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« Voie prolétarienne », Staline, Mao Zedong
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Quand les révolutionnaires avancent, il y a inévitablement
des petits-bourgeois qui tentent de parasiter le mouvement,
en mettant en avant une forme allégée et opportuniste.
A ce sujet la campagne récente de « Voie prolétarienne » est édifiante.
« Nous sommes maoïstes ! » ne cesse de dire subitement cette vieille organisation
qui avait appelé à voter Mitterrand en 1981 et qui se contentait
jusque-là de s'affirmer «marxiste-léniniste» tout en appelant à voter pour Arlette Laguiller
et à militer dans les syndicats.
Rien de là de très maoïste. Mais en fait, comme il n'y avait plus de maoïstes en France
entre la fin des années 1970 (avec la Gauche Prolétarienne)
et le début des années 2000 (avec le PCMLM), « Voie prolétarienne » s'était appropriée leur prestige en mettant en avant, de manière
plus ou moins forte, la figure de Mao Zedong.
Mais comme le phénix maoïste réapparaît, « Voie prolétarienne » est effrayée, c'est son fond de
commerce qui disparaît!
D'où sa petite campagne à coups de textes sur le maoïsme (« Nous sommes maoïstes ! »,
« Qu'est-ce que le maoïsme », etc.), et également
le récent éloge de la république népalaise, expliquant que là-bas il
faut «faire la révolution et développer la production»...
Cela alors que justement les maoïstes du monde entier se révoltent contre
cette mascarade népalaise...
Tout cela est en effet bien une véritable mascarade, et en ce qui concerne « Voie prolétarienne »,
n'importe quelle personne de bonne
foi peut constater que « Voie prolétarienne » défend des positions opposées à celles de
Mao Zedong.
« Voie prolétarienne » affirme ainsi que l'URSS de Staline était
un « capitalisme d'Etat », alors que Mao Zedong a toujours défendu l'URSS
de Staline et Staline lui-même.
Rien que cela est déjà une farce!
« Voie prolétarienne »
affirme que « le PCNm [PC du Népal (maoïste)] est un parti vivant,
démocratique, loin du modèle stalinien d'un parti monolithique et verrouillé »...
Alors qu'en Chine populaire les communistes se revendiquaient de Marx, Engels, Lénine,
Staline et Mao Zedong!
« Voie prolétarienne » ose même dire:
« Les communistes chinois comprennent alors
des choses essentielles sur la nature du socialisme et critiquent la conception de Staline.
Cela aboutit à une rupture (dite sino-soviétique) en 1964, scission qui traverse toujours
le mouvement communiste international.»
En réalité, les communistes de Chine ont rompu avec
les révisionnistes soviétiques en raison du rejet de Staline par ces derniers...
C'est le b-a-BA du communisme que de savoir cela...
Et il est aberrant de dire que le Parti «Communiste» français ou tout autre
parti anciennement pro-soviétique fait encore partie, aujourd'hui, du mouvement
communiste international, cela n'a aucun sens...
La rupture est clairement consommée depuis les années 70 entre d'un côté les maoïstes,
et de l'autre ce qu'on doit appeler des révisionnistes (et non pas des communistes!).
Mais encore pour cela faut-il comprendre la critique du révisionnisme soviétique qui a été effectuée par les
communistes de Chine.
Tous les documents du Parti Communiste de Chine expliquent
que le révisionnisme commence avec le coup de Khrouchtchev et que
l'URSS de Staline, elle, était authentiquement socialiste.
« Lorsque l'URSS était dirigée par Lénine et Staline,
c'était un pays socialiste prestigieux. Mais après la mort de
Staline, la clique des renégats Khrouchtchev - Brejnev a déclenché un coup d'Etat
contre-révolutionnaire et elle a usurpé le pouvoir suprême du Parti de l'Union soviétique.
Elle a restauré en grand le capitalisme et transformé l'URSS en un Etat social-impérialiste »
(PC de Chine, Le social-impérialisme soviétique fait partie de l'impérialisme mondial, 1975).
« Voie prolétarienne » n'est pas d'accord ni avec Mao Zedong,
ni avec le Parti Communiste de Chine, sur cette question essentielle
de savoir ce qu'est le socialisme.
Pour « Voie prolétarienne » l'URSS de Staline est un
« capitalisme d'Etat », alors que selon Mao Zedong et le Parti
Communiste de Chine, il s'agissait d'un pays authentiquement
socialiste, qui s'est transformé en social-impérialisme après la mort de Staline.
« Voie prolétarienne » rejette cette conception du révisionnisme et rejette le concept de
social-impérialisme.
« Voie prolétarienne » a-t-il donc le droit de se revendiquer « maoïste »?
Vue l'ampleur et la signification d'une telle question - la nature même du socialisme -,
la réponse est non.
Si « Voie prolétarienne » a inventé une nouvelle théorie, qu'elle le dise,
mais qu'elle ne se dise pas maoïste. Et en attendant que cette organisation nous ait prouvé
dans les faits qu'elle est dans le vrai, pour nous ces positions sont un mélange étrange
de radicalité ultra-démocratique petites-bourgeoise (fantasmant de manière
hallucinée et fausse sur la révolution culturelle chinoise) et le révisionnisme à la Kroutchtchev.
« Fêter Staline, ce n'est pas une formalité.
Fêter Staline, c'est prendre parti pour lui, pour son oeuvre,
pour la victoire du socialisme, pour la voie qu'il indique à l'humanité,
c'est se déclarer pour lui comme pour un ami très cher.
Car l'immense majorité des hommes vit aujourd'hui dans les souffrances,
et elle ne peut s'en affranchir qu'en suivant la voie indiquée par Staline
et avec son aide. » (Mao Zedong, Staline, l'ami du peuple chinois, 1939)■
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