Victoire aux peuples du Myanmar!


Dans la zone des tempêtes, le vent de la révolution ne cesse de souffler. Le Myanmar (auparavant appelé Birmanie et renommé par la junte militaire au pouvoir) est apparu sur le devant de l'histoire, avec une révolte qui a ébranlé le régime.

Car les peuples du Myanmar vivent sous le joug d'une junte militaire, mais également aussi des narco-trafiquants. Des zones entières de cette région du monde sont à la merci de factions mafieuses historiquement armées par l'impérialisme et utilisées comme milices anti-communistes.

Les forces armées réactionnaires de Chine s'étaient en effet, après la victoire communiste de 1949, en partie réfugiées dans le nord du Myanmar, formant une "troisième et cinquième armées" et organisant surtout un important trafic de pavot et d'opium, qui sera par la suite repris par les milices anti-communistes locales.

Le grand seigneur de la guerre du "triangle d'or" (de la drogue), Khun Sa, est lui-même issu de cette "troisième armée", qu'il s'appropriera après avoir fait sauter le quartier général le 11 mars 1984 avec 7.000 bâtons de dynamites.

L'histoire de cette région du monde, principalement du "triangle d'or", est celle d'affrontements perpétuels, de retournements d'alliances, de liquidation des communistes, notamment du Parti Communiste de Birmanie.

Le Myanmar est un pays semi-colonial semi-féodal, totalement soumis aux pays impérialistes; la dernière révolte est le produit de la hausse des prix du pétrole, alors que le pays en produit!

Ainsi, par exemple, l'impérialisme français est présent en force, notamment avec le groupe Total.

Total est le premier investisseur du pays, il a le quasi-monopole de l'exploitation du gaz et du pétrole dont le sous-sol du pays est grandement pourvu. Total, depuis sa fusion-acquisition d'Elf pour 1 euro symbolique, a pris le relais de cette dernière comme "ministère des affaires étrangères bis" de l'Etat Français.

Total qui emploie des esclaves sur ces exploitations au vu et au su de tous; à ce sujet, Bernard Kouchner disait dans un rapport commandé par Total et payé 25.000 euros: "N'oublions pas que pour détestable qu'il soit, le recours au travail forcé est une coutume ancienne, qui fut même légalisée par les Anglais en 1907."

Et justement, quelle surprise de retrouver notre nouveau et officiel ministre des affaires étrangères dans cette histoire! La France s'est montré un soutien toujours actif du régime fasciste de la junte militaire, lui évitant d'être condamné à de nombreuses reprises, s'opposant à toute mesure internationale contre lui, ferraillant contre les motions de boycott, comme en octobre 1998.

La junte militaire a servi de tête de pont de la présence française dans la région.

Face à ce mouvement de révolte, on a pu voir 2 attitudes bien distinctes mais qui finalement se rapprochent dans ce qu'elles nient. D'une part un certain nombre de militants et groupes plus ou moins "sociaux- démocrates" ont exprimé une vive sympathie avec ce mouvement tout en accablant la Chine qui serait la "main" qui se cache derrière le régime dictatorial et sanguinaire de la junte.

D'autres - en général les mêmes qui depuis un certains nombres d'années soutiennent un projet d'alliance "stratégique" avec les islamistes, font la retape pour la pseudo-révolution vénézuélienne, soutiennent les génocidaires serbes, et maintenant vouent un vrai culte au chef du Hezbollah et au président iranien - ont exprimé un soutien voilé au régime fasciste, accusant les USA et le "sionisme" d'être responsables de la déstabilisation du régime de la junte militaire pour contrer la Chine.

Cette dernière position, en vogue dans une partie de l'extrême-gauche, est en fait l'exact copié-collé de l'attitude révisionniste qui professait un soutien inconditionnel à l'URSS social-impérialiste contre l'impérialisme US.

Il est tout aussi symptomatique de voir que la situation actuelle est expliquée exactement dans les mêmes termes sur tous les sites nationalistes-révolutionnaires qui se font depuis quelques années les premiers supporters de la Chine social-fasciste et de la Russie fasciste. Ce qui montre bien le sens de la recomposition politique à laquelle nous assistons depuis un moment, à savoir la montée du fascisme.

Ces 2 attitudes au sujet de la révolte des peuples du Myanmar reviennent à la même chose: de par ce qu'elles ne disent pas. En effet s'il est vrai que la Chine a un certain poids au Myanmar - particulièrement grâce à la vente d'armes au régime (mais Israel et la France le font aussi) et par ses liens avec certaines bandes narco-trafiquantes, qui domine et protège réellement ce pays ? Eh bien ... la France !

Eh oui, notre bon vieil impérialisme dont presque personne ne parle, et qui n'a pas le côté "chic" d'une manifestation comme celle appelée par "Info Birmanie" devant l'ambassade de Chine à Paris, dans l'esprit du slogan des soit disant pro-Tibétains "les con-trats d'a-ccord, les droits de l'homme d'a-bord".

Les peuples meurent de ce genre de naïveté; surtout que l'extrême- droite française (mais aussi italienne) raffole de la question de "l'Indochine", et notamment la guérilla du peuple Karen que les fascistes français soutiennent financièrement voire militairement depuis plus de 20 ans, comme en témoignent leurs "martyrs" catholiques nationalistes français tombés là-bas.

On voit donc que les 2 attitudes évoquées plus haut font le silence Total sur le rôle de l'impérialisme français par le biais de son entreprise pétrolière.

Nous, communistes, nous nous souvenons de cet appel lancé par Lénine il ya longtemps, alors que tous les partis socialistes d'Europe s'engageaient dans la voie du soutien chauvin à leur impérialisme lors de la Grande boucherie de 14-18 : "le premier devoir des révolutionnaires est de s'opposer à leur propre impérialisme".

Il nous parait donc tout à fait naturel de soutenir les peuples du Myanmar dans leur lutte - bien que nous soyons conscients que la méthode "bouddhisto-pacifique" soit une impasse totale et que le seul chemin viable vers une révolution de nouvelle démocratie, c'est la guerre du peuple.

Comme l'a montré celle ayant existé dans ce pays durant les années 1960-70, et comme le démontre la guerre populaire dirigée par le Parti Communiste d'Inde-maoïste, qui brille dans toute la zone, et notamment au Bangladesh voisin du Myanmar.

Par ailleurs, il est totalement inconcevable de faire preuve d'autant de mépris qu'on en voit chez des militants censé être d'extrême-gauche envers les aspirations démocratiques (même mal formulées) d'un peuple qui vit sous le joug d'une dictature sanglante et esclavagiste - qui plus est en cheville avec notre impérialisme.

C'est ce mépris des revendications démocratiques qui a conduit tant de militants "révolutionnaires" ou "socialistes" dans le camps du fascisme naissant et montant entre 1880 et 1945.

C'est dans ce mépris des justes revendications des nations et peuples opprimés que transpirent leur caractère social-impérialiste.

France hors d'Afrique ! France hors d'Asie ! Vive la juste lutte des peuples du Myanmar!


Pour le PCMLM, octobre 2007.