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Critique du NPA - Ultra-démocratisme ou révolution?
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Continuons la critique MLM des Principes fondateurs du Nouveau
Parti Anticapitaliste adoptés par le congrès, et attaquons nous au troisième chapitre,
intitulé Nos vies, pas leurs profits .
La ligne est simple; le NPA dit:
« Nous défendons un programme d'urgence qui, pour
répondre aux besoins immédiats, met en question la propriété capitaliste des moyens
de production, attaque le capital et ses profits pour augmenter les salaires, les pensions
de retraite, les minima sociaux et pour satisfaire les besoins de la population ».
Il s'agit d'une vieille marotte trotskiste, le programme d'urgence, Trotsky
l'avait fait en son temps avec le programme de transition (1938), Lutte Ouvrière
y était allé de son « programme d'urgence » lors des élections présidentielles de 2006.
Le NPA ne fait pas différemment. En fait, la perspective révolutionnaire échappe au NPA
comme le sable s'écoule de la main qui tente de le saisir. Dès lors, il faut tout de même
montrer ce que l'on sait faire et comme l'on veut bousculer le système sans le changer,
eh bien on fait dans l'urgence, dès fois que les élections portent le NPA au pouvoir, ne sait-on jamais !
Une nouvelle fois, c'est le consensus qui prime : qui ne peut être d'accord
avec l'augmentation des minima sociaux ?
Le NPA dit également:
« Ce programme insiste sur l'appropriation sociale du produit
du travail par l'expropriation sans indemnisation des grands
groupes capitalistes à commencer par ceux du CAC 40, des services
et branches essentiels sous le contrôle des salarié-e-s et de la population ».
Voilà bien la nature idéaliste de ce programme d'urgence. Au lieu de se confronter
à la nature du mode de production capitaliste, et à la société qui va avec, le NPA se place
sur le terrain social-démocrate de la «justice sociale».
Le programme du NPA, c'est une répartition des richesses qui soit plus juste selon
ses propres critères, mais ce n'est aucunement une révolution, ni une position s'établissant sur une
analyse scientifique de la société.
Or, depuis Marx et Engels, nous savons que renverser le capitalisme c'est passer à un autre
type de société, caractérisée par le socialisme puis le communisme.
De cela, le NPA ne parle pas. Et pour cause!
Le NPA n'a pas une identité communiste, mais une identité protestataire.
Le NPA affirme ainsi :
« Le travail n'est pas une marchandise, les salarié-e-s
ne sont pas des variables d'ajustement, les licenciements doivent
être interdits sous peine de réquisition sans indemnités des entreprises qui licencient ».
On pourrait critiquer simplement cette affirmation gratuite niant le fait que,
dans le capitalisme, le travail est totalement soumis au capital, et que s'imaginer qu'on
peut faire différemment est de l'idéalisme du type social-démocrate.
Mais le fond du problème est bien plus grave. Qu'est-ce que le travail pour un
marxiste - léniniste - maoïste ?
« Le travail est avant tout un processus qui se déroule entre l'homme
et la nature, un processus dans lequel l'homme joue lui-même le rôle
d'intermédiaire, de régulateur et de contrôleur dans l'échange de matières
qui se fait entre lui et la nature » (Marx : Livre I, première section).
En agissant sur son environnement, l'être humain le modifie et se modifie lui-même.
En transformant le monde, l'homme réalise ses buts conscients.
Le processus du travail comprend trois éléments nécessaires :
1° l'action de l'être humain qui poursuit certaines fins, c'est-à-dire le travail proprement dit ;
2° l'objet du travail ;
3° les moyens de production à l'aide desquels l'être humain exerce
son action sur l'objet du travail.
Condition première et fondamentale de la vie humaine,
le travail non seulement procure à l'être humain des moyens d'existence, mais il créé
l'être humain lui-même.
Le NPA traite d'une notion sans la définir; il
n'a pas perçu l'importance du travail, car il n'a pas compris Marx et Engels, il n'a pas
compris le sens de l'histoire.
Voilà pourquoi son programme d'urgence, loin d'amener à une nouvelle société, n'est qu'une
réaction à une situation difficile pour une classe sociale, que représente justement le NPA.
Cela se voit dans la notion de «démocratie» utilisée par le NPA:
« Pour nous la démocratie ne s'arrête pas à la porte des entreprises,
c'est aux salarié-e-s de décider de leurs conditions et de leur organisation de travail ».
Ou encore:
« Nous utilisons, défendons et faisons vivre les droits démocratiques
pour mener le combat politique. Il n'est pas possible de mettre l'État et
les institutions actuelles au service d'une transformation politique et sociale. »
Cela n'est en rien nouveau, c'est le vieux programme autogestionnaire du PCF et du PSU des
années 1960-1970, c'est la vieille théorie de la démocratie « pure »,
démocratie au-dessus des classes.
Selon cette théorie, le prolétariat ne doit pas briser la vieille machine d'Etat
bourgeoise, mais la contourner, voire l'améliorer, en tout cas
la réformer, pour chercher à réaliser l'intégration pacifique du
capitalisme dans le socialisme autogestionnaire.
Mais la démocratie « au-dessus des classes », la démocratie «
pure » est un leurre inventé pour tromper les ouvriers.
L'histoire n'a pas connu et ne connaît pas de semblable démocratie.
En réalité, il y a la démocratie bourgeoise, c'est-à-dire une démocratie tronquée,
fausse, et la démocratie prolétarienne.
« La démocratie bourgeoise, tout en constituant
un grand progrès historique par rapport au moyen âge, reste toujours,
- elle ne peut pas ne pas rester telle en régime capitaliste-,
une démocratie étroite, tronquée, fausse, hypocrite, un paradis pour
les riches, un piège et un leurre pour les exploités, pour les pauvres.»
(Lénine, La révolution prolétarienne et le rénégat Kautsky).
Le NPA veut développer la démocratie, dans la société, la culture,
dans les entreprises... A une époque d'affrontement de classe, où ce qui compte
est la nécessaire affirmation de la dictature sur les classes exploiteuses.
Cela s'appelle la dictature du prolétariat, et le NPA la rejette; le
NPA est profondément libéral, en ce sens qu'il défend une idée de la liberté complètement
bourgeoise.
Le NPA, c'est le vieux libéralisme qui s'imagine progressiste parce qu'il emprunte
des notions à Marx, mais se rattache en fait à la bourgeoisie de par son
caractère anti-dialectique.
« Ceux qui sont imbus de libéralisme considèrent les principes du marxisme comme des dogmes
abstraits. Ils approuvent le marxisme, mais ne sont pas disposés à le mettre en pratique ou à
le mettre intégralement en pratique; ils ne sont pas disposés à remplacer leur libéralisme
par le marxisme.
Le libéralisme est une manifestation de l'opportunisme, il est en conflit
radical avec le marxisme.
Il est négatif et aide en fait l'ennemi, qui se réjouit de le
voir se maintenir parmi nous. Le libéralisme étant ce qu'il est, il ne saurait avoir sa
place dans les rangs de la révolution. Nous devons vaincre le libéralisme, qui est négatif,
par le marxisme, dont l'esprit est positif » (Mao Zedong, Du libéralisme, 1937).
Voilà pourquoi également le NPA fait disparaître le principe de l'exploitation derrière le
thème de l'oppression, utilisée de manière ultra-démocratique, non scientifique:
« Le NPA soutient les formes d'auto-organisation d'opprimé-e-s, qui se
réunissent au nom d'une oppression qu'elles/ils ont en commun pour la combattre
jusqu'à sa disparition. Que cette oppression soit raciste, sexiste, homophobe ou xénophobe ».
Nous sommes ici en plein syndicalisme, en plein trade-unionisme.
Le chapitre III de l'ouvrage Que Faire ? de Lénine met en lumière
l'opposition de principe entre les politiques trade-unioniste et communiste, et il y constate:
« La conscience politique de
classe ne peut être apportée à l'ouvrier que de l'extérieur, c'est-à-dire de
l'extérieur de la lutte économique, de l'extérieur de la sphère des rapports entre
ouvriers et patrons ».
« Tout culte de la spontanéité du mouvement ouvrier, toute diminution du rôle de
« l'élément conscient », du rôle de la social-démocratie signifie par là même - qu'on le veuille ou
non, cela n'y fait absolument rien - un renforcement de l'influence de l'idéologie bourgeoise sur
les ouvriers ».
Le NPA nie le principe d'une analyse scientifique du monde, il nie la nécessité d'une avant-garde
guidant les masses vers les cibles de leur juste haine de classe. Le NPA se propose simplement
comme sorte de super syndicat, et là est sa nature social-démocrate.
Quant à la base sociale de cette ligne, on la connaît bien depuis Lénine:
«L'opportunisme a été engendré pendant des dizaines d'années par les
particularités de l'époque du développement du capitalisme où l'existence
relativement pacifique et aisée d'une couche d'ouvriers privilégiés les "embourgeoisait",
leur donnait des bribes des bénéfices du capital national,
leur épargnait la détresse, les souffrances, et les détournait des tendances révolutionnaires
de la masse vouée à la ruine et à la misère.
(La faillite de la IIème Internationale).
Les partis de la IIème Internationale, les premiers partis ouvriers,
se sont transformés en partis réformistes pratiquant
une politique bourgeoise dans le mouvement ouvrier. Le principal dans le réformisme et
l'opportunisme, c'est l'idée de la collaboration des classes, de l'« harmonie » de leurs intérêts.
Les réformistes s'attachent à convaincre les ouvriers que pour passer
au socialisme (qu'ils reconnaissent en paroles afin de tromper les ouvriers,
bien qu'ils en soient les pires ennemis), il n'est pas nécessaire de détruire les
bases du capitalisme, d'anéantir l'Etat bourgeois et ses organes de contrainte, de
déposséder la bourgeoisie des moyens de production.
Les réformistes prêchent le
passage pacifique du capitalisme au socialisme par l'activité parlementaire, et on
voit que le NPA est un parti de ce type:
« Nous voulons en finir avec les institutions antidémocratiques de la Ve République (révocabilité
des élus, représentation proportionnelle dans les assemblées,...) »
« C'est par le développement et la généralisation des luttes, des grèves généralisées et
prolongées que l'on peut bloquer les attaques, imposer des revendications. C'est le rapport
de forces issu de la mobilisation qui peut permettre la mise en place d'un gouvernement qui
imposera des mesures radicales en rupture avec le système et engage une transformation
révolutionnaire de la société ».
Le NPA ne veut donc pas de la révolution.
A la théorie marxiste-léniniste-maoïste de la lutte de classe, qui montre au prolétariat la seule voie
juste à suivre pour supprimer l'esclavage capitaliste et faire triompher le socialisme,
les réformistes opposent l'idée d'une conciliation entre la classe ouvrière et la bourgeoisie.
De là leur opposition à la dictature du prolétariat, sans laquelle le passage au socialisme est
pourtant impossible.
Telles sont la théorie et la pratique du « socialisme démocratique »,
du « socialisme autogestionnaire », la théorie de la « troisième
force », etc.
Le marxisme-léninisme-maoïsme ne nie pas que le parti prolétarien doive lutter pour les réformes,
afin d'améliorer la situation économique, politique et culturelle des ouvriers sous le
capitalisme, mais il envisage les réformes comme un fruit de la lutte de
classe dont le but est la suppression révolutionnaire du capitalisme.
A l'aide de réformes
on peut aboutir à des améliorations partielles, mais absolument pas détruire la domination du capital.
Détruire la domination du capital signifie l'affrontement, et cela le NPA le ne veut pas:
pour le NPA les salariés sont en quelque sorte les concurrents des dominants, pas des ennemis;
au lieu de voir la guerre, on voit un «bras de fer».
Le NPA dit ainsi:
« En finir avec le système capitaliste, suppose à la fois un bras de fer de longue durée, la
force du nombre et une rupture avec l'État et les institutions dont il s'est doté, avec les
institutions européennes et mondiales au service des classes dominantes ».
On est ici à l'oppose de la politique révolutionnaire, qui considère que « La révolution n'est pas un dîner
de gala; elle ne se fait pas comme une oeuvre littéraire, un dessin ou une broderie; elle ne peut
s'accomplir avec autant d'élégance, de tranquillité et de délicatesse, ou avec autant de douceur,
d'amabilité, de courtoisie, de retenue et de générosité d'âme. La révolution, c'est
un soulèvement, un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre ».
(Mao Zedong, Rapport sur l'enquête menée dans le Hounan à propos du mouvement paysan»)
Le NPA ne sera pas capable de « faire la révolution », d'ailleurs, comme le démontre son
programme il ne le veut pas. Ses conceptions sont erronées, ses connaissances confuses et
mutilées.
Le pire c'est qu'il ne souhaite en rien se rectifier. Il n'est pas un parti communiste,
d'ailleurs il ne se revendique pas comme tel. Il ne défend pas le prolétariat;
il est petit-bourgeois.■
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