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Ce qu'ont montré les Jeux Olympiques en Chine fasciste
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Les jeux olympiques en Chine n'ont pas été une fête, et encore
moins une fête populaire. Ils ont été une démonstration de force,
celle de la Chine telle que l'a souhaitée Deng Xiaoping, cette même
Chine entretenant des relations privilégiées avec les impérialistes
qui applaudissent au « miracle économique ».
La presse bourgeoise a beau se débattre, pointer les « dérives »
sociales du système, cette Chine-là, elle l'a toujours appelée de
ses voeux.
Car la Chine des jeux olympiques, c'est économiquement et
idéologiquement l'opposé de la Chine populaire menant la révolution
culturelle.
C'est la Chine capitaliste qui tente de devenir une puissance
impérialiste, tout en laissant les capitaux étrangers s'installer
chez elle; en somme, un pays très proche de ce qu'a été la Russie
tsariste avant la révolution de 1917.
Les jeux olympiques offrent une
vitrine à la bourgeoisie chinoise qui, depuis la restauration capitaliste, a
bâti sa fortune sur le dos de ceux qui se retrouvent aujourd'hui
indésirables dans la capitale et les grandes villes provinciales.
Les autorités qui ressortent opportunément la « trêve olympique »
de l'Antiquité, livrent en vérité une guerre de classe sans relâche
contre les masses.
Pendant les jeux olympiques, Pékin n'a jamais été une ville aussi
morte, alors que les officiels paradaient de
soirées VIP en clubs privés.
En bon élève du capitalisme, la Chine fasciste cache ses pauvres.
L'offensive brutale contre les masses a en effet débuté bien en
amont des jeux olympiques. Ainsi, les marchés de nuit en plein air,
derniers lieux populaires de socialisation, où l'on peut manger pas
cher et discuter entre amis, ont pratiquement tous disparu, chassés
des villes par le harcèlement et les violences policières.
A Xi'an, les flics ont eu raison de tous les marchés de nuit du centre-ville.
Pour ne pas contrarier les intérêts capitalistes, dans la grande-rue Est,
un Starbucks s'élève maintentant à la place du marché de nuit.
Désormais « invisibles », les masses ont compris depuis longtemps
que cette nouvelle Chine n'était pas pour elles, et les jeux
olympiques ne font que confirmer leur statut de paria.
Les pauvres auraient pu détester les jeux olympiques, mais la
plupart s'en sont moqués, comprenant qu'ils n'étaient pas concernés.
Ces jeux olympiques de l'opulence n'ont rien à voir avec l'enfer
salarié des travailleurs migrants.
Même beaucoup de petits commerces, jugés pas assez conformes à
l'image aseptisée que la municipalité veut donner de la ville, ont
été fermés, montrant bien que le capitalisme chinois est celui de
la haute bourgeoisie, qui forme une oligarchie dominant le pays par l'intermédiaire du
pseudo Parti Communiste, en étroit rapport avec les multinationales.
Pour les masses populaires, les jeux olympiques n'ont été qu'un
obstacle de plus dans une vie déjà sans cesse contrariée.
Voilà pourquoi cette Chine camouflée par le pouvoir vibre aussi au
rythme des protestations, dans les usines, dans les mines, dans les
quartiers de « travailleurs migrants ».
C'est une lutte prolongée, qui comprend les deux semaines des jeux
olympiques, deux semaines d'offensive renforcée de la bourgeoisie,
mais juste deux semaines, ni plus ni moins.
Et deux semaines, c'est tout de même suffisant pour que le pouvoir
fasciste se trahisse par des signes de fébrilité. Alors que la
télé, refuge virtuel de la bourgeoisie, diffuse en boucle des spots
à la gloire des sportifs chinois, les flics envahissent les rues.
L'Etat chinois, nouveau pion de l'impérialisme, a même engagé des
experts en sécurité israéliens, pour « faire face à des attaques ou
provocations destinées à saboter les jeux ».
Le soir de la cérémonie d'ouverture, des militaires étaient
déployés dans tous les quartiers : des soldats en arme pour
défendre l'ordre dans la rue. La peur a dicté ce « couvre-feu »
olympique; le mot d'ordre de l'Etat étant que chacun reste chez soi
pour admirer le spectacle à la télévision.
Voilà un esprit qui est bien le contraire de celui de la révolution
culturelle; des masses protagonistes de leur vie dans tous les
domaines, on est passé à un régime fasciste lié à l'impérialisme
dans tous les domaines.
Et la rébellion s'infiltre par toutes les voies possibles.
Si, à Pékin et dans les villes chinoises à majorité Han, les
autorités ont quadrillé militairement le terrain pour rendre les
masses invisibles, les régions en marge du « cirque » olympique en
ont profité pour se manifester. La concentration policière dans les
villes hôtes et la focalisation de l'attention sur l'évènement leur
offrait en effet davantage d'espace pour s'attaquer au coeur du
régime d'oppression.
Le rapport de force est devenu favorable aux masses qui n'ont pas
laissé pas passer cette occasion.
Ainsi, au Xinjiang, les Ouïghours, victimes de la politique
chauvine du pouvoir Han depuis 30 ans, ont attaqué postes de police
et supermarchés, autant d'instruments privilégiés de la tyrannie du
Capital.
Comme à son habitude, la presse bourgeoise a fait diversion, en ne
parlant que de religion, et joué précisément le jeu de la Chine
fasciste qui s'appuie sur l'Islam pour diviser la population, avec
d'un côté les Han, de l'autre les musulmans.
L'Islam a joué le rôle de bouée de sauvetage des masses pour rêver
d'un monde meilleur ou idéal, mais en aucun cas n'a été le point de
fixation de la révolte. La lutte au Xinjiang a été celle de
prolétaires, qui a fait écho à tous les soulèvements dans les
usines et les campagnes chinoises.
Les habitants du Xinjiang ne s'y sont pas trompé, ils connaissent
bien l'ennemi : quand ils parlent de Mao, ils lèvent le pouce,
quand ils parlent de Deng Xiaoping, ils retournent leur poing et
lèvent le petit doigt.
Le pouvoir ne s'y trompe pas non plus et cherche vainement à
écraser par les armes toutes les révoltes du pays.
Au Xinjiang, la nervosité des flics était bien palpable depuis
plusieurs mois déjà, avec des contrôles de sécurité musclés visant
les passagers, notamment Ouïghours (rapide fouille corporelle, bras
et jambes écartés, comme dans un aéroport, et récupération des
couteaux à grande lame, couramment utilisés par la population).
Ce n'est certes pas cette Chine là qui a retenu l'attention des
médias bourgeois, qui ont toujours préféré se persuader des soi-
disant « progrès » du pays, depuis les « horreurs du maoïsme ».
Pourtant, la Chine d'aujourd'hui renvoie une image de la barbarie
capitaliste à son état brut, c'est-à-dire fasciste.
Il suffit d'ouvrir les yeux pour être tous les jours le témoin de
scènes d'humiliation à l'encontre des plus pauvres. Les riches dans
leurs grosses bagnoles noires vitres teintées ne respectent rien,
tout le monde doit se pousser sur leur passage.
Cette expression brutale de la domination capitaliste va bien
entendu de pair avec le patriarcat.
A la télévision, impossible d'échapper à la promotion de produits
permettant de modifier son apparence physique: la peau des femmes
est censée n'être jamais assez blanche, leur taille jamais assez
élevée, leur poitrine jamais assez volumineuse, grâce à des
produits « miracles » les rides disparaissent etc.
Lors de l'inauguration des jeux olympiques, la jeune chanteuse de
sept ans a été jugée physiquement trop peu présentable pour avoir
le droit d'apparaître à l'écran, et a donc chanté depuis les
coulisses, pendant qu'une petite fille « plus jolie » chantait en
playback devant le public.
En Chine fasciste, les valeurs sont devenues celles de la société
de consommation, avec tous ses effets pervers, comme ces jeunes
déboussolés qui passent dix heures par jour dans les cyber-café à
jouer au jeu en réseau de contre-terrorisme Counter-strike, qui
hurlent mécaniquement des slogans ultra-nationalistes et voient en
les jeux olympiques la démonstration d'un soi-disant progrès.
Et bien entendu, il y en dans le monde pour se vendre à cette
nouvelle puissance.
C'est le cas des ex maoïstes népalais, qui ont salué les jeux
olympiques comme un grand succès, avec Prachanda devenu premier
ministre faisant sa première visite à l'étranger en Chine fasciste.
Le PC du Népal a salué le soi-disant enthousiasme des masses
chinoises pour les jeux olympiques, leur volontariat pour assurer
le succès de ces jeux dans « le pays d'origine de la civilisation
orientale »!!
Mais cet opportunisme, les masses populaires de Chine n'en ont que
faire.
A travers la culture dominante de la Chine fasciste s'exprime le
besoin rageur d' « autre chose », même confus. La barbarie du
quotidien est tellement insupportable que le bloc se fissure de
partout ; partout on ose se révolter.
L'avenir de la Chine est révolutionnaire; la Chine fasciste n'est
qu'un château de cartes prêt à s'effondrer.
Même dans la tête du monstre, au coeur des universités les plus
prestigieuses de la capitale, des groupes autonomes d'étudiants
communistes se réunissent après les cours, discutent de la
stratégie à adopter, échangent des documents.
Les personnes âgées, comme à Shenyang dans le nord-est du pays, se
réunissent en fin d'après-midi dans un des parcs de la ville et
discutent de leur vie maintenant, de leurs retraites pourries, des
soins médicaux hors de prix, et de leur vie d'avant, bien
meilleure, sous Mao.
Ils tiennent des discours, se contredisent, s'invectivent, bref ils
mènent une réflexion dialectique où tout le monde participe... et
dont on parle en ville.
Dans le même temps, des jeunes artistes se radicalisent, refusent
de devenir des artistes institutionnalisés, comme ceux qui noyés
par les dollars de la bourgeoisie, sont devenus des dandys
prétentieux, au service du fascisme, se la racontant « rebelle »,
volant les symboles révolutionnaires, pour mieux cirer les pompes
de l'ordre dominant.
C'est le cas des responsables de la galerie «
Longue marche » (!) à Pékin qui se déplacent en 4x4, lunettes
noires, avec des allures de mafiosi à la Scarface, antithèse des
artistes, étudiants, intellectuels qui essaient de faire tomber les
parois de la société de classes, se mettent au service du peuple
qui les a précédés sur la voie de la révolution.
Et la classe ouvrière chaque jour davantage apprend la nature
oppressive du régime, et se discipline à travers les chaînes de
l'enfer industriel.
Bientôt les masses populaires de Chine balaieront tous les
monstres!
Pour
le PCMLM, septembre 2008.
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