Comment comprendre le monde 40 années après mai 1968? En s'appliquant à servir le peuple - seules identité et stratégie rompant véritablement avec la brutalité de ce monde !


Quelle est l'attitude prédominante aujourd'hui?

La méfiance.

La méfiance, parce que tout a l'air instable. Les relations humaines, les relations sociales, l'économie, même la planète entière avec la crise écologique.

On ne sait pas de quoi demain sera fait, alors on vit au jour le jour, en se fondant sur la seule chose dont on soit certain: sa propre méfiance.

Telle est la situation dans le cadre de la décadence du capitalisme à son stade pourrissant, l'impérialisme.

L'idéologie prédominante est celle du pessimisme, parce que le monde aurait toujours été négatif dans le passé et que le futur ne réserve rien de mieux.

Les luttes des années 1960-1970 ayant échoué, la bourgeoisie a tout fait pour intégrer d'anciens dirigeants afin de nier l'histoire même de celles-ci, s'appuyant pour le reste sur les sociologues, historiens, journalistes, etc.

Une tendance qui va de Serge July fondant le quotidien Libération sur les ruines de l'agence de presse contestataire du même nom, à Jean-François Bizot fondant Nova, la radio et le journal pour bourgeois branchés, sur les ruines d'Actuel, le principal magazine historique de la contre-culture.

Sans parler des "nouveaux philosophes" (de Sartre à Glucksmann, Bernard-Henri Lévy...) ou encore du "livre noir du communisme".

Ainsi, si le niveau politique est nul en France dans les années 2000, c'est que les années 1980-1990 ont été marquées par les thèses de la "fin des idéologies", du "communisme équivalant au goulag", des "gauchistes" étant des "curés" bourrant le crâne et des "bureaucrates" manipulateurs, etc.

La voie apolitique était pavée pour la CNT, SUD, la LCR d'Olivier Besancenot - une extrême-gauche "propre", "démocratique", refusant la politique "politicienne", rejetant bien entendu les expériences soviétique et chinoise, etc.

Et même ces partisans du "zéro idéologie" sont confrontés à la méfiance totale des "gens", qui rejettent tout "embrigadement", s'imaginant au-dessus de toute idéologie.

Cette évolution historique a été tellement forte que les anarchistes et les trotskystes des années 2000 ne savent même pas que leur grand dada qu'est l'autogestion a été le grand mot d'ordre du Parti "communiste" français des années 1970!

Un grand n'importe quoi qui amène à la situation actuelle: le peuple est présenté comme comprimé entre la "modernité" de la "mondialisation" et "l'Islam conquérant", les seuls tirant parti de cette pseudo contradiction étant les fascistes et leurs fantasmes plus ou moins variés du "socialisme féodal": un monde où tout était "comme avant", où "tout est à sa place".

Et cerise sur cet immonde gâteau, on a les anarchistes nihilistes qui s'imaginent rentrer en conflit avec la civilisation, et entendent commencer par... les "gauchistes"!

Tout cet horrible merdier est la preuve que pour comprendre ce monde, il faut une analyse scientifique conséquente, reposant sur les expériences, les analyses de la société et de ses mouvements.

Sans une analyse conséquente, on sombre dans l'isolement en broyant des idées noires, ou bien on participe à un mouvement qui ne termine pas du tout comme on se l'était imaginé à la base.

Voilà pourquoi il y a aujourd'hui le projet du Parti Communiste Marxiste Léniniste Maoïste, c'est-à-dire d'un centre rassemblant les révolutionnaires visant à étudier la société et à la transformer.

Sans connaissance des expériences révolutionnaires, sans maîtrise de leur substance, sans pratique révolutionnaire authentique (c'est- à-dire en conflit avec l'Etat bourgeois), rien ne peut être productif.

Il n'y a qu'un critère de vérité, qu'un seul point de départ et d'aboutissement - servir le peuple !

Voilà pourquoi résonne encore et toujours dans chaque pays du monde le nom de ceux et celles qui sont alléEs en première ligne, et cela même depuis 40 années.

Malgré les tonnes d'ordures, malgré la dépolitisation, malgré les trahisons, les noms hantent encore l'esprit de ceux et celles découvrant le besoin de liberté, et donnent encore des cauchemars aux dominants.

C'est toute cette perspective qu'il faut récupérer pour aller de l'avant. Repartir de là où la révolution a échoué, pour la faire redémarrer - et partir dans le bon sens, en prenant bien en compte l'avancée de la crise du capitalisme, de la destruction de la planète par le mode de production capitaliste.

«Tout homme doit mourir un jour, mais toutes les morts n'ont pas la même signification.

Un écrivain de la Chine antique, Sema Tsien, disait: «Certes, les hommes sont mortels; mais certaines morts ont plus de poids que le mont Taichan, d'autres en ont moins qu'une plume.»

Mourir pour les intérêts du peuple a plus de poids que le mont Taichan, mais se dépenser au service des fascistes et mourir pour les exploiteurs et les oppresseurs a moins de poids qu'une plume.»
(Mao Zedong, Servir le peuple).

Pour le PCMLM, janvier 2008.