PRCF et social-chauvinisme


[Article écrit par un ami marxiste-léniniste]

Si vous ne condamnez pas sans appel les sifflets qui ont « couvert la Marseillaise » lors de France-Tunisie, c'est que vous êtes un petit bourgeois de l' « extrême gauche caviar ».

Voilà résumé en une phrase le dernier texte nauséabond du PRCF, orga auto-proclamée marxiste-léniniste, dont les membres, qui se vantent d'être les premiers à être sortis du P«C»F (...au début des années 90 !), sont au garde à vous à la vue du drapeau BBR ou au son de la Marseillaise.

Le PRCF accuse ces supporters de « faire le jeu de Le Pen et Sarkozy par des comportements irresponsables et diviseurs », un discours déjà entendu et utilisé systématiquement pour condamner les actions violentes des opposants au système capitaliste.

Le terme nation/national(e) est cité 6 fois (3 pour le terme internationaliste), dont 2 fois dans la même phrase!

Au « socialisme » évoqué 1 seule fois, le PRCF préfère les notions de progressisme (cité 3 fois), souveraineté de la France (cité 2 fois mais évoqué tout le long du texte), patriotisme (2), ou dans un autre style... l'amour de l'Humanité (concept marxiste bien connu) !

Dans la même veine, le drapeau rouge est évoqué 2 fois... accouplé avec le drapeau BBR. On apprend même que cette union a permis les acquis du Front Populaire, puis (à l'époque où le PCF avait préféré déposer les armes tandis que d'autres peuples continuaient la lutte pour faire triompher le socialisme) les immenses conquêtes sociales post-Libération...

En revanche le PRCF passe sous silence le fait que ces acquis ont été facilités par la pression populaire résultant de la victoire du socialisme en URSS d'une part, et qu'ils proviennent en grande partie du pillage des colonies par l'impérialisme français d'autre part.

Ce qui n'a rien d'étonnant puisque l'impérialisme français se limite pour le PRCF à un renfort du seul Sarkozy à l'impérialisme « yankee ».

En d'autres termes, la présence française est condamnable là où elle s'aligne sur les positions des Etats-Unis (et/ou de l'OTAN), mais on passe sous silence le rôle de la France dans ses semi-colonies! Quand certains font référence à l'URSS bolchevique, à la Chine maoïste, à l'Albanie socialiste, d'autres continuent de faire référence au PCF de Thorez et Duclos, celui du Front Populaire, celui de la capitulation face aux gaullistes...

Quand certains citent Marx ou Lénine, le PRCF s'en remet à une citation de Paul Vaillant Couturier sortie de son contexte pour... justifier ses délires nationalistes (le qualificatif social-chauvin semblant dépassé pour caractériser le PRCF actuel).

On leur répondra par une citation d'un de ses contemporains, Henri Barbusse qui, témoin des ravages du nationalisme, déclarait au sortir de la grande guerre impérialiste « Un homme bon, un homme sain, un homme raisonnable, ne doit pas saluer les drapeaux.» (La lueur dans l'abîme, 1920)

Ce texte du PRCF est à rapprocher d'un autre texte trouvé sur internet, oeuvre d'un sympathisant d'Egalité et Réconciliation (groupe d'Alain Soral).

Les ressemblances ne sont pas fortuites, puisque l'auteur, national-révolutionnaire, est un ancien des JRCF (jeunesses du PRCF), dont le rapprochement avec Soral ne s'est pas fait sur des divergences idéologiques, mais parce qu'il considérait que le PRCF, en tant qu'orga de la gauche du PCF, était destiné à rester dans la confidentialité.

Cette constatation tendrait à prouver que de la « gauche du fascisme » à la « droite du marxisme-léninisme » il n'y aurait qu'un pas... Inconcevable !

On en déduira donc, soit que le groupe de Soral n'est pas fasciste, soit que le PRCF n'est pas marxiste-léniniste.

Une analyse des positions récentes du PRCF, systématiquement teintées de nationalisme, exemptes de toute évocation de l'impérialisme français, ambiguës (dans le meilleur des cas) sur les communautés qui refuseraient de s'intégrer à la communauté française et d'accepter la désintégration de leurs cultures et de leurs traditions, sans parler de leurs références permanentes à Thorez et Duclos (plutôt qu'à Staline, Mao ou Hoxha), nous amène en toute logique à prendre position sans équivoque pour la seconde hypothèse.

A chaque militant communiste, chaque organisation, de faire sa propre analyse pour se positionner clairement, soit en faveur d'un rapprochement avec Soral (!), soit pour condamner fermement et définitivement les dérives nationalistes du PRCF.