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Il y a 50 ans un putsch donnait naissance à la cinquième république
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Il y a 50 ans de cela a eu lieu en France un putsch militaire. Ce fait est
reconnu même par les livres d'histoire bourgeois, quiconque connaît
un tant soit peu l'histoire de France le sait.
Et pourtant, on en entend moins parler que de mai 68, ce qui est
logique: le putsch de 1958 a donné naissance à la cinquième
république, à un régime fort capable justement de faire face à la
«subversion», et cette naissance doit se savoir, elle doit être
retenue par le peuple comme une «leçon».
Cette «leçon» c'est: ou la démocratie autoritaire, ou la dictature.
On peut à la rigueur protester, mais à l'intérieur du système, sans jamais rechercher
à faire naître un mouvement réellement autonome aux institutions. C'est l'autocensure,
l'action ne dépassant pas le cadre institutionnel.
Voilà la «leçon» du putsch de mai 1958 aboutissant à la prise du
pouvoir le 1er juin de De Gaulle et à l'instauration de la «Vème
république».
En effet, le régime sous lequel nous vivons est issu de ce putsch, de l'opération
«Résurrection» faisant suite à une grève générale à Alger et à un
putsch des généraux de l'armée française, amenant la naissance du
«Comité de salut public» prenant le contrôle de l'Algérie
«française» ainsi que de la Corse, et appelant De Gaulle au pouvoir.
Celui-ci fut alors comme par hasard «prêt à assumer les pouvoirs de
la République» afin d'empêcher l'armée de prendre le contrôle de la
capitale et que ne débute une «guerre civile», condamnant au
passage « le régime des partis » et se mettant en avant comme au-
dessus de ces partis.
De Gaulle a alors les pleins pouvoirs pour six mois afin de
modifier le régime, tout en se justifiant ainsi: « Pourquoi voulez-
vous qu’à soixante-sept ans, je commence une carrière de dictateur
? »
Voilà comment est née la cinquième république, que Mitterrand
qualifiera de «coup d'Etat permanent», avant de lui-même finalement
accepter le régime.
Car lui, tout comme les «communistes», s'est opposé à la naissance
de ce régime, du 28 mai avec une manifestation « antifasciste et de
défense de la République » jusqu'à la bataille pour le non au
projet de constitution (qui échouera, 80% des voix étant positives
le 28 septembre 1958).
Tout « démocrates» qu'ils puissent avoir été, les sociaux-démocrates
ont évidemment cédé devant la bourgeoisie, tout comme le
Parti « Communiste » Français qui avait abandonné ses idéaux
révolutionnaires en suivant la « déstalinisation » en URSS, dans la continuité
de sa trahison de 1945 qui a fait rendre les armes aux FTP.
La bourgeoisie voulait moderniser le régime, lui donner une
tournure plus «dure» après l'instabilité politique du régime né en
1945-1946 de la défaite du nazisme et de l'Etat collabo.
En somme il s'agissait de durcir le pouvoir d'Etat,
de restructurer de fond en comble le tissu industriel
français et de trouver une solution pour déjouer les luttes
de décolonisation et maintenir la puissance impérialiste française.
Admettre le système capitaliste, c'était donc suivre cette
modernisation. Tout refus était une déclaration de guerre, car c'était bien le message de ce putsch.
Sociaux-démocrates et pseudos «communistes» ne voulant pas la
guerre du peuple, ils ont donc fini par accepter les institutions
et la nouvelle constitution.
Ce qui ne signifie pas pour autant que cette capitulation
socialiste et «communiste» n'ait pas été fait en parfaite
connaissance de cause.
Mitterrand dans le «coup d'Etat permanent» affirmait:
« Je n'accuse pas la Ve République d'être un régime policier parce
qu'elle entretient des nuées de policiers, mais parce que son
origine, ses moeurs, ses ambitions, son système politique, la
condamnent à contrôler par des moyens qui lui sont propres CHAQUE
ROUAGE de l'État, chaque cellule du pays. (...)
Son vrai Premier ministre, c'est la police. (...)
Elle [la population] sait d'expérience que non seulement la police
écoute au téléphone, lit le courrier, tend ses filets, organise ses
guet-apens, mais aussi qu'elle cogne et qu'elle tire.»
Il affirmait aussi, constatant que le président devient le chef des
armées, peut signer et ratifier des traités:
« J'appelle le régime gaulliste dictature parce que, tout compte
fait, c'est à cela qu'il ressemble le plus, parce que c'est vers un
renforcement continu du pouvoir personnel qu'inéluctablement, il
tend, parce qu'il ne dépend plus de lui de changer de cap.
Je veux bien que cette dictature s'instaure en dépit de De Gaulle.
Je veux bien, par complaisance, appeler ce dictateur d'un nom plus
aimable, consul, podestat, roi sans couronne, sans chrême et sans
ancêtres. Alors elle m'apparaît plus redoutable encore. »
Le putsch de 1958 a été une «leçon» bien apprise; c'est en ce sens
qu'il faut comprendre les reniements successifs de toute vélléité
révolutionnaire, les attitudes comme celles d'Olivier Besancenot
chez Michel Drucker: la révolution sera éventuellement violente...
si on a la majorité et qu'on se fait réprimer.
La «leçon» pour qui veut « faire de la politique » dans la 5è République, c'est de devoir soutenir
l'idéalisme et ses thèses sur le
caractère «démocratique» de l'Etat bourgeois,
de s'interdire tout réalisme
concernant la nature de l'Etat (réalisme exigeant la guerre
populaire comme stratégie).
La «leçon», c'est d'accepter le plébiscite électoral qu'est
l'élection du président de la république, qui est systématiquement
«l'homme fort» d'un régime fort.
La «leçon» consiste en le soutien au caractère «démocratique» de
l'Etat bourgeois, la diffusion de l'illusion sur sa prétendue
«toute-puissance».
Il faut oser désapprendre, oser refuser cette «leçon» et combattre
toutes les rénovations et les restructurations
permanentes (dont la dernière au niveau de la constitution a lieu
précisément en ce moment avec une alliance UMP-socialistes).
«Tous les réactionnaires sont des tigres en papier.
En apparence, ils sont terribles, mais en réalité, ils ne sont pas
si puissants.
A envisager les choses du point de vue de l'avenir, c'est le peuple
qui est vraiment puissant, et non les réactionnaires». (Mao Zedong)
Pour
le PCMLM, mai 2008.
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