Les élections européennes et la décomposition de la société capitaliste


Les élections dans le cadre de la démocratie bourgeoise n’ont aucune légitimité, si ce n’est celle de la force et de la brutalité. Ce n’est que par la pression, l’encadrement idéologique et armé, que la bourgeoisie parvient à enfermer les masses populaires dans le carcan des valeurs bourgeoises.

Les élections européennes ne dérogent pas à la règle, sauf qu’avec la crise générale du capitalisme, deux phénomènes viennent troubler la quiétude bourgeoise:

1.La répression antipopulaire fait gronder les masses et oblige la bourgeoisie à renforcer son dispositif social-démocrate (principalement avec le « parti de gauche » et le « nouveau parti anticapitaliste », mais également avec« lutte ouvrière ».)

La vanité de cette social-démocratie est absolument claire lorsqu’on pense au référendum sur la constitution européenne. A part le PCMLM qui a prôné le boycott, toute l’extrême-gauche a soutenu le « non » et promis un vaste mouvement populaire en cas de victoire. Aujourd’hui les faits sont là: l’extrême-gauche n’a en rien organisé les masses, et continue comme si de rien n’était à participer aux élections européennes!

2.les contradictions s’accentuent au sein de la bourgeoisie, entre les fractions industrielle (représentée par Sarkozy) et financière, amenant celle-ci à donner libre champ à l’extrême-droite (avec désormais, en plus du Front National, le « Parti de la France » et la « liste antisioniste »).

La bourgeoisie industrielle aimerait bien que tout reste stable, que les institutions européennes puissent fonctionner, que les masses continuent d’être intégrées à la démocratie bourgeoise.

La bourgeoisie financière entend, quant à elle, se renforcer en profitant du mécontentement populaire, voilà pourquoi elle sait apprécier le travail de Dieudonné, qui est une figure « connue » et médiatique, ce qui donne de la crédibilité au populisme d’extrême-droite.

Dieudonné est par conséquent appuyé par de nombreux cadres nationalistes, et profite du soutien direct ou indirect de l’extrême-droite qui n’hésite pas à l’aider dans son entreprise (comme dimanche 30 mai 2009 au marché Pyrénées dans le XXe arrondissement de Paris, où des militants d’extrême-droite soutenaient la propagande de la « liste antisioniste »).

Social-démocratie et fascisme se développent ainsi, parallèlement, dans le cadre de la crise générale du capitalisme, exactement comme dans les années 1920-1930. Les résultats des élections européennes et la situation seront à évaluer selon cette perspective, dans une compréhension à long terme.

A long terme, car les communistes sont encore bien trop faibles pour influer sur la situation, situation caractérisée par l’explosion de l’antisémitisme et de l’anticommunisme.

L’antisémitisme est de plus en plus fort et de plus en plus ouvert; l’anticommunisme est pareillement de plus en plus assumé.

Cette tendance existe à l’échelle européenne et est en pleine expansion.

De la même manière, la haine exterminatrice anti-rom atteint de nouvelles dimensions, depuis l’extrême-droite tchèque demandant « une solution finale pour la question tzigane », jusqu’à la constitution d’une milice pour une action anti-rom à Toulouse.

Dans cette atmosphère de décomposition générale, les communistes doivent concentrer leur énergie à poser les fondements d’une lutte au long cours. La décadence du capitalisme, le délabrement toujours plus grand de la société capitaliste, font que seule une forteresse imprenable peut servir les masses.

Seul un Parti Communiste, armé du marxisme léninisme maoïsme, est à même de servir le peuple, d’orienter ses luttes, d’élever son niveau de conscience politique et idéologique, d’amener à son organisation.

L’alternative qui se pose est: socialisme ou barbarie !

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