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Quel "antifascisme radical"?
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Il y a un fait très clair aujourd'hui. C'est que les
fascistes sont dans une phase ascendante.
Ils sont plus nombreux,
disposent de différentes organisations ayant plus ou moins un
programme de revendications; ils sont accompagnés de nombreux
intellectuels, remettant au goût du jour toute la série des auteurs
classiques du fascisme, et cela sous toutes ses variantes
possibles, du national-syndicalisme au catholicisme ultra-conservateur.
Ils forment des cadres, ils font du travail de masse
pour rassembler sous leurs bannières.
Pour cette raison, il faut absolument en
terminer avec la conception selon laquelle le fascisme serait une
"idée".
Il y en a en effet beaucoup aujourd'hui dans le camp antifasciste
qui font encore une erreur centrale. Ils ont une
conception non dialectique du fascisme et ne voient pas qu'en plus
d'être des ennemis, les fascistes sont des "concurrents".
Car les fascistes ne sont pas que des ennemis, des réactionnaires,
ils sont un produit de la société capitaliste et partant de
là ils vont être inévitablement de plus en plus nombreux,
dans le sillage de la crise du capitalisme.
Les fascistes se définissent systématiquement comme
"révolutionnaires" et en limitant la critique des fascistes à la
dénonciation, on leur permet d'affirmer que les antifascistes sont
liés au "système", ne sont pas les vrais révolutionnaires, etc.
C'est une énorme erreur tactique face à la démagogie "révolutionnaire" des fascistes.
En fait, ceux qui se trompent s'appuient sur les fondamentaux suivants: tout d'abord,
les fascistes ne sont considérés que comme une poignée d'arriérés
passéistes. Au lieu des les considérer pour ce qu'ils sont, à
savoir les produits ultra-modernes du capitalisme pourrissant, on
les prend pour des ringards tournés vers le passé.
Un exemple connu est la revue "antifasciste radical" Réflexes, qui
résume le fascisme en les
"fascistes", c'est-à-dire en une petite minorité d'idiots rétrogrades et passéistes,
nostalgiques de Pétain, du fascisme italien ou du nazisme.
Il "suffirait" donc de les isoler par rapport à l'opinion publique,
en les dénonçant, en présentant leurs liens douteux avec telle ou telle
personne membre d'une secte, d'une organisation paramilitaire d'extrême-droite,
des services secrets, etc.
Dans cette conception, le fascisme n'est qu'un "point de vue" totalement délirant,
une sorte de maladie mentale qu'il suffirait de dénoncer pour qu'elle ne se
propage pas.
C'est le concept du fascisme comme "gangrène".
C'est naturellement une définition totalement petite-bourgeoise,
digne de la Ligue des Droits de l'Homme, définition n'ayant rien à
voir avec la réalité.
A aucun moment le fascisme n'est compris comme tendance historique, comme
phénomène lié au capitalisme et à sa crise; on s'imagine alors pouvoir écraser le fascisme
sans voir dans quelle mesure la crise capitaliste le renforce!
L'"antifascisme radical" revient donc à la position de "Zorro le justicier", avec la
diffusion d'une foule d'illusions, comme le montrent justement les articles de la revue
Réflexes:
-illusions sur la "neutralité" de la police et leur travail sérieux
contre la "dangerosité" des fascistes:
"La cérémonie s'est déroulée sous haute surveillance
policière, sans doute due en partie à la pression des
antifascistes radicaux l'année passée qui avaient marché sur la réunion.
On peut aussi légitimement penser que l'importance du dispositif
policier était la conséquence de la présence de L'Oeuvre Française,
dont des sympathisants sont soupçonnés d'avoir incendié un foyer accueillant
des roms à Lyon début janvier." (Brasillach nous voilà !, Février 2003)
-illusions sur le caractère "neutre" des médias bourgeois:
"Ce qui nous gêne plus, c'est que l'on puisse les citer dans un quotidien à
diffusion nationale" ("La Rance en Action, 06 août 2007)
-illusions sur le fascisme comme "idée" (et non comme tendance historique):
"le patriotisme étroit et borné n'est hélas pas l'apanage du parti de
Jean-Marie Le Pen" (Attentats racistes en Corse, janvier 2003)
-illusions sur le caractère "démocratique" de certaines institutions par
rapport à d'autres: "le Scalp Limoges a prouvé ce week-end qu'on pouvait clairement
les gêner en faisant un bon travail d'information et de
pression en direction des autorités municipales. Cela met
une fois de plus certains " antifascistes " de salon face à leurs
contradictions et à la nullité du discours selon lequel il n'y aurait
que le recours à l'autorité policière pour annuler ce type d'" événement "...
(Nazi rock, janvier 2003)
-illusions sur le caractère totalement "marginal" des fascistes:
"Les paranoïaques antisémites n'étaient pas les seuls éléments
folkloriques de l'extrême droite" (P2V est dans la place !, janvier 2007);
"L'extrême droite est bien un milieu caractérisé par une certaine fragilité
psychologique" (Sur Maxime Brunerie, décembre 2004)
-illusions sur la "toute-puissance" de l'Etat français:
"Pour finir, constatons finalement que les jurés ont eu la main lourde et
qu'il ne fait pas bon toucher au « président de tous les Français » et
aux autorités d'une façon générale. Avis aux amateurs !" (Sur Maxime Brunerie, décembre 2004)
Toutes ces positions - dont on pourrait trouver foule d'autres exemples -
ne doivent en rien étonner. La revue Réflexes est née sous la forme d'un
fanzine dans les années 1980, les années Mitterrand. Sa place était alors celle
d'une contribution au SCALP (Section Carrément Anti Le Pen), mouvement
qui avait pris une place énorme dans la jeunesse populaire.
Réflexes, même à l'époque où il s'agissait d'un fanzine, n'a jamais parlé
des années 1970 ou de quoi que ce soit ayant un rapport avec le patrimoine révolutionnaire.
Avec la fin de l'époque "La jeunesse emmerde le Front National", Réflexes est alors devenue
une revue d'enquête sur les activités fascistes, avec un ton totalement "neutre" sous
prétexte d'être méthodique - une conception universitaire bourgeoise.
C'est-à-dire que l'"antifascisme radical" de Réflexes n'est qu'un produit
des années Mitterrand, de l'époque
où l'association SOS racisme, le Parti socialiste, la Ligue des Droits de l'Homme ou le MRAP
(Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples) avaient
l'hégémonie idéologique absolue sur les revendications populaires.
Les années 1980-90 n'ont en fait été qu'un grand "creux"
historique du mouvement révolutionnaire en France et ce creux est en train de disparaître.
Et toutes les structures issues des années 80-90, qu'elles soient trotskystes, anarcho-syndicalistes
ou "antifascistes radicales", sont condamnées; avec leur base petite-bourgeoise,
ces mouvements n'ont aucune
chance face à la crise capitaliste.
Car avec la crise capitaliste, une large partie de leur base va disparaître, happée par la réaction,
conformément à ses intérêts de classe.
Car les fascistes vont se renforcer et frapper autrement plus fort qu'avant, et que se la jouer
"rouge", "red", "antifa" n'aura plus d'intérêt pour des petits-bourgeois d'ailleurs
autant anti-communistes que les fascistes.
Tout ce qui se déroule aujourd'hui vérifie parfaitement les thèses communistes sur
l'effondrement de la petite-bourgeoisie en tant que classe. Après
avoir tenté un petit passage à l'extrême-gauche, donnant des ailes
électorales à Laguiller puis Besancenot (les couches petites-
bourgeoises populaires des champs ayant précédé les petits-bourgeois des
villes dans le vécu de la crise), le camp du fascisme
se voit notablement renforcé.
Si les structures petites-bourgeoises s'effondrent, si même José Bové
s'est jeté dans les bras de Ségolène Royal dès le lendemain du premier tour des
présidentielles, c'est parce que la crise progresse tellement vite que la
nécessité pour les classes moyennes "d'aller à la soupe" devient irrésistible.
Voilà pourquoi la LCR veut fonder son grand parti alternatif, pourquoi le P"C"F est tiraillé
par son utilité, etc.
Voilà pourquoi, au lieu des gesticulations moralisatrices des "antifascistes radicaux" en
train de disparaître, on a besoin d'une lutte acharnée pour la culture.
La lutte contre la vision du monde élitiste, pessimiste et égoïste du fascisme ne pourra être
écrasé que par la vision du monde communiste, celle de la classe ouvrière, classe la plus
révolutionnaire de notre époque.
Ce dont on a besoin, ce n'est pas d'un catalogue des faits et gestes des fascistes dont
l'existence va de pair avec le capitalisme, mais d'une analyse matérialiste du fascisme, expliquant
son expansion
comme liée à la crise du capitalisme, permettant un combat anti-fasciste fondée sur l'actualité
de notre époque : la lutte révolutionnaire pour le communisme!
Derrière le fascisme se cache le capital !
Avec le sang des fascistes rendre plus rouge nos drapeaux!
Vive la résistance populaire à la violence fasciste!
Pour
le PCMLM, août 2007.
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