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Critique du NPA - la question de la souffrance animale et le refus du NPA de la reconnaître
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Aujourd'hui, une question nouvelle se pose, une question propre au 21ème siècle:
la question animale.
Cette question n'est pas réellement nouvelle. En Asie, dans l'antiquité, lors des mouvements
de masse contre l'ordre religieux dans ce qui adviendra l'Inde, les animaux ont été
l'objet de la compassion.
C'est ainsi que sont nés le bouddhisme et le jaïnisme, religions opposées aux castes et affirmant
qu'il existait un chemin personnel vers la «libération».
En Europe également de tels mouvements ont existé, particulièrement au Moyen-Âge, lors
des grands mouvements paysans. Dans ce qui deviendra la France, l'Angleterre, l'Allemagne,
les paysans se soulevèrent contre l'ordre féodal, raccourcissant les têtes des nobles afin
de réaliser immédiatement le royaume de Dieu sur terre.
Là aussi, il y avait le respect, la compassion pour les animaux, que les cathares occitans appelaient
les «frères mineurs».
Toutefois, il était inévitable que dans le cadre de la faiblesse des moyens de production,
ces mouvements en faveur des animaux possèdent une base idéaliste, et historiquement
leur victoire était quasi impossible.
L'humanité ne se pose que les questions auxquelles elle peut répondre, et pour cette raison si
la question apparaissait, c'était de manière obscurcie, brumeuse, et les réponses elles-mêmes
étaient religieuses, idéalistes.
Voilà pourquoi il a fallu attendre deux autres moments historiques pour que cette question
apparaisse réellement et sous un jour matérialiste.
Le premier moment a été le développement de la classe ouvrière. Ainsi, dans les classes ouvrières
anglaise et allemande, classes ouvrières les mieux organisées de la fin du 19ème siècle, le
végétarisme est apparu comme une proposition sociale progressiste.
Par contre, pour des raisons historiques du même type, le végétarisme
n'est pas apparu en France, en raison du retard fondamental
du développement matériel de la classe ouvrière - l'industrialisation a été lente et la France
est longtemps restée un pays agraire.
L'importance du petit commerce et du capitalisme agraire a empêché l'émergence d'une compréhension
globale du dépassement nécessaire de l'opposition entre les villes et les campagnes.
Cela tient également à la force de l'idéologie bourgeoise, qui considère les animaux comme
des machines et ne valorise la nature que si elle est soumise et façonnée par l'homme
(les jardins à la française, avec ses bosquets taillés, en sont le symbole le plus connu).
Le second moment a été l'apparition en Angleterre, pays où le mouvement communiste n'a jamais
réussi à se développer sur une base scientifique, du «véganisme», c'est-à-dire du refus
de consommation de tout produit
d'origine animale.
Né dans les années 1950, le «véganisme» s'y développe de manière large dans les années 1980-1990,
avec la généralisation sur le plan national du «front de libération des animaux» (ALF), organisation
clandestine pratiquant des actions de sabotage.
L'«ALF» a été d'autant plus forte que le mouvement communiste était faible, assumant
des positions de classes (contre l'industrie capitaliste, contre les aristocrates, etc.).
Mieux, aujourd'hui, l'«ALF» existe non seulement dans tous les pays capitalistes,
notamment aux USA où elle
est considérée avec les écologistes clandestins comme la première «menace nationale», mais également
dans de très nombreuses villes de très nombreux pays semi-coloniaux semi-féodaux!
C'est-à-dire que la question animale est une question urbaine et ouvrière, qui grandit
parallèlement avec les forces productives.
Elle n'est pas une ancienne question petite-bourgeoise, mais une question prolétarienne nouvelle -
à une époque où le prolétariat compte s'approprier le monde entier et dépasser la
contradiction entre les villes et les campagnes.
Cela explique le fait que ni Lénine, ni Staline, ni Mao n'ont pu
abordé la question animale, en raison de l'impossibilité
à l'époque de ne serait-ce que «voir» cette question.
La Russie de la révolution d'octobre était un pays agraire, où la bataille pour la survie
était difficile, et par la suite, la guerre contre l'Allemagne nazie puis la
reconstruction ont monopolisé
l'énergie.
En Chine, la question était encore plus difficile, de par la terrible arriération du pays suite
au colonialisme et l'exploitation impérialiste, puis après la mort de Mao Zedong le développement
matériel a servi le capitalisme, ne permettant aucun questionnement à ce sujet.
Marx et Engels, quant à eux, avaient bien émis quelques remarques, mais elles concernaient seulement le caractère idéaliste
et utopiste du végétarisme de leur époque.
Ainsi, cette question est nouvelle, et pour les marxistes léninistes maoïstes, elle est une question
qui naît à l'époque révolutionnaire, à une époque où doit se résoudre la contradiction entre les
villes et les campagnes.
Selon les principes de la ligne de masse, les communistes MLM considèrent que la question du
«véganisme» est née dans le peuple, que par conséquent il s'agit d'une question devant
se débattre au sein du peuple, qu'elle est une question
démocratique et révolutionnaire propre à notre époque.
Loin de considérer la question animale comme relevant de la bourgeoisie décadente, même si
bien entendu une partie de celle-ci tente de s'y rattacher (comme l'ont fait de manière fausse
et démagogique les nazis en Allemagne), les communistes MLM considèrent que le matérialisme doit
assumer l'étude de cette question de manière positive, en apprenant des masses, en synthétisant
leurs exigences.
Tel n'est pas le choix du NPA. Celui-ci a refusé de manière claire, nette et sans appel
quelques lignes dans son programme, quelques lignes pourtant littéralement anodines:
«Nous devons prendre en considération la sensibilité des animaux, eux aussi victimes,
entre autres, de la course à la productivité. Nous sommes pour l'abolition
des pratiques barbares et indignes (la corrida, les animaux dans les cirques,
la chasse, la vivisection, la chasse à courre ...)»
La réaction d'Anne Leclerc du comité d'action nationale du NPA a été plus que négative et
marquée par une volonté de refus de proposer l'amendement au vote,
«parce que franchement hein, les animaux ...».
Quant au résultat, il est sans appel: 89 pour, 462 contre, 80 abstentions, 17 NPPV.
Ainsi, un simple constat a été refusé, ce qui était d'ailleurs inévitable vue la nature
petite-bourgeoise du NPA.
Olivier Besancenot défend la propriété privée à usage personnel, comme les voitures et les maisons
individuelles, alors pourquoi le NPA abolirait-il le caractère de marchandise des animaux?
On dira que l'amendement ne demande même pas cela, et c'est vrai. En fait, le NPA refuse ne
serait-ce que de constater que la souffrance animale a atteint une dimension jamais vue,
et cette souffrance ne cesse de grandir, comme le constate l'article de Révolution #4
«Crise du capitalisme et intensification de la productivité:
le rôle des animaux dans la chute tendancielle du taux de profit».
Le NPA refuse ne serait-ce que de constater que les animaux n'ont rien à faire dans des cirques
et que les chasseurs sont des représentants arriérés du patriarcat et de l'individualisme
meurtrier.
Le NPA refuse ne serait-ce que de se confronter à la question de la vivisection - alors qu'il
prétend être «anticapitaliste» et vouloir la défaite des grands monopoles, dont la
vivisection est un leitmotiv!
Une contradiction terrible alors qu'en Angleterre des militants pour la libération animale
terminent en prison parce qu'ils sabotent justement le principal centre de vivisection en
Europe, appelé HLS!
Quant à la corrida, à la pseudo légitimité culturelle, et la chasse au courre en pleine
expansion en France suite à son interdiction en Angleterre, n'en parlons même pas!
La position du NPA est fausse, elle est lâche, elle ne correspond pas aux exigences
de notre époque.
Voilà pourquoi un Parti Communiste digne de ce nom, fondé sur le marxisme léninisme maoïsme,
saura affronter de manière matérialiste cette question et ses exigences!■
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