Grève dans les raffineries: la trahison!
Qu’est-ce qu’une grève?
Une grève est le fruit d’une colère trop longtemps rentrée, de discussions animées, parfois ardentes. C’est une bouffée de chaleur qui est en fait rafraîchissante, c’est un drapeau qui claque au vent.
Le mouvement de grève lancé à Total a immédiatement été compris dans tout le pays comme un appel, comme un point de départ.
C’était un espoir, une lutte forte capable de frapper fort, et de tellement montrer son caractère juste que l’unité aurait été vaste!
Hélas! Nous avons rappelé à quel point l’idéologie légaliste – réformiste des syndicats était nocive. Ce que vient de faire la CGT est une triste piqûre de rappel.
Car il n’y a pas eu d’effervescence, Pas d’opinions nouvelles, pas de discours, de conférences, d’agitation, de passions. Mais un appel à Sarkozy, qui a débouché sur une rencontre entre la direction de Total et les syndicats, et la fin de la grève.
La fin de la grève chez Total, sauf à Dunkerque, parce que ce site est encore en danger, étant donné qu’il est évident que Total joue en fait la montre pour fermer simplement un peu plus tard, lorsque le mouvement sera épuisé.
Le tour de passe-passe des syndicats et de la bourgeoisie a marché de manière efficace: le principal pour eux était d’empêcher l’incendie, la grève devant s’étendre chez Ineos à Lavéra, ainsi que chez ExxonMobil à Fos-sur-Mer et Port-Jérôme.
C’est d’ailleurs tellement un tour de passe-passe que Total a pu tranquillement expliquer que ce seront des travailleurs d’autres pays qui paieront la casse, la réduction des capacités de raffinage se faisant ailleurs: «Nous avons des capacités en Afrique, nous avons des capacités partout en Europe. »
La position des syndicats est une trahison envers ces travailleurs, envers ceux de Dunkerque, mais également envers toute la classe ouvrière elle-même.
L’objectif des syndicats a été le paiement des jours de grève – ce qui est un minimum! – et que le gouvernement organise « une table ronde sur l’avenir du raffinage en France » pour qu’il n’y ait pas de fermeture de site pendant 5 ans.
Cette volonté syndicale de participer au mécano industriel, TOUS les syndicats l’ont; ils ne discutent que de projets industriels, d’investissements.
Jamais ils ne partent du point de la lutte des classes, et encore moins de l’inévitable question révolutionnaire.
Le mouvement de grève chez Total aurait pu – et peut encore! – devenir un acte de rébellion de la classe ouvrière, un bouleversement des mentalités et du train-train mécanique de la « vie » dans l’organisation du travail de type capitaliste.
La position des syndicats est elle une position de trahison, contribuant à la démotivation, témoignant un manque d’ambition contestataire, un esprit ouvertement enclin au pessimisme, une tradition opposée à la solidarité et à la confiance dans les forces des masses populaires.
Il aurait été bien entendu vain d’espérer que des syndicats puissent assumer une telle tâche, car l’orientation révolutionnaire ne peut être proposée aux masses populaires que par un Parti Communiste tourné vers la guerre populaire, comme la classe ouvrière est tournée vers le futur.
Les syndicats, eux, se font toujours « avoir » par une bourgeoisie maniant les « discussions » avec adresse et désinvolture, toujours avec l’appui de l’État soi-disant « au-dessus » des classes.
Ils n’organisent pas une culture de la résolution énergique. Leur position est somme toute logique.
Toutefois, on ne peut que ressentir de la rage devant cette occasion manquée. L’étouffement syndical de cette étincelle ne peut que raffermir la volonté de construire le PCMLM et la guerre populaire!