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La critique du capitalisme dans le programme du NPA
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Nous traiterons ici du texte programmatique
transitoire du Nouveau Parti Anticapitaliste, dont le congrès fondateur
vient d'adopter les lignes générales,
« par 540 pour, 1 contre, 49 abstentions et 5 refus de
vote. Principes fondateurs du Nouveau Parti Anticapitaliste adoptés par le congrès ».
En quoi tient ce programme ? Quatre chapitres, des grandes
lignes et finalement peu d'analyses concrètes. Lançons-nous donc dans une critique
constructive, révolutionnaire, pour comprendre le fondement souvent idéaliste,
révisionniste, social-démocrate du programme du NPA.
Voici ici la critique du premier chapitre, celui sur la critique du capitalisme, chapitre
intitulé par le NPA «Le capitalisme met l'humanité et la planète en danger».
Le NPA considère en effet que:
« Le système capitaliste génère des crises qui se conjuguent :
crises alimentaires, économiques, écologiques, énergétiques, financières,
sanitaires, sociales, tensions internationales et guerres, dont
les conséquences sont toujours dramatiques ».
Le Nouveau Parti Anticapitaliste s'oppose donc
avec force au capitalisme, et s'affirme « anti » capitaliste.
Mais le programme du NPA définit-il le capitalisme ? Non, tout est évasif,
fluctuant, vague.
Six occurrences principales du terme existent dans le texte.
Comme dans la citation ci-dessus, on apprend que le capitalisme génère de vilaines crises comme
celle que nous
vivons, et le NPA se propose de combattre ce système.
Pourtant, combattre
le mal suppose de définir ce qu'il est, ce que le programme
du NPA ne prendra jamais le temps de faire.
Le NPA traite du capitalisme comme le journaliste économique
qui pose des notions sans aucun discernement.
Qu'est-ce que le capitalisme, pour quelqu'un qui a appris de Karl Marx ?
C'est un régime économique, un mode de production, celui qui succède au féodalisme
avec l'émergence des révolutions bourgeoises.
Il est fondé sur la propriété privée capitaliste des moyens
de production, sur l'exploitation des ouvriers salariés,
dépourvus de moyens de production et d'existence, et obligés de vendre constamment
leur force de travail aux capitalistes.
La force motrice de la production capitaliste, son stimulant principal
est le profit qui provient de l'appropriation de la plus-value, créée par les ouvriers.
Tel n'est pas le point de vue du NPA. Le NPA se contente de dire :
« La mondialisation marquée par une offensive des classes
dominantes contre les travailleurs et les peuples pour
augmenter les profits aboutit à une crise profonde et
structurelle du mode de production capitaliste lui-même. »
Sans plus de commentaire, et déjà la notion de capitalisme
passe par un miracle syntaxique en devenant subitement
« mondialisation », comme si cette notion bourgeoise (mais aussi petite-bourgeoise), d'ailleurs éculée,
pouvait
rendre compte à elle seule des malheurs de ce monde.
Pour qui a compris les enseignements de Karl Marx, pour qui a compris le
marxisme-léninisme-maoïsme, l'économie capitaliste est basée
sur l'anarchie de la production, elle est soumise aux
lois spontanées du développement.
De là les crises économiques périodiques, inévitables sous
le capitalisme, les crises de surproduction, non seulement de capital, mais également de
marchandises, lorqu'il y en a plus que n'en peut absorber le marché,
limité par le pouvoir d'achat des travailleurs dont le niveau de vie,
dans les conditions du régime capitaliste, baisse sans discontinuer.
L'économie des pays capitalistes se développe par cycles,
c'est-à-dire que la croissance de la production, par
suite des contradictions antagoniques inhérentes au capitalisme,
cède la place à une baisse de la production, à une chute
brusque, à la crise, et ce jusqu'à la crise générale du capitalisme,
que les capitalistes tentent de conjurer par la guerre.
Pendant la crise, on observe une destruction massive
des forces productives de la société, le chômage augmente considérablement,
pas moins de 90 000 chômeurs de plus par exemple en janvier 2009
en France, ainsi que la misère de la classe ouvrière et de tous les travailleurs;
toutes les contradictions du régime capitaliste s'aggravent.
Avec le développement du capitalisme, l'oppression capitaliste se renforce,
la paupérisation absolue et relative de la classe ouvrière et de tous
les travailleurs s'accentue, les idéologies réactionnaires se développent, la politique
impérialiste s'impose au sein de l'Etat bourgeois et de la bourgeoisie monopoliste, la
plus agressive.
Cette situation, même le NPA se voit obligée de la constater :
« Les conditions de vie se dégradent... La précarité explose ».
Oui, les conditions de vie se dégradent. Pourquoi ? A causes de vilains spéculateurs selon
le NPA, qui engrangent les profits plus qu'il ne faut.
« Au nom du profit, les capitalistes organisent la surproduction
de marchandises inutiles et/ou nocives, alors que plus de trois milliards
d'habitants de la planète, soit près de la moitié de l'humanité, vivent
avec moins d'un euro par jour. »
Le NPA tire sur la corde du misérabilisme moral ce qui n'est pas une
attitude révolutionnaire. Le NPA ne cherche aucunement les racines de ce fait.
Revient-on sur les causes de la dégradation ? Non, le NPA ne pense pas que la crise
soit inhérente et obligatoire, et se déroule malgré tous les efforts de la bourgeoisie
pour tenter de la contrer.
Pour le NPA, la situation a été choisi de manière subjective par « l'offensive des classes dominantes »,
qui impose la « mondialisation » :
« La mondialisation marquée par une offensive des classes dominantes contre les
travailleurs et les peuples pour augmenter les profits aboutit à une crise profonde
et structurelle du mode de production capitaliste lui-même ».
Quelle offensive ? Par quels biais ? Le NPA ne semble aucunement le savoir. Quant à la thèse
que l'agressivité de la bourgeoisie est le produit inéluctable de la non moins inéluctable
crise générale du capitalisme, le NPA la rejette, pour même l'inverser.
Le NPA parle ainsi de capitalistes, mais n'a jamais défini dans son programme ce qu'est le capital.
Quant au profit, on en parle, on fait un discours sans savoir réellement de quoi il s'agit.
Pourtant, en régime capitaliste cela est très clair.
Plus les richesses sociales se concentrent aux mains d'un petit groupe de capitalistes,
et plus se prolétarisent les masses, plus s'étend le chômage et
s'appauvrit la classe ouvrière. « Voilà la loi générale, absolue, de l'accumulation capitaliste » disait Marx (Le Capital,
L. I, t. 3).
Les membres du NPA semble découvrir ce fait scientifique. Ils découvrent le profit.
Mais qu'est-ce que le profit ? Une nouvelle chimère dans ce programme ! Un prétexte pour un
anticapitalisme romantique, petit-bourgeois!
Aucune définition ! Tout au plus apprend-on que:
« La logique du profit est indissociable d'une marchandisation toujours
plus importante de toutes les activités humaines...
Elle s'accompagne d'une mise en concurrence des territoires, des institutions,
des individus, concurrence destructrice des liens sociaux et des solidarités,
qui exclut, brise la vie des travailleurs ».
Le profit est une « logique »... la belle affaire !
« C'est la recherche effrénée de profits par une infime minorité de
la population qui est à la racine de cette crise ».
Tel n'est pas le point de vue communiste. Depuis Karl Marx, on sait que
le profit est la plus-value considérée dans son rapport
avec la totalité du capital investi dans la production.
Au fur et à mesure que le capitalisme se développe, la composition
organique du capital s'élève sans discontinuer.
Tout entrepreneur, qui remplace de plus en plus les ouvriers
par des machines, cherche à rendre la production moins coûteuse,
à élargir l'écoulement de ses marchandises et à tirer un surprofit.
De cela le NPA ne dit rien. Il ne s'intéresse pas aux processus se déroulant au sein
du capitalisme. Il ne voit le capitalisme que comme une forme stable, déterminée, aucunement
travaillée par des contradictions.
Le NPA rejette la conception de Karl Marx, préférant nommer dans une longue litanie la « logique »
de cette espèce singulière que serait le capitaliste :
«Cette logique est celle de la lutte menée avec cynisme
par la bourgeoisie de la finance, des affaires, des multinationales,
des banques, les spéculateurs, leurs alliés politiques, les gouvernements,
les institutions internationales à leur service.»
Ce qui fait que le NPA est obligé d'aller jusqu'à «oublier» de signaler un fait d'importance,
au caractère central historiquement :
une lutte de classe aiguë
entre la bourgeoisie et le prolétariat,
tel est le trait essentiel de la société capitaliste.
Le NPA «oublie» de parler de lutte de classe,
ne nomme jamais le prolétariat et se fait une idée métaphysique du capitaliste, et a une
conception anti-capitaliste romantique.
Le NPA ne voit pas les entraves de la classe ouvrière. Le NPA n'enquête
sur rien, il se figure connaître les chaînes qui entrave le précaire qui sont
tenus par « les capitalistes », mais n'en dit rien.
Cette conception est métaphysique-romantique, elle est gravement erronée.
Marx est pourtant clair comme l'eau de roche :
« Une chaîne retenait l'esclave romain; ce sont des
fils invisibles qui rivent le salarié à son propriétaire.
Seulement ce propriétaire, ce n'est pas le capitaliste individuel,
mais la classe capitaliste. (...)
La reproduction de la classe ouvrière
implique l'accumulation de son habileté, transmise d'une génération à l'autre.
Que cette habileté figure dans l'inventaire du capitaliste, qu'il ne voie dans
l'existence des ouvriers qu'une manière d'être de son capital variable,
c'est chose certaine et qu'il ne se gêne pas d'avouer publiquement
dès qu'une crise le menace de la perte de cette propriété précieuse »
(Le Capital, Livre I, Section VI, chapitre 22, « la reproduction simple »).
Jamais le NPA ne se place au niveau de la lutte
d'une classe contre l'autre.
Contrairement au principe de l'analyse matérialiste, qui exige une compréhension dialectique
du mouvement, il préfère la multiplication des entités creuses : « capitalistes »,
« actionnaires », « peuples ».
Cela cache une conception petite-bourgeoise, classe qui peut prétendre à une critique
romantique du capitalisme, mais aucunement n'assumer une analyse scientifique de la lutte
des classes.
Voilà pourquoi le NPA a un programme romantique:
« Nous utilisons, défendons et faisons vivre les droits
démocratiques pour mener le combat politique.
Il n'est pas possible de mettre l'État et les institutions
actuelles au service d'une transformation politique et sociale.
Ces organismes, rodés à la défense des intérêts de la bourgeoisie,
doivent être renversés pour fonder de nouvelles institutions
au service et sous le contrôle des travailleurs et de la population. »
Comment renverser le mode de production capitaliste ? Le NPA ne l'explique pas. Et,
de toutes manières, avant de savoir comment renverser, encore faut-il savoir ce qu'il faut renverser!
Et cela le NPA ne le dit pas, parlant simplement, de manière romantique, du «système»:
« La logique du système invalide les prétentions de le moraliser,
de le réguler ou de le réformer, de l'humaniser, qu'elles soient
sincères ou hypocrites. La logique du système contribue par
là même à créer les conditions de son renversement, d'une
transformation révolutionnaire de la société,
en démontrant quotidiennement à quel point il est vrai que le bien-être,
la démocratie, la paix sont incompatibles avec la propriété privée des
grands moyens de production ».
Nous avons ici un élément central dans la compréhension de la nature du NPA: la valeur
attribuée par celui-ci aux « grands moyens de production » et à la « propriété privée ».
En substance, le NPA nous dit qu'il ne faut pas confier les GRANDS moyens de production
à la propriété privée. Cela signifie sans doute que l'Etat,
(mais cela n'est pas précisé) en soit l'attributaire.
Mais qu'en est-il des PETITS moyens de productions? Y a-t-il vraiment, comme le NPA le laisse
supposer, une différence de nature entre la petite propriété privée, comme une maison ou une
entreprise du type P.M.E., et la grande propriété privée?
Il ya ici deux poids, deux mesures, et une différenciation erronée dont Lénine a parlé
à de nombreuses reprises:
« L'idéalisation de la petite production nous révèle
un autre trait spécifique de la critique romantique et
populiste: son caractère petit-bourgeois.
Nous avons vu que le romantique français comme le
romantique russe font de la petite-production
une "organisation sociale", une "forme de production",
qu'ils opposent au capitalisme. Nous avons vu aussi
que cette opposition
n'implique qu'une compréhension très superficielle,
qu'elle isole artificiellement et à tort une forme de l'économie
marchande (le grand capital industriel) et la condamne, tout en idéalisant
utopiquement une autre forme de cette même économie marchande (la petite
production).» (Pour caractériser le romantisme économique).
Qu'est-ce qu'un moyen de production pour un communiste ? Il s'agit « simplement » du
mode d'obtention des moyens d'existence (nourriture, vêtements, logement, instruments
de production, etc.), nécessaires à la vie des êtres humains sur la planète terre, à la vie et
au développement matériel et culturel de la société.
Le mode de production constitue la base du régime social dont
il détermine le caractère. Tel mode de production, telle société elle-même.
Relisons le programme du NPA :
« La logique du système contribue par là même à créer les conditions de son
renversement, d'une transformation révolutionnaire de la société, en
démontrant quotidiennement à quel point il est vrai que le bien-être,
la démocratie, la paix sont incompatibles avec la propriété privée des grands
moyens de production ».
Si le capitalisme est incompatible avec la propriété des grands moyens de production, cela
veut dire que le prétendu « socialisme » du NPA est compatible avec la propriété publique,
la nationalisation par exemple, des GRANDS moyens de production.
Reste alors la question des petits moyens de production. Un moyen de production se subdivise,
le mode de production présente deux aspects, comme toute chose et tout phénomène.
Le premier aspect est constitué par les forces
productives de la société qui expriment le comportement des êtres humains à l'égard
des objets et des forces de la nature utilisés pour produire les biens matériels
indispensables.
L'autre aspect, ce sont les rapports de production
entre les hommes au cours de la production sociale.
L'état de ces rapports
montre à qui appartiennent les moyens de production, à la société entière
ou bien à certains individus, groupes ou classes qui s'en servent pour exploiter
d'autres individus, groupes, classes.
Chaque mode de production, qui est historiquement déterminé, est une unité des forces
productives et des rapports de production. Et cette unité est elle-même dialectique.
Après avoir surgi sur la base des forces productives, les rapports de production
exercent une grande influence en retour. Ils entravent le développement des
forces productives ou le favorisent.
Au cours de l'évolution du mode de production,
les rapports de production retardent nécessairement sur les forces productives qui
sont l'élément le plus mobile. Ainsi à une certaine phase du développement
du mode de production, une contradiction surgit entre ses deux aspects.
Mao Ze Dong disait du socialisme et des rapports aux forces de production en Chine dans les
années 1960 que
« Le but de la révolution socialiste est de libérer les forces productives.
La transformation de la propriété individuelle en propriété collective socialiste
dans les domaines de l'agriculture et de l'artisanat, et celle de la propriété
capitaliste en propriété socialiste dans l'industrie et le commerce privés aboutiront
nécessairement à une libération considérable des forces productives.
Et les conditions sociales seront ainsi créées pour un énorme développement de la
production industrielle et agricole ». (Allocution à la Conférence suprême d'Etat, 21 janvier 1956).
Ou plus simplement:
« S'il y a de la place pour la bourgeoisie,
il n'a pas de place de le prolétariat ; s'il n'y a pas de place pour le capitalisme il
n'y a pas de place pour le socialisme » (Parti Communiste de Chine,
Propagande pour le socialisme ou le capitalisme, 1969).
Le NPA semble, à l'opposé du communisme, tout à fait disposé à laisser à la propriété
privée les « PETITS »
moyens de production.
On comprend pourquoi le NPA n'apprécie guère le terme de «communisme».
Le NPA, en faisant le constat actuel du capitalisme et de sa crise, suit une conception
petite-bourgeoise, idéaliste, fixiste, visant à maintenir le statu quo ou encore à revenir en
arrière, à il y a quelques années, à la période historique de développement du capitalisme où la
petite-bourgeoisie pouvait encore subsister.
Le NPA, loin de toute possibilité de saisir dialectique la chose, en
ses multiples contradictions, ne possède pas de théorie sur les choses et les phénomènes,
ne maîtrisant
en rien les concepts même qu'il prétend parfois exploiter
.
Voilà pourquoi le NPA ne veut en fait pas aborder la question de l'impérialisme comme
stade suprême du capitalisme, pourquoi il ne veut pas aborder la question de la crise générale
du capitalisme, la question du fascisme, la question de la guerre.
L'impérialisme est la suite
inévitable de toute l'évolution antérieure du capitalisme, et cela soit le NPA le reconnaît, soit il
le nie - et il choisit de le nier.
Dans « L'impérialisme, stade suprême du capitalisme », Lénine fut le premier
des marxistes à donner une définition scientifique de l'impérialisme,
à découvrir ses tares et les conditions de sa perte inéluctable.
« L'impérialisme est le capitalisme arrivé à un stade de développement
où s'est affirmée la domination des monopoles et du capital financier ;
où l'exportation des capitaux a acquis une importance de premier plan ;
où le partage du monde a commencé entre les trusts internationaux et
où s'est achevé le partage de tout le territoire du globe entre
les plus grands pays capitalistes. »
Là où le NPA se cantonne dans une posture romantique expliquant que tout va mal,
la définition d'impérialisme aurait pu éclairer les phénomènes actuels que vit le capitalisme,
et expliquer la situation des masses. Mais le NPA préfère le romantisme
à la science, car celle-ci condamnerait sa base sociale: la petite-bourgeoisie.
Le programme du NPA se risque à un moment à une citation de Jaurès
« La paix est incompatible avec ce système : "le capitalisme porte en
lui la guerre comme la nuée porte l'orage" »,;
simplement voilà le programme du NPA ne donne aucun exemple ni définition de
ce qu'est le capitalisme, de ce que sont les classes, des origines des
phénomènes comme la guerre, la crise,
le néo-colonialisme et de la guerre...
Le NPA préfère ne rien expliquer et mettre en avant un romantisme, à travers le
concept de « mondialisation ».
Et cela n'est pas servir les masses populaires, ce n'est pas progresser dans la lutte
pour l'objectif que doit avoir toute personne révolutionnaire: le communisme!■
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