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CONTRE LE FASCISME ET SA "CULTURE",
DEVELOPPER L'AUTONOMIE PROLETARIENNE
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Aujourd'hui la crise capitaliste est claire, plus personne ne peut la cacher.
Pourtant ce ne sont pas les révolutionnaires qui deviennent de plus en plus
nombreux, mais les fascistes.
Pourquoi? Parce que les fascistes apparaissent comme les "vrais rebelles".
Nationaliste qui rajoute une « croix celtique » sur le béret de Che Guevara, rebelle hooligan qui
se pense « martyr » de la société liguée contre les supporters de football, prolétaire
français qui s'imagine victime d'un complot capitaliste visant à le remplacer par un immigré...
Si Le Pen lance
sa campagne présidentielle depuis Lille, au coeur du Nord ouvrier,
et parle de capitalisme financier, ce n'est pas pour rien : les
fascistes se veulent modernes, populaires, "révolutionnaires".
"Révolutionnaires"? Bien sûr que les fascistes ne veulent pas vraiment d'une révolution.
Mais ils peuvent utiliser le mot, parce que pour eux c'est la forme qui compte, pas
le contenu.
Les fascistes se veulent des idéalistes, des gens aux valeurs "supérieures". Ils se
veulent romantiques, ils ont le culte du tragique, de la gloire,
du "dépassement de soi", ils pensent que la nation compte plus que tout et que celle-ci
doit se battre pour survivre.
Les fascistes méprisent les valeurs du peuple, ils se veulent aristocratiques.
En fait, la figure du "rebelle" fasciste
est aussi plat que le "rebel
without a cause" (rebelle sans Cause) des films rock'n roll des années 1960.
Le rebelle fasciste est un individualiste qui recherche le défi
viril, un solitaire au-dessus de la "plèbe", qui cherche les
"émotions fortes" de de manière patriarcale et barbare.
Le coeur de la culture fasciste, c'est l'individualisme et le patriarcat.
C'est de là qu'on doit partir si l'on veut lutter contre le fascisme.
Il faut briser ces identités créées par les fascistes, et cela veut dire affronter les
questions CULTURELLES.
Mais comment lutter contre la "révolution" culturelle fasciste en train de se développer?
A l'extrême-gauche, la ligne générale a été de penser qu'il fallait se regrouper, lutter sur
la base de revendications économiques au sein de tel ou tel syndicat,
de revendications sociales au sein de telle ou telle association.
Pour d'autres il fallait se regrouper en communauté en marge de la société
et construire une « autre » société en dehors de celle-ci.
Dans les deux cas cela a amené un profond isolement ayant abouti à une révolte de Novembre
2005 qui a autant été niée que le "non" à la constitution européenne a été encensé.
Un isolement ayant permis aux fascistes d'aller dans le peuple diffuser leur culture
soit disant "révolutionnaire" et en fait réactionnaire.
Pourquoi? Parce qu'il ne suffit pas de se rendre compte que la société est divisée
entre un "en-haut" et un "en-bas",
parce que cela n'importe quel bourgeois le voit lui-aussi, et les fascistes peuvent même le dire aussi.
Et ils ne s'en privent pas, s'exprimant sous toutes les variantes possibles : nationalistes,
nationaliste de gauche, fascistes,
national-syndicalistes, national-catholiques, socialistes européens, national-anarchiste,
national-"communiste", national-socialiste...
Le but des fascistes c'est d'atténuer les contradictions sociales, de
"dépasser les classes".
A l'opposé les révolutionnaires luttent, non pas contre le "système"
sur une base "ni droite ni gauche", mais contre le capitalisme,
pour l'abolition de toutes les classes sociales!
Oublier cette dialectique expliquée par Karl Marx dans le Manifeste communiste, c'est se
condamner à ne rien comprendre au BESOIN DE COMMUNISME, et ce besoin ne
s'exprime pas par des schémas pré-établis.
Refus du travail, sabotage,
passivité complète ou hyperactivité, violence contre soi-même ou les autres,
refus ou fascination pour la consommation, fétichisme de tel ou tel objet,
refus de la réalité et folie... les formes de rejet du mode de vie capitaliste sont
extrêmement nombreuses.
Mais au lieu d'aider le peuple à prendre conscience de ses besoins,
au lieu de l'aider à s'organiser pour réaliser ses besoins, certains ont tenté
de lui imposer des formes sans lui demander son avis.
Au lieu de lui fournir des armes théoriques, idéologiques, culturelles, politiques pour
qu'il s'organise comme il l'entend, ils ont dit : rejoins le syndicat, l'association
et revendique de telle ou telle manière.
Et parce qu'il y a eu des succès, forcément éphémères, ces gens n'ont pas vu la terrible
conséquence : ces formes rassemblent les révolutionnaires au lieu de les disperser
au contraire dans tout le peuple, les amenant à s'isoler ainsi du peuple.
Cette démarche passant au-dessus du peuple explique PARFAITEMENT
pourquoi le fascisme progresse tant: occupant les terrains laissés libres,
les fascistes développent une ligne de masse fondée sur une culture pseudo-révolutionnaire.
Les révolutionnaires, en oubliant la vie quotidienne, ont permis aux
fascistes de s'approprier des "thèmes sociaux" qu'ils utilisent pour diviser le peuple.
Une stratégie qui s'exprime surtout par l'ethno-différentialisme, le véritable
"saucissonnage" du peuple en "communautés" ethniques, religieuses, etc., mais
qui est une véritable stratégie générale, allant des SDF aux droits des animaux,
du pseudo syndicalisme aux musiques alternatives, etc.
Il n'y a plus aucun domaine de la vie sociale où il n'y ait pas
d'interventions culturelles, sociales voire ouvertement politiques de structures fascistes.
Si l'on compare, on voit qu'au contraire des interventions fascistes
tous azimuts, il n'y a eu quasiment aucune intervention révolutionnaire dans
les mouvements récents des gays & lesbiennes, de la scène des teufs technos,
des droits des animaux ou de la libération animale, des banlieues en révolte en novembre 2005...
Et à côté de cela, l'extrême-gauche a adopté toute une série d'auteurs soit-disant de gauche mais pour
qui l'ennemi c'est avant tout le communisme "totalitaire". Le communisme libertaire a ainsi
littéralement absorbé toutes les thèses du trotskysme, un phénomène très clairement visible
depuis les années 1990.
Logiquement, dans la bataille pour la "troisième voie", dans le trip "ni droite ni gauche", ce sont forcément
les fascistes qui gagnent.
Les fascistes peuvent ainsi apparaître comme les "vrais rebelles", comme
les seuls vrais partisans du changement; ils peuvent montrer l'isolement
populaire des révolutionnaires, de "l'extrême-gauche", et affirmer
qu'elle est totalement liée au "système", montrant du doigt toutes
les associations petites-bourgeoises fondant leur stratégie sur les
médias, les aides de l'Etat, les élections... bref la "démocratie" bourgeoise.
Ils jouent sur le racisme, l'antisémitisme...
Tout cela doit changer !
Il faut que chaque révolutionnaire arrête de chercher à rejoindre une structure existante,
mais cherche à en construire une lui-même.
Il faut que chaque révolutionnaire ne pense pas à passer
son temps avec d'autres révolutionnaires, mais au contraire
à rester le plus possible avec le peuple, même si celui-ci
ne s'exprime pas selon ses critères à lui.
Il faut arrêter la folie trotskyste amenant, lorsqu'une personne
est devenue révolutionnaire, à lui faire mener un travail réformiste au
sein d'une association ou d'un syndicat réformiste!
Il faut que chaque révolutionnaire s'unisse au peuple et l'aide à
développer son expression culturelle, sociale, politique, selon
une base de CLASSE et CONTRE L'ETAT, selon la véritable nature de la CLASSE OUVRIERE
et des MASSES POPULAIRES.
C'est-à-dire fonder de nouvelles structures, au coeur du peuple,
classe contre classe, en servant le peuple et non pas en lui imposant des schémas préétablis.
Des structures qui naissent de manière indépendantes les unes des autres,
qui comptent sur leurs propres forces, mais qui permettent au peuple de s'unir
parce que leur base est authentiquement populaire et donc révolutionnaire. Des
structures qui touchent tous les domaines de la vie.
Les fascistes l'ont déjà compris, comme en Italie où ils ouvrent eux-mêmes leurs
"centres sociaux" ou encore des squats parés de drapeaux nationaux où ils
logent des familles pauvres, ou en Allemagne lorsqu'ils créent des "zones nationales
libérées" dans les villages en y chassant les opposants, en leur empêchant toute vie
sociale ou culturelle.
A nous de le comprendre aussi, mais dans le sens de l'unité populaire et non de
la division. Toute initiative - du club populaire de sport aux collectifs d'habitation,
des revendications féministes aux initiatives culturelles, du squat aux refuges pour animaux
- doit être comprise par le peuple comme une partie de lui-même.
Chaque structure doit être une BASE AUTONOME, une BASE POPULAIRE.
C'est le principe de l'autonomie prolétarienne: l'unité du peuple, l'unité révolutionnaire
de la classe révolutionnaire (et non des révolutionnaires), par l'intermédiaire de ses formes
d'organisations nées de manière autonome.
Aujourd'hui nous vivons une atmosphère électrique, où les valeurs bourgeoises traditionnelles
s'effondrent dans la pourriture et où les fascistes déboulent pour imposer leur nouvelle "culture",
qui est en apparence une culture de la spontanéité, de la vie, de l'individu, du rassemblement collectif sur de vraies valeurs, mais qui est en réalité l'idéologie de la guerre impérialiste, de la barbarie fasciste, du culte de la mort.
Le seul moyen de s'y opposer, c'est de soulever le peuple, de l'aider à prendre la parole,
selon sa propre réalité c'est-à-dire sur une base de CLASSE et CONTRE L'ETAT.
La seule lutte qui a été victorieuse contre le fascisme, c'est la GUERRE DE PARTISANS.
Mais cette guerre n'a été possible que parce que le peuple a hébergé, soutenu, mené la guerre
de partisans. Cette guerre n'a été possible que parce que les partisans révolutionnaires étaient
DANS le peuple, étaient le peuple et ce AVANT la guerre.
La guerre antifasciste commence par le peuple, par expulser les fascistes du peuple,
par attaquer leur culture et développer la culture et l'organisation révolutionnaire du peuple.
Manifester derrière les sociaux-démocrates et autres trotskistes, même en black-bloc,
n'a aucun sens ... le vrai terrain de la lutte n'est pas là et ça, les fascistes
l'ont bien compris !
Le seul moyen de s'opposer au fascisme, c'est l'AUTONOMIE PROLETARIENNE.
LUTTER ENSEMBLE POUR LE COMMUNISME !
Pour
le PCMLM, mars 2007.
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