a été le triomphe de l'anarcho-syndicalisme
et du syndicalisme révolutionnaire. C'est une loi de l'histoire
très connue : quand l'opportunisme triomphe,
alors surgit inévitablement l'anarchisme -
forme contestataire anti-politique.
Ce triomphe anarchiste qui a marqué les années 1995-2000 permet d'évaluer
justement précisément la situation. La boucle est bouclée.
Pour finir, que diriez-vous à une personne qui considère comme correcte votre orientation, et qui aimerait participer d'une manière ou d'une autre?
Notre point de vue est qu'une personne révolutionnaire n'est pas qu'un individu,
c'est aussi un produit social.
Une personne qui décide d'assumer la révolution sociale devient dès son choix un
"intellectuel collectif" et a des responsabilités très importantes.
Que signifie être un « intellectuel » lorsqu'on est révolutionnaire?
Cela veut tout simplement dire « étudier, étudier, étudier » (Lénine).
Pourquoi « collectif »? Parce que l'intellectuel révolutionnaire
n'apprend pas pour apprendre, mais pour contribuer à la lutte des masses.
Évidemment, le choix de devenir révolutionnaire peut apparaître à quelqu'un comme personnel,
« subjectif », comme n'ayant pas de frontières vraiment concrètes (qu'est-ce qu'être révolutionnaire?).
Mais en réalité il s'agit d'un processus « objectif », pas du tout personnel
contrairement aux apparences; il s'agit d'une production sociale :
le capitalisme produit son contraire; on ne devient pas révolutionnaire
« par hasard », on le devient parce qu'on est le produit d'une situation,
de la lutte des classes.
En clair une personne révolutionnaire est un produit du peuple, et
ne doit donc pas quitter le peuple, mais au contraire rester dans
ses rangs pour l'aider, pour le servir.
On devient révolutionnaire parce qu'on a appris du peuple,
on le reste parce qu'on apprend au peuple.
Et inversement : on devient révolutionnaire dans la mesure
où on réussit à apprendre au peuple, et on le reste parce qu'on
apprend sans interruption du peuple.
C'est notre conception dialectique du Parti. Ceux qui se considèrent ou
se pensent au-dessus du peuple ne sont que des fanfarons et aucunement des révolutionnaires.
C'est pourquoi nous disons à ceux et celles qui sont d'accord avec nous : rejoignez le PCMLM.
Et si vous n'êtes pas d'accord avec nous en ce qui concerne certaines de nos positions,
cela n'empêche aucunement de travailler ensemble, de lutter pour
l'autonomie de classe du prolétariat. Et dans tous les cas:
mettez la sécurité au coeur de vos préoccupations, par rapport aux flics comme aux fascistes.
La révolution n'est pas un dîner de gala!
Pour
le PCMLM, avril 2007.
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