Saluons la mémoire d'Arne Naess!


Ce lundi 12 janvier 2009 est mort Arne Naess, né en 1912, et avec lui se termine une époque.

Une époque terrible, où seule une poignée d'individus avait compris l'ampleur de la catastrophe écologique à venir.

Il s'agissait de scientifiques, de chercheurs, qui avaient fait leurs études dans des écoles institutionnelles.

Ces personnes se sont rebellées contre ce qu'elles ont constaté; elles ont tenté de faire en sorte qu'une prise de conscience écologique se développe.

Elles avaient compris qu'on assistait à un écocide, à la destruction d'espèces et de leurs habitats, sous prétexte que ces espèces et ces habitats n'avaient pas de valeur marchande.

Elles avaient constaté à quel point la biodiversité animale et végétale, richesse de notre planète bleue, était en train d'être anéantie.

Elles avaient saisi la dimension de l'interférence négative de l'humanité avec la planète.

Arne Naess a fait partie de ces gens.

Bien entendu, ces gens, produits des institutions universitaires ou scientifiques capitalistes, ne comprenaient pas ce qu'ils avaient découverts.

Pour eux, la catastrophe était absolument inévitable, car ils ne croyaient pas au peuple, et donc à ses capacités d'action, de mobilisation.

Universitaires, scientifiques issus des écoles bourgeoises, leur démarche était élitiste, voire franchement misanthrope.

Les solutions ne pouvaient selon eux venir que d'en haut, des institutions, et de toutes manières le capitalisme était un horizon indépassable.

Arne Naess a commis ces erreurs. Sa philosophie, l'écologie profonde, est ainsi fortement marquée par le mysticisme et l'idéalisme.

Mais en cela il ressemble aux socialistes utopiques qui ont existé juste avant l'avènement du socialisme scientifique.

On retrouve d'ailleurs des illusions qui avaient déjà été celles des socialistes utopiques: non-violence, mode de vie pseudo alternatif et soit disant austère, répartition utopiste des richesses au sein du capitalisme, décentralisation, pseudo remise en cause de la notion de travail, malthusianisme, etc.

Mais l'écologie profonde d'Arne Naess s'opposait de manière correcte à ce qu'il avait appelé l'écologie superficielle, c'est-à-dire la conception bourgeoise d'une écologie reposant sur des décisions administratives, et ne remettant pas en cause la conception du monde dominante aujourd'hui dans les pays capitalistes.

Si les réponses étaient idéalistes, la critique était juste. Il n'y aura pas d'écologie sans remise en cause du mode de vie dominant.

Mais Arne Naess n'avait pas compris le rapport entre le mode de vie dominant et le mode de production capitaliste.

Mais Arne Naess n'avait pas compris la dimension écologiste révolutionnaire des thèses communistes concernant la résolution de la contradiction entre les villes et les campagnes, dont parlaient pourtant déjà Karl Marx et Friedrich Engels.

Il n'avait pas compris l'importance historique représentée par les communes populaires en Chine, qui pourtant étaient fondées sur le développement équilibré et le refus de la pollution, déjà dans les années 1960!

Il faut néanmoins saluer la mémoire de celui qui a été un pionnier de la connaissance humaine concernant l'écologie, et qui a su conserver avec opiniatrêté, même si de manière idéaliste et démocratique bourgeoise, une critique de la catastrophe en cours.

Une catastrophe en cours qui sera conjurée par les masses mondiales, qui briseront les déséquilibres provoqués par le mode de production capitaliste, et sauront faire de la planète bleue un monde communiste. ■