Le mondial de l'auto et ses valeurs


Le mondial de l'auto s'est tenu à Paris du 4 au 19 octobre, avec comme toujours pour ce genre de manifestations, le même rituel : les « hôtesses » tout sourire qui « présentent » les nouveaux modèles à chaque stand, la main posée sur le capot des voitures.

Les photos de ces mannequins, qui s'étalent dans la presse bourgeoise, révèlent à quel point l'automobile, au sein du mode de production capitaliste, est bien l'un des domaines privilégiés de la barbarie patriarcale.

De même, en pleine crise générale du capitalisme, crise aggravée qui plus est et donc fortement génératrice de culture fasciste, la voiture s'impose de nouveau comme le symbole de la liberté, de la victoire sur les distances.

Cette idée forte de conquête, réservée au seul mâle motorisé, correspond à la vision fasciste du monde qui se fixent logiquement sur un objet symbole de la consommation capitaliste.

Dans la perspective patriarcale, les femmes font partie de l'espace de conquête et la voiture représente le moyen ultime - quasi infaillible - de séduction, comme le montrent les publicités de l'industrie automobile.

Les professionnels du secteur, en bons chasseurs de marchés, essaient bien sûr de parler de « féminisation » de l'automobile, mais leurs critères se fondent sur des conceptions profondément machistes.

Ainsi, les voitures « destinées à une clientèle féminine » (suivant les termes de marketing), sont censées reproduire le confort de la vie domestique et orientées vers une pratique urbaine, c'est-à-dire restreignant l'horizon de conquête, mais « idéale pour faire du shopping ».

L'industrie automobile reproduit donc le schéma habituel du patriarcat, homme « aventurier » et femme cantonnée dans un rôle de consommatrice au quotidien, uniquement préoccupée par des sujets « terre à terre ».

La voiture joue un rôle d'autant plus important sur les consciences que le capitalisme accentue la contradiction ville/campagne.

Par exemple, pour les jeunes prolétaires des zones rurales ou périurbaines, la voiture constitue l'instrument indispensable de leur réintégration dans la vie sociale de la ville, d'où des phénomènes de fétichisation très répandus en campagne, comme le tuning.

Inutile de préciser que le patriarcat trouve là un terrain propice pour son développement.

Du fait de leur isolement, les jeunes prolétaires masculins des milieux ruraux cherche donc à se bâtir une identité sociale dans une ambiance « virile », marquée par les concours de boissons, les courses de vitesse ou les différents « défis » pour prouver son habileté au volant.

Cette population est, par conséquent, surexposée aux accidents de la route, dûs à la fatigue, les longues distances parcourues ou la consommation d'alcool, notamment lors des sorties du week-end en boîte de nuit.

A ce propos, on peut remarquer que les discothèques représentent des lieux privilégiés de domination patriarcale.

La multiplication des soirées Lady's night (boissons gratuites pour les filles), visant à attirer une clientèle masculine et prétexte à diverses manifestations machistes organisées (innombrables déclinaisons de concours de beauté...) est, à ce titre, symptomatique.

L'automobile est donc souvent associée à beaucoup d'aspects « fun » (pour les garçons) de la culture patriarcale : plaisir de la vitesse, pouvoir de séduction sur les femmes, blagues sexistes sur les femmes au volant, etc...

Il s'agit là, d'ailleurs, d'une composante fondamentale du discours fasciste.

En effet, il est très facile pour les fascistes de faire passer quiconque s'opposant à l'idéologie dominante pour un « rabat-joie », qui « ne sait pas s'amuser ».

Ainsi, les communistes sont considéréEs comme des personnes « bizarres », ratées, dépressives, dévirilisées ou déféminisées ; bref, ce ne sont pas de « vrais hommes », de « vraies femmes ».

De la même manière, les causes défendues par les communistes sont ridiculisées, puisque les fascistes ne conçoivent pas l'exploitation, l'asservissement ou la lutte de classes et réduisent toute chose au « libre arbitre » de l'individu.

Pour les fascistes, une « hôtesse » du salon de l'auto - par exemple - a délibérément choisi sa fonction.

« Après tout, elle fait ce qu'elle veut », diront les fascistes, au lieu de penser : « le capitalisme fait d'elle ce qu'IL veut ».

Au fond, le fascisme isole l'individu, le sépare de sa classe pour l'embrigader dans une nation hiérarchisée comme une gigantesque armée.

Le fascisme, c'est donc le règne de la loi du plus fort et du chacun pour soi qui rend possible l'exploitation des masses en général et la double exploitation des femmes en particulier sous le régime patriarcal.

Le fascisme part à la conquête, prend possession des corps comme on occupe un territoire.

En ce sens, le fascisme est l'expression de la bourgeoisie impérialiste qui cherche toujours à accumuler ses possessions en soumettant les peuples considérés comme inférieurs.

Au contraire, les femmes révolutionnaires, à l'instar du prolétariat, fondent leur approche du monde sur la réappropriation, la soif de connaissances sans limites et cherche ainsi la voie de leur libération qui passe nécessairement par le communisme... et le fascisme est justement l'arme de la bougeoisie pour tenter de saboter le cheminement révolutionnaire du prolétariat vers le communisme.

Mais les tentatives de la bourgeoisie sont vouées à l'échec car le besoin de communisme chez les masses opprimées se fait ressentir chaque jour davantage.

L'affrontement est inéluctable, les masses prendront les armes et les femmes seront à l'avant-garde de la révolution qui renversera le vieux monde patriarcal, produit du capitalisme et de son hideuse progéniture : le fascisme !